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Psychique, entrez dans le monde de Mystic Hall, où seuls les détenteurs de la Marque connaissent votre secret.
 

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MessageSujet: [Insérer titre ici]    Lun 23 Avr - 13:03


Lorsque le tigre est endormi, les autres animaux se déplacent sans bruit. Ce qui guide leur comportement n’est pas leur gentillesse envers le tigre, mais la terreur que le prédateur leur inspire.

Cette scène de la vie sauvage se répétait, comme singée, au beau milieu des jardins de menthe. Les fleurs remplaçant la jungle et les étudiants de Mystic Hall les animaux.
Sur un banc du parc, dormait un étudiant à la chevelure turquoise, le nez littéralement dans un bouquin, visiblement assommé par sa lecture et la douce chaleur de l’astre solaire. Il était tel le tigre, dégageant comme un parfum subtil de danger pour ceux qui l’observaient avec crainte.

Cet étudiant endormi, vous l’aurez compris, n’était autre que moi, Gabriel Keagan. J’étais, comme la plupart des étudiants cette après-midi, venu profiter du soleil qui baignait les lieux et du paysage enchanteur. Un exemplaire des Fleurs du Mal en langue originale pour seule compagnie. Ma tendance naturelle à la paresse, combinée à l’effort de lecture dans une autre langue et la chaleur ambiante m’avaient conduit droit dans les bras de Morphée, où je m’étais laissé aller à loisir.

Craignant les conséquences d’un réveil grognon de ma part, les autres se tenaient à l’écart et préféraient observer un silence religieux afin de ne pas troubler mon sommeil. Moutons terrifiés qu’ils étaient, pas un n’ayant le courage d’oser me réveiller. Il y avait des jours où cela m’amusait, mais certains autres leur couardise m’irritait, heureusement les brumes du sommeil enrobaient bien trop mes perceptions pour que je remarque leur petit manège.

Mais je ne serais pas en train de vous raconter tout cela si je n’avais pas fini éveillé, n’est-ce pas ? Décrire un moment de sommeil dans ma vie si intéressante serait gâcher de l’encre et du papier, voilà donc ce qui suivit.
Une ombre me sortit du sommeil. Sur le moment, je n’aurais su dire si cela avait été à dessein ou si ce n’était qu’une pure coïncidence, mais, remuant légèrement, le fracas de mon livre tombant au sol et la lumière du soleil sur mes yeux achevèrent de me réveiller.
J’ouvris les yeux et contemplais mon entourage, trouvant un petit monde à distance respectueuse qui recula un peu plus, ne laissant qu’une personne (distraite ou coupable ?) proche de moi.

M’étirant d’une manière féline, je me tournais dans la direction de cette personne et annonçait d’une voix légèrement ensommeillée, mais se voulant annonciatrice de malheurs :


« Qui ose troubler mon sommeil ? »

Délibérément, je fis suivre cette réplique galvaudée d’un petit silence, avant d’éclater de rire. J’étais de bonne humeur après ce petit somme et l’envie de jouer un tour à l’infortunée personne qui n’avait certainement d’autre tort que d’avoir été présente au mauvais endroit au mauvais moment m’amusait quelque peu.

J’attendis sa réaction, le regard rivé sur cette jeune femme à la chevelure aussi rose qu’une barbe à papa, m’interrogeant ironiquement sur ce qui poussait les jeunes à adopter des teintures aussi loufoques.


[pfiouu, j'ai un peu perdu la main. J'espère que ça te conviendra]
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MessageSujet: Re: [Insérer titre ici]    Lun 23 Avr - 21:12




I love your hair. I love your eyes. I love your smile.
You're too beautiful, boy !


Un talent de photographe quelconque, moi ? Non. Mais ce n'était pas cela qui m'empêchait de me balader dans les Jardins de Menthe à la recherche de la photo à prendre. L'appareil autour du cou, je devais ressembler à une touriste un peu perdue. Je ne venais pas souvent par ici, et chaque fois, je réussissais à me perdre entre les arbres, plantes, fleurs, groupes d'amis, amoureux etc. Cette fois, je n'étais pas encore tout à fait paumée, mais c'était tout comme. Il faisait beau, le soleil me réchauffait et j'avais enlevé mon gilet turquoise pour enrouler les manches autour de ma taille, cachant un peu la couleur rose criarde de ma mini-jupe. Les élèves me toisaient toujours sans ménagement et parfois, je me demandais si je pouvais m'autoriser à leur tirer la langue comme une gamine. Mais ce n'était pas dans mon caractère. Je me laissais donc portée sans itinéraire précis, prenant des clichés de coccinelles sur des fleurs au passage, où m'arrêtant pour sentir une fleur. Je n'appréciais pas particulièrement les endroits de ce genre. Je veux dire, les prairies à petites fleurs des champs, les grands, magnifiques et odorants jardins, ce n'était pas trop mon truc, comme on dit.

