Try Again ~ [Holly]
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Psychique, entrez dans le monde de Mystic Hall, où seuls les détenteurs de la Marque connaissent votre secret.
 

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 Try Again ~ [Holly]

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Sibyllin
Sibyllin



MessageSujet: Try Again ~ [Holly]   Dim 4 Mar - 0:18



I can't sleep now, no, not like I used to
I can't breathe in and out like I need to
It's breaking ice.. now, to make any movement
What's your vice? You know that mine's the illusion

One Republic – Goodbye Apathy

Les paupières de Leonard s’ouvrirent lourdement. Il ne savait pas quelle heure il était, et encore moins quel jour. Dans l’obscurité de sa chambre, il n’avait que deux certitudes. 1) Il était malade comme un chien. 2) Il avait besoin d’une douche. Il se redressa laborieusement, et passa sa main sur son visage. Aïe. 3) Il avait besoin d’un bon rasage . Il jeta un œil du côté de sa table de nuit, et comme ses pilules lui faisaient de l’œil, il avala sont traitement – et une aspirine- d’un trait avec un verre d’eau. Le jeune homme poussa un gémissement en s’extirpant de son lit. Il se sentait faible comme une larve, ou plutôt un escargot. Il ne serait pas étonné de voir une longue traînée de fluide dégoûtant et collant derrière son passage. Le sibyllin avait l’impression d’avoir 100 ans. D’un geste rapide il ouvrit les rideaux et laissa une fenêtre entrouverte, histoire d’aérer la pièce. Cela faisait plus ou moins trois jours que Len subissait les conséquences de sa petite folie avec Holly Shepherd. Son mal de gorge avait finit par passer, en revanche, la fièvre s’était bien installée et semblait apprécier le confort que lui offrait le corps de Leonard. La chance. Le sibyllin détestait être malade. D’abord parce qu’il ne pouvait pas aller bosser et ensuite parce qu’il devait rester calfeutré chez lui. La première fois qu’il avait eu la fièvre à Mystic Hall, on l’avait simplement emmené à l’infirmerie. Après quelques heures, ils l’avaient drogué avec des somnifères histoire de faire disparaître tous les monstres imaginaires qui traînaient dans la pièce. Et oui ! Dès que la fièvre faisait un peu trop chauffer le cerveau du jeune homme, son don psychique se mettait à déconner et produisait des illusions aléatoires. Génial ! Une chorale de chat. Trop cool ! Une invasion de zombies. Bref, avoir plus de 37 de température et s’appeler Leonard Keyes ne faisait pas bon ménage.

Le jeune homme traîna les pieds jusque dans la salle de bain et jeta un coup d’œil au miroir. Son reflet éclata de rire. Il avait une tête de déterré : les yeux rougis, une barbe de hérisson blond, une sale mine et on aurait dit qu’un oiseau s’était fait un nid dans ses cheveux. Le sibyllin se mit à rire lui aussi. Le reflet se mit à parler :

« Seigneur, j’ai l’air d’un clochard anémique ». Ce qui fit rire Leonard de plus belle.
« Arrêtes ! AAHAHA ! Je vais mourir de rire ! Bon faut que je me lave…

Le jeune homme se tourna vers sa baignoire/douche et poussa un soupir. D’après la petite conversation qu’il avait eut avec son reflet, il savait que l’aspirine ne faisait pas encore effet. Il sentait que ses jambes étaient encore en coton, et sincèrement une petite chute n’arrangerait pas les choses. D’un autre côté, il pouvait prendre un bain. Mais bon, pour des raisons évidentes, Leonard Keyes n’avait pas prit de bain depuis…10 ans au moins. Bah, au point où j’en suis…Soyons fous !. Il écarta le rideau et tourna le robinet d’eau chaude. Pendant que l’eau remplissait lentement la baignoire, le sibyllin entreprit de se raser, une tâche journalière et normalement anodine, excepté quand on est malade et que votre reflet s’amuse à changer juste pour vous embêter. D’ailleurs, en faisant glisser le rasoir, il se coupa légèrement au menton. La plaie saigna quelques minutes avant de se refermer. Rien de grave donc, on avait évité le pire. Merci mon capitaine.

Len glissa lentement dans l’eau chaude. Bizarre. Un bain. Il pencha sa tête en arrière sur le bord de la baignoire, laissant ses cheveux en dehors. Prendre un bain n’était pas si désagréable. Il fallait juste faire attentions aux poissons rouges, mais bon les poissons rouges ne faisaient de mal à personne, ils vous chatouillaient juste un peu. Heureusement que ma baignoire est trop petite pour les requinspensa Leonard. Pourquoi je ne prends pas de bain au juste, c’est plutôt agréable…. Soudainement, l’eau prit une teinte rouge carmin et une odeur légèrement métallique flottait dans l’air.

« Ah oui…Je me souviens maintenant… »

Il regarda ses grandes mains dont il avait enlevé les multiples bracelets avec un sourire idiot.

« Salut toi ! Je peux piquer une tête ? » Holly Shepherd – ou du moins son illusion- était assise sur le rebord opposé. Elle glissa sa basket dans le liquide rouge carmin. « Hum…elle est chaude… »

Leonard Keyes, pas le moins du monde perturbé par cette apparition, et encore moins par le fait qu’il était nu dans son bain. Après trois jours de fièvres et d’illusions constantes et involontaires, plus rien ne le surprenait. Il vivait dans un cauchemar éveillé entre les brèves périodes de lucidité que lui offrait l’aspirine. Avec un sourire innocent il montra ses mains à la jeune fille. Elle était encore humide à cause de l’eau et avait cette teinte rouge, sanglante.

« Regarde Holly ! J’ai des nouvelles mains ! »

Holly avait disparu, mais pas pour très longtemps. Son parfum avait remplace l’odeur métallique et flottait encore dans l’air. Len reposa son dos contre le rebord de la baignoire, la tête en arrière et ferma les yeux. Il se sentait bizarre, tout mou et en même temps changeant. En fait, il était en train de devenir complètement fou.

« Hey réveille-toi ! »

Len ouvrit les yeux. Une cascade de cheveux châtains et le visage d’Holly Shepherd tout proche mais à l’envers. Comme si elle était penchée vers lui, de son côté de baignoire. Ses yeux océans semblaient plus grands. Elle était si proche qu’il pouvait y voir des vagues et le reflet des nuages

« Je sais que tu rêves de moi…Alors…qu’est ce que t’attends espèce d’idiot !! Embrasse-moi. C’est un ordre. »

