Liberty is OPIUM • Eileen Adams
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Psychique, entrez dans le monde de Mystic Hall, où seuls les détenteurs de la Marque connaissent votre secret.
 

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 Liberty is OPIUM • Eileen Adams

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MessageSujet: Liberty is OPIUM • Eileen Adams   Sam 17 Sep - 15:55



Liberty is OPIUM



Un samedi matin de fin d'été pluvieux ordinaire. Ou pour certains, un début de week-end plus qu'ennuyant qui promettait une journée plate et déprimante à souhait tant elle était démotivatrice (ça existe ce mot ?!). Les moments de repos sans rien avoir de particulier à faire se faisaient rares, il était regrettable que le temps lui-même s'acharne à les rendre maussades. Enfin, ce dernier était un terme que Derdrès Jensen n'acceptait pas dans son lexique, elle était plutôt d'avis que si le sort n'était pas enclin à satisfaire ses désirs de climats engageants, c'était à elle de rendre les prochaines heures intéressantes. La bruine qui recouvrait le manoir était assez disparate et pas trop contraignante pour les quelques courageux qui s'aventuraient au dehors. Le risque de se heurter à un violent orage était assez peu existant, l'atmosphère n'était pas lourde comme elle pouvait l'être certains soirs pesants d'août. Il faisait même suffisamment doux pour se passer de la petite veste légère de saison. Malheureusement pour la jeune femme aux cheveux roses, le temps bien que clément de son point de vue ne lui permettait pas la balade à moto sur laquelle elle avait pourtant compté pour occuper sa matinée. Elle ne tenait pas vraiment à avoir droit à l'un de ces bons vieux glissements incontrôlés pour finir dans le décor avec probabilité de s'abîmer. Elle allait sortir se promener à l'extérieur, certes, mais à pied, ce qui limitait grandement le risque de se casser la figure. Quoique. Connaissait son équilibre qui était parfois approximatif, elle n'était jamais sûre de rien.


Derdrès prit le soin de choisir des vêtements auxquels elle ne tenait pas trop. Elle ne gardait jamais les tissus souffrants d'un accro qu'elle ne pouvait pas effacer dans sa totalité, ou alors elle les utilisait lorsqu'elle s'occupait de mécanique. Elle voulait quelque chose de moulant pour aller dehors par un temps pareil, elle avait déjà fait l'expérience de manches amples alors qu'elle pataugeait dans les flaques et ç’avait été un désastre. Elle opta pour le bon vieux sweat "Punk is not dead !" coloré qu'elle enfila par-dessus son débardeur noir et hésita quelques minutes entre short à dentelle et short en cuir à agrafes et breloques, avant de choisir ce dernier et d'aller fouiner dans ses tiroirs et boîtes pour dénicher des accessoires. Des chaussettes à rayures mauves et rouges, un keffieh jaune et deux barrettes vertes vinrent compléter l'attirail. Elle se dirigea d'un pas vigoureux vers la porte de sa chambre, attrapant au passage ses Docs Marteens grises, continuant jusque la sortie du dortoir, puis du manoir, sans croiser grand monde. Les étudiants avaient autre chose à faire en ces samedi matins, que ce soit traînasser au lit ou aller préparer la soirée avec les copains. Quelques silhouettes indécises erraient dans la cour que Derdrès traversa sans s'attarder, trottinant de son pas aérien vers le portail. Elle passa les grilles et bifurqua de suite vers les cimes verdoyantes des arbres qu'elle apercevait, à quelques kilomètres.