Je n'avais croisé personne avec qui je m'entendais plutôt bien. Personnes qui se résumaient à deux: Cersei et Lucky. Je ne cherchais d'ailleurs pas la compagnie, je n'avais pas besoin de cela quand je m'amusais avec un appareil photo. Le regard dédaigneux des passants suffisaient à me persuader de rester à l'écart, et d'y rester. Au détour d'un rosier blanc qui embaumait, je m'aperçu que le silence s'était fait, que tous les élèves se taisaient soudainement, l'air d'avoir croisé quelque chose de terrifiant. Ils avaient tous pris une mine sérieuse, presque grave, et parcouraient le sentier sans dire un mot, on aurait même pu croire qu'ils pensaient à arrêter de respirer. Sur le coup, c'était un peu... flippant. En suivant quelques regards, je parvins à identifier la source de ce brusque changement de comportement. Un jeune homme était à moitié allongé sur un des bancs, la tête posée sur un livre ouvert et paraissait dormir. Il avait des cheveux d'une couleur aussi peu commune que ma propre teinture, une sorte de turquoise mélangé à un beau vert. Plutôt grand et mince. En fait, ce fut surtout sa couleur de cheveux qui m'attira. Il avait des traits fins, mais il ne ressemblait en rien à Lucky; c'était une autre forme de beauté. Mais ses cheveux verts me faisaient trop envie ! J'étais déjà fan. Puis au bout d'un petit insant, mon cerveau se souvint enfin - sortant de la contemplation de la créature atypique - de l'identité du jeune homme. Gabriel Keagan, membre de l'élite, contrôle le temps, aux alentours de dix-sept ans un peu hautain, mais pas mauvais en soit. Merci mon don de mémoire sur-développée et ma curiosité malsaine - qui n'était pas un pouvoir, loin de là, plutôt une maladie incurable. Je l'avais déjà croisé dans les couloirs de Mystic Hall, une fois à ce que je me souvenais. Il était vraiment à croquer.

D'accord, je n'ai jamais dit que j'étais plus courageuse que les autres. Je ne suis pas non plus une rebelles dans le genre des oubliés ou des exclus, mais cependant, je n'ai jamais compris la petite hiérarchie. Je me permis donc, contrairement à toutes ces poules mouillées dérangeantes dans leur simple mutisme, d'approcher le Bel au Bois Dormants. Je m'accroupis en évitant de tomber à la renverse dans les épines des rosiers, cadrai mon objectif, fis la mise au point, et avec un superbe jeu de lumière solaire, je pris une sublime photo de ma nouvelle idole. Mais en me relevant, je réveillai le jeune homme. Il remua un peu et le livre qui lui servait d'oreiller tomba dans l'herbe. Je lus le titre des Fleurs du Mal de Baudelaire sur la couverture. C'était une vieille édition en langue originale, chose qui attira mon regard autant que la chevelure verte de Gabriel. Vous le savez très bien, les livres et moi c'étaient une grande histoire d'amour. L'Elite ouvrit les yeux et les autres élèves aux aguets reculèrent de concerts, ce qui manqua de me faire lever les yeux au ciel. J'avais le sentiment qu'ils prenaient tous le jeune homme comme une bombe nucléaire prête à exploser pour les réduire en bouillie visqueuse. Pff.

Gabriel s'étira avec une souplesse féline, son corps légèrement élancé ondulant dans sa chemise blanche. Je ne vous fait pas un dessin, je passai au cramoisie en un quart de seconde, déglutissant malgré moi. Quoi ?! Je n'y peux rien si j'aime les cheveux vert turquoise ! Il se tourna vers moi, la mine encore un peu ensommeillée.

« Qui ose troubler mon sommeil ? »

Je ne sus que répondre sur le moment, me contentant de le fixer comme une bécasse, debout devant le banc blanc sur lequel il était assis. Il laissa passer un silence, où mon cerveau tentait avec désespoir de raccorder les neurones endommagées par la vision de rêve. Je n'étais pas une romantique, certes, mais je n'ai jamais dit que je restais insensible. Nuance !

Il éclata soudain de rire en me fixant. Il avait des yeux violets, comme moi. Un signe du destin ! aurait pensé une abrutie écervelée comme il en existait tant. La seule pensée qui me traversa l'esprit fut: tricheur. Me réveillant alors, son rire enjoué, allant quasiment au chaleureux - visiblement il avait bien dormi - s'étant calmé. Je me penchai pour ramasser le bouquin et m'assis à son côté en le posant contre mes genoux. Le feuilletant quelque peu, je me confirmai le fait que les poèmes étaient en langue originale, tellement plus intéressante à lire. Baudelaire, un poète tout simplement exquis. Relevant les yeux vers Gabriel, j'essayai de sourire, chose que j'avais commencé à prendre l'habitude. Avec Lucky, parce que je ne souriais pas à longueur de temps. Je ne suis pas Miss Mystic Hall, non plus ! Je n'étais pas le genre de fille à avoir des crampes aux muscles zygomatiques le soir, voyez-vous. Bref, je fis donc un petit mouvement des lèvres qu'on aurait pu qualifier de sourire. J'avais toujours les joues en feu, la timidité ne s'effaçant pas de mon visage. Je lui tendis l'ouvrage d'une main en replaçant une mèche de mes cheveux roses de l'autre.