Le sibyllin leva docilement les bras vers son visage pour l’attraper et l’attirer vers lui, mais il ne retint que de l’air. Les illusions ne restent que des illusions, elles s’évanouissent au moindre contact physique. Et elles cessaient enfin de torturer Leonard Keyes.

~~~~

Alors que le jeune homme enfilait un jean et un vieux pull en laine vert foncé, il entendit un bruit. Comme si quelqu’un frappait à la porte. Même s’il commençait à se sentir un peu plus lucide, il savait qu’il ne pouvait pas ouvrir la porte. D’abord parce qu’elle n’était pas fermée à clé, mais soit, le problème n’était pas là. Un petit signe à l’entrée informait le passant : « Entrez à vos risques et périls ». Mais Leonard n’ouvrait pas la porte. Il ne pouvait pas sortir de chez lui et il ne pouvait rien croire. Même si le directeur passait cette porte pour lui annoncer la troisième guerre mondiale, il ne pouvait pas le croire. Lorsque que la direction ou ses collègues devaient impérativement s’adresser à lui, ils passaient une enveloppe noire sous la porte.

Il entendit encore ce bruit contre la porte. Pour se débarrasser de ces sons parasites, Leonard avait une technique. Il mettait de la musique. Très fort. Pour ne plus les entendre. Ensuite, il se rendit dans la pièce principale de son appartement. Une table, une kitchenette, un bureau, une étagère et un vieux canapé. Rien de bien extraordinaire, si seulement il n’était pas entrain de neiger dans la pièce. Le parquet en bois lisse avait été remplacé par une sorte de patinoire, et la neige continuait de tomber, tout doucement, sur le canapé, les chaises et la table… Avec un air désabusé, Len se rendit jusqu’au frigo pour avaler un bon verre de lait avec des cookies avant de se laisser tomber sur le canapé enneigé. L’aspirine commençait à faire effet mais pas assez vite à son goût. Il se sentait encore faible et groggy mais pire que tout, il avait retrouvé un semblant de discernement. Allongé sur son canapé il songea à ce qui s’était passé tout alors. Cette illusion avait raison, il pensait toujours à Holly Shepherd.Et ça lui donnait envie de se taper la tête contre les murs, de s’arracher le palpitant de la poitrine pour aller l’enterrer dans le jardin. Désormais le jeune homme cessait de se voiler la face. Il devait se reprendre et cesser d’éprouver…ces sentiments bizarres et ambigus envers elle. Ce serait mieux pour lui et pour elle. Oui, il en était convaincu. Il honorerait son contrat avec elle mais sans plus.

Len ferma ses yeux fatigués un instant et poussa un soupir. Soudain, une odeur familière. Et une cascade de cheveux châtains.

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Mentaliste
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MessageSujet: Re: Try Again ~ [Holly]   Dim 4 Mar - 17:04



    Il était neuf heures du matin, le cours d'histoire venait à peine de débuter. Et Holly Shepherd s'ennuyait déjà à mourir. Rangée du fond, place côté fenêtre, elle avait choisi son bureau avec un soin très particulier. De là, elle était censée pouvoir observer les moindres faits et gestes de tous ses camarades de classe ou, dans le pire des cas, regarder les nuages passer au-dehors. Mais comment pouvait-elle bien s'occuper si les trois-quarts des jeunes étaient en train de copier machinalement la leçon et que le ciel était désespérément bleu ? Vous allez me dire, elle aurait très bien pu se mettre à écouter le professeur. Le truc, c'est que cette idée ne lui traversa même pas l'esprit. Holly n'écoutait jamais. Elle se contentait de copier les réponses sur son voisin, lui aussi très bien choisi, pendant les contrôles. Et voilà.
    Accoudée à sa table, la brunette jeta un coup d’œil à l'horloge. Neuf heures et une minute. Argh. Elle se laissa littéralement tomber sur son bureau. Un vague soupir lui échappa, tandis qu'elle essayait de ne pas sombrer dans la dépression totale... Il fallait qu'elle trouve un moyen de se divertir, peu importait lequel. Pourvu qu'il la fasse tenir une heure ou deux. Avec un manque certain de motivation, l'adolescente se mit donc bêtement à penser. Penser à ce qu'elle avait fait la veille, l'avant-veille, et l'avant-avant-veille. Donner ma composition à faire à quelqu'un d'autre : check. Ridiculiser un crétin qui avait osé m'approcher de trop près : check. Parler des heures au téléphone avec la fille la plus stupide de l'Univers ou presque : check. Hm... Ce n'était pas passionnant. Nouveau coup d’œil à l'horloge. Neuf heures et quatre minutes. Raaaaaah ! Elle n'avait qu'une envie : dégager de cette salle le plus vite possible. Agacée, elle ne pu retenir un claquement de langue. Deux ou trois personnes se retournèrent pour la dévisager. Elle balança sa gomme sur la plus proche. Une gamine blonde. Bing. Dans l’œil.

    « AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAÏE ! »


    Oups. Elle n'avait vraiment pas fait exprès. Un petit sourire narquois lui échappa tandis que sa jeune victime s'égosillait sur sa chaise. Si elle ne s'était pas retournée aussi, il n'y aurait pas eu de problème ! Ravie, Holly constata rapidement que toute la classe s'était arrêtée pour observer la scène. Merveilleux ! Elle adorait être au centre le l'attention. Retenant légèrement son souffle, elle laissa la professeure parvenir jusqu'à elle. Celle-ci était une petite bonne femme d'une quarantaine d'années, ronde, que le moindre geste paraissait épuiser. Pathétique. Toujours aussi souriante, l'adolescente soutint quelques secondes le regard perçant de l'enseignante. Un silence parfait s'installa dans la salle. Même Barbie avait arrêté de beugler. Et puis la sentence tomba.

    « Holly Shepherd. DEHOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOORS ! »

    Oh ! Parfait. La jeune fille ne se le fit pas dire deux fois. Balançant ses affaires dans son sac, elle jeta un dernier regard à l'horloge, avant de filer hors de la salle en faisant claquer ses talons sur le parquet. Neuf heures huit minutes. Elle avait la journée devant elle. Restait à savoir ce qu'elle allait en faire. Elle pouvait retourner se coucher. Ou alors partir à la recherche de nouveaux ragots ! A moins que... Ses yeux océans tombèrent sur la forêt, visible entre mille à travers l'immense fenêtre du couloir. Len. Elle n'avait pas vu le sibyllin depuis des jours. Trois, pour être précis. Et elle devait admettre qu'il lui manquait un peu. Elle se posait des questions. Pourquoi n'était-il pas encore venu la voir ? Pourquoi ne l'avait-elle pas croisé, d'ailleurs ? Est-ce qu'il l'évitait, cherchait à oublier ? Avait-il décidé qu'elle n'était finalement pas grand chose, qu'il pouvait se passer de sa présence ? Cette pensée fit bouillir le sang d'Holly dans ses veines. La colère grimpa en elle comme le mercure d'un thermomètre en plein soleil. Ah oui, c'était ça ? Monsieur avait pris la décision de l'ignorer ? Mais ça n'allait pas se passer comme ça ! On n'oublie pas Holly Shepherd sans son autorisation, moi je vous le dis ! Remontée à bloc, la jeune fille sut donc finalement ce qu'elle allait faire de sa journée.
    Elle allait trouver cet impudent et lui faire passer le pire quart d'heure de sa vie. Oh que oui. Il allait s'en souvenir, de cette visite.
    Dans un mouvement de cheveux purement théâtral, l'adolescente tourna les talons et fonça trouver la personne capable de lui indiquer l'adresse du condamné. Ou plutôt l'objet qu'une personne possédait et qui pourrait très bien l'aider à trouver la dite adresse...

    - - -

    Une heure plus tard – l'horloge indiquait dix heures et dix minutes –, Holly sortit du dortoir des Mentalistes, un minuscule bout de papier chiffonné dans sa main, une mine exaspérée gravée au visage. Elle avait perdu tellement de temps... ! Elle venait de passer de longues minutes à éplucher le carnet d'adresses d'une de ses camarades. Celle-ci avait la manie de noter les lieux de résidences de toutes les personnes de Mystic Hall, mais était quelque peu désordonnée... Grave bordélique, ouais ! J'viens de passer CENT ANS à trouver cette adresse à la con. Oui, bon. Pour faire simple : si son carnet contenait toutes les adresses, elles étaient rangées sans le moindre ordre. A croire qu'elle ne connaissait pas l'alphabet. Bref. La jeune fille avait fini par trouver, parfaitement par hasard, alors qu'elle était sur le point de balancer le livret à travers tout le dortoir. Et voilà qu'elle était repartie. Ses pas se faisaient de plus en plus vifs, au fur et à mesure qu'elle avançait à travers les couloirs du manoir, bien décidée à faire payer tous ces efforts à ce cher Leonard. Non seulement il l'ignorait, mais en plus il l'obligeait à suivre un parcours du combattant pour le trouver ? Quel malotru. C'était à se demander ce qu'elle lui trouvait, à ce garçon ! … En partant du principe qu'elle lui trouvait quelque chose, bien sûr. Puisqu'elle n'éprouvait absolument rien pour lui. Bien sûr. Oui.
    Passons.
    Ses boucles châtains valsant dans tous les sens, Holly passa l'entrée, filant telle une comète le long des jardins. Elle ne se posait même plus de questions, se contentait de marcher, encore et encore. Elle avait un objectif, elle l'attendrait. Quoi qu'il arrive. Elle n'était pas du genre à renoncer ou à baisser les bras pour un rien. Rien ne l'arrêteraiiiiiiiiiit. Elle était surpuissante. Et puis, elle était curieuse aussi. Dans un coin de sa tête, minuscule endroit dissimulé sous une tonne de colère et de haine, elle se demandait. Elle se demandait à quoi ressemblait l'endroit où vivait Leonard, le curieux Leonard. Celui qui l'avait tant troublé quelques jours plus tôt. Elle se demandait s'il n'avait pas une raison bien précise de ne pas avoir été à sa rencontre. Oui, elle se demandait. Elle aurait peut-être mieux fait d'aller fouiller dans la tête d'un de sibyllins, avant de se précipiter comme ça. Lorsqu'elle arriva devant la résidence portant le nom de « Keyes », la jeune fille, fièrement perchée sur ses stilettos, commençait à douter un peu. Oh, si peu. Pas de quoi la faire reculer lorsque son regard tomba sur le panneau « Entrez à vos risques et périls ». Au contraire, ça la fit bêtement ricaner. Mais quand même. Elle ne se sentait plus aussi en colère qu'au départ. Et ça l'ennuyait un peu. Elle savait très bien qu'il serait plus facile de la calmer si elle gardait cette part de doute en elle. Hm... Rah, et puis ça me gonfle. Sans se tourmenter davantage, l'adolescente frappa à la porte. Trois coups, le plus fort qu'elle put. Et puis elle attendit. Les minutes passèrent. Dix heures et vingt-quatre minutes. Rien. Le doute grimpa un peu plus en elle. Et s'il n'était tout simplement pas chez lui ? Elle aurait fait tout ça pour rien. Ha ha ! Non, ça ne pouvait être qu'une blague. Une plaisanterie de très mauvais goût. A nouveau, elle toqua. Plus fort encore. Ses jointures protestèrent faiblement, elle n'y prêta pas la moindre attention. Non, son esprit tout entier était à présent captivé par quelque chose. Du mouvement, derrière la porte. Ou plutôt, un son. De la musique. Le volume était extrêmement élevé, au point d'en faire faiblement trembler l'embrasure de l'entrée. Mais peu importait. Non, non. Ce qui comptait c'était que Leonard était chez lui. Et qu'il ne lui ouvrait pas. PIRE. Il osait lui montrer ostensiblement qu'il l'ignorait royalement. Ah oui ? Tu crois ça ? Tu vas voir, mon grand. La colère était revenue. Et Holly comptait s'en servir. D'un geste énervée elle lança son talon aiguille sur le battant, qui s'ouvrit à la volée. Ainsi la porte n'était même pas fermée. Très bien. Ça lui évitait de trop abîmer ses chaussures. Véritable tornade, elle ne prit pas la peine de s'annoncer, marcha à toute vitesse à travers la pièce minuscule de l'entrée, avant d'ouvrir la porte où le son se faisait le plus fort. Bingo.
    Avachi sur un canapé déjà bien amoché, Leonard Keyes aurait pu dormir.
    S'il n'y avait pas eu cette musique. Trop élevée, beaucoup trop. Et cette neige. Oui, oui. De la neige, dans le salon. Salon qui ressemblait plus ou moins à une patinoire. Patinoire qu'elle était censée traverser en talons. Logique. C'est quoi le délire, là ? Enfin, de toute façon, il était trop tard pour se démonter. Rapidement, elle entreprit de traverser la pièce, jusqu'à arriver tant bien que mal devant le canapé/sa victime/un garçon à l'air complètement shooté. Tellement qu'Holly cru un instant que Len avait décidé de se droguer dans sa solitude. Mais bon, après tout, elle s'en contrefichait. Drogué ou pas, il allait entendre parler d'elle. Son regard océan lançant des éclairs, elle se pencha légèrement, jusqu'à ce que le jeune homme ouvre les yeux. Là, elle prit enfin la parole. Hurlant à moitié ne serait-ce que pour se faire entendre.

    « Leonard Keyes, vous vous souvenez de moi ? Je suis HOLLY SHEPHERD. La fille que vous avez IGNORÉE pendant DES JOURS. Hypocrite. T'as intérêt à avoir l'excuse du siècle, je te préviens. Mais d'abord... »

    Elle se stoppa un instant pour se relever et reprendre son souffle. Juste le temps d'observer un peu son interlocuteur. Il n'avait pas l'air en bon état. Pauvre chou. Pfff. Ah. Et il avait dû se couper le menton. Une vilaine marque avait fait son apparition. Holly aurait bien continué son inspection, si elle n'avait pas eu ce son lui broyant les oreilles. C'est donc encore plus fort qu'elle reprit là où elle s'était arrêté.

    « ÉTEINS-MOI CETTE MUSIQUE ! »


    Un peu essoufflée, elle se fit une place assise sur le canapé. Croisa les jambes et les bras. Posa un regard on ne peut plus accusateur sur Leonard. Alors son cœur vacilla. Les doutes revinrent à gros flot, envahissant sa tête. Si elle resta imperturbable vu de l'extérieur, l'intérieur était salement touché. Ouch... Bordel, j'avais oublié qu'il me faisait cet effet là.
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Sibyllin
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MessageSujet: Re: Try Again ~ [Holly]   Lun 5 Mar - 21:14


We came down to watch the world walk by
And all she found was trouble in my eyes
From the sky she pulled me down tonight
Let her go
Let her go

Yellowcard – Rough landing, Holly

Avachi sur son canapé en écoutant de la musique à le render sourd, Leonard Keyes réfléchissait, autant que lui permettait son esprit malade. Il ne voulait pas mettre un nom sur ce qu’il ressentait pour Holly. Il était fatigué. Depuis trois jours, elle venait sans cesse le hanter, que ce soit éveillé – où il ne pouvait pas la toucher sans qu’elle disparaisse, ou dans ses rêves – où il pouvait prendre sa revanche, presque sans culpabilité. Même s’il finissait par s’en vouloir par la suite. C’est pas bien Len, pas bien du tout. Alors entre chacune de ses visites, il reprenait confiance et se disait que cette fois-ci il résisterait. Qu’il la ferait partir. Et dès qu’il voyait son visage et ses yeux bleus, sa détermination se dégonflait aussi facilement qu’un ballon de baudruche. Et il retombait tout droit dans son vice. Le jeune homme essayait en vain de se dépêtrer de ses désirs, qui grandissaient chaque jour un petit peu plus. Allongé sur son canapé, avec 38 degrés de fièvre et de la neige dans son appartement, il en était arrivé à ce constat. Il faut que cela cesse. Et puis cette odeur familière, cette cascade de cheveux châtains et des yeux en tempête. Le fantôme d’Holly Shepherd semblait furieux. Elle criait.

« Leonard Keyes, vous vous souvenez de moi ? Je suis HOLLY SHEPHERD. La fille que vous avez IGNORÉE pendant DES JOURS. Hypocrite. T'as intérêt à avoir l'excuse du siècle, je te préviens. Mais d'abord... »
« My heart is bursting in your perfect eyes
As blue as oceans and as pure as skies »
disait le chanteur de Snow Patrol.
« ÉTEINS-MOI CETTE MUSIQUE ! »
Sans vraiment réfléchir, le jeune homme obéit. Le courroux de la jeune fille l’avait électrifié, il sauta sur ses pieds pour aller éteindre la chaîne hi-fi. Quand il se retourna, la demoiselle était bien installée sur son canapé, les bras et les jambes croisées. En langage corporel, ça voulait dire qu’elle était complètement fermée. Le sibyllin frotta ses yeux fatigués sans trop comprendre.

« Mais de quoi tu parles…Je t’ai vue il y a quoi… 20 minutes. Et puis hier aussi. Et avant-hier. C’est absurde. Attends… »

Il alla s’asseoir sur l’autre extrémité du canapé. D’habitude Holly ne lui criait pas dessus. Ca aurait dû lui mettre la puce à l’oreille. Cependant le jeune homme fit mine de réfléchir à ce qu’elle venait de dire. En général les apparitions d’Holly n’étaient pas anodines. Elles essayaient de convaincre Leonard à propos de quelque chose. A propos de lui-même. Quand il était malade, ses désirs et ses craintes prenaient forme sans qu’il puisse y faire quoi que ce soit. Peut-être que son subconscient parlait par la bouche d’Holly ? Quoi qu’il en soit, le sibyllin essayait de donner du sens à ses propos.

« Ca veut dire que je te manques….ou plutôt que tu me manques ? Ou que je voudrais que je te manques ? C’est ça que tu veux dire ? »

Il resta perplexe quelques secondes .C’était peut-être ça. Mais laquelle lui manquait le plus ? La vraie Holly ou la fausse Holly ? Difficile à dire, difficile de faire la différence entre les deux. Qu’est ce qu’elle voulait dire ? Qu’est ce qu’il voulait se dire ? Rien n’avait plus de sens. Ou trop de sens différents. Leonard se sentait comme perdu dans un labyrinthe sans issue. Peu importe sous quel angle il regardait la situation, il était piégé. Il ne contrôlait rien, il ne savait rien.Qu’est-ce que ça veut dire ? Pourquoi est-ce que je la vois tout le temps. Je ne devrais pas. Non je ne devrais pas. Dans mes rêves aussi. Je ne devrais pas non… De dépit il serra ses deux mains contre son crâne. Il ne savait plus quoi penser.

« Je ne comprends pas. Arrêtes, arrêtes, arrêtes.»

La neige avait disparu. Doucement, la marée se mit à monter. Il y avait des coquillages et des étoiles de mer incrustées sur les meubles qui ne bougeaient pas d’un centimètre. Pourtant l’eau montait par vague, dangereusement. Des ombres s’agitaient sous la surface. Si elle continuait de monter comme ça elle allait les avaler. Len ne semblait pas avoir réalisé ce qui se passait. Son cœur était déchiré alors que son esprit chavirait au loin. Que faire ? Je ne sais pas. Je ne devrais pas ressentir ça. Pourquoi est-ce qu’elle me rend la tâche si difficile ? Pourquoi est-ce qu’elle vient me voir tout le temps ? Je ne veux pas. Non, je ne veux pas. Je ne peux pas. Je l’aime. NON. Je ne peux pas. Tais-toi.Chuut. ARRETES ! Il fallait qu’il la fasse partir à tout prix. C’était une question de santé mentale.

« Pourquoi est-ce que tu reviens me voir tout le temps ? Tu me fais mal. Arrêtes. Va-t-en !.Je ne veux pas te voir. Laisse-moi en paix.»

Il n'osa pas la regarder. Il savait que si jamais il croisait son regard -même son faux regard, il hésiterait, il regretterai et il se laisserait envahir encore. Il fallait qu’il la fasse partir à tout prix. C’était une question de santé mentale. Il pourrait gérer la vraie Holly, mais ces illusions devaient s’arrêter avant qu’il ne devienne complètement fou. Et pourtant…il s’était attaché à ses illusions. A la voir souvent. C’était mal. C’était pour ça qu’il devait être fort et la faire partir. Sinon il serait tenté de rester comme ça. Tout le temps. A vivre dans une illusion, dans un semi-rêve.
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MessageSujet: Re: Try Again ~ [Holly]   Jeu 8 Mar - 11:16



    Sur une échelle allant de zéro à dix, la colère de Holly devait plus ou moins se situer à sept. Elle était un peu chancelante, hésitante. Une petite colère, pour une demoiselle telle que miss Shepherd, entre autre. C'est pourquoi celle-ci essayait de se façonner une image inébranlable et fermée encore plus parfaite que d'habitude. Elle ne voulait pas qu'on remarque ses failles. Leonard en connaissait déjà bien trop, elle n'allait en aucun cas lui faire le plaisir de lui en donner une de plus. Surtout pas un jour comme celui-ci, où elle était censée devoir le traiter de tous les noms pour son attitude d'hypocrite égoïste et tout ce que vous voulez. Bref, il fallait qu'elle se concentre. Ou qu'elle trouve un moyen de détester pour de bon ce Sibyllin qui la tourmentait tant. Ah oui, ce serait tellement plus simple, si elle le haïssait réellement... Elle ne se sentirait pas aussi pathétique, elle se ficherait même complètement du sort de ce sombre idiot ! Elle vivrait calmement sa petite vie d'enfant pourrie par le monde, se contentant de faire régner sa loi dans tout Mystic Hall sans se soucier de ce garçon. Elle serait en paix. Non ? La tête et le cœur en vrac, elle pinça légèrement ses lèvres déjà fines tandis que Leonard se levait d'un bond pour aller éteindre la chaîne hi-fi lancée à s'en défoncer les tympans. Bon. Au moins il lui obéissait toujours... Enfin, de toute façon, il avait intérêt !
    Et puis il se tourna vers elle. Son regard fatigué était plein à craquer de points d'interrogation, comme si quelque chose lui échappait. Quoi ? J'pas été assez claire ? Tu veux que je te le traduise en chinois, peut-être ?! Les yeux de l'adolescente allèrent se ficher sans pitié dans ce drôle de regard, attentifs d'abord. Puis légèrement intrigués. Il y avait quelque chose d'étrange, dans ces profondeurs émeraudes. Quelque chose de différent. Mais...

    « Mais de quoi tu parles…Je t’ai vue il y a quoi… 20 minutes. Et puis hier aussi. Et avant-hier. C’est absurde. Attends… »

    Holly en resta bouche bée de surprise, réagissant à peine lorsque le jeune homme alla s'installer à l'autre bout du canapé. Que... Comment ? Il avait bugué, là, non ? Elle n'était pas là il y a vingt minutes ! Le temps ne pouvait pas avoir passé aussi vite. Non, non, elle était encore en train de chercher cette foutue adresse, quelques temps auparavant. Quand bien même, elle savait pertinemment que les jours précédents, elle ne lui avait pas rendu visite. Alors quoi ? Qui avait-il vu ? Ou bien, qui avait-il cru voir ? C'était à en devenir dingue, elle ne comprenait absolument rien. Comme si elle avait raté les dix derniers épisodes de sa série préférée. Quasiment figée, la jeune fille laissa son interlocuteur poursuivre.