Une vingtaine de minutes firent l'affaire de la demoiselle pour atteindre sa destination. Elle se réfugia sans trop attendre sous les larges branches des chênes, qui la protégeaient plus ou moins de la pluie, rabattant sa capuche et dégageant ainsi ses longs cheveux roses. L'ore du bois était encore pas mal éclairée par la lumière d'un soleil discret qui perçait péniblement à travers les nuages, mais l'obscurité grandissait au fur et à mesure qu'elle avançait. Plus par réflexe qu'autre chose, elle se mit à fredonner ce qui lui passait par la tête. Derdrès n'était pas une peureuse, peut-être même qu'elle ne l'était pas assez ou qu'elle avait trop confiance en elle, ce qui faisait que son instinct de survie était assez minime. Cependant, pour une fois, un doute fit soudain irruption dans le petit crâne de la jeune femme alors qu'elle suivait le sentier depuis environ une demi-heure. Elle mit quelques secondes à identifier ce qui la dérangeait, mais la conclusion la submergea comme si ç’avait été une évidence, elle avait l'impression d'être suivie. Bon d'accord, ça ne voulait pas dire grand chose, elle ressentait cette sensation à chaque fois qu'elle n'était pas dans un endroit 100% dégagé, mais quand même ! Histoire de chasser ces idées qu'elle considérait comme purement fictives, elle entreprit de chanter -ou plutôt de hurler- deux fois plus fort.

"LE PETIT BONHOMME EN MOUSSEUUUUUUH !!"

Elle en était presque à cracher ses poumons lorsqu'il lui sembla entendre un craquement derrière elle. Elle se retourna avec brusquerie en scrutant les zones d'ombres de ses yeux lumineux, sans qu'il ne lui semble apercevoir quoi que ce soit. Elle resta un petit moment immobile, retenant sa respiration pourtant peu bruyante, avant de soupirer longuement en se cognant le front d'un petit coup de poing. Elle se faisait des films, comme à chaque fois, elle croyait voir ou ouïr des choses qui n'existaient pas et qui échauffaient ses nerfs. Elle reprit sa marche d'une même allure, nouant son keffieh autour de son cou de manière à ce qu'il ne lui échappe pas si elle accélérait brutalement. Ce qu'elle ne tarda d'ailleurs pas à faire, dès qu'il lui sembla discerner des bruits de pas à quelques mètres d'elle. Plus amusée qu'autre chose par cette course poursuite au ralenti probablement issue tout droit de son imagination, Derdrès décida d'essayer de semer son suiveur. Elle partit au quart de tour et se fraya d'une manière plutôt aléatoire un chemin entre les troncs, s'auto-félicitant d'avoir pensé à nouer ses lacets avant de partir, ce qu'elle ne faisait pas d'ordinaire.

Après deux kilomètres à fond, la jeune femme s'arrêta, essoufflée, se trouvant soudain l'air stupide à courir comme ça partout sans même savoir ce qu'elle fuyait. Elle resta immobile quelques minutes avant de se redresser et de regarder autour d'elle, pour constater qu'elle s'était un peu perdue à force de foncer tout droit devant comme une acharnée. Mince... d'autant plus qu'elle n'avait jamais eut un grand sens de l'orientation. Bon, Derdr' était paumée, mais jusqu'ici elle s'en était toujours sortie, elle n'allait pas paniquer pour si peu... sauf si une respiration cadencée s'ajoutait au si peu en question, au détail près qu'à la différence de ce qui avait provoqué sa course, ces expirations étaient bien réelles. Ni une ni deux, la demoiselle aux cheveux roses virevolta vers la direction d'où lui provenait ce bruit, se remettant à courir vers les arbres derrière lesquels une personne se dissimulait peut-être. S'agrippant d'une main aux ongles fushias à l'écorce tout en contournant le chêne, Derdrès fit soudain face à une silhouette inconnue, lui lançant de sa voix vive :

"BON !! Ça va deux minutes le petit jeu mais les blagues les plus courtes sont les meilleures ! T'es qui toi encore et c'est quoi ton problème ?!!"

Ah. Merde. En fait elle s'était peut-être gourée...