« Averroès. J'adore ce recueil. »

J'en étais persuadée, ma plus belle photographie de la journée serait celle de l'Elite endormi. Il me tardait d'ailleurs de jeter un coup d'oeil à l'appareil pour contempler mon cliché d'un peu plus près. Fanatique ? Non. Du moins pas encore...

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: [Insérer titre ici]    Mar 24 Avr - 15:44


Un agneau s’était approché du tigre, inconscience du danger ou motif inexplicable ? Le tigre était désormais éveillé, les autres animaux avaient détalé, ne restaient que l’agneau et le tigre intrigué.

Dans les Jardins de Menthe, la jeune femme face à moi semblait comme figée par la gêne alors que son teint prenait peu à peu la couleur des pivoines. Amusant.
Prenant peu à peu conscience de son état, elle sembla faire un effort pour se reprendre et aligner quelques mots. Bel effort.


« Averroès. J’adore ce recueil. »

La demoiselle n’était peut-être pas comestible, mais elle avait au moins du goût. Sans vraiment me poser de question, encore légèrement envahi par le flou du réveil, j’expliquais :

« C’est l’un de mes trésors. Il est difficile de se procurer des ouvrages étrangers ici et je n’aime pas les livres de la bibliothèque. Ils sont souvent abimés et on ne peut pas les garder. »

Elevé dans une famille d’aristocrate et fils unique, employer les affaires des autres ou leur prêter les miennes étaient des choses qui ne m’effleuraient même pas. Les premiers instants de cohabitation avec le reste de l’Elite avaient été plutôt mouvementés, d’ailleurs.
Sur l’instant de ces réflexions, elle était venue s’asseoir à mes côtés sur le banc et ce sans démontrer le moindre signe de peur. Voilà qui était largement suffisant pour titiller ma curiosité.


« Ton nom est étrange, es-tu nouvelle ici ? Ne sais-tu donc pas qui je suis pour t’approcher si près et prendre ce qui m’appartient ? »

L’Elite est un groupe connu pour le pouvoir individuel détenu par ses membres et la crainte, emprunte de dégout ou d’admiration qui l’accompagne dans les esprits des gens du commun. L’on nous voit comme des êtres puissants, la réalité est bien pire : nous sommes à part, car nous sommes dangereux pour nous-mêmes et/ou notre entourage. L’être humain n’est pas fait pour contrôler la puissance brute des éléments primordiaux, encore moins celle du temps. Ces forces nous consument chaque jour un peu plus et finiront par nous détruire si nous ne parvenons pas à les maîtriser à temps. Cette fille, l’oubliée qui était venue me déranger dans mon entraînement, elle avait entrevu le véritable fardeau d’un tel pouvoir. Le temps qui détruit, le temps qui fait naître…

Trêve de divergences sans grand intérêt, revenons plutôt à la situation qui nous intéresse. Cette « Averroès » - était-ce réellement un prénom ? – devait avoir une bonne raison de s’être approchée de l’un des membres les moins accessibles de l’Elite et il me tardait de l’entendre.
Mais d’abord, récupérer mon dû. Je tendis la main vers elle, paume vers le ciel et, sans le moindre mot, posais les yeux sur le livre, puis la fixais. Le message était suffisamment clair pour se passer de paroles inutiles et ni mon regard, ni mon attitude ne dévoilaient quoi que ce soit sur mes émotions.

J’étais dans l’attente, curieux, comme le tigre cherchant à comprendre ce que l’agneau fait, sans peur, face à lui.
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MessageSujet: Re: [Insérer titre ici]    Ven 27 Avr - 17:59


Made a wrong turn
Once or twice
Dug my way out
Blood and fire
Bad decisions
That’s alright
Welcome to my silly life

Fucking perfect ~ P!nk



« C’est l’un de mes trésors. Il est difficile de se procurer des ouvrages étrangers ici et je n’aime pas les livres de la bibliothèque. Ils sont souvent abimés et on ne peut pas les garder. »

Mon esquisse de sourire s'accentua encore plus. J'étais tout à fait d'accord avec lui; il fallait voir ma chambre qui était une deuxième bibliothèque. Des livres tapissaient les murs, jonchaient la table de nuit, emplissaient l'armoire et croupissaient sous mon lits. Ceux de la bibliothèque, je les lisais aussi, mais je connaissais mes favoris qui étaient déjà dans mon dortoir. A Mystic Hall, je lisais surtout des documentaires, je n'aimais pas les livres avec des pages cornées. Je contemplais l'exemplaire que j'avais dans les mains, faisant attention en tournant les feuilles, les reposant avec délicatesse. Les vers de Baudelaire étaient magnifiques.