    « Ça veut dire que je te manques….ou plutôt que tu me manques ? Ou que je voudrais que je te manques ? C’est ça que tu veux dire ?
    - Je... Qu'est-ce que... »


    L'adolescente essaya tant bien que mal de formuler une phrase cohérente, en vain. Ses mots se perdaient au fur et à mesure que son incompréhension grandissait. Qu'est-ce que ce Sibyllin bizarroïde baragouinait à présent, hein ? Elle commençait vraiment à en avoir assez. Elle n'arrivait pas à comprendre pourquoi Leonard cherchait un sens à ses propos alors que celui-ci était simple : « excuse-toi où je te mords ». Holly s'était déjà retrouvée devant des gamins morts de peur, devant des imbéciles cherchant à se faire plus courageux qu'ils ne l'étaient. Mais jamais, jamais elle n'avait été face à quelqu'un perdu en plein délire comme ça. Le jeune homme lui paraissait déconnecté, ou plutôt, branché sur une autre planète. « Fréquence Leonard Keyes » et « Fréquence Holly Shepherd » : liaison interrompu. Nous nous excusons pour les dégâts occasionnés. C'est ça, ouais... « Pourquoi est-ce que je la vois tout le temps. » La jeune fille sursauta lorsque cette pensée étrangère s'infiltra dans son esprit. Puis, piquée au vif, elle observa Leonard tandis qu'il se prenait la tête entre les mains, comme un torturé. Elle n'était pas une compagnie si désagréable, si ? Sa colère grimpa d'un échelon. Huit. Elle serra les poings.

    « Je ne comprends pas. Arrêtes, arrêtes, arrêtes.»


    A cet instant, Holly aurait déjà dû éclater. Se mettre à hurler, bouger dans tous les sens telle une véritable bombe. Oui, elle aurait dû, et elle l'aurait fait... Si la neige n'avait pas brutalement cessé de tomber. Et si un véritable océan n'avait pas commencé à se former dans le salon. Les yeux grands ouverts, elle contempla l'eau grimper, par vague, de plus en plus. Des coquillages s'incrustaient dans les meubles, minuscules et brillants. Pour un peu, la jeune fille se serrait cru plongée dans Alice au pays des merveilles. C'était... C'était n'importe quoi, n'est-ce pas ? Soit elle s'était endormie en plein cours d'histoire et tout ceci n'était qu'un rêve, ou plutôt un énième cauchemar. Soit Leonard était devenu fou et commençait à utiliser son don à tort et à travers. Ce qui était fort probable, puisqu'elle doutait du fait que son subconscient soit capable de créer une colère aussi vive et réelle en plein sommeil. Neuf.

    « Pourquoi est-ce que tu reviens me voir tout le temps ? Tu me fais mal. Arrêtes. Va-t-en !.Je ne veux pas te voir. Laisse-moi en paix.»


    La mer montait encore et toujours. Elle lécha légèrement les pieds de l'adolescente. Mais celle-ci s'en contrefichait, à présent. Elle se contenta de ramener ses chaussures sur le canapé, fixant son regard perçant sur le garçon face à elle. Un couard, qui n'osait même pas la regarder en face en lui annonçant qu'il voulait la voir partir sur le champ. Holly se mit à trembler légèrement. Voilà ! Les garçons étaient tous les mêmes. Si indignes de confiance, si lâches. Elle les détestait. Tous. Tous autant qu'ils étaient ! Son père venait en premier. Et puis après, juste derrière, ce Leonard arrivait en bon deuxième. La jeune fille aurait dû être heureuse. Elle l'avait, sa haine. Dix.
    Elle le gifla.
    Aussi fort qu'elle le pu, sa main claqua sur la joue du jeune homme, le faisant presque chanceler. Elle n'avait jamais giflé quelqu'un ainsi. Même Jude qu'elle détestait pourtant cordialement. Même Ariel qui était son punching-ball préféré. Même Katie. Katie ! Sa demi-sœur, la fille qu'elle haïssait le plus au monde, qu'elle ne pouvait même pas voir en photo tellement elle lui donnait envie de vomir. Non, même elle, Holly ne l'avait jamais frappé aussi fort. Mais là, là. Elle se sentait tellement pleine de rancœur. Trahison. Seul mot parvenant à franchir la barrière de ses pensées désordonnées. Tremblante, elle alla se poster sur le rebord du divan, essayant par tous les moyens d'éviter la marée continuant de monter, imperturbable. Elle ne savait pas nager. N'avait jamais su. Et elle se sentait perdue. Un ouragan venait de la ravager. Elle avait peur. Et pour une fois, elle osa se l'avouer. Tout bas dans un coin de son esprit, comme si c'était un secret. Elle avait besoin d'aide. N'importe quoi, quelque chose ! Elle avait perdu sa bouée de sauvetage. Enfin, elle finit par prendre la parole.

    « Enlève-moi cette eau de là. Je ne veux pas abîmer mes chaussures, elles viennent de chez Minelli. Après, je partirais. Et je ne retournerais plus jamais te voir. Je t'éviterais autant que possible, et je le ferais avec joie. Parce que je te déteste. Tu es comme lui. COMME LUI ! Ce... Ce... Ce connard. Allez, dépêche-toi. »


    Elle avait presque envie de pleurer, tiens. Elle sentait ses yeux océans la brûler. Et elle pensait à son père. Oh, lui aussi elle le détestait. Il n'avait même pas réussi à rendre sa mère heureuse. Il lui avait menti. L'avait trompé. Il était comme ce Leonard, qui s'était fichu d'elle. A la différence qu'ils ne s'étaient jamais aimés, eux. Pas vrai ? Non, non, non. Parce que c'était mal. Parce que c'était immoral. La jeune fille sentit les larmes rouler sur ses joues, nombreuses. Elle n'avait jamais su bien pleurer, c'était d'ailleurs pour ça qu'elle détestait le faire. Imiter les larmes était aisé. Mais être réellement triste était tellement compliqué... Elle n'y arrivait pas. Elle était incapable de ressembler à ces filles dans les films, avec leurs jolies larmes bien propres. Elle, quand elle pleurait, elle était moche, voilà. Un peu agacée, elle essaya de s'arrêter. Peine perdue. A se demander ce qu'elle avait. Allez, arrête-ça. Arrête, bordel ! Aaaah...

    « Ne me regarde pas. »

    C'est tout ce qu'elle arriva à dire. Tout ce qu'il y avait à dire. Laissez moi m'enfuir. Je vous en supplie.
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Sibyllin
Sibyllin



MessageSujet: Re: Try Again ~ [Holly]   Jeu 8 Mar - 20:15

You're the matador and I'm the bull
You're the brass keyhole I fit into
You're the wind and I am the weathervane
You're the strawberry blonde and I'm the grey

The Subways ~ Strawberry blonde

Leonard avait toujours réussi à garder la tête hors de l’eau. Que ce soit les cours, les responsabilités, les souvenirs désagréables et traumatisants…Il réussissait toujours à relativiser, à surmonter ça. Pourtant, il ne pouvait pas surmonter Holly Shepherd. Elle l’avait vaincu sans même essayer. Elle l’avait gagné sans même le vouloir. Et aujourd’hui ça l’étouffait. Il se noyait dans l’eau des yeux d’Holly Shepherd. Il voyait son ombre, son reflet où qu’il aille. Elle était partout, il ne pouvait pas lui échapper. Il ne pouvait pas échapper à son désir coupable. Le sibyllin commençait doucement à devenir fou. Même les années où lorsqu’il était malade, il ne voyait que sa mère et son père qui ravivaient sans cesse ses blessures, il ne se sentait aussi près de sombrer dans la folie. Leurs ombres à eux le suivaient toujours, même s’il parvenait à les distancer. Len avait finit par vivre avec ses fantômes. Mais pas avec sa culpabilité.
Et puis un claquement fendit l’air. Une brûlure cuisante sur la joue. Holly Shepherd avait une bonne droite.
La jeune fille venait de le gifler. Dans n’importe quelle autre circonstance, le sibyllin aurait trouvé ça légitime. Seulement la situation était un peu particulière et il lui fallu un moment avant de faire le rapprochement entre le contact et la douleur. Le contact. Sa main contre sa jouer dans l’intention de faire mal. Et puis il comprit. Leonard ouvrit bien grand ses yeux fatigués et regarda la jeune fille assise à côté de lui comme si c’était la première fois qu’il la voyait. Un doute affreux s’insinua dans son esprit, ses cheveux se dressèrent sur sa nuque. Il la regardait, horrifié, paralysé par ce qu’il venait de réaliser. Holly cracha quelques mots que Len entendit à peine. Il les entendait mais il n’arrivait pas à en faire sens. Sa présence et ses facultés mentales fonctionnait à plein régime sur autre chose. Est-ce que…je rêve ? Non c’est pas possible…Elle m’a frappé. Holly Shepherd, la vraie…? Oh non, c’est pas possible…Mon dieu, c’est pas possible, non…Je ne lui ai pas dit ça, c’est un cauchemar…

Et bien en fait non. Dans tes dents Leonard. Avec les compliments de ton destin merdique. Surtout ne me remercie pas, c’est pas la peine. A l’intérieur le jeune homme se sentait tomber. Il ne savait pas quoi dire, il avait perdu ses mots.Ce n’est pas possible…serépétait-il dans un état proche de la catatonie. Bien entendu, il avait adressé ces mots aux reflets de Holly Shepherd, pas à la jeune fille en personne. Quel désastre. Elle devait le haïr. Elle avait bien raison. Lui qui pensait se montrer fort et distant…Len sentit son cœur tomber comme un poids, comme un vieux ballon dégonflé. Le sibyllin ne souriait pas, bien au contraire. Il avait blessé Holly Shepherd. Encore.La jeune fille était recroquevillée à l’autre bout du canapé. Pleurait-elle ?

« Ne me regarde pas. »

Son moral était dans le caniveau, incapable de trouver quoi que ce soit à dire pour lui expliquer la situation. J’ai vraiment foutu le bordel…

« Et oui. Le bordel, le bordel, c’est le bordel dans ta tête, mec ! dit une apparition d’Holly Shepherd qui s’éclipsa aussitôt.

« Holly… »implora-t-il.

Leonard Keyes, s’approcha doucement vers elle. Elle recula. Il lui devait des excuses, des explications. Pourrait-elle comprendre et lui pardonner une deuxième fois ? Le jeune homme n’avait pas tellement d’espoir à ce sujet.But it’s not about me. It’s about her.. Ca ne coûtait rien d’essayer.

« Pardonne-moi, je…je croyais que tu étais une illusion. Ca arrive tout le temps quand je suis malade …et…et…Je te vois tout le temps. En illusion. Et…ça me rend dingue…Holly….tu pleures ? »

Bien sûr il avait ignoré sa requête. Il la regardait, même s’il elle souhaitait le cacher, des larmes coulaient le long de ses joues. Quelque part dans la pièce un bruit de verre brisé retentit, suivi d’un sanglot étouffé. Leonard savait d’où venait le bruit, il choisit juste de l’ignorer. Le jeune homme avait le moral dans les chaussettes. Lui qui souhaitait ne faire de mal à personne, il avait bien réussi. Holly Shepherd pleurait, recroquevillée sur son canapé, souhaitant s’en aller le plus possible pour ne jamais le revoir. Jamais il n’aurait souhaité que cela se produise.

La jeune fille ne répondit pas. Probablement à cause des sanglots qui lui serraient la gorge, ou bien simplement pour l’ignorer. Leonard avait une boule dans la gorge. Il ne supportait pas de la voir malheureuse à cause de lui. Il avait cassé quelque chose, et il craignait de ne pas pouvoir le réparer. Alors, comme il ne savait pas quoi ajouter – et il fallait avouer que ses mots seraient inutiles face à l’amertume et la colère d’Holly – le jeune homme passa s’approcha davantage et passa ses bras autour d’elle. Lui qui devait se montrer distant, froid, ne résistait pas à ses larmes. Le torse contre son dos, ses bras l’enfermaient dans une étreinte assez lâche. Leonard sentit une douleur intense dans son bras mais ne lâcha pas prise. Si elle le voulait elle pouvait toujours se libérer de son étreinte et partir. L’eau avait disparu.

« Pardon Holly. Je suis un connard. »

Pardon, pardon....Reste s'il te plaît.Il avait peur qu’en la berçant un peu, elle fasse un bruit de verre brisé. Comme s’il avait cassé quelque chose de fragile à l’intérieur.Je crois que je t'aime
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Mentaliste
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MessageSujet: Re: Try Again ~ [Holly]   Ven 9 Mar - 13:21


    Holly Shepherd se noyait. Non pas dans l'océan, qui commençait à disparaître, mais dans son propre esprit. Elle avait l'impression d'être cassée en mille morceaux. Et se sentait immensément idiote aussi. Elle avait osé espérer, sottise. Elle aurait dû savoir, pourtant ! Holly n'était pas Amour. Holly était Haine, un point c'est tout. Les belles histoires, les rires, tout cela appartenaient à Katie, depuis le début. Oui, elle aurait dû le savoir. Et pourtant, elle n'avait pas pu s'empêcher de jouer avec le feu. De s'approcher de plus en plus près de l'âtre rougeoyant. Voilà qu'elle s'était brûlée les ailes. C'était bien fait pour elle. « J’ai vraiment foutu le bordel… » La jeune fille eut un hoquet de surprise. Décidément, elle n'arrivait pas à s'y habituer. Lentement, elle se recroquevilla sur elle-même. Elle ne voulait pas l'entendre, elle ne voulais pas l'écouter ! Qu'il se taise, qu'il la laisse tranquille ! Elle n'avait plus envie d'entendre cette voix. Elle était devenue comme toutes les autres. Un peu plus pointue peut-être. Capable de lui faire mal. Et Holly avait peur de la souffrance. Non, non, elle ne voulait pas souffrir ! Jamais. Elle avait déjà bien trop enduré. Je hais les garçons.

    « Holly… »

    Leonard tenta de s'approcher. Elle recula comme s'il était atteint de la peste. Il osait lui adresser la parole, après ce qu'il venait de lui jeter à la figure ?! Il était fou ou quoi ? Enfonçant sa tête entre ses bras, l'adolescente ferma les yeux. Peut-être que c'était elle qui devenait folle, en réalité Elle n'arrivait plus à réfléchir correctement, son don partait en vrac, lui ramenant des pensées venant de partout dans Mystic Hall, brouhaha incessant. Pourtant, il y avait toujours cette voix. Cette voix qu'elle souhaitait ignorer plus que tout, et qui l'atteignait pourtant à chaque fois en plein cœur. « But it’s not about me. It’s about her... » Bah. Elle n'avait plus envie de comprendre.

    « Pardonne-moi, je…je croyais que tu étais une illusion. Ca arrive tout le temps quand je suis malade …et…et…Je te vois tout le temps. En illusion. Et…ça me rend dingue…Holly….tu pleures ? »

    La jeune fille avait entendu. Elle ne répondit pas. Parce qu'une excuse, aussi bien formulée soit-elle, restait une excuse. Parce qu'elle n'avait plus envie d'espérer. Parce qu'elle trouvait ça dingue, aussi, qu'un garçon soit capable de créer des illusions d'elle au point d'en devenir fou. Et puis parce qu'elle pleurait, comme une enfant, et qu'elle n'avait pas envie de le mettre en avant en prenant la parole d'une voix ridiculement tremblotante. Elle se sentait faible, elle ne savait même plus vraiment pourquoi ses larmes coulaient. Peut-être pour toutes les fois où elle avait refusé de les laisser sortir. Le jour où son père avait brisé son verre de cognac sur la tête de sa mère. Le matin où Katie était arrivée. Le moment où elle avait compris qu'elle n'arriverait pas à se faire des amis. La nuit où elle s'était bâtie son armure, qu'elle pensait incassable, autour de son cœur. Et toutes les autres fois, où elle s'était montrée si affreuse avec son entourage. Tout, tout, tout. Jusqu'à aujourd'hui. Jour où elle avait craqué. Sa jolie armure avait volé en éclats, et pour la première fois depuis des années, elle se retrouvait seule contre le monde. Difficile à avaler.
    Il fallait qu'elle s'arrête de pleurer.
    Des bras vinrent l'encercler. Ses larmes redoublèrent. Non, non, non. Arrête. Arrête. Pourquoi ça fait aussi mal ? Holly, t'es conne. Oui. Putain. Elle savait que l'étreinte n'était pas assez forte pour la retenir contre son gré. Mais elle n'arrivait pas à partir. Alors qu'elle le détestait, elle le détestait, ce fichu garçon ! Ce garçon qui rêvait d'elle. Même si elle était méchante, hypocrite, vulgaire, menteuse. Même si elle était comme elle était. Presque imperceptiblement, la jeune fille leva les yeux. Ses yeux embués de larmes, son regard océan qui se noyait dans ses propres profondeurs. Avec un petit pincement au cœur, elle vit que la mer avait disparu. Elle était censée partir. Oui, il fallait qu'elle parte. Pourquoi cela lui semblait-il si difficile ? Pourquoi ? Pourquoi. La question la plus posée au monde par les enfants. Je ne suis qu'une gamine. Je vais mourir ici. Et elle sentait ce souffle dans son dos. Et elle sentait cette chaleur qui l'enveloppait, doucement. Et elle savait qu'elle n'aurait pas dû ressentir ce qu'elle était en train de ressentir. Comme une aile d'oiseau sur son cœur, légère, frissonnante.

    « Pardon Holly. Je suis un connard. »

    Oui, il l'était. Alors qu'attendait-elle ? Qu'attendait-elle pour fuir, partir en courant en claquant la porte derrière elle, comme elle savait si bien le faire ? Qu'attendait-elle pour quitter ces bras menteurs ? « Pardon, pardon...» Ah ! Non ! Elle ne devait pas l'écouter, ne devait surtout pas prêter attention à ses paroles ! Il fallait qu'elle se concentre sur autre chose, n'importe quoi. Pour ne pas se laisser berner, ne pas tomber dans le piège. « Reste s'il te plaît. » Elle ne pouvait pas faire ça, elle ne pouvait pas. C'était trop simple. Elle ne pouvait pas abandonner ses résistances. Elle ne pouvait pas perdre. Alors pourquoi avait-elle l'impression qu'il avait déjà gagné ? C'était incompréhensible. Vas t'en. Vas t'en, Holly ! Allez, tu... « Je crois que je t'aime. »
    Pour le coup, elle manqua de s'étrangler.
    Un sanglot se stoppa net dans sa gorge, et elle se mit à tousser comme si quelque chose était passé de travers. Elle avait dû mal comprendre. C'était n'importe quoi. Il n'avait pas le droit de l'aimer ! Ils avaient le droit de jouer, de faire comme si, encore et encore, mais... Passer la barrière, c'était trop, non ? Et puis, de toute façon, ce n'était pas ça aimer. Aimer, pour Holly, c'était... Des fleurs, des chocolats, des sourires. Quelque chose de doux, de sain, sans soucis. Quelque chose qui n'abîmait pas. Alors que là. Là ! Elle avait mal. Mal à en mourir. Et elle se sentait complètement dévastée. Non, ça ne pouvait pas être ça. Impossible. Son cœur cognait de plus en plus fort contre sa poitrine, elle avait l'impression qu'il allait décoller en vrombissant, l'abandonnant seule dans une carcasse vide, sans âme. Non, non. L'Amour, ça ne pouvait pas ressembler à ça. Lentement, elle tenta de respirer un peu plus correctement. Elle se força à ravaler quelques unes de ses larmes. Elles avaient un goût amer, terrible. Enfin, lorsqu'elle se sentit la force de parler sans s'étouffer, elle prit la parole.

    « Tu... t'es vraiment nul... Les... les garçons c'est pas comme ça nor-normalement... Avec moi i-ils sont gentils et... et ils m'offrent des... des fleurs ou... des sourires... Alors que toi... »

    Elle eut un nouveau hoquet, avant de se retourner vers le visage fatigué dans son dos. Elle contempla la tignasse verte partant dans tous les sens de son interlocuteur, nota ses cernes. Il devait vraiment être fatigué. Ça devait être à cause de la pluie. Elle l'avait rendue malade. Donc c'était en partie de sa faute s'il délirait, puisqu'elle l'avait traîné jusqu'à la forêt sans lui demander son avis. Non ? Après tout, j'en ai rien à faire. Elle secoua doucement la tête avant de poursuivre.

    « Toi, quand... quand je pense à toi ça... ça fait mal... Mal comme jamais et... et je comprends pas... Pourquoi tu... Bon sang. »

    Qu'est-ce qu'elle en avait marre, de parler comme une handicapée ! A nouveau, elle se mit à respirer profondément, passa sa main sur son visage pour effacer ses larmes. Il fallait qu'elle se calme, qu'elle arrive à réfléchir. Mais comment réfléchir sur un sujet qu'elle n'arrivait pas à comprendre ? Comment se pencher sur quelque chose qui lui était totalement inconnu ? L'Amour. Aimer. Sentiment étrange, tordu. Oui, voilà. Ce n'était pas qu'Holly n'arrivait pas à aimer. Juste qu'elle aimait de travers. Mais est-ce qu'il arriverait à se contenter d'un amour tordu ? Est-ce qu'un amour chancelant parviendrait à le contenter ? Holly, qui s'était jusque là convaincue qu'elle était parfaite, se sentait brutalement tomber de haut. Elle venait de perdre ses repères. Reniflant doucement, elle attrapa un pli du pull de Leonard et le frotta entre ses doigts. Il était doux. Elle se sentait lasse, si lasse. Il était si difficile de garder les yeux ouverts, de ne pas s'endormir, de ne pas céder à la tentation de l'oubli, même partiel. Elle eut un soupir triste. Et puis elle reprit.

    « Je. Je te l'ai déjà dit. Tu penses trop fort... Mais moi je suis tordue. Je ne peux pas te répondre. Pas comme tu voudrais. »

    Holly ne pleurait plus. Mais elle se sentait bizarre. Elle avait l'impression d'être vide et entière à la fois. Ses yeux bleus restaient fixés sur ses doigts tenant le pull. Peut-être qu'elle était Haine, mais aussi Amour, en fin de compte. Et encore une fois, elle espérait. Presque imperceptiblement, doucement, comme si elle avait peur. Elle espérait qu'il comprendrait.
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Sibyllin
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MessageSujet: Re: Try Again ~ [Holly]   Ven 23 Mar - 12:02

Oh, what did I say ?
She’s all shook up…

Young the giant – Strings

Les bras croisés autour du petit corps meurtri d’Holly Shepherd, Leonard tentait vainement de réparer ses erreurs. Cette situation lui rappelait vaguement ces cauchemars horribles qu’il faisait parfois, ceux où l’action se déroulait devant ses yeux impuissants, ceux où il voyait sa mère pleurer et où il n’avait d’autre choix que de la regarder, sans pouvoir bouger, sans pouvoir détourner les yeux. Un véritable supplice. Sauf que cette fois-ci c’était bien pire. Si Holly pleurait, c’était de sa faute, parce qu’il n’était qu’une pauvre crétin, il ne voyait pas d’autres explications. Alors, Len tenait Holly dans ses bras, doucement, comme lorsqu’on berce un enfant. Il avait peur de lui faire mal. Il avait peur de la casser en mille morceaux. Elle semblait si fragile, si vulnérable…Je l’ai cassé.pensa-t-il avec tristesse. Personne n’est parfait. Tout le monde est un peu dysfonctionnel, mais il fallait croire que Len l’était un peu plus que les autres. Holly, pleurait, quelques sanglots s’étouffant dans sa gorge. Il n’aurait jamais pensé lui faire mal à ce point.