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MessageSujet: Re: Liberty is OPIUM • Eileen Adams   Sam 17 Sep - 20:24

Depuis son arrivée à ce qu'ils osaient appelé « Mystic Hall » -ce qui donnait une allure beaucoup trop « merveilleuse » à cette prison-, Eileen s'était crée un but, quelque chose qui l'empêchait de sombre dans la folie totale : essayer de s'enfuir. Elle se doutait bien que de passer à travers les fenêtres, ou de longer les murs dans l'obscurité ferait trop louche pour être perçut d'un bon œil. Bien que cette dernière habitude ne l'ai pas quitté depuis qu'on l'a arraché à son père, soit dite en passant. Eileen avait entamé un rituel « d'observation » pour analyser les moindres failles de ce lieu. Elle pouvait sorti de l'établissement tant qu'elle le souhaitait, mais il y avait comme un mur invisible qui rendait la liberté impossible. Pendant plusieurs semaines, la fausse brunette avait alors pris plusieurs jours pour établir un plan détaillé de toute sa prison -aux allures fort paradisiaques il faut dire- en déambulant dans tous les lieux possibles, longeant les barrières magiques qui la séparaient de la vraie vie. Parfois, il lui était arrivé de distinguer des silhouettes au loin, mais même en hurlant à plein poumons, elles ne s'approchaient pas. Comme si … Eileen ne savait pas trop. Elle n'avait pas l'impression que le lieu dans lequel elle se trouvait les effrayaient, ni les fascinaient. Ils agissaient comme s'il n'existait pas. Et si c'était le cas, après tout ? Eileen ne préférait pas y penser. Elle préférait se dire qu'un jour, l'ombre qui traverserait son champs de vision serait celle de son père, et que quand elle hurlera pour attirer son attention, il accourra vers elle, et ils trouveront un moyen de se retrouver, d'un côté ou de l'autre de ces murs invisibles.

En cette fraîche matinée estivale, Eileen était allongée, à contempler le ciel. Sur une branche. Dans une forêt. Habillée de façon plutôt légère. Abordant une robe, qui semblait plus être un pull trop grand, aux couleurs de l'automne, elle n'avait que des petites bottines marrons pour décorer ses longues jambes filiformes. A moins que l'on considère ses collants noirs, déchirés et plus fins que du papier comme une « décoration ». Un ipod, « emprunté » à une quelconque personne sans aucun intérêt, la coupait de la réalité en soufflant de douces mélodies aux tendances plus criardes de berçantes. Mais ça lui convenait très bien, à tel point qu'elle augmentait le son à s'en déchirer les tympans comme pour oublier, l'espace d'un court instant, qu'elle risquait de croupir ici plus longtemps qu'elle ne le voudrait. Elle aurait aimé que ce soit ses musiques à elle, et non pas le reflet de la personnalité de quelqu'un d'autre, mais vu que ce « bruit » collait plutôt bien avec la sienne, elle songeait à garder cette merveilleuse invention technologique pour elle. Quoique vu la couleur fuchsia de cette chose, ça restait à voir s'il résisterait à la peinture noire. Pour l'instant, Eileen se contentait de ça, perdue entre deux arbres dans une forêt qui arrêtait légèrement la douce bruine qui noyait Mystic Hall dans un silence extérieure apaisant. Rares étaient les personnes qui se baladaient en dehors avec un temps pareil. Celles qui faisaient ça méritaient un peu plus d'attention que les autres, sortant quelque peu du lot habituel de demeurés. Comme pour répondre à cette pensée enfouie, une espèce de lointaine clameur retenti à peine par dessus sa musique.

