RAINBOW night • Ariel P. Lawford
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Psychique, entrez dans le monde de Mystic Hall, où seuls les détenteurs de la Marque connaissent votre secret.
 

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 RAINBOW night • Ariel P. Lawford

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MessageSujet: RAINBOW night • Ariel P. Lawford   Ven 25 Nov - 18:55



RAINBOW night


Il y a des jours -ou plutôt des nuits en l'occurence mais on verra ça plus tard- où l'on est poursuivit par une impression, une très désagréable sensation, celle de traîner derrière soi une poisse faraminesque. Tout le monde connaît ça, l'infecte chaîne que l'on tracte, rattachée à un mauvais karma, à un pas-de-bol général, ou juste à une journée pourrie qui nous persuade que le monde entier est contre nous. Ça commence à la première heure du matin, par un réveil qui n'a pas sonné, par le café qui termine sur la chemise plutôt que dans la tasse, ou par des clés qui disparaissent et qui nous mettent dans un retard pas possible. Et comme c'est poisseux et collant, ça ne se limite pas à ça et ça nous poursuit jusqu'au soir de maintes et maintes façons diverses et variées mais toujours plus infernales les unes que les autres. Parmis les malchanceux frappés du mauvais oeil, il y a deux genres : ceux qui ont quand même un peu de chance et avec lesquels ça ne dure pas trop longtemps, et ceux qui sont maudis jusque leur dernier souffle. Ces derniers achèvent souvent leurs tristes vies sous la forme de légume dépressif dans un hôpital, ou d'individu douloureusement résigné qui ne sait plus rien faire d'autre que broyer d'un noir vaseux. Éventuellement il reste quelques cas un peu spéciaux qui continuent malgré tout à positiver mais on a des noms pour ces gens là ; ce sont les utopistes et les crétins. Bien sûr, pas besoin de cette combinaison pour être bête, cet adjectif là n'a pas besoin de gênes précis pour se manifester, mais on va dire que ça peut aider.

Derdrès Jensen n'était pas une crétine, elle était même plutôt intelligente à vrai dire -oui, je vous permets d'en douter, mais elle a des illuminations des fois vous savez. Cependant, même malgré son optimisme et sa bonne humeur souriante permanente, il pouvait à elle aussi lui arriver de mettre les pieds dans une journée poisseuse. Sa matinée avait mal commencé, elle s'était sauvagement faite engueuler par l'un des mécaniciens avec lesquels elle travaillait pour le bordel ambiant qui régnait en maître incontestable et incontesté dans le garage. Par la suite, tout s'était produit successivement, plus de pâtes à la sauce kebab pour le petit déjeuner, elle s'était étalée dans les escaliers en accrochant une de ses longues mèches roses dans la rampe, elle n'arrivait plus à retrouver ses barettes à tête d'extraterrestre, et plein d'autres crasses allant crechendo dans le désagréable. Ce soir là, en se réfugiant dans sa chambre, elle assimilait à ce geste son salut à sa journée de galère. Sauf que justement, le principe d'une journée de mauvais karma qui se respecte, c'est de faire chier son monde vraiment vraiment jusqu'au bout, et ce sans déviation, aucune. Et donc, ce jour là, Derdrès n'en avait pas encore fini avec ses petites batailles de la vie quotidienne, alors que la suivante se profilait dangereusement sous une épaisse écharpe écrue, sous la forme d'une boîte de fer blanc. Le seul truc qui allait varier de ses autres mésaventures du genre, c'est qu'elle allait se trouver face à un problème pour la résolution duquel elle pouvait compter sur quelqu'un d'autre qu'elle-même.

Il faisait nuit, le ciel était clair et dégagé. La jeune femme s'était brièvement étalée sur son lit en mode : étoile de mer, mais n'était parvenue à dormir que quelques heures, pour finalement se retrouver à s'ennuyer intensément dans les alentours des trois heures et dix-sept minutes du matin. Ses longs cheveux roses en bataille, elle avait enfilé une longue chemise blanche dont elle avait retroussées les manches afin de pouvoir voir ses mains, par-dessus débardeur et shorty noirs. Elle allait encore s'en prendre plein la tronche si elle se mettait à faire de la musique ou à bricoler, ou même si elle se mettait à jouer à un jeu vidéo, parce qu'elle ne savait pas faire la moindre de ces occupations sans faire un barouf d'enfer. Trouver une distraction silencieuse lorsqu'on s'appelle Derdrès Jensen, à vrai dire, relève un peu du miracle. Cependant, pour une fois, une idée miraculeuse lui traversa l'esprit, du genre de celle qui ne fait de bruit audible que pour Clark Ken ou pour Wolverine (pas celui avec les cheveux roses, l'autre xD). Elle avait dessiné il y a quelques temps déjà des croquis pour la Harley qu'elle restaurait lentement au garage, qui souffraient pour l'heure cruellement de l'absence de couleurs. Les peindre allait parfaitement occuper sa nuit, sans fournir à personne de prétexte pour venir lui râler dessus, et en plus ça allait avancer son travail. Coinçant deux longues mèches derrières ses oreilles, elle se mit en quête de ses pots d'acrilyque, s'immergeant dans sa pagaille personnelle. Croyez-moi, ça a une grande classe, une Derdrès à quatre pattes en chemise trop grande qui envoie valser par-dessus son épaule des fringues, des bouquins, des papiers, des Cds, des pièces détachées de moto et des choses non identifiables. Pour un peu, elle aurait appelé Ariel, si elle n'avait pas enfin mit la main sur son contenant de liquide noir...

Sauf que voilà, son karma était d'humeur à la plaisanterie. Assise en tailleur au milieu de la pièce, la jeune femme pestait et râlait tant et plus en s'acharnant sur le couvercle de sa bombonne. Il y avait déjà un certain temps qu'elle l'avait acheté, elle craignait que la peinture n'ait coagulé (ce qui théoriquement était impossible). Ses petites mains aux ongles colorés n'arrivaient à rien, ce qui la vexait limite plus que de la mettre en colère, elle clôtura ses tentatives en s'énervant bêtement en donnant des grands coups de poings sur la surface lisse. Elle en était à envisager d'aller chercher une scie à métaux lorsque son regard bleuté tomba sur son portable, qu'elle avait laissé en plan dans un coin, entre un jean déchiré et un carburateur. Ça l'embêtait un peu d'appeler Ariel, quand même. Parce qu'elle allait le réveiller (probablement), parce qu'elle allait lui faire traverser tout le manoir, parce qu'elle allait le faire entrer dans le dortoir des Mentalistes, celui des filles qui plus est, et qu'il allait mourir si quelqu'un le surprenait. Elle culpabilisa pendant trois secondes de ce qu'elle allait faire et haussa les épaules, cherchant son numéro dans son répertoire. Et puis après tout, le jour -la nuit- où il ne voulait pas qu'elle l'implore de la rejoindre, il n'avait qu'à éteindre son téléphone. Derdrès attendit quelques minutes de l'entendre décrocher, prenant une grande inspiration..

« ARIEEEEEEEEEEEEEL !!!! AU SECOUUUUUUURS !! »

C'était un miracle s'il avait toujours le tympan dans lequel elle venait de hurler. Immédiatement, elle siffla un « Chuuut ! » à moitié pour elle, à moitié pour lui, pour lui faire comprendre qu'elle avait enlevé son téléphone de son oreille, aux aguets des bruits alentours. Elle craignait un peu d'avoir réveillé tout le bâtiment pour avoir crié comme ça, alors qu'elle était justement plein de bonnes intentions afin de trouver une occupation silencieuse. Elle écouta, sans entendre le moindre bruit. Rassurée, elle colla à nouveau son portable contre son visage, débitant tout d'une traite sans laisser au jeune homme le temps de dire un mot.

« Sérieusement, si tu viens pas vite vite vite, je vais mouriiiiiiiir !! Je suis dans ma chambre là, toutes les portes du bâtiment sont ouvertes, normalement et il y a l'air d'avoir personne dans les couloirs. Vite vite, pitié ! »

Bon, d'accord. Elle exagérait peut-être un peu. Mais juste un peu alors...

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MessageSujet: Re: RAINBOW night • Ariel P. Lawford   Ven 25 Nov - 22:33