Tu contiens dans ton oeil le couchant et l'aurore;
Tu répands des parfums comme un soir orageux;
Tes baisers sont un philtre et ta bouche une amphore
Qui font le héros lâche et l'enfant courageux.

Baudelaire, Hymne à la Beauté [extrait des Fleurs du Mal]


« Ton nom est étrange, es-tu nouvelle ici ? Ne sais-tu donc pas qui je suis pour t’approcher si près et prendre ce qui m’appartient ? »

Il se montrait curieux. A vrai dire, je ne faisais plus de distinctions entre les groupes, même si les oubliés me faisaient un peu peur. Ce n'était donc pas le courage qui me poussait à approcher les Elites si élogieusement craints. Peut-être encore un coup de la curiosité maladive qui me rongeait, ou le simple ennui de la solitude. En soit, le fait que j'en avais ma claque d'être reclus à longueur de temps. Mon cerveau résonnait bizarrement, je l'avoue. Je laissais glisser des regards discrets vers mon voisin que je trouvais absolument magnifique, maintenant que j'étais plus près.

Je relevai un peu la tête, croisant son regard en rougissant avant de donner quelques brèves explications, confuses et bredouillées timidement.

« Je suis arrivée ici il y a plus de sept ans, je sais qui tu es et euh... ce n'est pas vraiment ce qui me retient avec le temps... »

Je détournai encore une fois les yeux en triturant la couverture du livre, me sentant soudainement un peu mal à l'aise. Quand je pris sur moi pour lui faire face, son regard améthyste coula sur moi. Il jeta un oeil au bouquin avant de me fixer avec insistance, sa main tendue. Je compris qu'il voulait récupérer son recueil de poèmes et je le lui rendis sans commentaire, faisant attention à ce que mes doigts n'effleurent pas sa peau au passage, ce qui aurait eu le don de me faire perdre le contrôle de mes émotions. Je déglutis en essayant d'être discrète. Qu'est ce que j'aurais pu lui répondre après tout ? Que je m'étais approchée pour le prendre en photo parce que je le trouvais très... à mon goût ? Non. Niveau engagement de conversation sérieuse, je repasserais.

Mes mains torturaient sans relâche le tissu de ma mini jupe rose, le regard rivé sur mes genoux collés l'un contre l'autre. J'avais l'impression de trembler. Maintenant que j'étais vraiment à côté de Gabriel, je perdais un peu de mon entrain, me sentant de moins en moins à ma place. Alors, je ne sais pourquoi, je me mis à penser très fort à Lucky. Sans en connaître la raison exacte, cela me redonna un peu de consistance. Je me raclai un peu la gorge et croisai mes jambes en tentant vainement de paraître décontractée. La bonne blague !

« Mon prénom vient des goûts arabes peu communs de mon excentrique de mère. Elle adorait l'histoire de la médecine, de la philosophie, de la théologie et tout. Averroès est le nom latinisé d'un de ces grands maîtres du Moyen-Age. A la base, c'est pour les mecs mais bon. J'aime bien, personne ne porte le même alors. »

Chouette, la barbe à papa raconte sa vie ! J'avais très envie de m'envoyer des baffes. Je n'étais vraiment pas certaine que toute ma petite théorie de l'histoire des origines de mon prénom. Je n'aimais pas particulièrement étaler ma science, surtout que grâce à mon don de mémoire, j'en avais beaucoup des choses à dire, culturellement parlant. Mais je ne faisais jamais mention de référence quand je parlais à quelqu'un - pour le peu de monde à qui j'adresse la parole. Je me retenais de m'envoyer une gifle et tournai la tête vers Gabriel en tenant un sourire un peu maladroit, mais un sourire tout de même.
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MessageSujet: Re: [Insérer titre ici]    Mar 1 Mai - 14:12


Elle semblait intimidée, par moi ? C'était une possibilité. Être parmi les rares élus à posséder des dons hors du commun était un peu comme être une célébrité dans le monde des psychique. Et, au vu de la petitesse de celui-ci, il était encore plus difficile de s'y faire discret.
Non que cela ait jamais été mon idée. Pourquoi devrais-je me cacher ? Moi qui ne suis que grandeur dans un monde ne pleine décadence.

Enfin, soit, ma présence semblait l'intimider et pourtant, voilà qu'elle répondait à ma question en m'annonçant qu'elle ne faisait pas de différence entre les groupes. Jetant toute forme de tact aux orties le temps de prononcer quelques mots, je lui demandais :


« Je ne comprends pas. Pourquoi rougis-tu si les groupes ne sont pas importants à tes yeux ? Ne devrais-je pas être considéré comme n'importe quel garçon ? A moins que tu ne rougisses si facilement avec tous ? Dans ce dernier cas, tu es bien à plaindre, c'est mignon, mais ça doit être très embarrassant... »

Certains auraient pu considérer cela comme du sadisme et, me connaissant un peu, d'autres l'auraient même affirmé, mais à mes yeux il ne s'agissait que de curiosité. Formulée d'une façon un peu particulière, certes, mais néanmoins légitime.