Les yeux mi-clos, Eileen se délectait de l'eau qui glissait le long de son visage, pour s'insinuer délicatement sous sa « robe », la faisant légèrement frémir quand le froid rencontrait soudainement le chaud. Elle n'était pas trempée, loin de là, elle était à peine mouillée. Mais elle aimait cette sensation, alors elle se laissait lentement gagner par le demi-sommeil, sans pour autant faire totalement abstractions de ce qui se passait autour d'elle. Doucement, les oreillettes quittèrent leur place pour tomber dans le vide, déversant leurs flots d'injures et de haine, dans le néant total, comme un discret murmure au loin. Très vite, elles furent rejointes par l'ipod rose qui fit bruisser les feuillages en contrebas. Comme un écho à ce bruit, elle entendit des bruits de pas passé tout près d'elle -ou plutôt de son arbre-. Descendant de son trône, Eileen tomba plutôt bruyamment -mais sur ses jambes- sur la terre boueuse et humide que formait le sol mou de cette forêt. Les bruits de pas semblaient fuir au loin, comme pris d'une soudaine peur chronique. Ne trouvant plus l'ipod, et n'entendant plus la voix assourdissante qui s'en dégageait, Eileen songea que celui qui était passé ici avait décrété que cette perle fuchsia était à lui, et s'était barré en courant. Il vrai que la fausse brunette l'avait volé, mais il n'était pas question qu'elle se le fasse voler à son tour ! C'était même totalement impensable. Sans réfléchir davantage, elle se laissa dans la course effrénée que ce coureur lui faisait faire. Avec les années de cavale qu'elle avait derrière elle, Eileen réussit à maintenir le rythme plutôt discrètement.

Le fuyard décida enfin que courir était inutile, et s'arrêta pour reprendre son souffle. Son poursuiveur, cette oubliée haineuse qu'était Eileen, profita donc de cette pause pour respirer un bon coup. Ce qu'elle du faire légèrement trop fort car le parfait inconnu fit un volte face beaucoup trop rapide et imprévisible, et se planta devant elle en lui gueulant dessus. Eileen en profita donc pour, premièrement l'ignorer totalement, et deuxièmement l'analyser des pieds à la tête. Des chaussures grises, qui avaient du être à la mode un jour -un moins qu'elles le soient toujours, qui sait-, étaient surmontées de chaussettes plutôt improbables, rayées … de couleurs oscillants entre le orange et le rose. Ou le marron. Eileen ne s'attarda pas tellement sur ce genre de détail, préférant continuer son analyse pendant que l'autre criait comme une folle. D'ailleurs, « l'autre » avait un short vraiment kiffant, à tel point que la fausse brune faillit lui demander où elle l'avait acheté tellement il en jetait. Mais elle se retint de justesse en voyant le sweat. Décidément, cette fille avait un look démentiel malgré ses ongles roses pétants et son goût prononcé pour les couleurs mal accordées. Eileen pu quand même noté que les seuls trucs roses qu'elle avait sur elle, c'était cette tignasse et ces ongles. Au final, l'ipod était surement resté par terre, et s'était éteint une fois sa chute terminée. C'était probable. Ayant fini son observation, et ayant repris son souffle aussi, Eileen s'appuya sur l'arbre le plus proche et fixa son interlocutrice qui avait fini de parler.

« Je t'ai pas écouté, c'était important ? »

Eileen ne brillait pas pour son tact, sa délicatesse, sa joie de vivre, et tout, et tout … Mais il est vrai qu'elle aurait pu éventuellement mettre les formes avant de lâcher ça comme ça, sans se poser de questions auparavant. … De toute façon, même si elle s'en était posé, ça aurait surement donné ça aussi ...
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MessageSujet: Re: Liberty is OPIUM • Eileen Adams   Dim 18 Sep - 7:27