    Un bruit strident. Un bruit que tout le monde connaît. Le bruit répétitif d'un téléphone qui sonne qui peut vite devenir si agaçant qu'une envie violente de lancer l'objet sur le mur le plus proche peut vous prendre. Jusqu'à là rien d'anormal à vrai dire car en général personne n'attend d'atteindre ce degrés pour décrocher, du moins en journée. Mais le dit téléphone, soigneusement posé à côté de la table de chevet délabrée se mit a sonner à exactement trois heures et dix huit minutes du matin. Le bruit ne réveilla certainement pas les autres dormeurs mais ce ne fut pas le cas pour le malheureux propriétaire de l'appareil. Il émergeait lentement du profond sommeil dans lequel il était tombé, poussant un grognement presque plaintif. Sa main tâtonna dans le noir jusqu'à s'emparer de son nouveau réveil. Lentement, Ariel se redressa à l'aide de son autre bras tout en émettant un bâillement digne d'un hippopotame. Il colla l'appareil noir à son oreille, tout en se demandant vaguement dans un coin de son esprit, un peu plus éveillé, qui pouvait l'appeler en pleine nuit.
    « - ARIEEEEEEEEEEEEEL !!!! AU SECOUUUUUUURS !! »
    Et si l'adolescent n'était pas encore totalement réveillé, ces cris terminèrent de l'éveiller complètement et confirment ses doutes sur qui l'avait réveillé aussi tôt. Derdrès. Il jeta un rapide coup d'œil à son réveil qui affichait trois heures vingt. Bien qu'il n'était pas rare qu'elle l'appelle pour absolument tout et n'importe quoi et ce à n'importe quelle heure de la journée, il ne pouvait que craindre le pire en recevant un appel matinal pareil. Il ne connaissait que trop bien la facilité de la demoiselle à se jeter tête la première dans les situations les plus délicates (et l'entraîner avec elle au passage). Elle siffla un rapide « chut » avant qu'il n'ait eu le temps de dire quoi que ce soit, peut-être n'avait-il pas encore l'esprit assez clair pour articuler quelque chose de cohérent. Son cœur avait légèrement accéléré ses battements sous l'effet de la surprise et de la peur. Les secondes ne paraissent plus durer de simples secondes mais bien une éternité quand on se retrouve dans l'attente, fébrile et presque effrayé. L'appareil toujours collé à son oreille, l'américain commença à s'extirper de son lit, quittant ses draps encore chaud.
    « - Sérieusement, si tu viens pas vite vite vite, je vais mouriiiiiiiir !! Je suis dans ma chambre là, toutes les portes du bâtiment sont ouvertes, normalement et il y a l'air d'avoir personne dans les couloirs. Vite vite, pitié !
    - J'arrive, souffla-t-il simplement comme s'il n'y avait pas besoin de plus. »
    Ariel alluma sa lampa de chevet qui éclaira la pièce jusqu'à là plonger dans l'obscurité. Il attrapa le jean abandonné sur une chaise et l'enfila, glissant son portable dans sa poche. Sa main se saisit juste au passage d'une veste qui trônait sur son lit alors qu'il se jetait déjà dehors, laissant la faible lumière de sa lampe éclairer la pièce en désordre. Peu importe. Il frissonna alors qu'il remontait la fermeture éclaire de sa veste rouge, les couloirs du vieux bâtiment étaient bien froids en pleine nuit à cette période de l'année. Il devait avoir fière allure, courrant dans les longs couloirs silencieux sans chaussures, les cheveux en bataille et l'air complètement surpris comme si on lui avait annoncé une importante nouvelle. Il était même certainement plus que fou pour avoir réussi à s'attacher à cet aiment à problèmes alors qu'il en avait lui-même bien assez.
    Le jeune Lawford longea les couloirs du bâtiment arrière dont l'entretient semblait ne pas avoir était fait depuis des décennies où on laissait simplement y vivre les oubliés et les exclus. Les tâches du tableau qu'on voulait reléguer au fond pour ne plus les voir. Un sourire amer courut un instant sur ses lèvres avant de disparaître. Il bifurqua à droite, rasant les murs comme s'il craignait de s'en séparer. Il connaissait le chemin par cœur depuis le temps, il connaissait la position exacte de sa chambre et comment s'y rendre. Ce n'était pas comme si c'était la première fois qu'il était obligé de s'infiltrer discrètement dans le dortoirs des filles mentalistes, principalement à cause d'elle en vérité. Les portes qui défilent et lui comme une ombre voleuse qui parcourt l'école, de plus en plus prudent et sur ses gardes de n'avoir toujours pas croisé quelqu'un.
    Il arrêta finalement sa course, les poumons en feu, complètement essoufflé. Le dortoir des filles s'étendait devant lui mais il y régnait un calme sans bruit, presque inquiétant. Est-ce qu'il a été trop lent ? Avalant lentement sa salive, Ariel glissa jusqu'à la chambre de Derdrès en espérant intérieurement ne pas être arrivé trop tard. Inspiration. La poignée s'abaisse docilement. La porte s'ouvre dans un désagréable grincement. Il découvrit la jeune fille aux cheveux roses avec quelque chose qu'il n'arrivait pas à identifier dans les mains. Son regard brun parcoura rapidement la pièce. Rien. La pièce semblait avoir été retournée, comme d'habitude en somme. Pas la trace du moindre danger qui aurait pu menacer la vie de la jeune Jenser alors que la respiration un peu rauque de l'adolescent lui rappelait sa course dans le manoir.
    En cet instant, il hésitait fortement entre l'envie de la jeter par la fenêtre de sa chambre ou lui couper la langue pour qu'elle ne lui fasse plus jamais ce genre de blague. Il ne trouvait ça absolument pas drôle. Et il se sentait soudain surtout très con, pieds nus, l'air à moitié débraillé et complètement essoufflé dans cette chambre en étant convaincu qu'un drame était sur le point de se produire. Un juron blasé s'échappa dans un léger sifflement entre deux expirations, n'appréciant pas particulièrement le sentiment d'avoir presque était manipulé comme une vulgaire marionnette. Enfonçant ses mains dans ses poches, il finit par lâcher avec lassitude :
    « - Qu'est-c'qui se passe ? »
    En fait, Ariel était certainement un idiot. Parce que la poisse il ne la connaissait trop bien, cette poisse qui collait son ombre sans vouloir la lâcher. Même que cette poisse il la connaissait depuis quelques années maintenant, elle avait des cheveux roses et des yeux bleu. Et surtout, surtout elle aimait jouer à lui faire faire n'importe quoi en pleine nuit. Un jour, elle lui demandera sûrement de déplacer une montagne à main nue. Cette poisse elle avait même un nom, un nom bien précis et elle se tenait juste devant lui. L'adolescent s'approcha lentement d'elle comme si l'énergie qui l'avait animé s'était soudain volatilité et qu'il que son corps tout entier lui rappelait la fatigue qui l'habitait en recevant l'étrange appel au secours, ses draps chauds et moelleux. Il bailla, triturant avec agacement un de ses mèches ébènes tout en essayant d'imaginer quelle raison elle allait lui fournir. Avant de se souvenir à qui il avait affaire et quel miracle il réclamait en cet instant, il n'y avait jamais de raisons sensés à ce que faisait Derdrès Jensen.
    Soupir.

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MessageSujet: Re: RAINBOW night • Ariel P. Lawford   Dim 27 Nov - 18:49



RAINBOW night

Il y avait eut, dans l'existence encore assez courte de Derdrès Jensen, une grande période d'interrogation concernant l'une de ses fréquentations régulières. Bon, pour être plus exacte, elle s'interrogeait assez souvent sur plusieurs de ses connaissances diverses et variées, sur leurs manières, leurs gestes, leurs visions du monde, mais il y avait parmis ces êtres un individu l'ayant passablement perturbée pendant une durée plutôt longue. Elle s'était souvent demandé pourquoi est-ce que Ariel Lawford, celui qui la sortait de toutes les situations, aussi incongrues soient-elles, accourait toujours à son secours alors qu'il savait pertinamment que c'était probablement une connerie. Au début, elle avait supposé qu'il s'était sentit redevable de l'aide qu'elle lui avait apportée pour le sortir d'une dispute, il qu'il avait voulu de cette façon minimiser le coup porté à son ego par la demoiselle. Mais cette scène dattant d'un certain temps déjà, et ayant été remboursées maintes fois de toutes les manières imaginables, elle s'était interrogée sur ce qui le motivait encore à venir l'aider pour n'importe quoi à n'importe quelle heure. À cela, elle ne voyait qu'une seule explication, non seulement il l'aimait bien mais il devait aussi sacrément tenir à elle, allez savoir pourquoi ou comment. Toujours était-il que cette conclusion ravissait Derdrès, et ce au plus haut point, ce jeune homme était l'un des rares, si ce n'était le seul, sur lequel elle savait qu'elle pouvait compter quoi qu'il arrive. Elle se demandait parfois ce qu'elle ferait s'il n'était pas là. À réflexion faite, elle serait sûrement morte depuis longtemps.

Cette nuit-là, comme très souvent, la demoiselle aux cheveux roses avait contacté Ariel alors qu'elle était en plein accès de désespoir. Il allait sûrement lui en vouloir un peu mais elle savait qu'au final il la rejoindrait le plus vite possible et que même s'il la boudait un peu, il lui pardonnerait rapidement. Elle espérait juste qu'il ne s'inquièterait pas trop, vu le ton sur lequel elle avait hurlé à travers les portables. Toujours assise au centre de sa chambre, son petit bidon de peinture coincé entre ses paumes, ses croquis étalés autour d'elle, elle attendit quelques minutes, son regard bleu perdu dans le vide alors qu'elle imaginait distraitement le chemin qu'Ariel avait à parcourir. À vive allure sans doute, il arrivait toujours très vite quand elle l'appellait. Il était toujours très discret, elle ne l'entendait généralement pas arriver, mais heureusement cela dit, elle n'avait pas envie de savoir ce qui pourrait lui arriver si l'administration avait vent de ses visites interdites. En entendant sa porte s'ouvrir sans brusquerie excessive, en grinçant désagréablement, Derdrès se retourna, une expression d'intense soulagement se dessinant sur son visage. La vision qu'elle eut de son compagnon se tenant dans l'encadrement du battant manqua de peut de la faire rire, mais elle s'en empêcha, elle ne voulait pas le vexer plus qu'il ne devait déjà l'être, sous peine qu'il ne tourne les talons et lui fasse sérieusement la tronche. Il n'empêchait que l'expression "se faire tirer du lit" prenait tout son sens, alors qu'il débarquait à moitié étouffé, à moitié sapé, et à moitié inquiet.

Après lui avoir laissé deux minutes pour se rendre compte qu'il avait craint un danger pour rien et pour ravaler le venin qu'il mourait probablement d'envie de lui cracher à la tronche, elle se retourna et se releva. Vu l'expression harassée qu'il affichait à présent, il ne la verrait probablement pas venir. Elle s'avanca vers lui et l'enserra contre elle avec sa brusquerie habituelle, ce qui en langage de Derdr' signifiait qu'elle était contente de le voir. Comme toujours lorsqu'elle l'appellait en plein milieu de la nuit, elle se sentait débordante d'énergie, à peu près autant que lui devait en être vidé. Elle se décolla de lui, ne parvint pas à décrocher le petit sourire ravi qui étirait ses lèvres et lui fit signe de ne pas bouger d'un doigt à l'ongle vert. Elle bifurqua et retourna chercher son pot de peinture qu'elle avait laissé choir au milieu de sa chambre, qu'elle saisit fermement entre ses paumes pour ensuite retourner vers l'individu parachuté dans ce décor désordonné, se munissant au passage d'un regard désespéré et qui sonnait faux.

« J'avais besoin d'aide, et il n'y a que toi qui puisse m'aider dans un cas pareil (logique, elle se serait fait étrangler si elle s'était risquée à réveiller n'importe qui d'autre que lui) ! C'est ce truc là !! J'arrive pas du tout à l'ouvrir ! Mais du tout du tout, j'ai tapé dessus, j'ai crié dessus mais j'arrive pas ! »

Disait-elle en secouant l'objet désigné dans tous les sens, manquant de peu d'éborgner Ariel, son ton montant dans les décibels au fur et à mesure qu'elle parlait. Certes, n'importe quelle personne saine d'esprit et un tant soit peu intelligente aurait comprit qu'avec un peu de jugeote, un canif ou un ouvre-boîte, n'importe quel idiot pouvait ouvrir le fer blanc, mais c'était au-dessus des forces d'une Derdrès en crise d'hyperactivité insomniaque. Pour elle, ce dont elle avait besoin, c'était de son chevalier blanc qui jusqu'ici l'avait sauvée de tous ces dragons, qu'ils soient apparus sous la forme d'une araignée qui l'avait fait bondir au plafond ou d'un plancher vermoulu qui s'était écroulé sous elle alors qu'elle était au quatrième étage. C'était dans des moments comme ça qu'elle se demandait silencieusement comme est-ce qu'elle avait pu vivre avant de le rencontrer. Toujours était-il que pour l'heure, elle était plantée devant le jeune homme, en train de se trémousser dans tous les sens dans une étrange danse du bidon de peinture, les yeux presque pleins de larmes. Elle ne regrettait absolument pas du tout de ce qu'elle était en train de faire subir à son ami, elle voulait juste éviter qu'il ne se mette soudain à lui faire la tronche, aussi prit-elle un vague ton d'excuse, mélangé à une vague culpabilité :

« Je suis vraiment désolée de t'avoir réveillé, mais j'avais vraiment besoin que tu viennes, c'est ma vie qui est en question là ! »

Devait-elle se mettre à pleurer ? Ce serait sans doute abuser un peu... Non. En fait ce serait abuser, exagérer complètement et risquer de chatouiller encore plus le coté plein de hargne de son compagnon, auquel elle ne voulait pas avoir affaire. En tout cas elle ne s'étonnerait pas s'il lui rétorquait un truc du genre « Et la mienne de vie, tu y penses un peu ?! ». Soudain, à force de faire du bruit comme ça en gesticulant et en faisant varier sa voix, elle douta que le dortoir ne soit encore plongé dans le sommeil. Interdite, elle stoppa toute activité de son corps et de son cerveau, tous deux tendus afin d'essayer de percevoir le moindre bruit venant de l'extérieur. Rien, à première entente, mais il valait mieux rester sur ses gardes, car si pour l'heure elle ne perçevait aucune hésitation, cela pouvait ne pas durer...