« Tu... t'es vraiment nul... Les... les garçons c'est pas comme ça nor-normalement... Avec moi i-ils sont gentils et... et ils m'offrent des... des fleurs ou... des sourires... Alors que toi... »

Len ne comprenait pas vraiment où elle voulait en venir. Lentement, la jeune fille se retourna. Son visage était légèrement rougis et ses yeux embués de larmes. Le sibyllin eut l’impression qu’on lui tordait le cœur. Tout ça était entièrement de sa faute. Il la regardait avec ce regard triste et affligé. Il ne pouvait rien faire de plus. Il avait trop peur de la blesser une fois encore. Là tout de suite, les convenances n’avaient plus vraiment d’importance, elles s’étaient envolées, tout comme ses bonnes résolutions. Elles s’étaient noyées dans les yeux d’Holly Shepherd où il pleuvait tellement fort que les gouttes de pluies filaient rapidement sur ses joues.

« Toi, quand... quand je pense à toi ça... ça fait mal... Mal comme jamais et... et je comprends pas... Pourquoi tu... Bon sang. »

Len ne comprenait pas vraiment pourquoi Holly parlait de tout ça aussi soudainement. Mais ce qu’Holly venait de dire le força à ouvrir les yeux , plutôt violemment d’ailleurs et à réaliser quelque chose d’important. « Quand je pense à toi, ça fait mal ». Cette phrase résonna un moment dans sa tête. Ca fait mal…Ca ne devrait pas faire mal. Normalement, Leonard Keyes c’était ce mec sympa, un peu idiot, toujours souriant qui ne ferait pas de mal à une mouche. Le genre de mec qu’on adore ou qui vous exaspère. Mais en aucun cas, celui qui vous fait mal. Où était Leonard Keyes ? Qui était-il, qui était cet homme qui faisait mal ? Le corps de Len se raidit un peu, comme tétanisé. La réponse était évidente pour lui.

[/b]« Je. Je te l'ai déjà dit. Tu penses trop fort... Mais moi je suis tordue. Je ne peux pas te répondre. Pas comme tu voudrais. »[/b]

Holly parlait, mais pour Leonard ce n’était devenu que de l’air vibrant rien de plus. Il ne parvenait pas à comprendre le sens de ces mots, de ces sons incongrus. En revanche il sentait ses doigts de la jeune fille qui tenait son pull. Ils restèrent silencieux pendant un long moment, les bras de Len berçant la jeune fille, dont les larmes cessaient progressivement de couler. Et pourtant le sibyllin ne se sentait pas mieux, au contraire. C’était bien pire. Désormais, il savait, il l’avait appris de cette bouche qu’il avait embrassée et qui ne pouvait pas mentir. Qu’il lui faisait tout le temps, sans le savoir, passivement. Cette pensée était insupportable. Lui qui avait juré qui ne deviendrait jamais une de ces personnes qui font du mal, un de ces bourreaux, de ces tyrans…Il avait eu tort. Malgré lui, il lui faisait mal. Et cette pensée était insupportable. Ces mots valsaient encore et encore dans son esprit. Quelle solution adopter ? Que pouvait-il faire pour éviter cela ?...Et puis lentement, le jeune homme se rendit à l’évidence. Il prit une profonde inspiration. Il se sentait pris dans un étau où il devait faire un choix – le bon choix – et pas forcément le plus facile. Il voulait le retarder un peu, y réfléchir, trouver une autre solution, car dès qu’il aurait fait son choix, prononcé ses mots, il ne pourrait pas revenir en arrière. Ce serait la fin.
Alors, profitant de ce silence, de l’atmosphère étrangement calme d’après la tempête, il attira Holly vers lui sans un mot. Elle avait l’air toute cassée, toute fatiguée par ces émotions. Il ne voulait pas lui faire mal, plus jamais. Il passa sa main dans se cheveux châtains, comme pour la rassurer. Il aurait aimé ne jamais avoir à parler. Juste rester comme ça en silence. Mais cela n’aurait pas été juste. Holly ne devait pas souffrir à cause de lui. Et tant qu’ils seraient proches, cela se reproduirait encore et encore. La balle était dans le camp de Len, c’était à lui de prendre ses responsabilités, peu importe ses propres sentiments.

«Holly,…Je ne veux pas être celui qui te fait du mal et pourtant…je t’en ai déjà trop fait. »

Leonard parlait avec une voix un peu vide, un peu absente. Il arrêta de caresser les cheveux d’Holly. Il avait le cœur serré mais essayait de ne pas le montrer.

« C’est entièrement de ma faute, j’ai été irresponsable…Pardon. »

Il libéra Holly de sa légère étreinte et se détacha lentement d’elle. Il n’avait plus le choix désormais. Plus de retour en arrière. En avant Leonard, pas de regret. Tu fais tout ça pour elle après tout. C’est toi qui a foiré.
« Je crois que ça serait mieux si on arrêtait tout. Le pacte, le jeu…Peu importe. Arrêtons de nous voir. Je ne veux plus te faire de mal. »

Fais de moi un étranger. Oublie tout, oublie la douleur.. Après tout, c’était la meilleure solution. Pour tous les deux. Tant pis pour le pacte, Holly pouvait aller raconter ce qu'elle voudrait. Ca n'avait plus vraiment d'importance pour Len, là tout de suite.
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Mentaliste
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MessageSujet: Re: Try Again ~ [Holly]   Sam 24 Mar - 13:04



    Étrangement, plus le silence se prolongeait, plus Holly était bien. Elle aurait dû détester cette distance froide, cet instant lourd, pourtant elle souhaitait qu'il dure indéfiniment. Again and again and again. Elle se sentait petite fille, elle se sentait gosse, à qui on ne veut pas faire du mal mais à qui on va devoir dire quelque chose de désagréable. Parce qu'elle savait bien que Len ne dépasserait pas les limites qu'il s'était imposé. Il n'oserait pas. Il resterait du bon côté de la barrière, comme un garçon bien sage. Il était comme ça.
    Alors voilà. Pour l'instant, elle profitait de ce moment, minutes éphémères où les mots qui la feraient partir n'avaient pas encore été prononcés. Elle le laissait l'envelopper. Comme les bras de Leonard, quelques secondes plus tard, l'attirant vers lui doucement. La jeune fille ferma les yeux, comptant les temps. Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept et huit. Combien en restait-il avant qu'il ne la lâche ? Combien avant qu'il ne s'écarte ? Combien avant qu'il ne prenne la parole ? Deux ? Dix ? Vingt ? Elle ne savait pas. Doux hasard. La main du jeune homme passa dans ses cheveux, ses doigts s'emmêlant dans ses boucles châtains. Holly aurait presque pu s'endormir, comme ça. Elle se serait fichée de se réveiller ou non, pourvu qu'elle reste ainsi, plus sereine qu'elle ne l'avait jamais été. Elle n'avait plus de larmes en elle. Plus d'espoir non plus, mais plus de tristesse. Elle était à la fois tout et rien, le vide et le plein. Et puis Len parla.

    «Holly,…Je ne veux pas être celui qui te fait du mal et pourtant…je t’en ai déjà trop fait. »

    Ah... Oui, il devait avoir raison. Elle avait eu mal. Elle s'était sentie cassée, éparpillée aux quatre vents, poupée de porcelaine tombant sur le carrelage. Cling. Oui, Holly pensait que les paroles du jeune homme étaient véridiques. Alors pourquoi sa voix était-elle aussi plate ? Pourquoi paraissait-il proférer un mensonge ? Elle ne comprenait pas. Mais au fond, elle n'avait pas envie de comprendre. Elle ne voulait plus se triturer les méninges, effort futile d'arriver à trouver les sens cachés des mots. Désormais, elle prendrait tout au pied de la lettre, point. Elle était trop fatiguée pour quoi que ce soit d'autre, de toute façon. Avec un soupir imperceptible, l'adolescente sentit la main de Leonard se stopper dans ses cheveux.

    « C’est entièrement de ma faute, j’ai été irresponsable…Pardon. »


    Des excuses. Méritées. Au moins, il admet que c'est de sa faute. Cool. Même si de toute façon, il ne pouvait en être autrement, je ne suis jamais en tort. Hm. Il la lâcha. De petite fille, Holly était devenue oiseau. Un oiseau aux ailes colorés, longtemps tenu en cage, à qui l'on proposait soudain la liberté. Indécision. Elle ne savait plus trop quoi faire. Il ne lui avait pas encore demandé clairement de partir. Alors est-ce qu'elle devait s'en aller maintenant ? Est-ce qu'elle pouvait s'en aller maintenant ? Elle avait l'impression que ses jambes s'étaient transformées en chewing-gum.

    « Je crois que ça serait mieux si on arrêtait tout. Le pacte, le jeu…Peu importe. Arrêtons de nous voir. Je ne veux plus te faire de mal. »

    Bon. Là, en théorie, elle pouvait ficher le camp en claquant la porte. Il n'y avait plus rien pour la retenir. Quoique. Il ne veut plus me faire de mal. Si seulement il n'avait pas été aussi gentil. Tout aurait été beaucoup plus simple. Mais voilà, Leonard était Leonard, tout comme Holly était Holly. Ils ne pouvaient pas changer. Dommage.
    Rouvrant les paupières, la jeune fille posa un de ses talons au sol. Et puis l'autre, avant de se relever complètement. Elle resta là, debout, le visage inexpressif si ce n'était une légère nuance hautaine au creux des joues. Non, elle ne bougea pas. Déjà parce qu'elle était en train de tester silencieusement si elle était encore capable de marcher sans se rétamer avec ses escarpins. Ensuite parce que plus elle réfléchissait à où elle pouvait aller, plus les événements du matin lui revenaient en mémoire et plus un détail s'insinuait en elle. Un détail ennuyeux. Une grimace tordit ses lèvres trop embrassées, et elle passa sa main droite sur sa nuque avant de prendre à son tour la parole.

    « Hm... En fait, comment dire... Je me casserai avec plaisir tu vois, sauf que... »

    Elle s'arrêta un instant, cherchant ses mots. Elle n'aimait pas hésiter ainsi, c'était la marque des faibles. Et elle n'était pas faible. Elle était Holly Shepherd. Celle qui faisait peur aux nouveaux, aux pauvres gosses incapables de dire non, aux adolescents trop sûrs d'eux ayant osé se mettre en travers de son chemin. Elle n'avait pas à être aussi branlante ! Inspirant profondément, elle reprit donc.

    « Sauf que je me suis fais virer de cours. Et en théorie, là, je devrais être soit en étude, soit dans le bureau des directeurs à me faire égorger pour avoir à moitié éborgné Barbie. Enfin, une blondasse de ma classe. Donc, je te propose un marché. Enfin, un accord à l'amiable, plutôt. »

    Un petit sourire arriva à percer la barrière de son visage. Elle savait que la situation ne s'y prêtait pas vraiment ; après tout, un garçon venait gentiment de la jeter. Mais elle ne pouvait pas s'en empêcher. L'idée d'un nouvel accord, après tout ce qui venait de se passer, la faisait presque rire. Et puis, de toute façon, où était le problème ? C'était aux garçons de lui courir après, pas l'inverse. Elle avait oublié cette règle d'or momentanément, voilà que tout s'était remis en place dans son esprit. Elle se sentait plus légère et conquérante que jamais. Alors levant ses yeux moqueurs vers ceux de Leonard, elle continua.

    « Je reste chez toi pendant les deux heures qu'il me reste avant la fin du cours, et après je m'en vais pour de bon. On n'est même pas obligé de se parler, je te demande juste de m'héberger. Et de me prêter ta salle de bain, histoire que je me remaquille correctement. Je suis sûre que mon mascara ne ressemble plus à rien. Voilà. »

    Ses mains allèrent se poser sur ses hanches. Elle s'appuya un peu plus sur ses pieds, pour voir. Elle tenait. Son énergie revenait. Tant mieux. Elle espérait n'avoir plus jamais à s'effondrer comme elle venait de le faire. C'était pathétique, ridicule et affreusement niais. Bref, tout sauf ce qu'elle était. Son sourire s'étira davantage.

    « Ah, je ne te demande pas si ça te va, hein ? Parce qu'en fait, tu n'as pas le choix. Forcément, c'est moi qui décide, mon coco ! Et soit dit en passant, j'accepte, dans ma grande mansuétude, tes excuses. Vraiment, je suis trop gentille, merveilleuse, exceptionnelle. Hu hu. »

    Miss Shepherd dans toute sa gloire. Elle lança un dernier regard malicieux à son interlocuteur. Et puis elle se pencha pour prendre son sac sur le canapé, et se mit à chercher son tube de mascara dans son bric-à-bras d'objets plus ou moins volés. Agacée, elle finit par vider le tout au sol. L'adresse de Leonard, des perles, des stylos, un paquet de chewing-gum à la fraise, un devoir de français catastrophique roulé en boule, du gloss, et une tonne d'autre choses s'éparpillèrent, dans sa plus grande indifférence. Enfin elle attrapa ce qu'elle cherchait, et fila jusqu'à la porte de ce qui était censé être la salle de bain, sans le moindre regard en arrière. Évidemment.
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Sibyllin
Sibyllin



MessageSujet: Re: Try Again ~ [Holly]   Lun 26 Mar - 15:23

Written in graffiti on a bridge in a park
'Do you ever get the feeling that you're missing the mark?'
It's so cold, it's so cold
It's so cold, it's so cold
Written up in marker on a factory sign
'I struggle with the feeling that my life isn't mine'
It's so cold, it's so cold
It's so cold, it's so cold

Coldplay – Hurts like heaven


Voilà, tout était dit. Pas de retour en arrière ? Pas de regrets Len. C’était la fin de ce jeu qui était devenu trop dangereux. D’un certaine façon c’était logique qu’il y mette fin, puisque c’était de sa faute que tout avait commencé. Mais la question que le sibyllin ne voulait pas se poser, c’est si il avait considéré ce jeu comme innocent dès le départ. La vérité risquait de faire mal. Et oui, Leonard, le brave type qui prend de mauvaises décisions de temps en temps. Personne n’est parfait. Mais là tout de suite, la seule chose qui préoccupait Leonard , c’était la réaction d’Holly. Il l’avait fait pleuré encore une fois, comment réagirait-elle à cette petite bombe qu’il venait de lâcher et qui ne lui plairait sûrement pas ? Sans un mot, la jeune fille se dressa sur ses escarpins vertigineux – assez paradoxal pour quelqu’un qui a le vertige mais soit - son visage était inexpressif. Ses larmes avaient déjà séchés.

« Hm... En fait, comment dire... Je me casserai avec plaisir tu vois, sauf que... » elle hésita un moment, dangereusement perchée sur ses chaussures. « Sauf que je me suis fais virer de cours. Et en théorie, là, je devrais être soit en étude, soit dans le bureau des directeurs à me faire égorger pour avoir à moitié éborgné Barbie. Enfin, une blondasse de ma classe. Donc, je te propose un marché. Enfin, un accord à l'amiable, plutôt. »

Le cerveau embrumé de Leonard ne comprit pas toutes les informations. Une blondasse, se faire virer de cours, bref. Il en déduisit qu’Holly avec encore fait des siennes ce matin. Il ne fallait pas aller chercher plus loin. En revanche ce qui le fit se sentir un peu moins misérable fut le retour d’Holly Shepherd. En effet, pendant un temps elle semblait avoir disparu sous ses larmes et son chagrin. Et désormais elle était de retour, plus insolente que jamais. Les lèvres de Len s’étirèrent en un petit sourire, enfin si on pouvait appeler cette drôle de grimace comme ça. Toujours à se fourrer dans le pétrin Holly. En fait elle était venue pour tuer le temps. Pas parce qu’elle avait envie de le voir. Mais comment avait-elle trouvé son adresse ? C’était un autre mystère. Les genoux repliés contre lui, Len écoutait bien sagement la proposition de la jeune fille.

« Je reste chez toi pendant les deux heures qu'il me reste avant la fin du cours, et après je m'en vais pour de bon. On n'est même pas obligé de se parler, je te demande juste de m'héberger. Et de me prêter ta salle de bain, histoire que je me remaquille correctement. Je suis sûre que mon mascara ne ressemble plus à rien. Voilà. »

Les mains campées sur ses hanches, Holly Shepherd ne lui laissait pas vraiment le choix. Le sibyllin ne comprenait pas vraiment la nécessité pour elle de rester planquée ici, oui surtout ici, après tout elle pouvait aller se cacher n’importe où. D’un autre côté, le maquillage de la jeune fille avait formé de longues larmes noires sur ses joues.
« Ah, je ne te demande pas si ça te va, hein ? Parce qu'en fait, tu n'as pas le choix. Forcément, c'est moi qui décide, mon coco ! Et soit dit en passant, j'accepte, dans ma grande mansuétude, tes excuses. Vraiment, je suis trop gentille, merveilleuse, exceptionnelle. Hu hu. »

Ce que Holly disait sonnait un peu faux, comme son sourire. L’atmosphère n’était pas vraiment détendue, elle était plutôt…étrange. Vraiment étrange. C’était comme se retrouver dans un de ces films absurdes et surréalistes. En même temps la vie de Leonard ressemblait un peu à ce genre de films alors bon. Sans autre préambule, la demoiselle balança le contenu de son sac sur le sol – comme ça, sans gêne – récupéra un objet non-identifié avec satisfaction avant de prendre possession des lieux et de se diriger vers la salle de bain, traversant sa chambre et par la même occasion, laissant Leonard seul face à lui-même.

Il poussa un long soupir. Il commençait à se sentir un peu mieux mais ce n’était pas vraiment la joie non plus. En fin de compte il aurait peut-être préféré qu’elle lui hurle dessus et qu’elle s’en aille en courant. Ca lui aurait évité de devoir supporter sa présence deux heures de plus. Les yeux clos, il profitait de ce moment de silence, enfin seul ou presque. Il se sentait si loin de lui-même. Il avait dérivé vraiment trop loin. Toute cette histoire n’était qu’une erreur monumentale. Il ne voulait plus être Leonard Keyes. Il voulait redevenir ce quelqu’un d’autre qu’on appelait Leonard Keyes mais qui n’était pas lui. Len. Lenny. Peu importe. Il voulait repartir de redevenir ce non-Leonard. Le mec souriant qui ne s’énerve jamais. L’optimisme des canards pour qui tout va toujours impec’. Il voulait redevenir ce mec là. Ce n’était pas si difficile, quelques pilules de plus et Leonard Keyes, le vrai retournerait dans les oubliettes. Il pourrait supporter Holly en souriant comme un con, comme si était dans une énorme boule de coton à travers laquelle aucun sentiment négatif ne pouvait l’atteindre. Mais pour se faire, il devait aller dans sa chambre. Et bon, il lui fallait un peu de temps pour rassembler son courage avant.

« Oh Danny boy, the pipes, the pipes are calling
From glen to glen, and down the mountain side
The summer's gone, and all the flowers are dying
'Tis you, 'tis you must go and I must bide.»
chantait sa grand-mère, tricotant tranquillement sur le canapé.

Le son de sa voix était rassurant, tout comme l’odeur de rose fanée que dégageait cette illusion. Elle lui avait longtemps chanté cette comptine pour l’endormir. Une bonne comptine irlandaise, bien pessimiste. Il pensait en avoir oublié les paroles mais apparemment les méandres de son cerveau lui réservaient bien des surprises. Len se leva et se traîna mollement hors du canapé. Quelque part sur le sol, traînait une enveloppe noire. Un message des sibyllins ? Depuis quand se trouvait-elle là ? Pendant un instant, Len eut un frisson désagréable dans le cou. Il ouvrit l’enveloppe avec appréhension pour y découvrir une note de ses collègues sur les disparitions qui se poursuivaient à Mystic Hall. Dernièrement, des élèves avaient disparus mystérieusement, sans laisser de trace. Ils ne pouvaient pas traverser la barrière alors comment faisaient-ils ? Les directeurs avaient donné l’ordre aux sibyllins d’enquêter sans alerter les habitants. Len comprenait qu’ils ne veuillent pas susciter la panique, mais sans indices, les hommes en noir n’en menaient pas large et sans avertir la population, les disparations continuaient, encore et encore. Qui ? Comment ? Pourquoi ? Le sibyllin ne pouvait qu’émettre des hypothèses, pour l’instant il était toujours sur la touche, mais une fois remis sur pieds, il enquêterait avec les autres. Len songea un instant à ce qui se passerait si Holly disparaissait. L’angoisse. Mais en parlant de la jeune fille, elle ne devait absolument pas tomber sur ce bout de papier, ni tirer l’information de son cerveau. Ca serait la panique, l’horreur, le génocide, la guerre nucléaire. En plus elle risquait de revenir à tout moment. Le jeune homme se dirigea vers la poubelle puis se ravisa. Cette solution n’était pas assez radicale. Il lui fallait du feu.

Len fouilla rapidement les tiroirs de sa cuisine en quête d’un briquet ou d’une allumette. Il ne trouva rien à part des couverts, de ustensiles et un tas d’autres objets plus insolites les uns que les autres dont des pansements ( bizarre qu’est-ce qu’ils foutaient là ?). Ensuite il se rappela qu’il devait avoir gardé des allumettes dans sa table de nuit. Alléluia. Il se précipita dans la pièce, vers son tiroir et découvrit le vide intersidéral. Non ce n’était pas une façon de parler. Il pouvait voir les étoiles et les nébuleuses de très loin. Juste pile au mauvais moment. Il fouilla vainement à l’aveugle, priant le ciel de tomber sur une petite boîte d’allumettes carrées avant qu’Holly en sorte de la salle de bain. Dans la précipitation il avait laissé la porte entrouverte. Dos à la porte il entendit des pas et un claquement. Il laissa tomber pour les allumettes, plia rapidement la note avant de la fourrer dans la poche arrière de son jean, par-dessous son pull, là où Holly n’irait certainement pas fouiller. Il se retourna rapidement comme électrifié. Personne. Probablement encore une illusion. Alors en attendant, il goba une dernière petite pilule rose, histoire de bien planer et de ne penser à rien et surtout de supporter la présence d’Holly Shepherd. Au point où il en était de toute façon.