Entre temps, elle m'avait également rendu mon bien, légèrement abîmé et sali par la chute, il ne me fallu qu'un geste quasi-négligent - et pourtant accompagné d'une intense concentration - pour lui rendre son aspect d'origine, le faisant retourner à son état initial. Initial comme lors de son impression, pas celui d'avant la chute.
Rien d'autre que l'un des petits miracles rendus possibles par mon don, il existait tant d'autres choses bien plus grandioses, mais je les écartais volontairement. Me sachant encore incapable de maîtriser le temps à ce niveau.
Faire remonter le temps à un objet pour qu'il retrouve son aspect d'origine était facile, tout y était inerte. Pour les organismes complexes et vivants, c'était une autre paire de manches.

Curieux jusqu'au bout et désirant tout savoir sans avoir à faire le moindre effort de recherche pour cela, j'ajoutais de nouvelles questions à mon petit interrogatoire :


« Hé bien, demoiselle au nom de garçon, qu'est-ce qui t'a guidé vers moi par ce bel après-midi ? Désirais-tu t'afficher auprès d'un Elite ? Tenter de comprendre ce qui nous détache du reste de Mystic Hall ? Ou serait-ce dans un but plus original ? »

Oh certes, j'aurais pu disserter sur le personnage dont elle tirait son nom, j'avais quelques connaissances le concernant, principalement liées aux mathématiques et à ses commentaires sur Aristote, mais à quoi bon étaler ma science ? Cela ne mènerait qu'à d'autres sujets du même genre et j'y avais droit tous les jours en cours.

[désolé d'avoir fait ma tortue, j'espère que cela te conviendra]
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MessageSujet: Re: [Insérer titre ici]    Jeu 3 Mai - 13:10


Never give in,
Never back down, [...]
When your life feels lost,
Fight against all odds !


Never give in ~ Black Veil Brides



« Je ne comprends pas. Pourquoi rougis-tu si les groupes ne sont pas importants à tes yeux ? Ne devrais-je pas être considéré comme n'importe quel garçon ? A moins que tu ne rougisses si facilement avec tous ? Dans ce dernier cas, tu es bien à plaindre, c'est mignon, mais ça doit être très embarrassant... »


Comment passer au cramoisie très rouge, très flash, très gênant en trois leçons. Asseyez-vous près d'un garçon qui vous plaît, ne ménagez pas vos rougeurs et laissez-le faire ses petits commentaires. J'avais presque de la fumée qui me sortait des deux oreilles tellement mes joues étaient en feu. Je ne savais plus où me mettre. Déglutissant encore et encore, je me battais mentalement contre cette timidité horripilante qui m'énervait au plus haut point. J'aurais bientôt pu découdre le tissu rose de ma jupe à force de m'acharner dessus nerveusement. Cependant, je réussis à articuler une phrase intelligente sans trop bafouiller.

« Je ne suis pas timide par volonté, c'est le défaut que je hais le plus chez moi. »
Manipulant le recueil entre ses mains, je vis Gabriel user de son pouvoir de contrôle du temps dessus pour lui rendre son aspect originel. Autrement dit, le vieil ouvrage un peu abîmé par sa chute dans l'herbe venait de se transformer et ressembler à un livre fraîchement imprimé du dix-neuvième siècle. M'efforçant de ne pas ouvrir des yeux comme des soucoupes devant la merveille que tenait à présent en main mon voisin je songeais aux aspect de son don. C'était tout à fait remarquable, mais aussi très dangereux et complexe à contrôler. Les Elites étaient décidément plus à plaindre qu'à envier. l'apprentissage de la maîtrisé de leurs pouvoirs devait être très long, compliqué voir fatiguant et risqué. Bien sur, il n'y avait pas plus puissant qu'eux cinq, mais je n'aurais sincèrement pas voulu être à leur place. Mais ils me fascinaient tout de même.

Je commençais tout juste à me calmer, respirant plus calmement. Je lissais les plis de ma jupe, les yeux rivés sur mes genoux qui arrêtaient peu à peu de trembloter. Seulement, Gabriel ne semblait pas avoir terminé de me poser ses petites questions. Je me raidis un peu, embarrassée.

« Hé bien, demoiselle au nom de garçon, qu'est-ce qui t'a guidé vers moi par ce bel après-midi ? Désirais-tu t'afficher auprès d'un Elite ? Tenter de comprendre ce qui nous détache du reste de Mystic Hall ? Ou serait-ce dans un but plus original ? »


Qu'est-ce que j'allais bien pouvoir lui raconter ? Et franchement, je ne voulais pas lui mentir. Donc, je ne pouvais rien inventer. La véritable question étant: comment je vais bien pouvoir lui expliquer sans passer pour une dangereuse fanatique complètement barrée ? Bonne question. Certes, je n'étais décidément pas à mon avantage et je cherchais toujours ce qui m'avait traversé l'esprit pour aller m'asseoir près de lui. Ce fut en baissant les yeux qu'une idée me vint. J’attrapai le cordon de mon appareil photo et l'enlevai de mon cou. Je le pris entre mes mains et fis défiler les clichés sur l'écran numérique. Arrivant à la magnifique trouvaille artistique, je me décalai sur le côté pour m'approcher du jeune homme et lui tendre l'appareil. Je lui désignai la photo, les joues encore un peu rosies par l'embarras et la timidité.