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MessageSujet: Re: RAINBOW night • Ariel P. Lawford   Mar 29 Nov - 17:39

    Il ne la repoussa pas lorsqu'elle vint l'enserrer contre elle, donnant presque l'impression d'une fragile poupée vu la facilité dont il s'était laissé faire. Et pourtant, Ariel n'était absolument pas friand de ce genre de marque d'affection, étant lui-même en vérité très peu démonstratif. Il avait beau commencer à reprendre une respiration normale, il se sentait toujours aussi fatigué et n'avait ni la force, ni la volonté de protester contre quelqu'un d'aussi têtu que Derdrès. Il aurait pût lui répéter à l'infini qu'il n'aimait pas, haïssait, détestait ce genre de câlin, elle aurait quand même continué. La seule envie qui semblait l'animer en cet instant était de retourner au plus vite sous ses draps mais il pouvait déjà repousser ce souhait à une bonne heure au moins comme il la connaissait. Elle se décolla, s'éloignant pour revenir presque aussitôt avec ce qu'elle tenait quand il était arrivé quelques minutes plus tôt: un pot de peinture noir.
    « J'avais besoin d'aide, et il n'y a que toi qui puisse m'aider dans un cas pareil ! C'est ce truc là !! J'arrive pas du tout à l'ouvrir ! Mais du tout du tout, j'ai tapé dessus, j'ai crié dessus mais j'arrive pas ! »
    Si on avait demandé à Ariel pourquoi est-ce qu'il accourait à chaque fois pour l'aider, pourquoi est-ce qu'il traversait le manoir en pleine nuit pour venir l'aider à un ouvrir un stupide pot de peinture. Il aurait été tout simplement incapable de répondre. Parce que cette fille, un jour elle allait le faire interner à force de l'entraîner dans ses conneries. Une personne un tant soit peu intelligente aurait déjà compris qu'il était plus que vital de l'éviter si l'on voulait garder sa santé mentale intacte. Elle était la seule pouvant vous réveiller à trois heures et demie pour un pot de peinture. L'adolescent se demandait lui-même à quel instant elle avait cessé d'être la folle qui le harcelait presque, à quel instant il avait commencé à s'y attacher. Parce qu'au début, il avait voulu éponger cette dette qui les liait mais combien de fois l'avait-elle tiré du lit depuis ? Combien de fois était-il venu la sauver des monstres qui la menaçaient, peu importe l'heure, peu importe ce qu'il faisait ? Il ne savait pas trop pourquoi ou comment ni même quand mais, même s'il passait son temps à râler, il s'y était assez attaché pour continuer à essayer de suivre son rythme effréné. Et puis, à l'image de la couleur de ses cheveux, il avait l'intuition qu'elle ne le lâcherait pas de si tôt, le collant comme une chew-gum dont il n'arriverait pas à se débarrasser.
    L'adolescent évitait habilement le récipient qu'elle tenait tandis qu'elle se tortillait tout en lui expliquant son problème et évita ainsi de finir borgne, sa voix montante prouvant aisément sa frustration. Il serra les lèvres, se retenant de lancer avec une certaine traîtrise que c'était à la porté de n'importe quel enfant de huit ans de se rendre compte qu'un simple coup de canif aurait suffit et que presque tout le monde pouvait le faire. Il l'avait côtoyé assez longtemps pour être convaincu que son âge mental ne devait pas dépasser la dizaine, particulièrement quand elle de trouvait dans cet état. Comme si son imagination débordante semblait s'envoler quand elle se trouvait dans des situations plus ou moins problématiques et qu'elle se sentait inexplicablement attirée par son numéro. Chose qui aurait presque pût être attendrissante en vérité si cela ne l'obligeait pas à se faire tirer du lit aussi fréquemment ou se faire entraîner dans une nouvelle magouille douteuse presque quotidiennement.
    « Je suis vraiment désolée de t'avoir réveillé, mais j'avais vraiment besoin que tu viennes, c'est ma vie qui est en question là ! »
    L'américain serra les dents pour ne pas lui faire remarquer qu'elle avançait que sa vie reposait sur l'ouverture d'un simple pot de peinture qu'un enfant de huit ans aurait pût ouvrir ou qu'à la place de sa vie, c'est lui qu'elle allait finir par tuer. Il se contenta d'un simple « Bordel...» tout de même assez agacé pour montrer sa mauvaise humeur, presque blasé car plus rien ne le surprenait avec elle. Elle lui avait absolument tout fait et il se sentait trop harassé pour lancer la moindre bataille. Cette impression que son corps tout entier fonctionnait tellement vite qu'il allait finir par lâcher avait disparue, toute l'agitation qui avait secoué son corps s'était envolée en laissant un corps vidé de son énergie. Se contentant d'attraper l'objet en question d'un main, au lieu de répliquer qu'il savait parfaitement qu'elle n'éprouvait pas le moindre remord et sortit un canif de l'autre qu'il avait récupéré l'après-midi même. Bien qu'il se battait pour ne pas se laisser écraser par les regards méprisants qui l'entouraient la plupart du temps, ne pas les laisser l'engloutir, il récupérait souvent des choses assez intéressantes lors de ses affrontements. Un objet tombé ou furtivement attrapé qui enrichissait sa petite collection personnelle. Il était intéressant de parcourir les objets divers et variés qu'il avait pu trouver tout au long de ses combats qui montrait bien la diversité des pensionnaires de l'école.
    Ariel s'avança jusqu'au centre de la pièce qui était la partie mieux éclairée et glissa la lame entre le couvercle et le borde, essayant de faire levier avec la lame. Il répéta l'opération sur tout le pourtour du récipient qu'il tenait fermement contre sa poitrine à l'aide de son autre bas jusqu'à ce que celui-ci cède avant la pauvre lame. Son expression particulièrement concentrée se relâcha en un léger sourire satisfait tandis qu'il frottait ses mains légèrement rougies sous l'effort. Il lui tendit le pot qu'il avait soigneusement laissé fermer au cas où elle ferait preuve d'un moment d'inattention qui lui vaudrait de finir avec une énorme tâche de peinture..
    « - Tiens prends ça , lâcha-t-il en lui montrant le canif à la lame luisante, tu risques d'en avoir besoin continua-t-il dans un soupir blasé, laissant quelques secondes avant d'ajouter certainement sur un ton plus accusateur qu'il ne l'était réellement : je ferais peut-être une nuit complète la prochaine fois
    Le jeune Lawford se frotta légèrement les yeux qui semblaient aussi désireux que le reste de lui-même de se laisser mollement tomber sur son matelas. Mais tandis qu'il regardait dans la vague, ceux-ci s'arrêtent sur des papiers éparpillés au sol, qui se fondaient parfaitement dans le désordre de la chambre, où se dessinaient quelques esquisses rapides de moteurs. L'adolescent connaissait évidement le goût prononcé de son amie pour la mécanique et à quel point elle adorait plonger ses petites mains avides dans les entrailles de divers appareils. Mais, il était rare qu'il lui pose de lui-même des questions dessus car elle se chargeait généralement de lui faire tout un exposé elle-même sans qu'il n'en saisisse la moitié.
    « A quoi ça va te servir ? ...La peinture je veux dire. » lança-t-il, relevant la tête vers elle et remarquant enfin qu'elle s'était arrêtée de gesticuler et prenant à nouveau conscience de l'endroit où il se trouvait. Dortoir des Mentalistes, dans la chambre d'une fille de plus entre trois et quatre heure du matin avec la discrète légendaire de Derdrès qui aurait réveillé un éléphant. Ses muscles se tendirent comme la corde d'un arc, écoutant avec attention les alentours, retenant inconsciemment sa respiration, soudain comme un animal qui se sentirait menacé, aux aguets. Seul un bruit tenu...Un bruit ? Vif, rapide, éphémère. Il ne pouvait dire si c'était sa compagne, la réalité ou sa propre imagination.

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MessageSujet: Re: RAINBOW night • Ariel P. Lawford   Mer 30 Nov - 15:05



RAINBOW night

En général, mourir signifie que notre cœur s'est arrêté de battre, que nos fonctions vitales se sont stoppées, qu'une rigidité cadavérique s'installe et que l'on ne peut plus rien faire pour ranimer notre pauvre petit corps qui est passé d'être vivant à simple poids mort. Ordinairement, le risque de passer de vie à trépas se présente selon les cas sous la forme d'un immeuble de nombreux étages, d'un point rouge se baladant sur notre front, d'un individu nous faisant face un couteau à la main, bref, sous la forme de quelque chose susceptible d'être cause de tout ce que j'ai cité là-haut. Cependant, si l'on dépasse le domaine médical et que l'on entre dans celui du psychique, il est possible de trouver des personnes pour lesquelles il existe en réalité plusieurs morts. Derdrès Jensen était de ces gens qui pensaient que le corps et l'esprit étaient constitués de plusieurs pertes différentes, dont certaines pouvaient même être effectuées alors que techniquement le corps était encore vivant. Grâce à l'aide providentielle (plus ou moins) d'Ariel, elle avait de nombreuses fois échappé à ces "petits accidents" quotidiens qui avaient menacés les jours de son être physique ainsi que de celui fait essentiellement de réflexion. Elle n'était pas sûre, bien qu'elle ne lui ait jamais posée la question, que son compagnon n'ait jamais comprit ce que "mourir" voulait vraiment dire pour elle. Elle supposait que pour lui, seul le sens premier comptait, celui où l'individu se résumait à la réserve de protéines ambulante à l'intérieur de laquelle plus rien ne s'agitait. S'il pensait vraiment cela, c'est qu'il n'y était pas du tout. Toujours était-il qu'il avait plusieurs fois préservée son existence, autant le jour où elle s'était brisé des côtes à l'aide d'un carburateur que celui où elle avait cru s'être fait voler son Zippo rouillé et inutilisable.

Encore une fois, le jeune homme avait accouru sans attendre au secours de la belle, sans même se demander si il était question cette fois d'une mort physique ou psychologique. Maintenant qu'il était là, devant elle, la mâchoire raide et le regard mitigé entre l'énervement, la lassitude et le désespoir, elle se sentait intouchable et immortelle. Elle hésitait un peu à lui expliquer ce que signifiait pour elle de ne pas pouvoir peindre ses croquis juste parce qu'elle n'avait pas pu ouvrir un bête pot de peinture. Bah, elle lui en parlerait peut-être plus tard, un jour qu'elle en aurait l'occasion, pour l'heure elle était bien trop occupée à le contempler de ses grands yeux bleus fascinés pendant qu'il passait la lame d'un canif sous le couvercle de fer blanc. Haaaaan ! Maintenant qu'elle le voyait faire, cela lui paraissait évident, comment avait-elle pu passer à coté de quelque chose d'aussi enfantin ?! C'était dans des moments comme ça que Derdrès se demandait comment est-ce qu'elle pouvait arriver à démonter et remonter tout un moteur en moins de dix minutes et ne pas arriver à avoir l'idée toute bête de faire d'un couteau un ouvre-boîte. Elle récupéra son contenant avec un grand sourire, avant d’accepter le canif tout en prenant un air penaud. Elle s'en voulait quand même un peu de l'avoir réveillé, maintenant qu'elle s'était rendue compte qu'elle aurait très bien pu ouvrir son pot de peinture toute seule. Elle laissa s'échapper un pitoyable ; « Pardon. Vraiment. La prochaine fois j'attendrai au moins que le soleil se lève. ».

La jeune fille aux cheveux roses tourna les talons et alla poser sa couleur sur la petite surface qu'elle avait dégagée dans l'intention de peindre, sur laquelle elle orientait généralement la lampe amovible qui traînait toujours non loin de son lit. Elle fut un peu surprise de la question d'Ariel, elle avait plutôt pensé qu'il filerait ventre-à-terre jusque sa piaule pour s'affaler sous ses couettes au lieu de rester un peu avec elle. Tout en cherchant du regard de quoi attacher sa chevelure, elle pointa d'un doigt à l'ongle coloré les croquis qui jonchaient le sol, dispersés dans un grand désordre.