En quelques minutes Len retrouva son sourire idiot et son air stupide. Parfait. Il se sentait comme enrobé de coton et de sucre. Un peu comme dans une barbe à papa. La couleur des murs prit des reflets rose, bleu, vert et jaune fluo. Les couleurs se mélangeaient les unes aux autres, comme si le mur était devenu vivant. La moquette de sa chambre s’était changée en une sorte de gazon. Il y avait même d’énormes champignons ici et là. Il alla s’asseoir sur son lit, les jambes croisées. De cet angle il pouvait voir la porte de la salle de bain qu’Holly avait laissé entrouverte. De là il pouvait la regarder remettre son mascara, la bouche ouverte devant le miroir, retoucher le reste de son maquillage. A l’intérieur de sa tête, ses pensées se mélangeaient, comme les couleurs sur les murs. Elles s’entremêlaient sans suite logique. Alors, allongé sur le dos, il laissa sa tête pendre en arrière en regardant la princesse mettre du charbon sur ses yeux, ses lèvres étirées en un sourire rêveur. Sa longue chevelure verte tombait par terre.
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Mentaliste
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MessageSujet: Re: Try Again ~ [Holly]   Lun 2 Avr - 15:29



    Les miroirs. Holly en avait toujours été passionnée. A moins que ce ne soit tout simplement son reflet, qui l'obsédait ? Toujours est-il que lorsqu'elle se trouvait face à une glace, elle y restait toujours des heures et des heures. Elle fixait ses traits avec insistance, traquant le moindre défaut, criant sur tous les toits dès qu'elle trouvait le plus petit point noir. Et puis il y avait sa coiffure aussi, qui devait être parfaite. Pas trop lisse, pour ne pas faire grosse bourge BCBG, ni trop en pagaille, pour ne pas ressembler à une clocharde sortant de sous son pont. Et son maquillage. Ah, le maquillage ! Drogue pure. Elle ne pouvait plus s'en passer depuis ses onze ans, année où sa mère lui avait offert son premier tube de gloss. Elle avait commencé par quelques touches par-ci par-là, occasionnellement. Voilà qu'elle ne daignait plus sortir sans être sûre à quatre cent pour-cents que son make-up était impeccable.
    Plus superficielle, tu meurs. Ta gueule.
    Hm. Pourtant, en entrant dans la salle de bain de l'appartement et en découvrant le miroir accroché au mur, elle sut d'office qu'elle ne s'attarderait pas. Pourquoi ? Parce qu'elle se sentait étrangement mal à l'aise. Incapable de dire pourquoi, en revanche. Peut-être à cause de cette sensation de « présence » ? Des gouttes d'eau répandues un peu partout, autour du lavabo, de la baignoire. Des traces de doigt. Une serviette humide au sol. Bref, des preuves de la venue de quelqu'un récemment. Quelqu'un qui n'était pas elle.
    Logique, étant donné que je ne suis PAS chez moi.
    Agacée par ses propres manières, elle secoua légèrement la tête, avant d'ouvrir d'un geste vif le robinet pour se rincer le visage. Puis elle prit son mascara et se pencha vers le miroir. Elle écarquilla ses grands yeux bleus. Et commença à étaler le liquide sombre sur ses cils. Ainsi concentrée, elle se rappela vaguement de la première fois où elle avait mis du mascara. Elle avait eu putain de peur de se foutre le bâton dans l’œil. A bien y réfléchir, elle trouvait ça maintenant complètement stupide, mais bon... On ne contrôle pas ses peurs. Et Holly avait beaucoup, beaucoup, beaucoup de phobies. Elles la prenaient de plein fouet, sans prévenir, la paralysant, lui donnant envie de hurler et de partir en courant. Viles choses. Oui. Enfin, peut-être que plus tard, elle trouverait ça stupide également. Comment savoir.
    Fermant le flacon, elle soupira. Je suis pas devin, moi. Comment vous voulez que je sache de quoi j'aurai peur ou pas plus tard ? Sérieux.
    Enfin, elle rangea le maquillage dans la poche arrière de son jean, et s'appuya à deux mains contre le lavabo. Bon. Qu'était-elle censée faire, maintenant ? Squatter cette salle de bain qui la rendait si mal en point pendant les deux heures qui lui restait ? Retourner dans la pièce à vivre, s'installer dans un coin et ignorer Leonard tant bien que mal ? Ou bien tenter d'engager la conversation malgré tout ? Oui, dire quelque chose de bien banal. D'innocent. Après tout, elle n'allait pas gâcher deux précieuses heures de sa vie à se tourner les pouces, si ? Noooon. Jamais. Plutôt mourir, ah ! Restait à trouver quoi dire, maintenant. Facile ! Je trouve toujours une tonne de trucs à raconter. Voyons... Hm... Eh ! Non... Heu... Je... Il... Nous... Que... Raaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah !
    Ok, elle était mal barrée. Va te faire voir.
    Nous disions donc : elle ne trouvait rien à balancer. Parce que, même si elle avait pour intention de ne parler que de choses simplettes... Elle ne tenait pas à passer pour une attardée, voilà. Et mine de rien, trouver un sujet de conversation intéressant après la scène qu'elle avait joué à Leonard, ce n'était pas SI SIMPLE que ça. Hm. Bah, j'ai qu'à y aller au feeling. Tranquille Émile. Cool Raoul. HA HA HA ! Putain, n'importe quoi ma vie.
    Elle jeta un dernier regard à son reflet. Et puis finalement, se retourna. Pour découvrir une vision pour le moins étrange. La porte entrouverte, d'abord, en premier plan. Et puis derrière, comme en retrait, Leonard. Sur son lit, allongé sur le dos, les cheveux traînant au sol. La fixant avec un air de débile profond. Heu ? Elle avait raté un épisode ? Visiblement. Un rien suspicieuse, elle focalisa son attention sur les pensées du jeune homme. Pour n'y trouver qu'une suite de mots incompréhensibles, amalgame bizarroïde de couleurs vives, étoiles et papillons. Elle ficha le camp de sa tête en haussant légèrement les sourcils. Il en fallait, pourtant, pour étonner Holly Shepherd. Enfin, au moins, elle avait un sujet de discussion tout cuit. Pinçant légèrement les lèvres, elle s'approcha jusqu'au sommier du garçon avant de s'arrêter et de le scruter du haut de son mètre soixante-dix. Il avait l'air totalement ailleurs, le regard rêveur, les lèvres étirées en un sourire qu'il ne possédait pas quelques minutes plus tôt. Alors quoi ?

    « Hey ! Je peux savoir depuis quand tu me reluques, là ? Et puis sérieux, c'est quoi cette tête ? T'as fumé ou quoi ? Je... »

    Elle se stoppa avant d'avoir réellement commencé sa phrase. Elle venait de songer à quelque chose. Lentement, elle porta sa main jusqu'à son menton, son pouce et son index recouvrant ses lèvres. Il fallait qu'elle se souvienne. La première fois. Oui, la toute première fois qu'elle avait vu Leonard, il lui avait fait peur à cause de quelque chose qu'elle avait vu dans sa tête. Quelque chose qu'il ne voulait pas que les autres sachent. Il lui avait fait promettre de ne pas le divulguer, oui. Mais... Qu'est-ce que c'était déjà ? Un truc en rapport avec son caractère. Il... Cachait qui il était vraiment, voilà ! Son côté dépressif étrange et pas trop compréhensible. A cause de son... Père ? C'était son père, dans son souvenir, non ? Elle ne lui avait jamais demandé, tiens. ENFIN ! Là n'était pas la question. L'important, c'était cette facette de son caractère qu'il dissimulait sous un sourire. Un sourire venant directement de... Revenant à l'instant présent, l'adolescente fouilla la pièce des yeux, jusqu'à tomber sur ce qu'elle cherchait. Pilules. Tout à une explication. Holly Holmes en action, mesdames et messieurs. Se pinçant l'arête du nez, la jeune fille eut un soupir exaspéré. Avant de fixer son interlocuteur dans les yeux tant bien que mal, et de reprendre la parole.

    « Je-rêve. Tu sais, je suis au courant que ma présence t'es insupportable, mais c'était pas une raison pour... Pour... TE SHOOTER A JE SAIS PAS QUOI. Qu'est-ce que je suis censée faire, moi, maintenant ? Converser avec UN POIREAU ? N'importe quoi. »

    Oscillant entre la fatigue et l'agacement, elle se laissa tomber sur le matelas, son dos froissant les draps. Encore une heure, quarante-huit minutes, vingt secondes. Elle ferma les yeux. Son esprit divagua légèrement, par-ci par-là, sans se fixer vraiment sur quoi que ce soit de précis. Elle aurait presque pu s'endormir. Si elle avait été dans son lit. Avec son matelas. Et son oreiller. Après quelques minutes, elle rouvrit donc les paupières. Son regard-océan se fixa sur le plafond, suivant les fissures. Et puis, bêtement, elle fit la première constatation lui venant à l'esprit.

    « Tu pues des pieds. »

    Oui, crétin. Mais c'était vrai. Et Holly ne se sentait plus de dire quoi que ce soit d'intelligent pour les trois prochaines décennies. Déconnectée.

    Il restait une heure, trente-deux minutes, et trente-trois secondes.
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Sibyllin
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MessageSujet: Re: Try Again ~ [Holly]   Mer 4 Avr - 19:47


They say an end can be a start
Feels like I've been buried yet I'm still alive
It's like a bad day that never ends
I feel the chaos around me
A thing I don't try to deny
I'd better learn to accept that
There are things in my life that I can't control

Phoenix – If I ever feel better


C’est dingue la façon dont ces petites pilules fonctionnent. Hop on les gobe et puis plus rien. Ca vous déconnecte quelques fils dans le cerveau, on peut toujours réfléchir bien sûr, mais tous les sentiments désagréables se sont évanouis. De la pure magie. Alors Leonard, n’ayant plus de raison pour ne pas être heureux, souriait bêtement comme un parfait abruti. Peut-être qu’il en avait prit un peu trop, en tout cas il ne sentait plus vraiment son corps. Sur le moment c’était marrant. Holly devait avoir terminé ce rituel étrange et sacré su maquillage, puisque sa silhouette à l’envers se rapprochait dangereusement. D’où il était le sibyllin avait une vue plongeante sur ses genoux. Sexy.


« Hey ! Je peux savoir depuis quand tu me reluques, là ? Et puis sérieux, c'est quoi cette tête ? T'as fumé ou quoi ? Je... »


Ca valait tout l’or du monde. Holly Shepherd se tenait là devant lui et râlait – comme à son habitude – et pourtant…Len ne ressentait rien. Le vide total. Il aurait pu hurler de joie. Bref, l’idée que la jeune resterait ici un petit temps ne l’embêtait plus du tout. Plus de pincement au cœur en croisant son regard océan. Plus rien du tout. Merveilleux. Voilà pourquoi Leonard Keyes souriait. Il était simplement heureux d’être vide. La jeune fille prit le temps de réfléchit un moment, complètement estomaquée par son comportement avant de trouver une conclusion satisfaisante.


« Je-rêve. Tu sais, je suis au courant que ma présence t'es insupportable, mais c'était pas une raison pour... Pour... TE SHOOTER A JE SAIS PAS QUOI. Qu'est-ce que je suis censée faire, moi, maintenant ? Converser avec UN POIREAU ? N'importe quoi. »Dit-elle avant de se laisser tomber sur le lit.

Le mot poireau lui arracha un petit rire. C’est vrai qu’il ressemblait un peu à un poireau. Tout vert et blanc. Oui finalement il y avait une certaine ressemblance.

« Et alors ? Pourquoi ça te met en colère ? »dit-il d’un ton détaché en étirant son long corps mince. « Tu ne veux pas que je sois heureux ? » Il sourit.

Il ne comprenait pas vraiment sa réaction : tout était bien après tout. Elle était allongée à côté de lui. Il aurait pu tendre le bras pour la touche mais il n’en avait pas la moindre envie. Merveilleux. Il se demandait même pourquoi elle restait si près de lui. Elle aurait pu assiéger sa salle de bain, vider le contenu de ses flacons dans les toilettes, vide son frigo, ou simplement rester dans le salon loin de ce fou qu’était Leonard Keyes. Mais non, elle restait là à essayer de le raisonner sur ton à la fois exaspéré et agacé. Les voies d’Holly Shepherd restaient impénétrables, et aussi curieuses fussent-elles, il ne fallait pas chercher à comprendre. Il lui aurait bien demandé ce qu’elle foutait encore là, mais cela aurait été malpoli.Et puis bon, quelque part dans son état normal il l’appréciait, donc il fallait la ménager un peu quand même. Ne rien faire ou dire de regrettable. Alors à la place il se concentra sur les petits poissons fluorescents qui ondulaient au plafond.


« Tu pues des pieds. »

« Oh. Pardon »

Len se redressa d’un geste, et croisa les jambes. Sous l’effet du mouvement, sa longue chevelure verte était retombée devant son visage. Ses cheveux étaient dans un état pitoyables, tout emmêlés et ternes. Il constata que l’élastique avec lequel il les avaient attachés avait cédé et devait se trouver quelque part sur le sol. Tant pis. Ca arrivait tout le temps. Len avait déjà songé à nouer ses cheveux en une tresse mais avec son visage assez fin il passait tout de suite pour une fille. Peut-être devrait-il les couper…un jour.


Appuyé sur ses poignets et penché en arrière de façon nonchalante, Len parcourut du regard le corps d’Holly Shepherd. Il l’analysa, sans rien ressentir. Les jambes, le torse, les bras, le cou, le ventre plat, presque creux.

« Tu devrais manger plus. »
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Mentaliste
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MessageSujet: Re: Try Again ~ [Holly]   Sam 14 Avr - 18:42



J'ai toujours détesté ne rien faire. Rester immobile à un endroit... C'est d'un chiant ! En plus, ça me force à réfléchir. Et d'une manière générale, je n'aime pas réfléchir. C'est tellement difficile, ça m'oblige à regarder en arrière, à m'interroger sur ce que je suis, à me remettre en question. Personnellement, je sais que je suis parfaite, là n'est pas le problème ! C'est juste que. Que quand j'entends toutes ces personnes penser que je ne suis que. Qu'une sale petite pute. Je me dis. Je me dis que c'est peut-être un peu vrai. Enfin, juste un peu. Je me prostitue pas, non plus ! Pas encore. Bref. En tout cas, ça me force à y regarder d'un peu plus près. Quand je ne fais rien, c'est presque compulsif, je commence à m'analyser. J'observe le fin fond de mon esprit. Comme maintenant, par exemple. Je fixe le plafond. Il y a de minuscules fissures qui le parcourent, comme des dizaines de petites chemins tortueux. Je suis sûre que si j'étais une araignée, je me perdrais là-dedans.
Et je pense.
Je pense à Kaliyah, d'abord. Cette espèce de garce. Je me demande si c'est réellement une garce. Parce que, si on y réfléchit bien. Avant même de la connaître, avant même de l'avoir vu, je la détestais. Alors... Si j'avais été différente ? Si je n'avais pas eu le moindre préjugé, si je l'avais accueilli « comme il se doit ». Est-ce que ça aurait changé quelque chose ? Est-ce que, si j'avais été quelqu'un d'autre, on aurait pu être amies ? Bah. Rien que ce mot me répugne. Qu'est-ce que c'est, avoir des amis, de toute façon ? Moi, je n'en ai pas besoin. Des esclaves me suffisent amplement ! Je n'ai besoin de personne. Voilà. Je suis forte, je suis inébranlable. C'est une qualité, non ? Pas un défaut. Alors jusqu'ici, on peut dire que je n'ai rien à me reprocher.
Alors je pense aux ragots, que je fais circuler. C'est vrai qu'il y en a pas mal. Parfois, je transforme des vies en Enfers quotidiens. C'est fou la puissance de quelques mots bien choisis ! Bon, bon. Là, je suppose que je devrais culpabiliser. Alors pourquoi c'est absolument pas le cas ? Je devrais être mortifiée, me dire que « oh mon Dieuuu, quelqu'un souffre par ma fauuute ! », et pourtant, rien. Ah si, j'ai un petit pincement au cœur, là. Mais c'est juste parce que je me retiens de rire. Oui, ça m'amuse. Glauque, pas vrai ? Peu importe. De toutes façons, je ne colporte jamais de rumeurs sans une excellente raison. Parfaitement. Ceux qui sont seuls et considérés actuellement comme des pestiférés par ma faute ont tous fait quelque chose pour mériter leur punition. Je rétablis la justice, c'est tout. Ma propre justice, mais ça revient au même.
Et maintenant, je pense... Je pense à Lenny, tiens. Je suis chez lui, après tout, je lui dois bien un petit bout de conversation intérieure. Donc. Je lui en ai fait voir de toutes les couleurs, à ce mec. Je lui ai fait peur, il m'a fait peur, je l'ai détesté, puis demandé de m'embrasser. Il m'a montré ses illusions, les jolies, pas les flippantes. Je l'ai perdu dans la forêt, fait tomber dans une crevasse. Il est tombé malade, à cause de moi. Et je n'ai cessé d'osciller. Entre le « je te hais » et le « je t'aime ». Mon cœur qui bat, qui pleure, qui hurle. Il ne m'avait jamais fait ça, c'est plutôt étrange. Carrément, même. Si j'avais été une fille normale, j'aurais pu me demander si j'étais amoureuse. Mais je ne le suis pas. L'Amoureuse, elle est faible, elle est naïve, elle est un peu idiote. Moi je suis Puissance, je suis Justice, je suis Envie. Amour, non. Peut-être est-ce là mon défaut ? Ce qu'on me reproche ? Pfff, un peu pathétique, quand même. Ils auraient pu trouver mieux, pour m'en vouloir ! Et puis, au fond, c'est bien la seule chose qui me manque.

Leonard se relève, ses cheveux sont dans une pagaille monstre. Il a des airs de lutin, des fois, c'est limite effrayant. Je le fixe, comme ça. Comme s'il m'importait peu. Alors qu'au fond, je sais qu'il n'est pas « rien ». Il est quelque chose. Quoi, je ne sais pas. Mais il existe. Le seul problème, c'est qu'actuellement, il est complètement stone. Il me regarde de la tête au pied, avec sa tête de blasé. Et ça m'énerve. Je reste calme, mais ça m'agace. Cette idée qu'il a été trop lâche pour m'affronter en face à peine plus de deux heures... C'est assez dérangeant. Le Leonard que je connais est souriant, un peu stupide. Mais ce n'est pas un couard. Alors peut-être. Peut-être que je ne le connais pas si bien, finalement.


« Tu devrais manger plus. »


Sa voix me fait légèrement sursauter. Je ne me rappelais presque plus du ton de sa voix, avec tout ça. Et surtout, je ne m'attendais pas à ce qu'il parle. Surtout pas pour me balancer une chose pareille ! Reniflant doucement, je me redresse sur mes coudes pour pouvoir fixer mon ventre un peu plus commodément. Je le scrute, encore et encore, longeant de mon regard la bosse qu'il forme sur mon tee-shirt. Une bosse. Vous imaginez ? Il forme une BOSSE ! Quelle horreur. Sincèrement, ça me répugne. Et il faudrait que je mange plus, avec cette chose en guise ventre ? N'importe quoi. Plutôt mourir que d'avaler quoi que ce soit ! Le jour où je serais mince... Oui, ce jour-là, je pourrais me le permettre. Mais là, jamais. J'ai des cuisses énormes, un visage bouffi, et je ne parle même pas de mes fesses. Une catastrophe. Le problème de ma vie, en fait. A chaque fois que je me croise dans le miroir, je me dis que le spectacle est à en pleurer. Et j'ai beau me priver. J'ai beau avaler le moins de chose possible. J'ai beau virer de mon estomac le moindre aliment osant passer la barrière de mes lèvres ; ça ne change rien. Je reste la même. Désespérant. Songeuse, je me redresse davantage, jusqu'à me retrouver en tailleur. Je pose ma main droite sur la fameuse bosse, tant haïe, de mon haut. Doucement, d'abord. Et puis je commence à la serrer, de plus en plus, comme si ça pouvait la faire disparaître. Si seulement c'était si facile... Mais c'est ridicule ! D'un geste agacé de la main, j'éloigne de moi les idées idiotes.

« Mais oui, bien sûr, quelle idée formidable. Est-ce que tu réalises, seulement ? Je suis déjà énorme, je ne tiens pas à devenir carrément obèse ! On voit bien que tu n'as jamais eu à te soucier de ton poids, toi. »


Mon ton hautain. J'ai toujours eu le même, d'aussi loin que je me souvienne. Je l'apprécie. Il me donne l'impression d'être vraiment sûre de moi. Comme si je possédais la science infuse. Ouais. Peut-être que je suis grave, en fait. Pour de vrai. En soupirant comme une condamnée à mort, je me laisse à nouveau tomber en arrière sur le matelas. Je retrouve les fissures au plafond. Et je m'apprête à me remettre à penser à tout et n'importe quoi, quand je me rends compte que j'ai encore deux trois trucs à dire. Allons y, donc. De toute façon, vu l'état de mon interlocuteur, quelques mots de plus ou de moins... On s'en fout pas mal.

« D'ailleurs, pourquoi cette constatation, là, tout de suite ? Et en passant, pour changer de sujet, je tiens à te signaler que je trouve ton comportement parfaitement irresponsable. C'est immonde de fuir comme ça. Enfin. Tu t'en fiches, pas vrai ? Pfff. »


Ah, sérieux. Je lui en ai peut-être fait voir de toutes les couleurs.... Mais il me le rend pas mal, cet imbécile. Ce crétin. Cet idiot. Bon sang.
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Sibyllin
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MessageSujet: Re: Try Again ~ [Holly]   Mar 24 Avr - 10:27



Now and then I think of when we were together
Like when you said you felt so happy you could die
Told myself that you were right for me
But felt so lonely in your company
But that was love and it's an ache I still remember

Gotye feat Kimbra – Somebody that I used to know

Parfois, je me demande pourquoi je suis comme ça. Je veux dire…j’ai commencé les médocs il y a un moment, à cause de la dépression et de mon « accident » mais soit. Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Normalement je devrais être capable de faire face à mes démons sans problèmes. Je suis différent, plus fort. Est-ce vraiment parce que je n’arrive pas à faire l’impasse sur le passé que je suis dans cette situation ? Ou bien il y a-t-il une autre raison ?Je me demande bien…Ah oui. Holly. Elle est là. Juste à côté de moi, si forte, si charismatique et pourtant si fragile… C’est de ma faute n’est-ce pas ? Ah oui. Encore une de mes multiples erreurs. Je me demande pourquoi elle a décidé de rester, surtout après ce que je lui ai dit. Est-ce je l’aime vraiment ? En tout cas, personne ne m’a fait trembler de cette façon avant. Je n’ai jamais ressenti cette tension, cette attirance pour quelqu’un auparavant. Pourquoi elle ? Je ne sais plus, cela me semble si loin maintenant. Et pourtant je me souviens du baiser qui tremblait et du parapluie rouge. Et comment j’ai pleuré. Comment elle a pleuré. Oh mon dieu Holly….Tu cries, tu pleures, tu te caches, tu pars et tu reviens. Tu es allongée à côté de moi si réelle…si présente. On ne s’ennuie jamais vraiment avec toi. Qui est la vraie Holly ? La forte, la faible ou un peu des deux ? Pourquoi est-ce que tu sembles soudainement si maigre ? Je ne l’avais pas remarqué avant.