« Je suis photographe à mes temps perdus. J'étais en quête d'inspiration et tu étais le modèle idéal. Je... Je te trouve très... très... beau. »


Je vous l'accorde, j'ai un peu beaucoup merdé sur la fin. C'était le plus délicat à avouer en fait. J'étais vraiment fière de la photo où les rayons de soleil baignait le visage aux traits fins de Gabriel, endormis paisiblement. Levant les yeux vers le jeune homme en déglutissant de nouveau, - ce qui m'agaçait particulièrement depuis un petit moment - je lui souris en refoulant ma gêne. J'appréhendais sa réaction puisque je ne le connaissais pas assez bien pour juger de ce qu'il allait bien pouvoir me dire. Je priais le ciel qu'il prenne bien le compliment et le fait que je l'aie pris en photo. De tous les clichés de fleurs, feuilles, arbres et passants, c'était la mieux réussie. Grâce à lui, surtout. Il était vraiment à tomber par terre et me sentir si près de lui était étrange.
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MessageSujet: Re: [Insérer titre ici]    Ven 18 Mai - 17:24


« Je ne suis pas timide par volonté, c'est le défaut que je hais le plus chez moi. »

Ne parvenait-on pas à vaincre ses défauts à force de travail ? Cette timidité évidente ne devait pas tant la déranger si elle n'arrivait pas à trouver la volonté d'y mettre un terme.
Soit, la faire changer de couleur était quelque peu amusant et je n'avais pas envie de m'attarder sur ses défauts et mes qualités.

Je la regardais tripoter son appareil photo, s'ennuyait-elle déjà ? Ah non, elle tenait à me montrer l'un de ses clichés. Je me rapprochais également afin d'avoir un meilleur point de vue et observais une scène datant de quelques instants auparavant : moi-même, sublime comme toujours, endormi sur le banc.


« Je suis photographe à mes temps perdus. J'étais en quête d'inspiration et tu étais le modèle idéal. Je... Je te trouve très... très... beau. »

Que répondre à cela ? Et qu'était-ce ? L'aveu de l'artiste reconnaissant un modèle digne de ce nom ou une tentative de le séduire ? Perplexe et curieux, je lui répondis d'abord :

« J'apprécie le compliment, merci. »

C'était dit sans froideur et accompagné d'un sourire presque amusé. Puis, j’enchaînais presque directement, sans vraiment lui laisser le temps d'une réponse, avec :

« Tu veux de moi comme modèle pour tes photos, c'est la raison de ta présence ? Ou tes intentions seraient-elles d'une autre nature ? »

Voilà qui devrait là maintenir dans cet état digne d'une pivoine pour un moment encore. C'en serait presque de la cruauté, mais c'était de sa faute. C'était elle qui m'amenait à poser ce genre de questions et puis, c'était elle qui était venue me trouver.
Néanmoins, j'appréciais sa franchise. Rares étaient ceux qui venaient m'aborder sans y être forcés et c'était, en tout cas pour l'instant, une expérience agréable.
C'est certainement par égard pour elle que je changeais de sujet :


« Au fait, as-tu entendu parler de cet incendie qui a failli consumer la bibliothèque ? On raconte qu'un Exclus serait responsable... »

La vérité à ce sujet ? Aucune idée, mais reposez-moi la question il y a dix minutes ...
J'avais ma propre opinion là-dessus, mais entendre sa réponse et voir ce qu'elle répondrait à cette accusation infondée contre les Exclus serait intéressant.



[Désolé pour mon énorme retard, je n'ai pas vraiment eu beaucoup de temps pour RP dernièrement.]
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MessageSujet: Re: [Insérer titre ici]    Lun 4 Juin - 15:00


He said, I'm worth it, his one desire,
I know things about him that you wouldn’t wanna read about.
He kissed me, his one and only.
This beautiful liar,
Tell me how you tolerate the things you just found out about.


Beautiful Liar ~ Shakira (ft. Beyoncé)


« J'apprécie le compliment, merci. Tu veux de moi comme modèle pour tes photos, c'est la raison de ta présence ? Ou tes intentions seraient-elles d'une autre nature ? »

Son sourire un tantinet amusé m'empêcha de perdre toute contenance. Qu'est-ce que je devais répondre à cette question ? Mon cerveau ne pouvait s'empêcher de penser à des trucs pervers se rapportant à "l'autre nature". C'était débile mais j'étais persuadée qu'il commençait à me prendre pour une dangereuse psychopathe. Vraiment très mal à l'aise, je récupérai mon appareil en reculant.