« Je voulais faire les fonds de mes nouveaux modèles de carrosserie -tu sais la surface lisse qu'il y a sur les voitures et les motos, je m'étais dis que ce serait bien comme occupation silencieuse, sauf que c'est pas terrible-terrible quant on arrive même pas à ouvrir ses pots de peinture. »

Eh oui, pas besoin de chercher beaucoup plus loin que cela. La capacité intelligente de recherche de Derdrès était assez limitée lorsqu'elle s'ennuyait en plein milieu de la nuit, et elle était probablement trop obstinée pour envisager de pouvoir se lancer dans une autre activité. Attrapant un ruban pêché sous son oreiller, la jeune fille noua ses longs cheveux roses en une haute queue de cheval, avant de bifurquer à nouveau pour faire face à Ariel. Elle en était presque à lui proposer d'exposer ses talents d'artiste et à peindre avec elle lorsqu'un énorme détail lui arriva en pleine face ; son sauveur risquait d'en prendre pour son grade si on le retrouvait dans la chambre d'une mentaliste alors qu'il faisait nuit. Si l'administration lui tombait dessus, il n'écoperait probablement pas de grand chose de plus que d'une réprimande très officielle qui ne lui ferait ni chaud ni froid, mais si c'étaient les Mentalistes... Derdrès savait qu'il était bagarreur et qu'il se débrouillait très bien tout seul à l'aide de ses poings mais elle redoutait un peu l'idée d'un lynchage de groupe. Elle savait que la plupart de ses congénères ne voyaient pas les différences qui séparaient les groupes d'un très bon œil, et même si elle n'hésiterait jamais à se mêler des problèmes de l'américain, elle préférait éviter de se mettre tout son dortoir à dos. Sans bouger d'un poil, elle inclina légèrement le tête vers la gauche et oscilla d'avant en arrière, comme toujours lorsqu'elle était partagée entre deux hésitations. Il valait peut-être mieux pour la survie de son protecteur qu'il songe à réintégrer ses quartiers sans trop tarder. Derdrès avait envie de l'avoir encore un peu pour elle mais elle savait qu'elle allait enfin connaître le remord, le vrai, si il lui arrivait un problème parce qu'elle lui demandait de rester. Après tout, elle aurait l'occasion de lui montrer comment peindre des carrosseries une autre fois, en plein jour, et de préférence au garage ou dans un lieu semblable où elle était reine en son royaume.

« Sans vouloir te faire penser que je te pousse dehors, tu crois pas que tu devrais pas rester ici trop longtemps ? Je m'en voudrais s'il t'arrive un truc parce que je t'ai appelé à une heure pareille pour te faire venir ici... »

Elle avait achevée sa phrase en baissant sa voix claire jusqu'à ce qu'elle ne soit plus qu'un murmure. Elle écoutait à présent concentrée comme jamais encore dans l’espérance de ne rien entendre d'autre que les petites griffes d'un rat trottinant dans les couloirs froids. Il lui semblait ne saisir aucun bruit, sinon celui d'un courant d'air se faufilant dans les recoins des corridors. Avec un peu de chance, cette visite ferait partie de celles qui avaient cours gentiment et sans le moindre imprévu... Laissant ses longs cheveux roses attachés, elle se détourna et partit quelques secondes dans une vague exploration de sa chambre, dont elle tira sa longue écharpe en mohair écrue qu'elle enroula autour de son cou, ainsi qu'un jean recousu de plein de bouts de tissus de couleurs différentes. Oui, c'est étrange de se préparer à aller dehors avec juste une chemise et une écharpe mais c'est Derdrès, il faut pas chercher. Elle glissa ses pieds dans ses Docs rouges qu'elle n'attacha pas et passa devant Ariel pour atteindre sa porte, qu'elle n'ouvrit pas de suite.

« Je te raccompagne, on ne sait jamais, mon pouvoir pourrait être utile, bien que je préfèrerais ne pas avoir à m'en servir. »

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MessageSujet: Re: RAINBOW night • Ariel P. Lawford   Jeu 1 Déc - 17:33

    Peut-on réellement appeler une mort psychologie, une véritable mort comme au sens premier du terme ? Le sens le plus courant qui était dans l'esprit de l'américain le seul sens qu'il y avait trouvé. Pour une raison, notre enveloppe de chair arrêtait de fonctionner un jour. Fatigue, maladie, blessures, vieillesse. Ariel n'était pas quelqu'un qui pourrait partir dans de ce genre de débats existentiels, bien trop occupé à regarder droit devant. La mort, elle nous attends tous au bout du chemin. Nous tous amenés à disparaître, peu importe comment ou quand, c'est la destination finale de chaque vie. Et on ne peut pas lutter contre elle, on ne peut pas lui résister éternellement. Nous sommes insignifiants face à son pouvoir. Mais cela lui suffisait, il sait où il va finir mais il reste un temps qu'il ne pouvait pas prévoir entre ce jour et la fin de sa vie. Et durant tout ce temps, il se battra et il deviendra assez fort pour accomplir ses idéaux, faire ce qui lui semble juste. Même s'il mourrait prématurément, il aurait gagné. Gagné contre toutes ces choses qui semblaient vouloir le tirer vers le bas. Il n'avais pas besoin de chercher plus loin : un but final inévitable et tout le temps qui lui restait pour faire ce qu'il avait à faire. Peu importe une vie après la mort, peu importe un paradis ou un Dieu, un enfer sous terre ou même une réincarnation quelconque, peu importe après.
    Le jeune Lawford esquissa un léger sourire moqueur en l'entendant s'inquiéter pour lui, alors qu'il aurait pût être en train de dormir sir un certaine stupide téléphone n'avait pas sonné. C'était le genre de remarque où il ne pouvait s'empêcher de sourire. Elle se faisait du soucis pour lui alors qu'habituellement c'était l'inverse, du moins quand elle l'appelait en plein milieu de la nuit en lui criant que sa vie était menacée. Surtout en parlant de Derdrès Jensen dont la vie pouvait être menacée par la difficulté à ouvrir un pot de peinture mais aussi des situations bien plus périlleuses imaginées par sa galopante imagination. Si un jour elle l'appelait en lui demandant à l'aider de descendre du toit de l'école, il en serait certainement à peine surpris.
    « Je te raccompagne, on ne sait jamais, mon pouvoir pourrait être utile, bien que je préfèrerais ne pas avoir à m'en servir. »
    Pourtant s'il y avait bien une chose que l'adolescent n'appréciait pas, c'était celle-ci. Poussé par un excès de fierté masculine certainement, il aimait tout particulièrement son indépendance. On avait si souvent détourné les yeux quand il se faisait attraper par plus grand que lui, si souvent ignorer ce qu'on ne voulait pas voir. Mais même s'il s'était cassé une côté et sorti avec un oeil au beurre noire, il s'était toujours débrouillé par ses propres moyens sans l'aide de personne. Il était grand, il était assez fort pour se protéger lui-même et protéger ceux qu'il voulait protéger. Combien de mentalistes si confortablement installés dans leur chambre faisaient comme s'ils ne savaient pas, qu'ils ignoraient où on logeait les oubliés et les exclus. De quelle manière méprisante, on reléguait les mauvaises herbes dans un vieux bâtiment tombant en ruines sans le moindre remords. Il n'aimait pas lui montrer son dortoir non plus. Il ne serait que le prince des pauvres, le prince des marginales. Un titre dénué du moindre honneur et de la moindre gloire, un titre bien moqueur. Et quelle chose agréable, même s'il n'ira jamais le répéter, que de se sentir apprécier comme quelqu'un d'aussi noble qu'un prince, héros invincible dans les contes de fées.
    « Je peux me débrouiller tout seul. » rétorqua-t-il bien plus rudement que le ton qu'il aurait voulu employer avec elle et ajouta en se radoucissant comme pour se faire pardonner ce ton un peu trop rêche : Ne t'inquiètes pas pour moi. J'aurais plus peur pour toi que pour moi à ta place. »
    Ariel ne craignait pas les mentalistes, qu'il soit nombreux ou non. Pas plus qu'il ne craignait pas les réprimandes, les punitions officielles ou non. Il attendait de devenir assez fort pour briser les chaînes qui voulaient le retenir cloué au sol. Il frapperait certainement le premier s'il en rencontrait, ce n'était pas comme si c'était nouveau. Mais il s'inquiétait un peu plus pour Derdrès, voulant lui éviter l'autre revers de la paisible école, bien plus cruelle. Il voulait la laisser profiter de ce qu'on pouvait appeler une vie normale ici, une vie aussi tranquille qu'elle pouvait l'être quand on s'appelait Jensen. Ce n'était pas une vie à laquelle il aspirait à présent et aurait put espérer, même ailleurs, mais il s'en serait voulu qu'elle se mette à dos tous les mentalistes qui ne supportaient pas les exclus. L'adolescent poussa la porte de la chambre.
    Et puis quand on s'appelait Ariel Phoenix Lawford, on défiait déjà la plupart des règles imposées. Alors une infraction de plus ou de moins, ce n'était pas quelque chose qui pourrait changer sa vie. S'il avait craint toutes ces choses, s'il avait craint de braver les interdictions, il aurait été étouffé. Englouti par son propre désespoir, par son silence et il serait resté à sa place. Cette place de défouloir pour la plupart, n'ayant pas le droit de se plaindre ou de gémir car il était un exclu. S'il avait eu le moindre intérêt pour une de ces choses, il aurait accepté toutes les injustices du monde et ne serrait certainement jamais venu aider sa compagne. Peut-être même qu'elle serait morte à tous ces instants où il n'aurait pas été là pour la «sauver». Il ne voulait plus avoir peur, ne plus trembler ou douter. Alors ce n'était pas en cet instant, que quelque chose changerait.
    « Mais j'pense pas qu'il y aura de problèmes si deux personnes se rencontraient en pleine nuit et devaient partager par hasard un peu d'chemin ensemble. lança-t-il avec nonchalance sur le seuil, ses yeux brillants d'une certaine malice amusée trahissant son ton tranquille. Une petite marche ne peut pas faire d'mal à l'imagination. »
    Plongeant les mains dans les poches de sa veste rapidement enfilée, le jeune Lawford commença à s'engager dans le couloir sans jeter un regard, la laissant décider si elle voulait accepter son invitation indirecte ou rester à tourner en rond et peindre ses futures carrosseries dans sa chambre. Après tout, qui pouvait accuser quelque chose d'aussi imprévisible et immatériel que le hasard ? Qui pouvaient reprocher à deux personnes de se rencontrer par ce qu'on appelait aussi le destin ? On ne pouvait pas dire pourquoi telles choses arrivaient ou comment, pas plus que quand. Et en cet instant, il avait décidé que ce serait le hasard s'ils marchaient tous deux en direction de sa chambre. Personne ne raccompagnant personne, juste deux âmes cherchant un peu l'air frais nocturne pour diverses raisons qui n'ont absolument pas besoin d'être justifiées.
    L'adolescent brun esquiva un second bâillement, lui rappelant qu'il allait bientôt rejoindre son lit. Pourtant bien qu'il se sentait vidé, il était convaincu qu'il était à présent assez réveillé pour se retourner dans son lit durant les quelques heures qui lui restait.