Tu te redresses. Parler avec toi c’est comme jouer à la roulette russe, on ne sait jamais si on va se prendre une balle de la tête ou si le barillet sera vide. T’ais-je vexée ou bien rendue furieuse ? Tu serres ton corps désespérément. Se pourrait-il que … Tu ne t’aimes pas non plus ?


« Mais oui, bien sûr, quelle idée formidable. Est-ce que tu réalises, seulement ? Je suis déjà énorme, je ne tiens pas à devenir carrément obèse ! On voit bien que tu n'as jamais eu à te soucier de ton poids, toi. »

Tu me réponds avec ce ton hautain qui te fait paraître si sûr de toi et qui me fait passer pour un idiot. A la longue j’ai fini par m’habituer, pour moi c’est la façon « normale » dont tu parles. Ou du moins dont tu me parles. A un moment j’ai même du aimer ça je pense. Bref, malgré moi mes yeux s’écartent de surprise. Obèse ? Holly Shepherd ? Pas moyen. ON dirait bien que même les pestes notoires souffrent de problème d’images. Ca me paraît si grotesque, si incongru que je ne peux réprimer un léger sourire. C’est une blague. Non apparemment pas, elle est sérieuse. Le sourire ne disparaît pas lui. Un peu abasourdi par cette révélation, je parviens à articuler :

« Mais… Dans quel miroir déformant est-ce que tu te regardes ? » tout en souriant

Mais voyons Len, rappelle toi que tu as affaires à Holly Shepherd. Il faudra plus que quelques belles paroles pour la convaincre. Soudainement, certains éléments font sens, le muffin tout ça…Holly a un problème. Je n’avais jamais suspecté que cela pourrait être CE genre de problème. Elle semble être tellement sûre d’elle. Une façade sans aucun doute. Elle se laisse mollement tomber sur le matelas

« D'ailleurs, pourquoi cette constatation, là, tout de suite ? Et en passant, pour changer de sujet, je tiens à te signaler que je trouve ton comportement parfaitement irresponsable. C'est immonde de fuir comme ça. Enfin. Tu t'en fiches, pas vrai ? Pfff. »

Je sais de quoi j’ai l’air vu de l’extérieur. Tant pis, je me sens bien au moins. Je peux réfléchir, rationnaliser. Comportement irresponsable ? Elle avait parfaitement raison et je le savais. Je regardais vaguement le mur de ma chambre, distinguant quelques motifs mouvants. Elle avait raison. Bien sûr qu’elle avait raison. Regarde-toi Leonard Keyes. « Pfff ». Oui « Pfff ». Quand est-ce que tu es devenu quelqu’un comme ça ? Rappelle-toi, il y a très longtemps…Le temps où tu n’avais pas besoin de ces pilules. Avoue-le, désormais ton enfance compliquée n’est qu’une belle excuse, une excuse de lâche. Tu es un salaud. Oui un salaud. Tu veux ignorer vaincre l’absurdité du monde qui t’entoure. Oui le monde est absurde. Des mystiques, une protection et toutes ces choses, ces dangers, ces illusions. Que font les salauds pour survivre dans un monde absurde ? Ilsignorent les mauvais moments et se rappellent les bons. Ou bien ils deviennent fous. Tu es un peu des deux Len. Tu es un salaud, devenu fou parce qu’il n’avait pas assez de bon souvenirs sur lesquels se focaliser. Bravo. Félicitations. Tu ne penses pas qu’il est temps de changer un peu ? De te retrouver avec toi-même et arrêter cette mascarade ? Un jour tu finiras par te perdre…complètement. Il ne te restera que le vague souvenir de la personne que tu as été. Tu l’auras perdu de vue, tuée en quelque sorte. Adieu Leonard Keyes.You’re a fake. Je ne te connais plus. Now you’re just somebody that I used to know.

« Tu as raison. Parfaitement raison. Sur toute la ligne. » dis-je sur un ton enthousiaste qui contrastait avec mon regard absent.

J’ai regardé Holly et j’ai souri les yeux fermés. Comme si j’étais vraiment heureux. Et si je redevenais Leonard Keyes ? Après tout pourquoi pas ? Je me sens assez bien, assez invicible là tout de suite pour tenter l’expérience. Dès que l’idée avait germé dans mon esprit je ne parvenais plus à m’en défaire. Et si j’avais peur eu final de redevenir Leonard Keyes ? Peur de ressentir à nouveau ? Je ne réalisais pas vraiment ce que je m’apprêtais à faire – c’était comme un rêve. Bien sûr je ne pouvais pas vomir mes cachets, mais j’avais autre chose en tête.


« Tu sais quoi ? Je vais essayer. Essayer de redevenir Leonard Keyes»

J’avais pris ma décision. Je me suis levé rapidement et j’ai attrapé mes cachets. Sans dire un mot je suis parti dans la salle de bain sans prendre la peine de fermer la porte. J’ai vidé les comprimés dans les toilettes et j’ai tiré la chasse. J’ai crié « Adieu ! » et ils disparurent sans se plaindre, dans le tourbillon de la chasse d’eau.Dieu seul sait où ils allaient atterrir. Ensuite je me suis dirigé vers le miroir. De longs cheveux verts. Non ce n’était pas Leonard Keyes. C’était le mec qui ne pouvait pas supporter d’avoir les cheveux blonds et qui avait peur de ressembler à un homme. Alors mes doigts se sont emparés d’une paire de ciseaux et je les ai coupés. Snip, et une mèche verte dansait dans le vent avant de mourir sur le sol . Sans quitter le miroir des yeux, j’assistais à ma transformation en souriant. Je crois que je ne rendais pas compte d’à quel point j’allais regretter cette décision. J’ai continué à les couper, jusqu’à ce qu’ils m’arrivent au niveau de la nuque. Je conservais les deux mèches longues devant mon visage. J’avais l’air différent, je me sentais plus léger…Tout ce poids sur la tête depuis tout ce temps !
A mes pieds gisaient les restes de ma chevelure. Je me contemplais, satisfait et je laissais tomber les ciseaux dans le lavabo. Je passais une main dans mes cheveux fraîchement coupés et je changeais leur couleur. Désormais, j’étais redevenu blond comme les blés, tel que la nature m’avait créé. Du moins, tel que je m’en souvenais. Bonjour Leonard Keyes. Il me ressemblait en tout point, excepté pour la couleur de cheveux et la coupe courte inégale. C’était la première étape pour retrouver mon identité.

Je suis retourné précipitamment dans ma chambre, j’avais hâte qu’ Holly observe le changement que j’avais opéré. Allongée nonchalamment sur mon lit, j’imaginais qu’elle devait trouver le temps long mais surtout qu’elle devait s’ennuyer comme un rat mort. Je lui aurai bien dit de partir si elle le voulait, mais je n’en avais pas encore terminé avec elle.


« Voilà. Leonard Keyes, le vrai, l’authentique rien que pour vous servir. Maintenant debout C’est à ton tour. » Comme elle prenait son temps et qu’elle semblait ne pas me prendre au sérieux, je lui lançais un coussin sur le visage pour la provoquer. Réveiller le dragon . « Lève toi, j’ai quelqu’un à te présenter. »

Dès qu’elle s’est levée je l’ai entraînée par les épaules jusqu’au miroir de ma garde-robe. Il était plus long que celui de ma salle de bain, parfait. Je le plantais juste devant.

« Maintenant, dis-moi ce que tu vois. »
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Mentaliste
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MessageSujet: Re: Try Again ~ [Holly]   Lun 30 Avr - 18:07



    De temps en temps, Holly essayait de se laisser transporter par des vagues de questions. Tout plein d'interrogations, pointant le bout de leurs nez, comme ça. Des questions sur elle, forcément. Holly ne savait pas s'intéresser suffisamment à autrui pour s'interroger sur quelqu'un d'autre qu'elle-même. Alors, quel genre de questions, me direz-vous ? Et bien, des petits riens, vraiment. Juste des choses lui venant, d'un seul coup, amalgame d'idioties adoucissant un quotidien plein à craquer de soucis. Est-ce que j'ai pensé à me racheter du parfum ? Mes nouvelles chaussures, elles sont arrivées ? Tiens, n'ai-je pas oublié de donner mes devoirs à faire à quelqu'un ? Et mon maquillage, il est bien ? Oui, vraiment des choses futiles. Mais étrangement, ça la soulageait, de penser ainsi. Parce qu'au moins, lorsqu'elle était comme ça, elle pouvait se dire qu'elle était réellement la fille superficielle qu'elle prétendait être. Parce qu'ainsi, au moins un élément de son masque n'était pas tout à fait factice. Même si ce n'était pas l'aspect le plus reluisant de son armure, il était vrai. Vrai. Vérité. Depuis combien de temps avait-elle cessé d'être honnête ? Depuis quand passait-elle son temps à proférer mensonge sur mensonge ? Elle ne savait même plus.
    S'étirant de tout son long, la jeune fille bailla largement, les yeux lourds et fatigués. Voilà qu'elle se remettait à penser sérieusement, sans même y faire attention. Décidément. Elle n'arrivait jamais à tenir longtemps lorsqu'elle jouait à ce petit jeu. Ennuyant.

    « Tu as raison. Parfaitement raison. Sur toute la ligne. »


    Soulevant un de ses sourcils parfaits, elle tourna la tête vers Leonard pour constater le contraste entre le ton enthousiaste utilisé et le regard vide de son interlocuteur. Incompréhensible. Tiens, voilà qu'il se mettait à lui sourire ! Un sourire avec les yeux fermés, comme dans les dessins-animés. Il ressemblait un peu à... Comment il s’appelait... Ah oui, Bugs Bunny. Quoi d'neuf docteur ? … Ouh là, il m'a rendue timbrée, ça y est. Chassant ses pensées idiotes de sa tête, Holly voulut répliquer quelque chose comme quoi c'était normal, elle avait toujours raison. Mais elle n'en fit rien, préférant réprimer un nouveau bâillement. Ses dents vinrent mordre sa lèvre inférieure, tandis que ses yeux se plissaient sous l'effort. Petit effort. Court, si court. Juste le temps d'entendre une phrase.

    « Tu sais quoi ? Je vais essayer. Essayer de redevenir Leonard Keyes. »


    L'adolescente rouvrit les yeux d'un seul coup, plutôt sceptique. Trop tard. Le jeune homme filait déjà vers la salle de bain, ses cachets à la main. En silence. Holly se redressa sur les coudes, les sourcils froncés. Qu'est-ce qu'il fabriquait, encore, cet imbécile de première ?! Il devait probablement avoir eu une autre idée miracle. Pour ça, il devait être le spécialiste. Oui : « Leonard Keyes – expert es en solutions crétines ». Holly voyait parfaitement la plaque dans son esprit. Toute brillante, clouée à un bâtiment ayant la tête de Lenny pour forme. D'abord parfaitement sérieuse dans son trip, la jeune fille sentit brusquement un sourire remonter jusqu'à ses lèvres. D'imperceptible, il se fit plus large. Et puis finalement, se laissant retomber sur le matelas mollement, elle se laissa aller à rire un peu. Un éclat léger, lui donnant l'impression de ne pas peser plus lourd qu'une plume.
    Et puis un cri l'arracha à cet étrange moment de béatitude.
    « Adieu ! »
    Énième sursaut de la journée. Le bruit de la chasse d'eau retentit, la laissant perplexe. Un moment, elle hésita à se lever pour aller voir ce que fichait son... Mon quoi ? Ami, amant, moyen de distraction ? Hm. Tant pis. Truc, mais finalement elle resta à sa place. Bah ! Elle verrait bien le moment venu. Elle se sentait épuisée. Elle aurait bien dormi, là, tout de suite. Reniflant légèrement, elle se roula en boule, froissant un peu plus les couvertures. Ses paupières se fermèrent d'elles-mêmes puis elle se mit à compter, lentement. Elle était bien, ainsi. Quelque part dans l'appartement, là où devait être Leonard, elle entendait des choses tomber au sol, régulièrement, dans un bruit un peu sourd. Elle se demandait ce que ça pouvait être. Mais au fond, elle ne réfléchissait plus vraiment, se contentant d’égrener les secondes, une par une au fond de sa tête. Une, deux, trois, quatre... Petit à petit, les secondes se transformèrent en minutes. Minutes qui se firent de plus en plus longues. Oui, de plus en plus longues. Jusqu'à devenir interminables. Et Holly n'était pas réputée pour sa patience, pas du tout. Rouvrant les yeux, elle eut un claquement de langue agacé. Étendant à nouveau ses jambes, elle roula d'un côté du lit, puis de l'autre. Tortilla ses cheveux, remua ses orteils, contempla ses ongles, mordilla ses lèvres, pour recommencer à rouler dans tous les sens. Le grincement d'une porte la fit se stopper dans un coin de matelas. Complètement blasée, elle pointa son regard vers l'entrée de la chambre. Pour découvrir un drôle de Leonard Keyes. La jeune fille sentit ses yeux s'ouvrir en grand, en très très grand. Ses cheveux... Qu'est-ce qu'il a fait à ses cheveux ? Se rendant compte qu'elle avait entrouvert la bouche de surprise, elle la referma d'un coup sec.

    « Voilà. Leonard Keyes, le vrai, l’authentique rien que pour vous servir. Maintenant debout. C’est à ton tour. »

    Pas vraiment emballée par l'idée de se lever, Holly se laissa aller à traînasser. Mal lui en prit, vu qu'elle se prit un coussin dans la face. Surprise, elle fixa Leonard de ses grands yeux bleus d'un air tout d'abord parfaitement interloqué, puis un peu énervé. Quoi ?! Il l'avait fait poireauter cent ans, se ramenait avec une nouvelle coupe de cheveux et se permettait en plus de lui balancer un coussin ? Oh, là, c'était quoi ce bordel ? Pas encore la fête du slip, à ce qu'elle sache !

    « Lève toi, j’ai quelqu’un à te présenter. »


    Nouveau moment de doute. Il voulait... Lui présenter quelqu'un ? Là, maintenant ? Mais... Elle n'étais pas censée sortir. Sinon, quoi ! Elle se serait déjà barrée depuis longtemps. Non ? Elle ne savait plus trop. Et puis, c'était agaçant de réfléchir. Haussant les épaules d'un air hautain, elle se leva tant bien que mal, avant de se laisser entraîner par Leonard. Elle sentit ses larges mains encadrer ses épaules, douce chaleur contre sa peau. Enfin, sans trop comprendre comment ou pourquoi, elle arriva face au long miroir de la garde-robe de Leonard.

    « Maintenant, dis-moi ce que tu vois. »


    … Hein ? Que... ? Ce qu'elle voyait ? Comprenant de moins en moins la situation, la jeune fille posa ses mains sur ses hanches et se contempla des pieds à la tête d'un air peu convaincu. Si seulement il pouvait être un peu plus clair, ce serait cool. J'ai pas une tête de génie, si ? Il faut m'expliquer les choses simplement, là, je suis morte. A moins qu'il veuille que je fasse comme lui ? Style, je dis ce que je pense de moi ? Ouh. Dur. Je peux pas répondre franchement. C'est impossible ! Il faut pas me demander la lune, quand même... Quoique, il a bien fait un effort, lui. Il a même balancé ses pilules, d'après ce que j'ai compris. Bon, ok, quand il va revenir sur Terre il va s'en vouloir à mort, mais. C'est quand même pas mal. Raaaaaaaah. Je fais quoi ?! Secouant légèrement la tête, Holly s'observa à nouveau, les yeux plissés. Elle fixa les moindres plis formés par sa peau, décortiqua ses plus minuscules défauts. Elle se focalisa sur ses hanches, qu'elle trouvait trop larges, sur ses cuisses, qu'elle trouvait gargantuesques, sur son visage, qu'elle voyait comme une chose flasque et immonde. Petit à petit, un air dégoûté se forma sur ses traits pâles. Ses yeux naviguèrent encore quelques instants le long du reflet, avant qu'elle ne prenne la parole d'une voix sans timbre.

    « Je. Je vois quelqu'un de gigantesque. D'énorme. Qui prend tellement, tellement de place que c'en est effrayant. Quelqu'un qui essaye de prendre moins de place, mais qui n'y arrive pas malgré tous les efforts possibles et inimaginables. »

    La gorge nouée, elle s'arrêta. Ferma les yeux, respira le plus profondément possible. Ses mains se mirent à trembler doucement, lui donnant l'impression d'être prise en plein séisme. De l'air. Il fallait qu'elle s'y retrouve. Elle n'avait pourtant pas encore dit grand chose... Elle était mal barrée. Mais il fallait qu'elle continue. Non ? Si. Si... Allez Holly. Tu es une grande fille. Si tu commences à être comme toutes ces gamines pleurnichardes, tu t'en voudras toute ta vie. Alors ARRÊTE DE TE LAMENTER BORDEL ! Se raclant un peu la gorge, la jeune fille prit un regard plus assuré pour se contempler et reprit.

    « Hm, sinon. Je constate aussi que j'ai affaire à la plus grosse menteuse de tous les temps. La pire des menteuses, peut-être. Quoique, après toi mon cher. En tout cas, elle ment à tout le monde. Même à elle-même. Elle ne sait pas faire autrement, je crois. Elle se cache derrière ses mensonges et ses grands airs. Elle est parfaitement ridicule ! C'est sûrement pour ça qu'elle n'a pas d'amis, d'ailleurs. Une vraie peste. Une vraie peste obèse, même. »


    Là, elle se stoppa pour de bon. Se dégageant des mains de Leonard, elle se tourna vers lui. Son regard se posa sur ses cheveux, encore un peu perdu. Et puis elle se pinça l'arête du nez, réalisant ce qu'elle venait de dire, avant de parler d'un air décontenancé, oscillant entre l'agacement et le rire.

    « Putain, j'arrive pas à croire que tu m’aie fais dire ça... J'hésite entre te dire que t'es un connard ou un imbécile heureux. Je vais y réfléchir. Sinon, par pure curiosité. Tu me vois comment ? Je te dirai après ce que je pense de ta face si ça te fait plaisir, ça m'occupera. »


    Un petit rire lui échappa. Jusqu'à ce qu'elle se rende compte qu'elle n'avait pas du tout envie de rire. Non. En fait, elle se sentait plutôt... Angoissée. Elle se demandait comme Leonard allait réagir à ses tirades tordues. Peut-être qu'il ne comprendrait même pas. Dans ce cas là, elle se sentirait plutôt idiote, il fallait l'avouer. Enfin. Ça ne l'empêcha pas d'afficher un petit sourire amusé, parfait morceau de son masque de fierté. Ouh, la menteuse...
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Sibyllin
Sibyllin



MessageSujet: Re: Try Again ~ [Holly]   Mar 1 Mai - 16:32


Oh, happily ever after,
Wouldn't you know, wouldn't you know.
Oh, skip to the ending,
Who'd like to know, I'd like to know.
Author of the moment, can you tell me,
Do I end up, do I end up happy?

He is We – Happily ever after

Avec ses paumes sur ses épaules, il lui coupait toute échappatoire. Holly n’avait pas d’autre choix que de s’affronter elle-même, que de soutenir le regard à son propre reflet. Len ne fit même pas attention au sien, se concentrant sur les expressions que la jeune fille esquissait. Holly Shepherd, je te présente Holly Shepherd. N’importe qui l’aurait prit pour un fou – ou un crétin – mais aux yeux de Leonard, toutes ses actions avaient du sens. Se couper les cheveux, se débarrasser de l’excès, du faux. Redevenir le vrai, ça prendrait du temps mais il comptait bien aller jusqu’au bout. Et il avait peur pour Holly, mais avant de dire quoi que ce soit, il devait en avoir le cœur net.

« Je. Je vois quelqu'un de gigantesque. D'énorme. Qui prend tellement, tellement de place que c'en est effrayant. Quelqu'un qui essaye de prendre moins de place, mais qui n'y arrive pas malgré tous les efforts possibles et inimaginables. »
Leonard ne disait rien, un léger sourire encore affiché sur son visage. La seule chose qui pouvait être gigantesque chez Holly c’était son ego. C’est vrai qu’elle prenait de la place, elle se l’accaparait sans demander la permission, elle et sa présence, son charisme hors du commun. Cependant, il ne lui était jamais venu à l’esprit qu’elle veuille se diminuer. Elle était grande Holly, même sans ses talons vertigineux. Ce n’était pas une question de centimètres. La jeune fille s’arrêta brusquement, marqua une pause et puis reprit.

« Hm, sinon. Je constate aussi que j'ai affaire à la plus grosse menteuse de tous les temps. La pire des menteuses, peut-être. Quoique, après toi mon cher. En tout cas, elle ment à tout le monde. Même à elle-même. Elle ne sait pas faire autrement, je crois. Elle se cache derrière ses mensonges et ses grands airs. Elle est parfaitement ridicule ! C'est sûrement pour ça qu'elle n'a pas d'amis, d'ailleurs. Une vraie peste. Une vraie peste obèse, même. »

Le problème n’était donc pas dans le miroir, le problème était dans la tête d’Holly Shepherd. Le sibyllin n’aurait jamais imaginé qu’elle serait aussi dure envers elle-même. Len gardait le silence mais n’en pensait pas moins. Il connaissait le symptôme mais pas la cause. Et c’est si difficile de le dire à haute-voix. La demoiselle considéra qu’elle en avait assez dit, se détacha de son emprise pour lui faire face.

« Putain, j'arrive pas à croire que tu m’aie fais dire ça... Leonard esquissa un sourire désolé . J'hésite entre te dire que t'es un connard ou un imbécile heureux. Je vais y réfléchir. Sinon, par pure curiosité. Tu me vois comment ? Je te dirai après ce que je pense de ta face si ça te fait plaisir, ça m'occupera. »

Ce qu’il pensait d’elle ? Il comptait le lui dire dès le départ, même s’il se sentait un peu hésitant après toutes ses révélations.Il était quand même surpris qu’elle lui demande son avis, ça ne ressemblait pas vraiment à la Holly qu’il connaissait. Len passait sa main sur son cou dénudé ( il avait un peu froid sans sa crinière).

Hum…eh bien…

Leonard voulait s’exprimer à ce sujet, il avait plein de choses à dire. Mais quand son regard rencontrait celui d’Holly, il se sentait un peu mal à l’aise, un peu lâche de lui dire ça en la regardant dans le blanc des yeux. Alors il regarda ailleurs, le reflet d’Holly Shepherd de dos, et le sien de face qui prononçait ses mots :

« Holly Shepherd, je ne la connais pas très bien. Mais tu as raison elle prend beaucoup de place – pas physiquement bien sûr, elle est si petite et si fine que je pourrais la cacher dans mon manteau et partir avec. Et puis, j’suis sûr que si je soulevais son T-shirt je pourrais jouer du xylophone avec ses côtes et ses vertèbres dorsales…Bref. Ce que je veux dire c’est que… quand elle rentre dans une pièce, on la remarque. Elle est là, bien présente, et elle s’accapare l’espace sans avoir besoin de demander la permission. Elle a l’air plutôt forte, avec son regard pétillant et déterminé, son allure de conquérante et son sourire insolent…Elle a l’air d’être sûre d’elle. »

« Mais… »


Il marqua une pause, déglutit et regarda Holly.

« Holly Shepherd est une menteuse. Et elle pourrait bien être l’exact opposé de ce que je viens de décrire. Juste une fille perdue, vulnérable, comme les autres. Quelqu’un qui a été blessé dans le passé, qui s’est construit une muraille impénétrable pour se protéger…parce qu’elle a peur de souffrir. Ou parce qu’elle a peur que les autres la voient telle qu’elle est et qu’ils se rendent compte qu’en fait… »