« Au fait, as-tu entendu parler de cet incendie qui a failli consumer la bibliothèque ? On raconte qu'un Exclus serait responsable... »

Décidément, Gabriel avait le don de poser les questions qu'il ne fallait pas. Je reteins un hoquet de stupeur; je ne m'attendais pas à retomber sur ce sujet de conversation. Je réfléchissais à toute vitesse à une réponse plausible. Le fait que j'étais présente lors de cet incendie, témoin de la scène et peut-être même coupable d'une certaine manière, ne me facilitaient pas la tâche. Lucky en lui en avait-il parlé ? Je n'étais pas certaine. Et depuis que je l'avais vu à la fête foraine, après tout ce qui s'était passé dans les toilettes, je commençais franchement à croire que le jeune homme n'avait pas l'habitude de se confier. Gabriel ne devait pas en faire parti. Au risque de faire une boulette, j'optai pour la solution du mensonge.

« J'en ai entendu parler. »


Qui a dit que je savais mentir ? C'était à peine visible que ne savais plus où me mettre. Je ne parvenais pas à trouver un truc capable de détourner l'attention de Gabriel pour changer immédiatement de sujet. Je me concentrai sur les photos que je faisais défiler sur l'écran numérique de l'appareil. A vrai dire, je n'avais aucune idée de ce que je devais faire. En attendant, c'était absolument exclu que je raconte toute ma petite aventure avec Lucky. Surtout à Gabriel ! Comment en étais-je arrivée là franchement ? Il y avait quelques semaines de ça, j'étais encore toute seule, tranquillement reclus dans mon coin. Mais merde, je suis la pire des connes.

« Je ne sais pas pourquoi les élèves s'acharnent à accuser l'Elite. Ils savent très bien que même si c'était le cas, personne n'irait vous en réprimander plus que cela. Le personnel n'est pas fou. »

Si ce que je venais de dire était flatteur pour son ego, ce n'était cependant pas volontaire. J'essayais vainement de me rattraper. J'enchaînais les catastrophes et je ne voulais pas ébruiter les rumeurs déjà cuisantes sur le cas de Lucky et moi. Personne n'avait pu oublier la vision d'une Averroès à moitié débraillée, un suçon au dessus de la poitrine. J'avais abandonné l'idée de me barricader dans des cols roulés, vu la chaleur, je n'avais pas tenu longtemps. Je m'étais donc résolue à m'habiller normalement, avec mes décolleté habituel et la marque que Lucky avait laissé sur moi s'effaçait peu à peu. Les élèves s'étaient fait une raison également, même si les remarques fusaient dans les couloirs quand je les traversais. Je ne prenais plus le soin de me cacher, à quoi bon ? Sincèrement, j'avais mieux à faire et je ne supportais plus de me plier aux commentaires des autres, à leur volonté et à leurs regards.

Gabriel, n'était visiblement pas au courant. Tant mieux, en fait, ça m'épargnait des explications, des bafouillages et des rougissements. Nerveusement, je tirai sur le tissu clair de mon ample t-shirt pour tenter de dissimuler discrètement la trace rouge. Maintenant que j'y repensais, que je revenais à la réalité et que je me rendais compte de mon énorme boulette, j'essayais d'arranger les choses. Comme un enfant qui recolle les morceaux brisés d'un vase précieux. Je suis dans la merde. L'Elite assis à mes côtés devait forcément en avoir entendu parler. Toutes les filles le piaillaient dans les couloirs, il suffisait d'être un peu attentif et on savait que j'avais été apperçue quelques jours plus tôt en compagnie de Lucky, puis sortant des toilettes, le pull arraché sur un suçon. Non, Lucky n'avait vraiment, vraiment pas fait dans la dentelle et je m'enfonçais dans les ennuis de secondes en secondes: raison suffisante pour lui hurler dessus la prochaine fois que je le croiserai.

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MessageSujet: Re: [Insérer titre ici]    Lun 4 Juin - 19:21


« With great power comes great insanity »
- Anonyme


« J'en ai entendu parler. »
Cette phrase se réverbérait en échos infinis dans mon esprit. Quel que soit l'angle sous lequel je l'examinais, elle sonnait faux.
Soit, si cela avait de l'importance, je finirais par l'apprendre... d'une manière ou d'une autre.


« Je ne sais pas pourquoi les élèves s'acharnent à accuser l'Elite. Ils savent très bien que même si c'était le cas, personne n'irait vous en réprimander plus que cela. Le personnel n'est pas fou. »

Le regard dans la vague, plus pour moi-même que pour prendre part à la conversation, je formulais ma propre hypothèse sur le sujet :

« Peut-être que ceux qui accusent l'Elite ont raison, certains d'entre nous sont plutôt instables psychologiquement. Qui pourrait leur reprocher ces quelques débordements alors qu'ils luttent chaque jour pour ne pas être consumés par leur propre don ? Sans parler de la solitude qui vous accompagne lorsque vous êtes au sommet... »

Je pris un instant pour m'extraire de mon petit monde et poussais un long soupir. Par rapport à ce que je venais de décrire, je paraissais être un îlot de stabilité, souriant et appréciant la vie à chaque instant. Bien entendu, je ne peux pas laisser mes inférieurs me contempler dans un état de faiblesse. L'Elite est une pierre vacillante, mais c'est elle qui soutient tout l'édifice, si notre faillibilité était connue, tout risquerait de s'effondrer. Ancrée plus profondément que ma propre identité, l'idée que les forts doivent se montrer infaillibles en présence des faibles était ma vérité et mon credo. Si la main qui détenait le pouvoir ne paraissait pas suffisamment ferme, on le lui arracherait.