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MessageSujet: Re: RAINBOW night • Ariel P. Lawford   Sam 3 Déc - 16:36



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Contrairement à tout ce que l'on aurait pu croire, même malgré l'ampleur de toute sa grande excentricité, Derdrès Jensen n'avait jamais été une grande baladeuse nocturne. Il y avait à cela une explication tout ce qu'il y a de plus logique, qui frappe, je pense, la plupart des jeunes demoiselles de cette tranche d'âge. Il lui arrivait comme à tout le monde (et même plutôt souvent pour ce qui était de son cas) d'être victime d'insomnies et d'avoir à se déplacer en plein milieu de la nuit, mais elle ne sortait que lorsqu'elle ne réfléchissait pas assez à ce qu'elle allait faire pour réaliser vraiment la portée de son acte. Elle n'était pas peureuse, loin de là, rencontrer un extraterrestre à minuit un soir de pleine lune lui serait apparu comme le plus beau des cadeaux de Noël possible, mais elle était parfois à moitié paranoïaque et avait la mauvaise tendance à souvent se faire des films, qui entraînaient souvent des conséquences désastreuses. Sortir alors qu'il faisait noir ne posait pas de problème si elle avait le cerveau occupé et que ses pensées étaient trop indisponibles pour laisser filtrer des germes d'imagination. Elle pouvait se promener lorsqu'elle voulait atteindre une destination précise ou rejoindre une personne ou avoir un quelconque défit à relever, mais la donne changeait si elle ne quittait son cocon que pour se lancer dans la recherche d'une occupation. Si elle n'avait aucun programme bien définit et qu'elle déambulait tranquillement dans les couloirs froids du pensionnat, il y avait fort à parier qu'il lui semblerait entendre un morbide bruit inexistant. Puis il lui semblerait voir une ombre qu'elle ne parviendrait pas à identifier. Puis il lui semblerait sentir une présence étrange au niveau de sa nuque. Puis il lui semblerait qu'il serait temps de paniquer et de courir rejoindre quelqu'un pouvant la rassurer le plus rapidement possible. Par conséquences désastreuses, j'entends que cela comptait parmi les cas où elle faisait irruption dans la piaule d'Ariel telle une tornade rosée, ou qu'elle l'appelait désespérée parce qu'elle s'était perdue en courant partout, ou parce qu'elle voulait qu'il vienne l'aider à terrasser ses démons de l'obscurité...

En l’occurrence, non seulement elle n'était pas seule et avait l'intéressé avec elle, paramètre qui retenait efficacement son imagination, mais en plus leur objectif se dessinait clairement dans ses neurones embrumés. Elle manqua de mal le prendre lorsqu'elle s'entendit rabrouée un peu sèchement par son compagnon, après qu'elle ait exprimé son souhait de le raccompagner. Elle savait que c'était dans son caractère d'être parfois un peu brusque, elle avait largement eut le temps de s'en rendre compte à l'époque où elle le filait comme si elle y avait été attachée, mais elle n'aimait pas qu'il soit comme ça avec elle. Elle n'allait bien entendu pas lui faire un procès, surtout que c'était rare et qu'elle le savait parfois maladroit dans sa façon de s'exprimer. Dans de tels cas, les seuls moments où elle manifestait sa mauvaise humeur, c'était lorsqu'elle sentait que l'ego masculin était derrière ses répliques, mais ses paroles qui suivirent lui indiquèrent le contraire. Les coins de ses lèvres se rehaussèrent, il était mignon à s’inquiéter pour elle. La sécurité ou la peur étaient des concepts qui échappaient relativement à Derdrès, le plus souvent elle se rendait compte qu'elle était en danger ou qu'elle était effrayée après coup. Et puis elle avait aussi décidé que ces deux détails ne seraient jamais des obstacles auxquels elle permettrait de se mettre en travers de ses actes. Sourire qui prit l'apparence de celui qu'elle réservait aux moments remplis de satisfaction, avec juste une commissure relevée et un sourcil qui disparaissait sous ses mèches roses.

« ... Comme c'est curieux d'avoir été tous deux réveillés à se balader dehors ce soir... »

Plus pour elle que pour son compagnon à vrai dire. Resserrant son écharpe autour de son museau, elle sortit de sa chambre à la suite d'Ariel, qu'elle rejoignit en trottinant, se dispensant de fermer sa porte à clé. Elle ne verrouillait jamais son domaine, elle jugeait que ce n'était pas vraiment la peine, il y avait bien trop de bordel pour que quiconque puisse mettre la main sur quoi que ce soit d'intéressant. Les choses et objets auxquels elle tenait vraiment n'étaient pas laissés dans cet endroit où tout le monde pouvait accéder, elle les laissait plutôt à l'atelier, où elle les savait réellement en sécurité. Et il y avait aussi que la notion de valeur n'était bien souvent pas la même pour la demoiselle aux cheveux roses que pour le commun des mortels. À présent côte à côte avec le jeune homme, elle arborait un silence un peu étrange, joueur mais tout en restant en alerte. Elle guettait le moindre son, le moindre petit élément perturbateur qui aurait signalé une arrivée anormale et qui aurait mit un peu de piment à sa soirée, elle n'avait pas envie que cela se termine ainsi. Dans des moments comme ça, il en fallait très peu pour que l'esprit perturbé par tant de tension de Derdrès tire le signal d'alarme et lui ordonne de prendre ses jambes à son cou... Le claquement du battant d'une porte dans un couloir adjacent, par exemple, était exactement le genre d'élément perturbateur à déclencher l'alerte à la fuite. Ce pouvait être un simple courant d'air qui l'avait fait bouger, mais ça pouvait aussi être un être humain plus ou moins dangereux selon les capacités qui lui étaient attribuées -et ça pouvait aussi être un monstre horrible à trois yeux poilu et plein de dents et de griffes, mais il est probable que seule la demoiselle imaginait cette option. Toujours est-il que c'en fut trop pour elle et pour son imagination. Elle attrapa le poignet de son compagnon et bifurqua brusquement vers la gauche, le bruit venant de la droite, s'engageant dans un couloir plus étroit dont elle ne savait plus où il menait, entraînant Ariel dans sa course folle.

• • • • •

« Haaaan... pardoooon... J'ai cru que quelqu'un arrivait... et tant qu'à faire, autant éviter d'avoir à se justifier, non ? »

Et puis il y avait aussi qu'elle voulait prolonger un peu sa nuit, mais elle garda ce détail-là pour elle-même, elle ne voulait pas prendre le risque d'énerver le jeune homme. Pas plus que ce qu'il devait déjà être. Et puis sérieusement, il valait mieux courir un peu que de tomber nez à nez avec l'un des directeurs, qu'elle-même ne connaissait pas plus que ça (mais la tête du mec ne lui revenait pas vraiment) et que l'Exclu bourrique et bagarreur ne devait pas apprécier plus que ça. Adossée à un mur, Derdrès reprenait son souffle, qu'elle n'avait pas l'habitude de perdre ainsi lors de ses heures de course à pied. Promenant autour d'elle son regard bleu, tout en régulant sa respiration, elle cherchait à situer approximativement l'endroit où ils se trouvaient, maudissant la grandeur du manoir...

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MessageSujet: Re: RAINBOW night • Ariel P. Lawford   Mar 13 Déc - 20:32

    Des murs. Des murs qui défilent encore et encore. Uniquement des murs. A gauche. A droite. Son esprit qui se perd dans tout cette agitation, qui n'arrive pas à réfléchir et se perd dans son propre chaos. Le bruit des pas contre le sol. La chevelure rose de Derdrès qui voltige devant lui. Il sait juste qu'elle est là. Il ne sait pas où il va, où il est et certainement qu'elle non plus mais il continue de courir. Il n'arrive pas à analyser la situation pour décider quelque chose. Leurs respirations bruyantes sous l'effort. Son coeur qui tambourine sans trop savoir si c'était l'effort ou l'excitation. Il la laisse l'emmener comme un vulgaire pantin, se faisant presque traîné dans ce labyrinthe. Sont-ils les premiers à traverser ces couloirs depuis des années ? Quelle est la fin de cette course ? Il était si facile d'imaginer un instant que la fin était la porte d'un monde inconnu de tous ou peut-être même la mort, piégés dans ces couloirs qui se ressemblaient tant.
    Ariel se souvenait juste d'un léger claquement de porte, de la jeune fille qui avait accepté son invitation indirecte, de cette main qui attrapait son poignet et l'entraînait avec elle dans les ténèbres. Comme si des silhouettes furtives s'étaient à nouveau glissées jusqu'à lui pour l'emmener ici, l'engloutissant sans un bruit dans l'obscurité comme les monstres qu'il avait tant combattu étant enfant. Il secoua la tête. Mauvais souvenir. Mieux valait...oublier. La fuite se termine comme un rêve au petit matin.
    « - Haaaan... pardoooon... J'ai cru que quelqu'un arrivait... et tant qu'à faire, autant éviter d'avoir à se justifier, non ?
    - Préviens la prochaine fois que tu me fais faire la moitié du manoir
    , réussit-il à articuler entre deux inspirations sur un ton accusateur »
    L'adolescent se baissa légèrement, posant ses mains sur ses genoux tandis qu'il reprenait difficilement son souffle. Il avait l'impression que ses jambes allaient fléchir d'une seconde à l'autre et qu'il allait tout simplement s'effondrer sur le sol. Celui-ci lui semblait presque confortable tant il se sentait soudain lourd et drainé de toute énergie. Ne pas penser à se relever pour une fois, juste rester allongé ici pour toujours et ne plus penser à rien. Quelle délicieuse idée, quelle alléchante possibilité. Pourtant, il ne pouvait tout simplement pas y céder et abandonner. Ce n'était que la fatigue qui essayait de jouer avec son esprit, ce n'était...rien. Et puis comment pouvait-il laisser sa compagne toute seule avec un prince déjà vaincu sans n'avoir rien tenté ?
    Le jeune Lawford releva lentement la tête pour observer ce qui les entourait : des murs, un long couloir sans début ni fin faiblement éclairé par des bougies. Si l'on tenait compte qu'ils se trouvaient tous deux dans une école magique, cela pouvait très bien être dût à la magie et non le passage récent de quelqu'un. Ils étaient donc probablement perdus, à moins que Derdrès connaisse l'endroit mais elle semblait toute aussi perdue que lui. Il était donc aux alentours des cinq heures du matin et ils étaient perdus quelque part dans l'immense manoir sans savoir sur quoi ils pouvaient tomber. L'endroit pouvait parfaitement être truffé de pièges mortels vu l'âge que semblait avoir le bâtiment.
    «- Viens, ça doit être par là, lâcha-t-il en essayant d'avoir l'air confiant. »
    Il n'avait en vérité jamais cherché à visiter les recoins sombres et percer les divers mystères de l'école, se contentant des chemins qu'il connaissait, peut-être aussi parce qu'il voulait éviter ce genre de situation. La peur commençait à lui tordre le ventre, la peur de l'inconnu qui vous prend quand le moindre danger peut vous tomber dessus à chacun de vos pas et que vous n'avez aucune idée si la direction que vous prenez est la bonne. Inutile de mettre la jeune fille dans tous ses états en discussions inutiles, il ne savait pas s'il capable de trouver une solution cette fois-ci. Mais il s'engagea, ou plutôt ses jambes avancèrent d'elles-mêmes comme si elles ignoraient la peur qui paralyse, dans le couloir qui s'étendait devant eux. La sortie ne pouvait pas si loin, après tout. Il suffisait certainement de suivre le chemin qu'ils avaient empruntés, ils finiraient bien par retrouver leur chemin tentait-il de se rassurer.
    L'américain progressait lentement, ayant attrapé le bas de Derdrès un poil trop rudement certainement pour ne pas le perdre et en un sens sentir une seconde présence quand on plongeait dans l'inconnu était toujours plus rassurant. Sa seconde main était collée, semblant s'y raccrocher presque comme s'il pouvait y trouver une solution miracle. Parfois, la voix du vent grondait de façon ténue ce qui le faisait légèrement tressaillir, craignant certainement que ces longs cris rauques appartiennent à un horrible monstre venu les dévorer. Il se sentait soudain si faible et vulnérable exactement comme s'il n'était encore qu'un enfant, lui qui s'était promis de devenir plus fort tremblait au moindre bruit. Pathétique. L'adolescent échappa un léger grognement à cette pensée, frustré de se retrouver comme une bête en cage.
    Des gouttelettes d'eau s'écoulaient sur le sol, témoignant de l'humidité du lieu qui devait grouiller des diverses bestioles comme des rats, des araignées ou même des chauves-souris. Ariel n'était pas sensible aux petits animaux qui grouillaient dans ce genre d'endroit, souvent traités de nuisances d'ailleurs ce qui ne pouvait que lui arracher un petit sourire, mais il se doutait bien que la jeune Jensen ne partageait pas forcément son avis à ce sujet. Il regrettait de ne pas avoir imité sa compagne et d'avoir pris une écharpe avant de partir mais il était parti dans une telle précipitation qu'il avait failli oublier sa veste. Une fine buée s'échappait de ses lèvres ce qui lui donnait moins envie encore de finir la nuit ici au risque de ne peut-être jamais se réveiller.
    Soudain le bruit de quelque chose de lourd qui tomberait en miettes. Il sent son pied droit dans le vide, son corps vacillant dans un équilibre précaire au-dessus du vide et ses bras gesticulant avec énergie. Si même le sol commençait à s'effriter, usé par le temps, ils devaient se montrer encore plus prudent. Assez habilement, le jeune Lawford réussit à se mettre sur pieds, s'éloignant d'un pas de la faille qu'il venait de créer bien trop content d'y avoir échappé. Avec l'obscurité, il n'arrivait pas à en évaluer la profondeur. Derdrès traverse son esprit. Il se retourna pour vérifier qu'elle était encore avec lui.