« Holly Shepherd ne s’aime pas. »


C’était difficile à dire, et probablement encore plus difficile à entendre. Même si Leonard ne pouvait pas comprendre une telle chose, tous les indices pointaient en direction du coupable : Holly ne s’aimait pas. Mais Leonard Keyes aimait Holly Shepherd, même s’il ne s’aimait pas non plus. Et il voulait l’aider, la soutenir, lui faire comprendre…Reconstruire le reflet, le voir tel qu’il est. Il fallait seulement que Holly écoute attentivement. Un battement de cœur.

Mais moi je l’aime.
Des images…
Holly qui pleurait
Holly qui gisait, pâle et inconsciente dans la tour
Holly sui souriait sous son parapluie rouge.

Leonard regarda de nouveau par-dessus l’épaule de la jeune fille pour voir le reflet dans le miroir. Et bien que ni l’un, ni l’autre n’ait fait un geste et qu’il se tenaient toujours face-à-face, leurs reflets, eux, se tenaient étroitement enlacés.
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Mentaliste
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MessageSujet: Re: Try Again ~ [Holly]   Mar 1 Mai - 21:07



    Hésitation. Oui, ils hésitaient. Leonard devait probablement se demander ce qu'il était censé pouvoir balancer ou non. Et Holly commençait à se dire qu'elle n'aurait peut-être pas dû poser cette question. Elle avait un peu peur de s'en prendre plein la figure. Est-ce qu'elle arriverait à rester calme ? Est-ce qu'elle ne s'énerverait pas ? Elle ne faisait même pas exprès. La plupart du temps, la colère grimpait en elle avant qu'elle ait eu le temps de le remarquer. Enfin. La gorge sèche, elle observa le jeune homme face à elle passer sa main sur sa nuque. Ça devait lui faire étrange, cette absence de cheveux... Non ?

    « Hum…eh bien… »


    Un peu curieuse, l'adolescente pencha légèrement la tête sur le côté. Une fois, le regard de Leonard croisa le sien, avant de fuir vivement. Et puis une autre fois. Et encore une fois. Finalement, il se fixa sur un point du miroir, dans son dos. Quoi ? Il a peur de me parler en face ? C'est si atroce que ça ? Génial. Limite j'ai peur, ha ha ha. Ha ha. Ha. Oh non, ne commence pas à parler, ne commence pas. S'il te plaît. Non. Non. Bordel d'au secours. Pour un peu, elle serait partie se cacher en courant.

    « Holly Shepherd, je ne la connais pas très bien. Mais tu as raison elle prend beaucoup de place – pas physiquement bien sûr, elle est si petite et si fine que je pourrais la cacher dans mon manteau et partir avec. Et puis, j’suis sûr que si je soulevais son T-shirt je pourrais jouer du xylophone avec ses côtes et ses vertèbres dorsales…Bref. Ce que je veux dire c’est que… quand elle rentre dans une pièce, on la remarque. Elle est là, bien présente, et elle s’accapare l’espace sans avoir besoin de demander la permission. Elle a l’air plutôt forte, avec son regard pétillant et déterminé, son allure de conquérante et son sourire insolent…Elle a l’air d’être sûre d’elle. »

    « Mais… »


    Une pause. Qui tombait plutôt bien. Holly n'en revenait pas. Jouer du xylophone avec ses... Côtes ? Il l'avait bien regardée ? N'importe quoi, elle ressemblait à une baleine ! D'un seul coup, le jeune homme déglutit et lâcha le miroir des yeux pour pouvoir la regarder. Nouveau moment de doute. Pourquoi tu m'observes comme ça ? Pourquoi ? Et pourquoi je t'ai posé cette question idiote ? Je ne sais pas. Pourquoi, pourquoi, pourquoi.

    « Holly Shepherd est une menteuse. Et elle pourrait bien être l’exact opposé de ce que je viens de décrire. Juste une fille perdue, vulnérable, comme les autres. Quelqu’un qui a été blessé dans le passé, qui s’est construit une muraille impénétrable pour se protéger…parce qu’elle a peur de souffrir. Ou parce qu’elle a peur que les autres la voient telle qu’elle est et qu’ils se rendent compte qu’en fait… »

    « Holly Shepherd ne s’aime pas. »


    « Holly Shepherd ne s'aime pas ». « Holly Shepherd ». « Ne s'aime pas ». L'intéressée eut l'impression de tomber dans un véritable gouffre. Pourtant. Pourtant elle savait, tout ça. Oui, elle se l'était déjà dit, quelques fois. Les jours où son ego se faisait exceptionnellement la malle, comme aujourd'hui. Alors pourquoi ça lui faisait aussi mal ? Elle sentait ses oreilles siffler, son cœur s'emballer, ses mains trembler. Elle n'était pas comme ça, d'habitude. Non, en temps normal, elle était forte. Très forte. Inébranlable. Rien ne pouvait lui faire peur, elle était Holly. Elle était la Peur. N'est-ce pas ? Elle ne savait même plus ! Mais avait-elle seulement déjà su un jour qui elle était vraiment ? Peut-être pas. Elle avait cru savoir. Oui, pendant dix-sept ans, elle avait été relativement sûre d'elle. Et là. Là, en quelques mots, Leonard venait de tout remettre sur la balance. Pour de bon. Elle se sentait pencher, d'un côté, de l'autre. Forte et déterminée, ou blessée et vulnérable ? Difficile de choisir, pas vrai ? La première solution semblait plus attrayante. Mais la vérité. Où était-elle, la vérité ? Partout, nulle part. Quelle question. Fermant les yeux, la jeune fille entreprit de respirer calmement. Elle se sentait étrange. Après quelques secondes, ça ne la faisait plus vraiment souffrir, mais. C'était comme. Quelque chose. Un petit truc, résonnant dans tout son corps. Ding dong dang dong.

    « Mais moi je l’aime. »

    Les mots frappèrent son esprit sans qu'elle s'en rende compte. Elle voulut ouvrir les yeux. Des images l'en empêchèrent. Des images d'elle. En train de pleurer, évanouie dans la tour, sous son parapluie rouge ce fameux jour de pluie. Elle les laissa couler dans sa tête, glisser le long de son dos, tomber dans son ventre. Amalgame doux-amer. Que penser, que faire. Elle était bien, elle était mal. Elle était tout, elle n'était rien. Quand les écrans cessèrent de défiler dans son esprit, elle rouvrit les paupières. Pour voir Leonard, en train de fixer leurs reflets dans le miroir. Le visage impassible, elle le contempla un moment, cherchant quelque chose sans savoir quoi. Elle le fixa comme jamais. Lui. Il l'avait fait rire aux éclats, trembler, vivre des moments de fous, pleurer à en mourir. Elle se souvenait de tout. Chaque scène, dans les moindres détails. Elle avait beau se dire que c'était sans importance, qu'elle ferait mieux d'oublier, rien n'y faisait. Il était le crétin qui squattait son esprit. L'imbécile dont elle ne pouvait pas se passer. Et qu'elle devrait pourtant abandonner. Pourquoi, pourquoi, pourquoi ? Encore cette question, toujours cette question. Enfantine. Pourquoi la vie était-elle ainsi ? Toujours à compliquer les choses. C'était d'un agaçant ! Regardant toujours Leonard de cet air impénétrable, Holly constata alors quelque chose qu'elle n'avait jamais remarqué auparavant. Quelque chose dans ce visage face à elle qui lui ressemblait. Alors qu'ils étaient les personnes les plus différentes du monde, non ? Pourtant, elle avait l'impression que... L'impression qu'il était « comme elle ». En quoi, elle n'aurait pas su le dire. D'ailleurs, cette pensée en elle-même lui paraissait complètement stupide. Mais elle n'arrivait pas à l'abandonner.

    Et elle pensa à cette peur qu'il lui avait inspiré.
    Elle pensa à cette crevasse où ils étaient tombés, aussi.
    Elle pensa à tout ce qu'elle avait ressenti jusqu'ici. Thermomètre virant du -60 au 110.
    Pourquoi, pourquoi, pourquoi ?

    Et sans réfléchir davantage, elle prit Leonard dans ses bras. Tout doucement. Pas comme d'habitude. Elle se sentait hésitante. Oui, hésitation, vile chose ne l'ayant pas quitté. Elle posa ses mains dans le dos du garçon, mit sa tête contre son cœur. Elle l'entendit battre sous son oreille. Elle avait l'impression d'être une maman serrant son gosse contre elle, mais en différent. En plus. Plus quoi, elle ne savait pas. Elle ne savait plus rien. Elle avait tout oublié. Tout ce qu'elle comprenait, c'était qu'elle avait besoin de rester là, comme ça, et de ne pas bouger. Doucement, elle entrouvrit les lèvres. Avant de lâcher quelques mots dans l'air.

    « Juste un peu. Après je te lâche, promis. Après je te lâche. »


    Elle ne ferma pas les yeux, ne trembla pas, ne fit pas le moindre geste. Elle resta juste « comme ça ». Elle était bien, c'était tout ce qui l'importait. Elle n'avait ni froid, ni chaud. C'était comme un bain tiède, agréable. Elle avait presque l'impression d'être aussi shootée que Leonard. D'ailleurs, elle le regretterait sûrement, d'être restée « comme ça ». Après, quand elle l'aurait lâché, quand elle serait partie et qu'elle se retrouverait seule. Mais bon, pour l'instant, elle s'en fichait pas mal. Elle se contenta de reprendre la parole après un silence, sur un ton calme qui ne lui ressemblait pas. Mais qu'est-ce qui lui ressemblait, au juste, hein ?

    « Tu veux toujours que je te dise ce que je pense de toi ? »


    Question idiote, question simple. Question minuscule même. Oui, une petite question, qu'on aurait pu glisser sous un manteau. Et qui prenait pourtant beaucoup de place dans le cœur d'Holly. Pourquoi ?
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Sibyllin
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MessageSujet: Re: Try Again ~ [Holly]   Lun 7 Mai - 14:20

If you touch me, well I think I’ll just scream
‘Cause it’s been so long, since someone challenged me
and made me think about the way things are
made me think about the way they could be

My morning jacket – Touch me I’m going to scream


« Holly Shepherd ne s’aime pas.

Il l’avait dit tout doucement, comme pour atténuer les effets de cette petite phrase. Car il savait à l’avance les dégâts que cela pouvait causer, une simple petite phrase comme celle-là. En général on n’y pense pas et puis un jour, ça vous frappe en plein dans le visage. Leonard attendait la réaction d’Holly avec appréhension. Elle se tenait là, sans bouger et pourtant à l’intérieur une bataille faisait rage. Alors Len s’était laissé aller à penser à elle. Parce que s’il voulait redevenir lui-même, authentique, il devait s’accorder ce genre de moments, suivre ses instincts au lieu de les réprimer. Etre triste s’il en avait besoin, être en colère quand sa rage bouillonnait à l’intérieur de lui, et aimer si c’était ce que son cœur lui dictait.
Il dirigeait ses propres pensées vers elle pour qu’elle les entende, pour la rassurer. Il voulait lui montrer ce qu’il pensait d’Holly Shepherd la vraie.

Et soudainement, sans autre préambule elle s’approcha et serra le jeune homme dans ses bras. Comme ça doucement, comme si elle avait peur de le casser. Ses bras se resserrèrent autour de son corps, c’était chaux et doux. Il sentait ses paumes contre son dos, sa tête contre sa poitrine. Holly semblait calme mais pas vraiment triste. A l’intérieur de Len la chimie humaine faisait son œuvre. Pupilles dilatées ? Check. Battements de cœur accéléré ? Check. Adrénaline ? Check. Papillons dans le ventre. Check.
Le sibyllin l’étreignit en retour, doucement. Il avait terriblement envie de la prendre dans ses bras, de dégager sa nuque, de l’embrasser dans le cou et sur les lèvres…Mais il se rappela qu’il était toujours malade. Et puis Holly n’avait pas répondu à ses sentiments. Enfin si. Avec une étreinte innocente. Il faut se faire une raison Leonard.

« Juste un peu. Après je te lâche, promis. Après je te lâche. »

Pourquoi ? Il n’avait rien dit, rien demandé. Il avait l’impression de trembler de l’intérieur. Il pencha la tête vers elle et murmura :

« Tu n’es pas obligée de me lâcher…si tu ne le veux pas »

Evidemment qu’il aurait aimé que ce moment reste gravé dans la pierre. Il aurait adoré pouvoir la prendre dans ses bras la soulever, l’emmener jusqu’au lit où ils auraient pu rester enlacés, sa tête contre sa poitrine et finalement tomber endormi, l’un contre l’autre. Mais si Holly voulait lâcher, alors elle lâcherait, un point c’est tout et il faudra s’y faire. Même s’il ne voulait pas interrompre cette étreinte pour se retrouver seul, sans la chaleur de la jeune fille pour le réchauffer.

« Tu veux toujours que je te dise ce que je pense de toi ? »

Leonard sourit et prit une profonde inspiration. Doucement sa main se mit à caresser le dos de la jeune fille, comme on aurait caressé un chat. Le jeune homme resta silencieux un moment. Il savait ce qu’il était, et ce n’était pas beau à voir : un menteur, un idiot, un drogué, un mec pathétique et triste. Face à elle il n’avait plus de secrets, elle pouvait puiser directement l’information à la source. Holly continuait de lui arracher les masques dont il voulait s’affubler. Alors, il lui répondit sur un ton aussi calme que celui de la jeune fille.

« Oui, je pense savoir ce que tu vas dire mais…je veux savoir quand même. »
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Mentaliste
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MessageSujet: Re: Try Again ~ [Holly]   Mer 23 Mai - 18:11



« Tu n’es pas obligée de me lâcher…si tu ne le veux pas »

Non. Évidemment qu'elle n'était pas obligée. Lâcher prise, laisser tomber ces principes à la con qu'elle avait, se mettre à penser comme toutes les autres filles amoureuses, bien sûr qu'elle pouvait. C'était même si facile, si aisé, que pour un peu elle se serait laissée tenter. Mais voilà. Elle n'était PAS comme toutes les autres filles amoureuses. Elle était compliquée. Elle était capricieuse. Elle était égoïste, jalouse, lunatique. Elle était celle qu'il fallait aller chercher et celle qui ne voulait pas qu'on la trouve. Paradoxale et embrouillée, elle était celle à ne pas aimer.
Et pourtant... et pourtant, lui, il semblait l'apprécier. Un peu plus un peu moins selon les jours, les heures, les secondes, mais il ne paraissait jamais la détester. Sinon, il ne la serrerait pas si fort. Et puis il ne lui caresserait jamais le dos ainsi, ne lui aurait pas dit toutes ces jolies phrases, n'aurait même pas essayé de la suivre lorsqu'elle était allée dans cette forêt débile avec son plan tout aussi idiot. N'est-ce pas ? Non, il ne l'aurait pas fait. Alors voilà, d'un certain côté, il devait bien l'aimer. Ce qui nous amène donc logiquement à la conclusion suivante : Leonard Keyes était un jeune homme étrange. Très très étrange. Ou en tout cas, suffisamment étrange pour s'enticher de la fille la plus égocentrique de Mystic Hall.

« Oui, je pense savoir ce que tu vas dire mais…je veux savoir quand même. »

À ces mots, Holly ne pu retenir un léger sourire. C'était bien la première fois qu'on lui disait que l'on savait ce qu'elle allait dire. D'habitude, c'était plutôt l'inverse. Oui, en temps normal, c'était elle qui intervenait avant que son interlocuteur ait pu en placer une, avec invariablement un « économise ta salive, microbe ». Alors on pouvait dire que ça la changeait. Et le pire, c'est que ça lui plaisait. Ça la faisait sourire. Elle qui aurait pu égorger n'importe qui d'autre pour cette simple phrase lui coupant tout effet probable de surprise.
Ce mec avait vraiment un sale effet sur elle.

« Hm, alors dans ce cas. Je pense... je pense que tu es un mec étrange. Grave étrange, même. Tu souris souvent, même si avec moi ta bonne humeur semble se faire la malle, mais ce n'est pas vrai. Ce n'est pas réel. Tu es au moins aussi menteur que moi. Tu trompes ton entourage avec tes habitudes de drogué, et tu te trompes en même temps. Ta vie en noir et blanc, tu la recouvres d'une tonne de couleurs pour l'oublier. Parce qu'elle te fait mal. D'ailleurs, tu fuis tout ce qui pourrait être douloureux d'une manière générale. On peut donc dire que tu es un lâche. Oui, je trouve que tu es un couard total, voilà. »


Sa tête toujours posée contre la poitrine de Leonard, elle se stoppa un instant, cherchant à percevoir une quelconque réaction de son interlocuteur. Discrètement, elle retint sa respiration. Elle pouvait entendre le cœur du jeune homme s'accélérer de plus en plus, butant contre sa cage thoracique. Oui. Elle savait. Elle savait que c'était dur d'entendre ce que l'autre pensait de vous. Surtout qu'elle n'avait pas été très tendre dans son magnifique enchaînement de défauts. Combo puissance dix ; game over, Leonard Keyes.
Se décollant très légèrement de son appui-joue, Holly leva doucement les yeux vers le visage du garçon. Pas terrible ; elle l'avait vu sous de meilleurs jours. Un soupir lui échappa, presque imperceptible, avant qu'elle ne recolle sa tête. Et puis elle craqua.
Elle devenait plus influençable qu'un marshmallow rose bonbon, n'importe quoi.

« Pourtant. Aussi drogué, idiot, menteur et lâche sois-tu, je n'arrive pas à t'en vouloir. Parce que tu es le seul qui ait réussi à me comprendre aussi bien. Le seul qui m'ait donné l'impression d'exister en étant autre chose qu'une sale peste aussi creuse qu'une coquille de noix. Et ça... ce n'est pas rien. C'est même tout sauf rien. Alors voilà. Tu as beau avoir tous les défauts du monde, je t'aime quand même. »


Toujours ce ton, si calme. Si particulier. Elle n'avait même pas eu l'intention de parler ainsi, pour dire vrai. Les mots avaient juste filé, comme ça. Ils s'étaient taillés un chemin entre les parois de sa gorge, de ses dents, de ses lèvres. Et cette phrase qui lui paraissait si difficile à prononcer avait quitté son être sans faire de chichi. Sa tête qu'elle pensait retrouver en vrac après cette dure épreuve était claire. Plus claire que jamais. Oui, elle se sentait parfaitement bien. Pour une fois, elle savait exactement ce qu'elle avait à faire. Et ça ne lui posait aucun problème. Tant bien que mal, elle s'écarta de Leonard, juste assez pour pouvoir le fixer droit dans les yeux. Son regard océan ne riait pas. Ce n'était plus un jeu. Juste la réalité. Et elle allait lui demander de l'accepter.

« Maintenant, je vais t'embrasser, et tu vas me laisser faire. Merci. »

Elle n'attendit aucune réponse. Elle n'en avait pas besoin. Elle se contenta de se mettre un peu plus sur la pointe des pieds – malgré ses talons, il lui manquait quelques centimètres – et de poser ses lèvres contre celles de ce garçon si étrange. A la fois si simple et si complexe. Irrésistible.
Et en sentant ce fin souffle tiède se disperser dans sa bouche, Holly eut un nouveau sourire, léger. Il y a quelques minutes, elle osait se proclamer différente. Voilà qu'elle devenait comme les autres. Une bête adolescente amoureuse d'un bête garçon. Tant pis. La normalité, si elle pouvait la vivre ainsi, elle en voulait volontiers.
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Sibyllin
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MessageSujet: Re: Try Again ~ [Holly]   Sam 26 Mai - 21:16

Everything
Is black and white and grey
Walls are shaking
When you're touching me
Changes everything
When you're close to me

The Fray ~ Munich

Dans les bras d’Holly, Leonard se sentait confusément tendu et reposé à la fois. Il appréhendait un peu ce qu’elle allait lui dire à son sujet – sans vraiment être surpris. Et puis ça devenait vraiment épuisant de jouer un rôle. Etre fort et raisonnable et surtout être heureux. C’est fatiguant d’être heureux. Au moins avec Holly, il n’était pas obligé de faire semblant, désormais il pouvait être lui-même. Elle savait. Elle faisait partie de confrérie des menteurs compulsifs aussi. Et peut-être que cela lui fera du bien d’entendre ses défauts de la bouche de quelqu’un d’autre.

« Hm, alors dans ce cas. Je pense... je pense que tu es un mec étrange. Grave étrange, même. Tu souris souvent, même si avec moi ta bonne humeur semble se faire la malle, mais ce n'est pas vrai. Ce n'est pas réel. Tu es au moins aussi menteur que moi. Tu trompes ton entourage avec tes habitudes de drogué, et tu te trompes en même temps. Ta vie en noir et blanc, tu la recouvres d'une tonne de couleurs pour l'oublier. Parce qu'elle te fait mal. D'ailleurs, tu fuis tout ce qui pourrait être douloureux d'une manière générale. On peut donc dire que tu es un lâche. Oui, je trouve que tu es un couard total, voilà. »

Elle avait raison. Parfaitement raison. Une vie en noir et blanc…c’était exactement ça. Sa vie, son passé, son futur…étaient déjà en noir et blanc. Il avait peint ses cheveux en verts pour masquer leur blondeur coupable. Il avait mis un masque souriant pour affronter la réalité, espérant qu’un jour ce masque deviendrait son vrai visage. Il dessinait un sourire sur ses lèvres tous les jours, un sourire sur ses lèvres meurtries. Pourtant il voulait retrouver les couleurs d’origines. Le vert, le jaune, le bleu…le bleu des yeux d’Holly ferait l’affaire. Leonard Keyes était un vrai lâche. Une illusion qu’il avait confectionné avec soin pour cacher honteusement la vérité – vérité qui éclatait enfin, avec soulagement. Le jeune homme ne souriait pas, au contraire il avait un peu envie de pleurer. Il se sentait vraiment horrible et misérable. Toutefois c’était exactement ce dont il avait besoin, qu’on lui pointe ses défauts du doigt, qu’on l’empêche de redevenir cette fraude, cet escroc. Il sentit Holly se défaire de son étreinte un instant, il détourna la tête. Il ne voulait pas qu’elle voie les deux petites larmes qui étaient nées au creux de ses yeux et qui roulaient lentement sur ses joues. Cela faisait si longtemps…qu’il n’avait pas versé une larme.

« Pourtant. Aussi drogué, idiot, menteur et lâche sois-tu, je n'arrive pas à t'en vouloir. Parce que tu es le seul qui ait réussi à me comprendre aussi bien. Le seul qui m'ait donné l'impression d'exister en étant autre chose qu'une sale peste aussi creuse qu'une coquille de noix. Et ça... ce n'est pas rien. C'est même tout sauf rien. Alors voilà. Tu as beau avoir tous les défauts du monde, je t'aime quand même. »