« Tu n'as pas répondu à ma première question. »

Celle qui concernait ses intentions et avait dû la perturber suffisamment pour qu'elle se lance à corps perdu sur le second sujet de conversation disponible. Elle semblait timide, cette réaction n'était pas vraiment étonnante. La confusion qui émanait d'elle, par contre, était un peu exagérée.
Il y avait plus qu'il n'y paraissait derrière tout cela, beaucoup plus...
Ne prêtant, à l'époque, pas la moindre attention aux potins, j'ignorais le lien de la jeune femme avec Lucky, mon encombrant camarade. Ce ne serait que bien plus tard que je tirerais les conclusions logique à tout cela et, en attendant, le flou persistait. Ce qui avait commencé comme une amusante conversation devenait quelque chose de plus sérieux à mesure que les bribes de confiance s'envolaient.


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MessageSujet: Re: [Insérer titre ici]    Dim 29 Juil - 16:48


Now look at me I'm sparkling,
A firework, a dancing flame,
You won't ever put me out again,
I'm glowing.

Part Of Me ~ Katy Perry


« Peut-être que ceux qui accusent l'Elite ont raison, certains d'entre nous sont plutôt instables psychologiquement. Qui pourrait leur reprocher ces quelques débordements alors qu'ils luttent chaque jour pour ne pas être consumés par leur propre don ? Sans parler de la solitude qui vous accompagne lorsque vous êtes au sommet... »

Comme si je n'avais pas remarqué tout ça chez Lucky. Il respirait la dépression. Dès la première seconde j'avais deviné que quelque chose ne tournait pas rond chez lui. Est-ce que Gabriel faisait allusion à cela d'ailleurs ? En tout cas, lui, au contraire, ne paraissait pas lutter contre la puissance de son don. Il paraissait si confiant, posé et calme. Le contraste était clair entre Lucky et lui. Rien à voir. J'appréciais particulièrement de changer d'air après tout ce qui s'était passé, et ne pas être aux côtés d'un mec en surtension qui hésite à vous faire cramer, c'est toujours bien. L'Elite ne m'en paraissait que plus intriguant.

« Tu n'as pas répondu à ma première question. »

Et merde. Il n'avait pas oublié. Je ne savais pas du tout comment j'allais me sortir de cette situation. Allais-je jouer de courage ou simplement fuir ? Deuxième option. Au hasard. Je coulai un regard gêné sur ma droite avec un sourire crispé qui me barrait le visage. J'ouvris la bouche mais aucun son ne voulut en sortir. Alors je la refermai en détournant les yeux.

Je ne voulais pas de lui pour mes photos. Je n'étais pas dévouée à mon appareil à ce point. Je me contentais de quelques clichés hasardeux lors de mes promenades. Plus des souvenirs qu'autres choses si on y réfléchissait bien. Et quoi ? Je devais lui dire que je m'étais approchée car je le trouvais absolument sublime ?! A présent, il pouvait être très beau, il était mystérieux, et sa sérénité me mettais mal à l'aise. Il n'était pas intimidant, c'était autre chose. Une sensation plus profonde, comme si l'on se sentait automatiquement un position inférieure. Je m'étais approchée par curiosité, par envie, par ennui. Mais il ne devait rien savoir de tout cela. Maintenant, je devais fuir. C'était lâche, mais je ne voyais pas d'autre solution.

« Euh...Eh bien... »

Ma voix refusait de produire quelconque phrase complète. Je peinais à articuler et je m'empourprais d'embarras à chaque expiration. Son regard pesait sur moi. Dégage de là Ave' !

« M-merci, merci pour la p-proposition, mais... Non. »
Je souris très maladroitement en me relevant. Je remontai ma veste nouée autour de mes hanches et enroulai mon appareil autour de mon cou.

« Je voulais juste... Faire connaissance ? »

Je lui posai la question comme si je voulais savoir si cette réponse convenait. Dans un deuxième sourire perdu, je lui fis un signe de la main.

« Euh... A plus ! J'ai été ravie, Gabriel. »

Je reprenais un peu plus d'assurance à force de m'éloigner. Il me pompait mon énergie ou quoi ? Une drôle de sensation au creux du ventre, je remontai l'allée de fleurs et de buissons pour rebrousser chemin. Je ne me rendis même pas compte que je courais. J'avais accéléré au point de galoper en manquant de bousculer les passants. Et l'agneau repartit. Loin, très loin du tigre qui s'était résigné à le dévorer.


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