    ( Une réponse assez longue à venir, relativement courte par rapport à ce que tu as fait et peu intéressante, bref je ne s'ens pas très satisfaite mais j'essaye de faire mieux après. En espérant que ça aille quand même ♥)

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MessageSujet: Re: RAINBOW night • Ariel P. Lawford   Dim 18 Déc - 21:30



RAINBOW night

Il y a, dans le sommeil, un instant furtif et imprévisible que l'auteur de ces lignes n'apprécie pas du tout, et que Derdrès Jensen n'aimait elle non plus pas plus que ça. Tout le monde la connaît, cette petite seconde désagréable, elle a souvent lieu alors que l'on est dans une sorte de demi-sommeil, alors que nous sommes en plein milieu d'un long rêve que l'on a l'impression de pouvoir un peu diriger. À un moment, pour x raison, on est amené à courir ou à sauter ou à faire voler son corps dans les airs de telle ou telle manière, et c'est là que se produit cet étrange phénomène, incontrôlable et contre lequel il nous semble lutter pendant un centième de temps. Une sensation de chute, violente et vertigineuse, où l'on est traîné avec une extrême brutalité la tête vers l'arrière, vers le bas, qui ne semble pas avoir de fin, avec une nuance de désespoir. Et d'un coup, on ouvre grands les yeux, on se réveille, notre réalité d'ordinaire si déprimante nous tire de cette situation d'horreur, une sorte de grand paradoxe en somme. Derdrès n'aimait pas ce moment du sommeil, c'était sans doute l'une des explications de ses insomnies, mais à vrai dire, elle n'avait jamais particulièrement aimé la sensation de l'apesanteur. Elle n'avait pas le vertige, mais elle n'aimait pas perdre tout contact avec le monde réel (ironique de la part d'une illusionniste), ce qui expliquait que même si il lui arrivait de faire des acrobaties en motocross, jamais elle ne tenterait le saut à l'élastique ou en parachute.

A l'instant même où elle avait sentit le sol se dérober sous elle, différentes pensées étaient montées jusque ses neurones rosés, suspendant le temps et faisant durer des heures quelques brèves secondes. Jamais elle n'avait imaginé que la situation pourrait dégénérer de cette manière, elle avait envisagées plusieurs possibilités, mais sombrer dans les entrailles d'un territoire inconnu n'avait jamais fait partie de son programme. Comment en étaient-ils arrivés là ? Son chevalier était accouru la tirer des griffes du dragon de peinture peinturluré, elle lui avait emprunté le pas au son du carillon et sans pantoufle de verre, le monstre adrénaline s'était manifesté au détour d'un couloir sombre et silencieux, et la princesse aux cheveux roses avait entraîné le héros au Marathon des Jeux Olympiques Mario & Sony 2012. Voilà qui résumait bien la situation d'après le cerveau embrumé de Derdrès. Sa perception désabusée des événements qui avait suivit leur course lui avait tout juste permit de comprendre qu'ils étaient un peu perdus et qu'Ariel était profondément contrarié lorsqu'il était passé devant elle, avant que le craquement annonçant l'effondrement du sol ne se fasse entendre. Ce fut donc dans un fascinant laps de temps dont la courteur lui parut terriblement étendue que la jeune femme renoua avec cette impression qui lui était si désagréable, cette pesanteur brutale qu'elle pensait ne pouvoir attribuer qu'à son sommeil. Trop occupée à essayer désespérément d'imaginer tout ce qui pouvait se trouver en-dessous de ce vide obscur qui se creusait sous elle, elle n'eut absolument aucun réflexe de tenter de se raccrocher à quoi que ce soit ou même de se mettre à hurler pour informer son compagnon de sa situation quelque peu délicate.

« A... »

« ...riel ! » resta sous la forme de pensée, elle ne parvint qu'à laisser échapper la première syllabe plus sous la forme d'un murmure saccadé que d'une véritable parole. Elle se sentit entraînée vers le bas sans le moindre bruit, engloutie par le fracas des pierres et des dalles qui s'écrasaient au sol, bien plus bas qu'elle. Le peu de lumière du couloir et la vision du dos de son compagnon lui furent soudain retirés, la plongeant dans l'obscurité la plus totale et dans le seul son hypnotisant de qu'était le sifflement dû à sa chute rapide. Elle ne croyait pas en Dieu, mais elle estima qu'il valait mieux mettre toutes les chances de son coté et pria très fort pour que plafond ne soit pas trop éloigné de la terre ferme. Le temps de vol lui parut immense, bien qu'il n'aie probablement duré que quelques secondes, une dizaine à tout casser. Elle s'efforça de tourner le dos à l'impact, comme elle avait vu Renzou le faire lorsqu'ils étaient tombés de la Grande Roue. Le choc fut violent, étaient autant en cause sa crispation apeurée que le sol froid, en dalle de pierres, à moins qu'il n'ait été en carrelage très épais, un grand bruit sourd résonna autour de l'esprit en plein dysfonctionnement de Derdrès. Elle en eut le souffle coupé, et bien que sa réalisation aussi rapide que distraite qu'elle n'avait perçu aucun craquement inquiétant, la panique qui s'empara d'elle à ce moment précis lui bloqua encore d'avantage le diaphragme. Étendue au sol, ses longs cheveux roses étalés autour de son corps immobile, elle essayait désespérément d'amener à ses poumons un air qui ne franchissait plus sa gorge. Elle suffoqua dans les règles de l'art pendant une minute, ou peut-être deux, produisant d'étranges petits cris rauques, avant d'avoir subitement la présence d'esprit de se redresser sans la moindre délicatesse envers son dos endolori, ce qui lui délivra néanmoins les voies respiratoires. Elle inspira d'un grand souffle et se laissa retomber en arrière, fermant les paupières quelques secondes afin de se concentrer sur l'évaluation des dommages corporels. Elle sentait bien qu'elle n'avait rien de cassé, mais du reste elle avait l'impression que son organisme tout entier n'était plus qu'une intense ligne de tension, et elle savait bien d'après les tremblements qui l'agitaient à présent qu'elle ne se relèverait pas tout de suite. Soudain, le souvenir qu'elle n'était pas toute seule la submergea et la tira sans ménagement de sa torpeur, la rappelant à la réalité.

« ARIEEEEEEEEEL !! »

Ça se terminait sur une note plutôt aiguë, qui au passage signalait à peu près l'étendue du désespoir qui s'emparait peu à peu de la demoiselle aux cheveux roses. Derdrès était loin d'être une peureuse, elle était même au contraire plutôt téméraire, mais la situation avait largement dépassé son seuil d'acceptation de la soirée. Là, elle avait peur, elle avait besoin d'aide, elle voulait son ami auprès d'elle. Il l'avait déjà tirée de situations diverses et variées et toutes plus impossibles à imaginer les unes que les autres mais là, il fallait avouer qu'elle avait fait très fort. Elle n'aimait être entourée de noir dans un endroit qu'elle ne connaissait pas, dans lequel elle n'entendait aucun bruit, alors que sa panique s'accentuait au point qu'elle n'arrivait pas à se concentrer sur la présence encore possible d'Ariel. Elle songea vaguement à demander à Dieu de la faire mourir, là, maintenant, tout de suite (citation de Gabrielle, Desperate Housewives). Elle sentait vraiment les larmes monter au devant de ses grands yeux bleus, qui fixaient obstinément le trou du plafond dans le voir, recherchant frénétiquement une idée qui lui permettrait d'obtenir de la lumière. Elle n'avait pas sa veste à queue de pie rouge victorienne, dans laquelle se trouvait son Zibro, et elle ne se baladait pas non plus avec une lampe de poche en permanence sur elle. Ses iris lumineux s'écarquillèrent encore un peu plus lorsqu'elle eut l'impression d'avoir une solution à ce problème ; avec un peu de chance, l'illusion d'une source brillante éclairerait vraiment ce qui l'entourait. Tentant désespérément de se raccrocher à la réalité, agrippant à l'idée de la présence d'Ariel, qu'en proie à la panique elle avait complètement zappé, elle prononça d'une voix haute et vacillante :

« A... Ariel ! Je vais essayer de faire de la lumière ! »

Cette phrase ne servait absolument à rien, il aurait bien vu de toute manière si elle y parvenait, mais l'avoir dit autrement qu'en pensée la rassurait un peu. Toujours à l'horizontale, centrant toute son attention (enfin, ce qu'il en restait), elle tendit un bras incertain en l'air, dont elle ne parvenait pas à maîtriser complètement le tremblement, ouvrant grand sa paume dans l'espoir d'une étincelle. Strictement aucun résultat. Elle cru qu'elle allait se noyer dans son chagrin et de la paralysie dans laquelle elle avait l'impression de se fondre doucement. Ce fut peut-être cette pensée qui la poussa suffisamment fort pour lui permettre de voir jaillir au-dessus de sa main une petite boule de flammes vives. Elles n’émettaient pas la moindre chaleur et l'illusion n'était pas parfaite, mais cela devrait suffire, Derdrès économisait son énergie...