Leonard ne s’attendait pas à ça. D’abord il n’avait jamais pensé qu’Holly n’était qu’une sale peste vide. Personne n’est vide. Mais ces morts surtout le surprirent. Je t’aime. Quand est-ce qui les avait entendu prononcés pour lui pour la dernière fois ? Le sibyllin était incapable de s’en rappeler. Des mots si simples, et pourtant il ressentit comme un sorte de chaleur se répandre dans son corps. Merci.Il n’avait plus envie de pleurer : il souriait. Holly se détacha de lui, elle le fixait. Elle semblait si calme et pourtant si déterminée. Qu’est ce qui avait changé ? Ses yeux d’un bleu liquide le fixait sans lui laisser d’échappatoire, mais Leonard décida d’arrêter de fuir, et de laisser ses drôles de petites bulles éclater dans son ventre et dans sa poitrine.

« Maintenant, je vais t'embrasser, et tu vas me laisser faire. Merci. » elle l’avait dit sur le même ton calme et serein que tout à l’heure.

Leonard haussa les sourcils de surprise. Cela ressemblait à un ordre…non plutôt à un avertissement. C’est fou comme on peut être paralysé par de simples mots. Par un simple regard aux iris vastes comme l’océan. Bien que complètement tétanisé, il sentait les battements de son cœur s’emballer à chaque pas qu’esquissait Holly Shepherd dans sa direction. La distance se fit dangereusement plus courte, trop courte. La scène semblait se passer comme au ralenti. Holly qui se mettait sur la pointe des pieds, le visage d’Holly si près, son souffle contre lui…ses lèvres contre les siennes. Tout simplement. Toujours paralysé, il garda les yeux grands ouverts, son visage si proche, sa peau ses yeux clos, ses lèvres….Oh mon dieu ses lèvres… Leonard eut le déclic. Il enlaça le petit corps d’Holly Shepherd et le serra tendrement contre le sien, alors qu’il fermait enfin les yeux, s’abandonnant au baiser de la jeune fille. Il n’y avait plus rien de mal. Plus de règles stupides. Plus de distance entre eux. La différence d’âge ? Disparue. Sa responsabilité en tant que sibyllin ? Evanouie. Sa culpabilité ? Evaporée. Sa maladie ? Quelle maladie ? Il n’y avait plus que Len et Holly, leurs souffles entremêlés, leurs lèvres brûlantes, leur étreinte enflammée. Le jeune ressentit ses entrailles vibrer et trembler de plaisir aussi furieusement que si un tremblement de terre avait eu lieu.Enfin… Il en était plus que certain. La main droite de Mr Keyes s’émancipa pour rejoindre la nuque de la demoiselle et attirer davantage son visage vers lui, comme s’il n’en avait pas assez, avec son pouce, il lui caressait la joue.

Holly….
Tous ces moments de doutes étaient partis en fumée. Il l’embrassait tendrement, puis langoureusement laissant leurs langues se rejoindre pour de douces caresses, plus puis passionnément, et de nouveau tendrement…
Holly je t’aime…
Après tout sans elle, rien de cela ne se serait produit. Il aurait continué à marcher à reculons , le regard tourné vers le passé. Holly lui donnait une raison d’avancer. Elle l’avait percé à jour…il pouvait redevenir lui-même. Et mieux encore.
Je serai sage…
L’esprit de Leonard éprouva une tempête d’émotions contradictoires. Il avait envie de la soulever, la prendre dans ses bras, la poser sur le lit pour embrasser chaque partie de son corps.Il avait envie d’elle. Il avait envie de la serrer très fort dans ses bras et de la supplier de « ne pas partir » comme un enfant.
Aide moi à retrouver les couleurs…
Il détacha lentement ses lèvres des siennes.

« Reste…s’il te plaît. » l’implora-t-il à mi-voix.
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Mentaliste
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MessageSujet: Re: Try Again ~ [Holly]   Lun 28 Mai - 15:39



Perchée sur ses talons, le cœur battant à s'en défoncer la cage thoracique, ses lèvres découvrant encore et encore celles de Len, Holly Shepherd n'avait plus vraiment l'impression d'être Holly Shepherd. Elle se sentait comme ailleurs, transportée dans un monde qu'elle ne connaissait pas. Un monde où elle n'était pas une salope, mais une fille normale. C'était très étrange. Ses mains contre mes hanches... Elle en tremblait. Ses jambes paraissaient parfois vaciller, brindilles lui permettant à peine de tenir debout. Elle était électrifiée, en surtension. Tout ce qu'il y avait autour d'elle n'était plus qu'un vague décor inutile. Dans sa tête, il n'y avait plus que lui. Juste lui. À l'infini. Sa paume sur ma nuque, son pouce caressant ma joue... Elle avait cru aimer, quelques fois. Des garçons qu'elle trouvait beaux, des imbéciles qu'elle voulait attraper pour voir. Elle avait cru que ces passions éphémères étaient de l'amour. Elle avait voulu y croire. Et elle ne se rendait compte que maintenant de son erreur. L'amour, c'était bien plus que ça. L'amour, c'était cette sensation de tomber mais de parvenir à rester à la surface pour ne pas quitter l'autre. C'était ce frissonnement dans son ventre, de plus en plus fort, la rendant toute chose. C'était cette envie de lui appartenir et qu'il lui appartienne. Sa langue sur la mienne... Enveloppée dans ces bras tièdes, Holly ne savait même plus ce qu'elle était capable de ressentir. Une seconde elle se sentait extrêmement heureuse, et celle d'après prête à pleurer, tendue comme un arc. Il n'y avait plus de logique, plus de haut, plus de bas, plus d'avant ni d'arrière. Tout était mélangé, incroyable amalgame de couleurs.
Holly…
Son prénom, ainsi prononcé, ne lui avait jamais paru aussi beau. Elle l'avait entendu résonner dans sa tête, aussi clairement que s'il avait été énoncé à voix haute, et elle avait encore du mal à croire que c'était le sien. Comment ? Holly Shepherd, c'était elle ? Elle se nommait ainsi ? Vraiment ? C'était son prénom que l'on pensait, c'était elle que l'on appelait ?
Holly je t’aime…
Il l'aimait. Ah, oui. Elle aussi, elle l'aimait. Comme une folle. Voilà qui était bien étrange. Il savait, pourtant, hein ? Il savait, Len. Qu'elle n'était absolument pas la fille la plus adorable et gentille de l'Univers. Il savait qu'elle était capable du meilleure comme du pire, mais surtout du pire. Il savait qu'elle était une menteuse, une manipulatrice et une pauvre gosse complètement cassée du cœur. Et pourtant, il arrivait à penser, à lui dire, qu'il était amoureux d'elle. D'un certain côté, il devait être fou. Mais bon. Elle aussi, elle était un peu folle. Alors ce n'était pas si grave.
Je serai sage…
Sage ? C'était quoi, être sage ? Holly, elle s'en fichait. Elle n'avait jamais été ce que l'on appelait un ange de fille, elle ne voyait pas pourquoi elle commencerait aujourd'hui. Tout ce qu'elle voulait, c'était sentir le corps de Len contre elle, savoir qu'il ne la lâcherait jamais, et laisser les heures défiler jusqu'à ce qu'elle en crève. Et Holly n'avait pas pour habitude de laisser passer les occasions d'avoir ce qu'elle désirait, dans la vie.
Aide moi à retrouver les couleurs…
Lentement, les lèvres de Len fuirent les siennes. Elle eut un soupir un peu contrarié, avant d'entendre la voix du jeune homme infiltrer ses tympans.

« Reste…s’il te plaît. »

Agrippée à son cou, Holly enfouit son visage dans le creux pâle de sa clavicule. Doucement, ses yeux basculèrent vers le petit réveil posé sur la table de nuit. Les deux heures qu'elle s'était accordée seraient bientôt écoulées. Alors, qu'est-ce qu'elle devait faire ? Elle n'avait pas envie de partir. Et d'un autre côté, elle n'était pas sûre de vouloir se prendre le savon du siècle en retournant en cours.
Ah, les cours. Elle avait presque oublié qu'ils existaient, tiens.
Si seulement ils n'étaient pas là, d'ailleurs. Ou même, si seulement elle était plus âgée. Elle n'aurait pas à se soucier de ces broutilles. Elle se contenterait de faire ce qu'elle voulait quand elle le voulait. Ce serait tellement plus simple.
Les secondes s'écoulèrent, infiniment lentes. Elle pouvait presque sentir le cœur de Len frappant sa poitrine. Son étreinte se resserrait un peu plus au fur et à mesure que ses réflexions se faisaient complexes. Elle avait la vague impression de tomber dans le vide.

« J'ai. Séché l'équivalent... d'un mois de cours. Depuis le début de l'année. Alors... »

Elle marqua une pause. Elle se sentait essoufflée, presque effrayée par l'ampleur que prenait le moindre de ses mots. Elle avait l'impression de manquer d'air, de manquer de place. Tout était démesuré, sa gorge lui paraissait atrocement sèche. Tremblant comme une feuille en plein mois d'automne, elle dénoua ses mains du cou de Leonard avec la plus grande des difficultés -elles lui paraissaient comme collées l'une à l'autre. Les yeux baissés, elle s'écarta d'un pas, son regard alla se fixer sur ses jambes en coton. Ses poings de poupée se serrèrent. Elle allait devoir parler. Ses lèvres paraissaient pourtant scellées à jamais ; trop lourdes pour elle. À trois reprises, elle tenta de prendre la parole. À trois reprises, elle échoua, les mots se coinçant avant même d'avoir atteint sa gorge. Finalement, elle laissa échapper une sorte de gémissement désespéré, désarticulé, enleva doucement ses chaussures et alla s'asseoir sur les couvertures déjà défaites du lit. Ses mains se promenèrent sur les draps, fébriles, et elle les suivit du regard un instant. Jusqu'à ce qu'elle arrête de bouger pour rien. Jusqu'à ce qu'elle se décide à agir comme la jeune fille qu'elle était. Jusqu'à ce qu'elle lève les yeux vers Leonard pour le regarder en face. Son cœur lui donnait l'impression de pouvoir s'envoler à tout instant. Comme un oiseau craintif. Ses joues passèrent du blanc porcelaine au rouge coquelicot avant qu'elle ait le temps de comprendre quand ni pourquoi.

« Je. Je pense. Qu'une journée de plus... ne devrait pas me tuer. »

Doucement, elle fit glisser l'élastique enserrant ses cheveux, jusqu'à ce que ses boucles châtains noient son minuscule visage. Le bourdonnement secouant son ventre se fit grondement résonnant dans tout son être. Elle n'avait pas pour habitude d'hésiter sur les mots. Elle n'avait pas pour habitude de désirer quelqu'un. Mais aujourd'hui n'était pas comme les autres. Elle agissait donc en conséquence.
Si on lui avait dit quelques heures plus tôt qu'elle en arriverait là, elle ne l'aurait pas cru.
Parce qu'il y avait à peine quelques minutes, elle était différente. Elle était juste « je ». Et Leonard « tu ». Maintenant ils étaient « nous ». Et plus rien ne serait comme avant.
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Sibyllin
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MessageSujet: Re: Try Again ~ [Holly]   Mar 12 Juin - 20:48


Love is a game that we could play
Even only for today
I don’t wanna lose you
But I’m still young
Wide-eyed and hopeless
Yeah I’m still young
I want your devotion to this
Can we kiss like we do in my head ?
Can we dance like we do on my bed ?

Neon Trees- Still young

L’ancien Leonard ne l’aurait pas supplié de rester. Non. Il aurait réussi à étouffer cette petite voix dans sa tête, cette petite voix dans son cœur. Il lui aurait sourit, se serait convaincu qu’accepter le départ d’Holly était la meilleure chose à faire. Même s’il crevait d’envie que le contraire se produise et qu’elle reste. Mais Leonard Keyes était devenu plus courageux - ou complètement fou/stupide, cela dépend de la perspective. Désormais il dirait la vérité à propos de ses craintes, de ses désirs…Après tout c’était à Holly de choisir. Mais le moment était tellement parfait…si révélateur et apaisant qu’il ne voulait pas qu’il se termine. Il sentait encore ses entrailles trembler fébrilement à cause de l’adrénaline. Len avait peur et pourtant il se sentait si bien. Son corps contre le sien, ses lèvres contre ses lèvres…C’était un moment de perfection. Sublime. Délicieux. Len avait l’impression d’être complet et pourtant…Il se sentait si léger. Comme un ballon sur le point de s’envoler. Holly se blottit contre lui. Le contact de sa peau contre la sienne ? Electrisant. Ses bras s’étaient enroulés autour de la taille de la jeune fille dans une étreinte libératrice. N’est-ce pas un joli oxymore ? Holly attendit quelques secondes avant de répondre.

« J'ai. Séché l'équivalent... d'un mois de cours. Depuis le début de l'année. Alors... »
Elle semblait essouflée, hésitant sur chacun de ses mots. Leonard appréhendait sa réponse – mais il ne pouvait pas s’empêcher de noter la confusion de la jeune fille. Un léger sourire se dessina sur ses lèvres . Qu’est ce qu’il la trouvait mignonne. En temps normal il l’aurait gentiment sermonné pour sécher les cours aussi souvent mais là…Il n’en avait rien à foutre. Il laissait aller ses désirs égoïstes sans aucun complexe et sans même réfléchir. Probablement à cause du côté déshinibant de ses médocs qui faisaient toujours effet.
Malheureusement, Holly se détacha de lui. Le sourire de Leonard se transforma en une expression figée, un peu déçue. Il pensait qu’elle avait choisi de partir. Elle essaya de parler ma sa gorge refusait de laisser ses mots s’envoler. Holly se battait avec ses propres mots. Leonard regardait le sol, songeant doucement que c’était peut-être la meilleure chose à faire après tout mais pourtant…il se sentait triste. Bleu. La couleur bleue de I feel blue. Et puis…elle enleva ses chaussures et se laissa tomber sur le bord du lit. Toujours sans rien dire, Len releva les yeux vers elle. De l’incompréhension. De l’espoir. Un léger sourire, comme une bouffée de chaleur sur son visage. Il la fixa avec ses yeux pâles. Elle était si jolie mais si fragile, Holly. Assise sur son lit, ses doigts glissant sur ses draps…Holly...


« Je. Je pense. Qu'une journée de plus... ne devrait pas me tuer. »

Délicatement elle ôta l’élastique qui maintenait ses cheveux. Ses boucles châtain volèrent en cascade pour tomber sur ses épaules. Son visage semblait si petit au milieu de cette forêt sombre. Il la regardait et il se sentait tout bizarre à l’intérieur. Il sentait les papillons s’envoler de son estomac vers sa poitrine, il sentait son cœur battre fort et vite, il sentait son âme trembler. Un sentiment sublime. Il s’approcha doucement et alla s’asseoir juste à côté d’elle sur le bord du lit.

« Merci » dit-il à voix basse.

Leonard souriait stupidement et la regardait avec des yeux brillants, comme si Holly était la plus belle chose qu’il n’ait jamais vue au monde. Leonard posa sa main sur celle d’Holly. Il ne savait pas vraiment ce que toute cette mise en scène voulait dire : les chaussures, les cheveux… Désormais le jeune homme ne désirait qu’une seule chose : elle. La toucher, l’embrasser, l’étreindre, rester dans ses bras, sentir son corps se reposer sur le sien…Tout ça. Dormir avec elle, sentir ses cheveux lui chatouiller le front, lui caresser la joue avec tendresse… Tous ces trucs de couples. Tous ces trucs de mec amoureux, qui semblaient enfin acquérir leur sens.
Cependant il avait l’impression que s’il s’approchait davantage, Holly allait disparaître. Etait-ce un rêve ? Il ne voulait pas que ça s’arrête. Il prit une profonde inspiration et décida de briser ce silence étrange.


« Est-ce que tu voudrais peindre…avec moi ? » demanda-t-il doucement sans cesser de regarder Holly, avec cette sorte de douce fascination.

Bien sûr qu’il n’avait pas de peinture. Pas besoin. De la peinture imaginaire suffirait. Il voulait repeindre tout son appartemment. Du bleu, du vert du jaune, du rouge. Un petit morceau de ciel sur la plafond, un petit bout de prairie sur le sol…Pourquoi pas ?

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MessageSujet: Re: Try Again ~ [Holly]   Ven 15 Juin - 16:47



Tu te sens vraiment nulle, hein, Holly ? Jusqu'ici, tu avais l'impression de tout connaître de la vie. Du haut de tes dix-sept ans, tu regardais le monde de haut. Tu te disais « ah ! Je sais ce que c'est, la trahison, le mensonge, la peur, et toutes vos petites conneries qui défoncent des vies ! Alors, vous pensez encore pouvoir me faire tomber, hein ? », et au fond de toi, tu pensais qu'à présent, tu étais invincible, intouchable. Tu pensais avoir tout vu. Et là, là. Il a suffit qu'il te touche. Qu'il t'effleure. Qu'il te regarde différemment des autres. Pour que tu vacilles à nouveau.
C'est bon, je suis faible, ta gueule.
Assise sur ce lit, tu te demandes que faire. Tu te demandes ce qu'il attend de toi, tu te demandes ce que tu es prête à donner. Pas grand chose, n'est-ce pas ? Tu n'es pas douée pour les cadeaux, tu préfères recevoir. C'est plus digne de « la petite princesse » que tu étais pour ta mère. Offrir, c'est d'un compliqué ! Toi, tu veux du simple. Tu veux pouvoir claquer des doigts et obtenir ce que tu désires. Mais les sentiments, c'est plus difficile que ça. Tu es en train de t'en rendre compte, à la façon dont ton cœur s'emballe, à ces tremblements que tu n'arrives pas à contrôler, à cette peur qui t'envahis. La peur d'aimer autre chose que toi. Toi, toi, et toujours toi. Les autres, tu ne connais pas. Tu ne sais pas faire.

« Merci »

Il s'est assis à côté de toi, juste assis, calmement, et ça t'a fait sursauter. Il pose sa main sur la tienne, tu croises son regard. Il t'observe comme si tu étais un trésor. Toi qui veut te faire vénérer et respecter par tous les moyens possibles et inimaginables, tu restes muette de stupeur face à ces yeux brillants. Pathétique. Tu tombes de bien haut. Et la chute est tellement rude que tu en as le souffle coupé. Tes mots autrefois si promptes à valser sur ta langue acide se perdent en route. Ton ventre se serre, tu n'arrives pas à détacher ton attention de cette douce chaleur sur tes doigts fins. Dans ta tête, c'est le boxon. Tu te dis que tu l'aimes, tu te dis que c'est le garçon le plus étrange et le plus incroyable que tu ais jamais rencontré, et en même tu te demandes si c'est bien fait pour toi, cette vie en rose bonbon. Tu te demandes si tu la mérites, cette jolie romance qui se profile dans ta vie. L'amour, ça te fait peur.
Je n'ai peur de rien.
Sauf du noir, des aiguilles, de l'orage qui tonne le soir quand tu n'arrives pas à t'endormir. Sauf des monstres cachés dans les armoires, de la mort et des années qui défilent. Sauf de...
Je n'ai presque peur de rien.
C'est ce qu'on dit. Alors pourquoi est-ce que tu trembles ? Pourquoi est-ce que tu te poses toutes ces questions ? Pourquoi tes yeux se ferment pour ne pas voir le regard de Leonard sur toi ? Pourquoi est-ce que tu ne brises pas ce silence se prolongeant de plus en plus ?

« Est-ce que tu voudrais peindre…avec moi ? »

Ton cœur tambourine dans ta poitrine. Il a posé une question, tu vas devoir lui répondre, Holly. Tu vas devoir parler, alors que tu en es incapable. Tu vas devoir lui dire « oui », parce que c'est la vérité, et que tu as décidé de ne plus lui mentir. Du moins pour aujourd'hui. Mais ça te semble si difficile. Une montagne à franchir. Tu hésites, tatillonne. Lâcher ce « oui », c'est accepter l'inacceptable. C'est dire oui à la niaiserie de l'amour, c'est dire oui à l'entrée de quelqu'un dans ton cœur, c'est dire oui à toutes ces choses que tu as écarté de ton esprit depuis des années. Lentement, tu ouvres les yeux. Devant toi s'étale une palette de couleurs ; effectivement, elles sont toutes là ; ce rouge brique, ce jaune soleil, ce rose marshmallow te traversent l'esprit de part en part. Tu sens ta tête tourner, les murs valser, ta main gauche glisser contre le drap. Encore, et encore. Jusqu'à ce qu'elle rencontre le vide.
Le vide ?

« AH ! »

Dans un cri magnifique, tu viens de tomber en arrière. Merveilleux moment de déséquilibre où tu ne penses plus à rien, mis à part au fait que tu ne peux plus te rattraper. Ton dos heurte les couvertures, tes yeux bleus fixent le plafond d'un air surpris, ta main gauche reste suspendue en l'air, tremblante. Et tu te sens encore plus nulle. Encore plus stupide. Leonard doit te prendre pour une attardée. Tu en pleurerai presque, si tu avais pour habitude de pleurer. Au lieu de quoi, tu vires au rouge tomate. Et tu te mets à balancer des phrases au hasard, précipitamment, comme si le temps filait trop vite pour toi.

« Ouh, heu. J'ai glissé. C'est rien, c'est rien. C'est rien. Ok. Deux secondes, je respire. Je. Je ne suis pas très douée, pour heu. Tout ça. Enfin, je veux dire. Les couleurs, je ne. Je ne les connais pas vraiment. J'ai essayé de les imiter pour remplir un peu ma vie mais. Mais en vrai, je suis pas beaucoup plus avancée que toi. Donc si tu veux peindre, je ne sais pas si je suis la plus. Enfin. La personne la plus apte à t'aider. Je suis nulle en arts créatifs, en plus. »

Et ta main gauche qui bouge dans l'air, brassant l'air au fur et à mesure que tu parles. Tu te noies, Holly. Carrément. Plus tu babilles, plus tu te dis que tu racontes n'importe quoi. Et quand le dernier mot frappe ta langue, tu te demandes si tu n'es pas vraiment débile, en fait. Ta main droite coincée sous celle de Len se tortille légèrement et se dégage. Tu restes un instant sans rien faire, le souffle coupé. Tu veux te rattraper, arrêter de tomber. Tu veux qu'il te comprenne. Pour ça, il faut que tu abandonnes tes principes idiots. Il faut que tu acceptes de devenir quelqu'un d'autre. Pas pour de faux, pas pour faire joli. Alors ?
Pourquoi pas.
Le bout de tes doigts effleure les siens doucement. Ton index suit une veine apparente. Tu ne sais plus ce que tu fais. Tant pis.

« Mais. Je veux bien qu'on essaye quand même de rendre nos vies moins tristes, si tu veux. Je suis probablement la pire peintre au monde, mais à deux, on devrait sans sortir sans trop de dégâts, n'est-ce pas ? »

Tu gardes les yeux fixés droit devant toi, sur ce plafond que tu commences à connaître. Ta main gauche vient se poser sur ton ventre, tandis que la droite poursuit son petit bonhomme de chemin. Veine, doigts, poignet, bras, puis à nouveau doigts. Tu as basculé dans la niaiserie. Ça devrait te rendre folle de rage. Et pourtant, tu te sens plutôt bien, un petit soleil dans la tête. Tu avances lentement, mais sûrement.
Traite-moi de tortue, tant que t'y es.
C'est exactement ça.
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Try Again ~ [Holly]

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