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MessageSujet: Re: RAINBOW night • Ariel P. Lawford   Mar 20 Déc - 17:30

    Le bruit des dalles qui se brisent aussi facilement que du cristal sur le sol, le bruit des rêves qui se brisent contre la réalité. Même ce qui semble sûr peut soudain se briser sans prévenir, vous laissant avec votre désespoir. Il eut à peine le temps de se tourner, à peine le temps de voir. La princesse aux cheveux roses avalée par le sol, plongeant tout entière dans le noir. Les yeux du prince s'écarquillèrent alors que sa bouche s'ouvrait légèrement, réalisant ce qui se passait devant lui. Dans un geste de désespoir, il se jeta sur la gueule obscure du montre comme s'il espérait pouvait la rattraper à temps, la sauver de ce sombre dragon. Il venait de se retrouver projeté dans un monde où le temps serait déréglé, défectueux, où les secondes sont pareilles à l'éternité, sans fin ni commencement. Où seul son esprit s'était échappé, observant avec impuissance et colère la scène. Son corps qui se mouvait trop lentement à son goût tandis que son esprit tournait en rond et rugissait comme un lion en cage. Parce qu'il connaissait la fin. Ses doigts qui se referment, n'emprisonnant qu'une chose inexistante : le vide. Mais il l'avait su, il s'en était bien trop douté. Il avait prévu qu'il ne pourrait jamais la retenir. Trop tard, c'est fini, elle est tombée.
    Son corps ne bougea pas, pas même un sursaut, c'était à peine si l'on pouvait deviner sa respiration. Sa main resta suspendue dans le vide. Comme si le temps s'était arrêté, comme s'il était prisonnier d'une image. Il ne détacha pas son regard du gouffre béant où Derdès avait disparu, le fixant avec insistance peut-être espérait-il secrètement pouvoir en sonder les profondeurs. Hébété, incrédule. Il savait qu'il ne pourrait plus la sauver, il savait qu'elle était tombée. Il l'imaginait seule dans ces ténèbres, peut-être blessée, peut-être inconsciente ou peut-être même pire. Pas à cause de son inconscience, qui aurait pût prévoir que le sol céderait à cet endroit précis ? Mais parce qu'il n'avait pas était assez rapide pour la rattraper, parce qu'il lui avait lâché la main, peut-être aurait-il pût ainsi la retenir. Peut-être aussi parce que malgré tous ses efforts, il n'arrivait pas à devenir véritablement plus fort ?
    « - ARIEEEEEEEEEL !! »
    Une claque d'une violence incroyable s'abattit sur lui, le tirant de l'hébétude dans laquelle il était plongé, cet état second où il semblait nier avec force ce qu'il venait de voir pourtant par lui-même. Son cœur manqua un battement, peut-être même deux. Sa respiration fut coupée un court instant. Il failli basculer en arrière de surprise. Il se sentit comme transpercé de toutes parts, étouffé presque mais cela avait un côté agréable. Ce n'était pas un sentiment désagréable comme la peur, non, c'était plus du soulagement. Un infini soulagement qui réveille, qui libèrent les muscles endormis, sort l'esprit de sa prison. La colère, la rage et la frustration de n'avoir pût faire ensuite, qui soulèvent son corps tout entier. Elle était seule, plongée dans cette obscurité où le danger pouvait être partout et inexistant à la fois. Parce que nous sommes tous vulnérables face au noir, incapable de savoir ce qui nous entoure derrière ce voile opaque, il attise toute notre imagination et plus particulièrement nos peurs. Le peur qu'une chose monstrueuse puisse nous prendre pour cible et nous dévorer dans ces ténèbres, nous sommes à la merci du moindre danger qu'il soit vivant ou non. La peur engendre l'inconnu, ce que nous ne connaissons pas, quelque chose auquel on ne peut pas se raccrocher, sans pouvoir prédire ce qui nous attend. En proie à nous-même, aux bas-fonds de notre propre esprit.
    Ce désespoir qu'il entendait dans sa voix était pareil à celui qui l'envahissait quand il était enfant, avant que sa sœur ne vienne se serrer contre en lui en croyant être rassurée alors qu'elle le rassurait plus elle-même, apaisant son imagination en flammes. Elle avait besoin de lui comme il avait eu besoin d'Anna. Il devait la trouver, lui répéter que tout irait bien, tout irait bien parce qu'ils ne seraient pas seuls. Tout ne pouvait aller que bien, répétait-il avec entêtement. Ariel parcoura nerveusement les alentours du regard, tentant de deviner un quelconque objet pouvant leur porter secours. Rien.
    Une étincelle. Une lumière naissant dans ce qui n'avait été que ténèbres jusqu'à présent. Prodigieuse petite flamme vacillante qui avait réussit à percer un chemin dans l'esprit certainement embrouillé par la peur de sa propriétaire. Identique à cette étincelle fragile d'espoir caractéristique des plus têtus, les poussant à ne jamais lâcher prise même si le sort semble en avoir décidé autrement.
    « - J...J'arrive ! murmura-t-il plus pour lui -même, avant de le répéter plus fort avec cette détermination qui lui était propre avant d'ajouter, autant pour elle que pour lui : Tout ira bien. »
    Le jeune Lawford se laissa glisser le long de la paroi rocheuse ou ce qui devait être autrefois un mur abîmé par les pierres et usé par le temps qui passe. Ses mains s'accrochaient de toutes ses forces à toutes les prises qu'elles trouvaient de telle façon qu'on aurait pût penser que sa vie en dépendait. Tout ses muscles étaient crispés sous l'effort qu'il leur demandait, devenant rapidement douloureux et qui lui donnait presque envie de juste se laisse mollement tomber en bas. Presque. Sa peau râpait douloureusement contre la pierre rugueuse tandis qu'il continuait son chemin. Ils venaient très certainement de percer l'un des très nombreux du secret en découvrant ce qui ressemblait à un souterrain. Et vu l'état de celui-ci, personne n'y avait mis les pieds depuis fort longtemps puisqu'il semblait tomber en ruines. Peut-être ne faisaient-ils que se perdre un peu plus, réduisant un peu plus leurs chances d'en ressortir vivants ? Peut-être n'allaient-ils que se perdre d'avantage ? Il n'était même pas sûr qu'ils puissent remonter en haut.
    L'adolescent se laissa finalement tomber. Il atterrit dans un bruit sourd, de façon un peu maladroite et serra les dents pour retenir la douleur qu'il ressentit au niveau des pieds. Il aurait dû attendre encore un peu mais il n'en pouvait plus de la longueur que semblait prendre les choses, comme si le monde semblait s'être mis à tourner au ralentit sans affecter son esprit, le plongeant dans une certaine frustration. Secouant légèrement ses mains blessées par la pierre dont les quelques égratignures le brûlaient ou peut-être n'était-ce que le froid nocturne d'une nuit d'hiver ? Ariel, qui s'était à présent redressé après sa courte chute, se tourna vers Derdrès qui semblait en assez bon état pour se maintenir debout malgré la chute qu'elle venait de faire. Pourtant, il n'était pas plus rassuré que ça sur son état. L'adolescent s'approcha rapidement, mettant mentalement ses priorités dans l'ordre : s'assurer que la jeune fille allait bien, trouver un moyen de retrouver les couloirs si familiers. Une simple petite escapade, qui avait commencé comme beaucoup d'autres, commençait presque à prendre l'allure d'une aventure périlleuse dont il craignait de ne jamais voir la fin.
    « - T'vas bien ? ! Rien de casser ? la questionna-t-il sur un ton qui trahissait son inquiétude, réalisant cela il s'interrompit en détournant légèrement les yeux sur le côté avant de marmonner sur un ton grognon pour masquer sa gêne : Enfin t'es tombée de haut, c'tout. »
    Ariel c'était un homme après tout, fort et courageux qui ne pouvait pas se laisser aller aux sentiments ou plutôt qui savait très mal s'y prendre et gérer les siens. Il ne voulait pas avoir l'air sentimentale, surtout si la personne en face s'appelait Derdès Jen et qu'elle ne manquerait absolument pas de lui rappeler ce moment. Il plongea ses mains dans les poches de son jean, se crispant légèrement au contact du tissu qui ravive la sensation de brûlure des égratignures de celles-ci et commença à observer avec attention où ils étaient tombés.
    « - J'suis pas sûr qu'on va pouvoir remonter. »

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MessageSujet: Re: RAINBOW night • Ariel P. Lawford   Mer 21 Déc - 11:53



RAINBOW night

Au cours de la curieuse existence qu'avait jusque là mené Derdrès Jensen, la peur avait été un concept assez peu présent, si ce n'est complètement absent. Ayant effacé, ôté, viré de sa mémoire tout ce qui avait eut lieu avant son arrivée au manoir, même si elle se doutait du contraire, elle n'avait pas le souvenir d'avoir été effrayée par l'obscurité de sa chambre ou par les monstres imaginés sous son lit. Depuis lors, ses diverses craintes ne lui avaient guère imposé tant de pression que celle qui s'était emparée d'elle durant cette soirée. La plupart du temps, lorsqu'elle se trouvait dans une situation inédite où menaçait un quelconque danger, c'était une sorte d'inconscience heureuse et bourrée d'adrénaline qui s'emparait d'elle. Elle aimait prendre des risques ou se retrouver dans des situations rocambolesques, elle avait parfois l'impression que c'était la meilleure façon de rendre sa vie intéressante. Cependant, dans ces moments aussi périlleux qu'amusants, il y avait toujours un détail qui faisait qu'elle ne ressentait pas le besoin d'avoir peur, c'était la notion de l'échappatoire. Quelles que soient les expériences dans lesquelles elle se lançait, qu'il s'agisse de descendre de la Grande Roue, de se retrouver coincée entre trois mecs à la sortie d'un bar ou simplement se planter en moto en plein milieu de la forêt, elle savait qu'elle avait toujours moyen de s'en tirer. Il y avait des fois où elle se débrouillait très bien toute seule, d'autres où elle se servait d'éléments extérieurs sans leur demander leur avis, et encore d'autres où elle appelait Ariel en faisant semblant de pleurnicher (ce qui arrivait de plus en plus souvent par ailleurs). Les situations dangereuses lui plaisaient, dans la mesure où elle gardait un certain contrôle dessus, celui qui lui permettait de se ménager une porte de sortie. Et jusque là, elle n'avait pas le souvenir de s'être trouvée dans une situation où cette fameuse porte lui paraissait aussi inaccessible.

Eh bien pour une fois dans sa vie, à défaut qu'elle ait encore en mémoire les quelques autres rares occasions, la jeune femme aux cheveux roses était apeurée. Bien sûr, jamais elle ne se l'avouerait à elle-même, et encore moins elle ne l'exprimerait à voix haute à l'intention de son compagnon (eh oui, ça doit être l'un des quelques points sur lesquelles la dimension de son ego peut valoir celle d'Ariel, ou ce qu'il en reste). Toujours tremblotante, comprenant subitement ce que pouvait ressentir une feuille secouée par le vent au bout de sa branche, Derdrès s'était relevée pendant la descente entreprise par le jeune homme, maintenant sa petite boule de flammes du bout de ses doigts aux ongles verts. Se déplacer serait une autre paire de manches, mais elle verrait ça plus tard, pour l'heure elle était trop occupée à ressentir un intense soulagement dû à la présence de l'américain à ses cotés. Elle secoua la tête de droite à gauche, se filant le vertige par la même occasion, lorsqu'il lui demanda si elle allait bien. La demoiselle était trop désorientée pour remarquer l'intonation avec laquelle il l'avait interrogée, pour l'heure elle avait surtout envie de se mettre à pleurer de soulagement d'être toujours en vie et de descente brutale d'un énorme stress. Elle était bien trop fière pour cela évidemment mais elle ne pouvait s'empêcher d'avoir la larme à l’œil. Suivant le regard d'Ariel, elle observa le trou d'où ils étaient tombés, évaluant les chances qu'ils avaient de pouvoir remonter suivant le peu de moyen qu'ils avaient à leur disposition. Grimper de la manière dont il était descendu était exclu, elle ne parviendrait pas à faire deux mètres et lui avait les mains toutes écorchées (elle avait eut le temps de le remarquer mais avait manqué de courage pour la crise d'hypocrisie), et elle n'était pas en état de créer l'illusion tangible d'un escalier. Elle soupira :

« Remonter, je crois que c'est même pas la peine d'y penser. J'ai du mal rien qu'à maintenir une pauvre flammèche alors c'est pas trop la peine de compter sur mes pouvoirs. Sont chiants, servent jamais à rien quand on a besoin d'eux ! »

Elle avait mit un peu de vigueur dans la vie de sa phrase, signe que son abattement et son désespoir s'amenuisaient un peu. Elle avait toujours le dos complètement en vrac, elle devait avoir deux ou trois trucs qui s'étaient déplacés avec le choc dû à sa chute, mais elle récupérait vite maintenant qu'elle n'était plus toute seule perdue dans le noir. De sa main droite, celle qui ne soutenait pas l'illusion, elle ramena ses longues mèches derrière son visage, dégageant ses grands yeux bleus. Elle ne prêta pas attention à son écharpe qui lui était tombée sur les épaules et fit un tour oscillant sur elle-même, éclairant un peu ce qui les entourait. Ils étaient dans une salle immense, toute de pierre grise et froide, dont le plafond dorénavant troué était haut de plusieurs mètres. Des formes semblables à des espèces de tables de composition identique se dressaient ça et là, des grilles était encastrées dans les arcades qui servaient sans doute pour l'aération. Prise d'un doute subi, Derdrès se mit en veille pendant une minute, son cerveau décalé se remettant soudainement en fonctionnement. EEEEEH ?!! C'était quoi cet endroit ?! Un cachot ?! Et pour la jeune femme, ce style d'endroit signifiait esprits fantômes et monstres en tous genres qui devaient certainement traîner dans les parages, et il devait même y avoir le Hollandais Volant à croiser dans les parages et puis aussi... Bon, ça suffit un peu le délire, elle avait mit son désespoir de coté et était à peu près redevenue la personne fantasque qu'elle était la plupart du temps. Elle fit volte-face, agrippa le bras d'Ariel, s'y colla tout en profitant de cette prise pour assurer son équilibre pas encore tout à fait rétabli. Elle tendit son bras vers l'autre partie de la salle, qu'elle n'avait pas encore éclairée, afin qu'ils voient si ils pouvaient essayer de partir par là. Il devait bien y avoir des escaliers quelque part, dans l'une de ces grandes salles sombres, le tout était de les dénicher. Faisant grandir un peu ses flammes, allongeant leur champ de vision, elle illumina le mur opposé, lui ainsi que les lourds battants de la grande porte cochère de bois et de métal qui se trouvaient en son centre.

« Regardes là-bas, avec un peu -bon d'accord, beaucoup- de chance, c'est ouvert ! »

Elle ne voulait pas lui faire part de ses pensées à propos des esprits et créatures spirituelles qui pouvaient hanter les lieux, il savait déjà qu'elle était à moitié folle mais elle n'avait pas envie d'en rajouter. De toute façon il ne tarderai pas à se rendre compte qu'elle s'imaginait monstres et loups-garous tout partout autour d'eux, ce serait un véritable miracle si elle ne faisait pas deux ou trois syncopes rien qu'en traversant la salle. Désireuse de quitter cette pièce aux allures de salle de torture, la main porteuse de leur petite lumière toujours en avant, elle tira sur le bras de son compagnon qu'elle entraîna avec elle. Pas trop fort, elle ne voulait pas malmener les écorchures de ses mains et elle ne voulait surtout pas le lâcher. Elle sentait bien que dans un tel moment, si elle perdait tout contact physique avec son chevalier, elle allait piquer une crise d'hystérie à se mettrait à pleurer et à hurler. C'était complètement stupide comme réaction, mais il y arrivait de réagir bizarrement durant ses jours de grande nervosité. Ils atteignirent cette possible voie de secours et Derdrès poussa du pied à coté de la jointure. Ça grinçait, ça couinait, ça manquait cruellement d'huile et d'entretien, mais ça pivotait, s'ouvrant sur une sorte de long couloir humide et grouillant et répugnant et probablement bourré jusqu'à la moelle de fantômes divers. Brrr. Elle leva son regard un peu éteint vers Ariel :

« Bon... on essaye ? »

Il fallait avouer, ce serait bête quand même qu'ils tombent sur une grille fermée et infranchissable à l'autre bout du corridor. N'est-ce pas ?

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MessageSujet: Re: RAINBOW night • Ariel P. Lawford   Jeu 22 Déc - 15:58

    « - Tu peux...t'appuyer sur moi si t'as du mal...enfin si tu veux, lâcha-t-il avec une certaine hésitation, devenant plus froid sur la fin certainement à cause de la gêne. »
    Toute personne connaissait un peu Ariel se serait inévitablement rendu compte que malgré son fort caractère plutôt belliqueux, il était loin d'être foncièrement méchant et avait même un bon fond. Il était juste particulièrement maladroit pour tout ce qui concernait les relations avec autrui et très peu à l'aise. Il se montrait assez rude même dans ses gestes et dans ses mots qui pouvaient blesser ou vexer. Pourtant on ne pouvait pas affirmer qu'il ne supportait pas quelqu'un, il passait le plus clair de sa vie à grogner contre Derdès et à se répéter qu'il finirait dans un asile à cause d'elle et de toutes ses combines. Pourtant, il ne pouvait pas mentir à lui même sur toute l'affection qu'il lui portait et même si cela semblait parfois bien brusque ou hésitant, il lui montrait son affection à sa manière dans ce genre de moments : un peu gêné, un peu sec, un peu hésitant.
    « Remonter, je crois que c'est même pas la peine d'y penser. J'ai du mal rien qu'à maintenir une pauvre flammèche alors c'est pas trop la peine de compter sur mes pouvoirs. Sont chiants, servent jamais à rien quand on a besoin d'eux ! »
    L'adolescent ne répondit pas mais il ne pouvait s'empêcher de trouver cette situation un petit côté comique à cette ironie : une Mentaliste qui se plaignait de ses pouvoirs à quelqu'un qui n'en avait jamais eu. Un sourire en coin blasé et amer parce qu'au fond, il ne comprenait que trop bien les autres Exclus. Bien évidemment qu'il vivait très bien sans pouvoirs et qu'il se débrouillait comme un grand mais il aurait voulu avoir autre chose que cette marque. Et en même temps, il ne pouvait que la haïr cette marque, haïr ces pouvoirs qui lui avaient pris sa sœur. Paradoxe.
    Ariel parcourra en diagonale où ils étaient tombés et ce qui pouvait plus ou moins s'apparenter à...en vérité il n'en avait aucune idée. Des murs en pierre, des grilles, un plafond assez hauts et des espèces de tables en pierre qui pouvait éventuellement faire penser à des lits ou des bancs. Une prison peut-être ? Il était parti trop jeune pour savoir à quoi ressemblait véritablement une cellule et ne pouvait se baser que sur ce qu'il avait vu sur un écran de télévision. Mais il comprenait parfaitement le sentiment de cage qu'on pouvait ressentir, aussi grand que soit l'endroit on en restait prisonnier et on entravait cette liberté de se déplacer où l'on voulait. Dans cette optique, on pouvait en un sens comparer une prison à Mystic Hall et ses barrières magiques impossibles à franchir. Bien que beaucoup d'élèves semblaient y trouver leur compte, il savaient que d'autres voulaient s'échapper de cet endroit, généralement des Oubliés d'ailleurs. Quand à lui, l'adolescent n'avait pas particulièrement envie de s'enfuir à tout prix, ici ou ailleurs elle n'était plus avec lui mais il n'aimait pas l'idée d'être obligé de rester, les Exclus n'auraient pas le moindre problème à se fondre dans la masse.
    « Regardes là-bas, avec un peu -bon d'accord, beaucoup- de chance, c'est ouvert ! »
    Derdès, qui avait attrapé son bras, éclairait à présent avec leur seule source de lumière une imposante porte dont le bois était moisi et le fer rouillé, rien qui semblait bien solide en somme. Elle l'entraîna avec elle jusqu'à' la porte, il aurait pu aisément protester surtout vu l'état de la jeune fille mais il essaya de faire un effort pour la suivre docilement, ne voulant plus la lâcher comme il avait eu l'erreur de le faire précédemment. Dans un grincement aiguë bien plus désagréable encore que le crissement d'une craie contre un tableau, un des battants pourri s'ouvrit lentement laissant se découvrir un nouveau couloir qui semblait en plus mauvais état encore que celui sur lequel ils étaient tombés un peu plus tôt. Le noir, encore l'inconnu. Encore l'aventure.
    « Bon... on essaye ? »
    De toutes façons qu'avaient-ils à perdre à présent ? Ils étaient prisonniers de ces anciennes cellules et incapable de remonter en haut, du moins elle devait être fragilisée par sa chute et ses mains le faisaient assez souffrir pour qu'il ne veuille pas retenter l'expérience. Pas pour le moment en tout cas. Il était inutile de réfléchir des heures durant sur comment faire puisqu'une seule et unique solution s'offrait à eux. Ils n'avaient plus qu'à espère que ce soit la bonne, remettre leur sort au hasard. Ariel mit un pied dans l'étroit couloire, se positionnant ainsi devant. Il se tourna vers la princesse aux cheveux roses, les traits tendus et l'air préoccupé. Tout son être était tendu en vérité comme un arc, prêt à bondir, à bouger au moindre son même imperceptible, au moindre mouvement suspect.
    « - Tu as encore le canif ? demanda-t-il, faisant référence à celui avec lequel il avait ouvert le pot de peinture précédemment et qui pourrait éventuellement servir d'armes dans le pire des cas. Si tu as mal quelque part, dis-le moi et ne me lâches surtout pas. »
    Le jeune Lawford aurait préféré en vérité la laisser ici, endroit qui semblait beaucoup plus sûr pour elle que le sombre chemin dans lequel il allait l'entraîner mais en vue des récentes évènements, il craignait plus encore de la laisser. Inspirant une légère bouffée de l'air humide, il s'engagea non sans un peu de nervosité. Ils semblaient s'enfoncer chaque fois un peu plus dans les méandres et les sombres secrets du manoir, s'éloignant sans cesse de la sortie. Le sol était couvert d'une légère couche d'eau qui lui donnait l'impression de barboter dans une mare mais il ne préférait pas essayer de voir ce qui la composait. Parfois à leur approche, il entendait quelques rats couinaient avant de disparaître dans l'obscurité. On aurait presque pu se croire dans un film d'horreur tant le décor et l'ambiance s'y prêtaient bien sauf que c'était bien loin d'être un simple cauchemar, c'était la réalité. S'il arrivait quelque chose, c'était fini, pas de deuxième chance. S'il lui arrivait quelque chose, il s'en voudrait toute sa vie comme il s'en voulait de ne pas avoir pu sauver Anna.
    Un horriblement craquement , quelque chose se brisa sous son pied. Il leva lentement celui-ci, abaissant la tête, se tournant légèrement sur le côté pour que la lumière de Derdès éclaire l'étrange chose. Son cœur s'arrêta un instant face à la vision qui s'offrait à lui : ce qu'il venait d'écraser était un os qui appartenait à un squelette gisant sur le sol. Mais ce qui l'effrayait bien plus encore c'était la vision de leurs squelettes perdus quelque part dans ce couloir humide parce que la mort n'avait été jusqu'à présent qu'une vague idée qu'il avait chassé dés qu'il avait entendu la voix de sa compagne. L'hideuse vérité était que cet endroit pourrait être leur tombeau, morts par le froid ou par la faim. L'hideuse vérité était que cette ballade pouvait être la dernière. N'était pas effrayant de se retrouver ainsi confronter à sa propre mort ? Rongé par les vers et les rats. Comme tout le monde, il savait comment l'histoire de chacun se finirait, par cette étape qu'on appelait « mort » mais qui avait imaginé comment elle se déroulerait ? Il la voyait, elle et les remords qui lui rongeait l'estomac car c'était sa faute, entièrement de sa faute. S'il ne l'avait pas entraîné dans une ballade nocturne, s'il l'avait retenu à temps, s'il avait choisi un autre chemin.
    Ariel prit conscience qu'elle était juste derrière lui. Il voulait lui éviter cette vision, d'imaginer la même scène, d'éprouver la même terreur en imaginant que tout pouvait se terminer ici. Parce que se dire que c'était la fin était la pire chose qu'on pouvait imaginer dans cette situation, arrête de se battre, se laisser tombe au sol, se recroqueviller et attendre que la mort vienne. L'adolescent l'attrapa un peu rudement, la tirant avec lui loin de cette sinistre vision, loin de ce destin qui les guettait tapi dans l'ombre. Tenant fermement avec sa main, aussi fort qu'il pouvait pour se rappeler qu'il n'était pas encore mort, pour convaincre son esprit avant qu'il n'abandonne. Une course contre l'imaginaire dans ce couloir sombre. Repousser cette idée aux confins de son esprit.


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