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L'espace d'un instant, la jeune femme aux longs cheveux roses et à la tenue colorée resta sans réaction. Sauf si l'on compte parmi ces dernières le fait de rester figée accrochée à son arbre les yeux ronds et les lèvres entrouvertes à dévisager celle qui lui faisait face tout en oubliant bêtement de réfléchir sur l'étrangeté de la situation. Mademoiselle Jensen était surprise, cela allait de soi. Elle s'était attendue un peu à tout, sauf à rencontrer quelqu'un d'un tel genre dans un tel endroit après une telle situation et par un tel temps. Sachant que la pluie ambiante en faisait généralement déchanter plus d'un, elle avait pensé pouvoir profiter de quelques heures de solitude et de "communion avec la nature" avant de retrouver la cohue du manoir. Elle n'était pas antisociale, très loin de là, elle appréciait au contraire beaucoup la compagnie et les fêtes avec ses amis, mais il lui arrivait parfois de trouver épuisant le débordement d'énergie continuel de la plupart de ses connaissances. Elle se liait très facilement avec le stéréotype "je suis jeune donc j'en profite donc boisson-fumette-et-compagnie", elle savait même très bien les imiter d'une manière très hypocrite. Elle-même fréquentait souvent la vodka Tagada, mais pas juste pour le délire de picoler à l’œil, elle buvait parce qu'elle appréciait le goût et qu'elle connaissait bien ses limites. Mais bref, revenons-en à l'expression de lémurien halluciné qui lui collait au visage...

Ainsi donc, voilà à quoi ressemblait son poursuivant. C'en était d'autant plus inattendu. Jamais Derdrès n'aurait cru se faire courir après comme ça par une autre fille, en général c'était plutôt le truc des mecs /SBAM/... Au bout de cinq petites minutes à dévisager la brune à l'aide d'une expression faciale complètement stupide, elle sembla réaliser qu’il était de temps de passer à autre chose et se redressa, ôtant sa paume du tronc et esquissant vaguement un sourire amical. L'autre avait tout d'abord paru complètement indifférente à sa présence mais avait néanmoins entreprit de la scanner des pieds à la tête. Comme quoi elle lui accordait tout de même un minimum d’intérêt autre que celui de "gibier". A présent adossée à l'arbre, regardant Derdrès comme si elle pouvait voir à travers, l'inconnue lui balança texto qu'elle se contrefichait à 100% de ses paroles. Bon d'accord, c'était peut-être pas tout à fait comme ça qu'elle l'avait formulé, mais en tout cas c'était l'interprétation que la jeune femme aux cheveux roses en faisait. Génial, elle sortait faire un balade en forêt espérant inconsciemment ne croiser personne et elle tombait nez à nez avec la misanthrope du coin ! Elle devait avoir un mauvais karma ces jours-ci, elle n'y voyait pas d'autre explication. Mais tourner les talons et s'en aller en grommelant n'était pas dans les habitudes de Derdr', elle, son truc, c'était de positiver et de se dire que la vie était belle...

Après un vague "D'accoooooord..." formulé mentalement, la demoiselle jaugea une nouvelle fois celle qui lui faisait face de son regard bleu. Elle était mignonne, sans doute un peu plus jeune qu'elle-même, et différait carrément de l'explosion de couleurs ambulante de par son allure (comme 90% de la population cela dit). Cheveux noirs, peau très claire, iris sombres, petite robe et petites bottines, pas d'extravagance, juste une petite rechercher de tons qui s'associaient naturellement bien entre eux. Bon, tentative de prise de contact h1 enclenchée. Étant quelqu'un de très sociable, la demoiselle rosée n'avait pas peur d'aborder toutes sortes de personnes, même celles qu'elle rencontrait dans des situations douteuses, comme par exemple au milieu d'une forêt spongieuse après un sprint inexpliqué. Et puis si ça se trouvait, ce n'était peut-être même pas cette frêle silhouette qui l'avait coursée, elle se trouvait juste là par hasard...

"Euh... Non, c'était pas important, en fait je viens de me faire courir après par quelqu'un et je viens de te gueuler dessus pour ça. Désolée, je me suis un peu emportée..."

Pour un peu, elle aurait ajouté quelque chose du style "Mais si c'était vraiment toi, tu pourrais m'expliquer pourquoi t'as fais ça ?!", mais elle trouvait ça moyen comme première approche. Comme à son habitude lorsqu'elle hésitait ou qu'elle n'était pas très à l'aise dans le contexte, Derdrès se mit à se balancer très légèrement d'avant en arrière, retenant son souffle l'espace de quelques secondes. C'était vraiment saugrenu, pourquoi est-ce que cela n'arrivait qu'à elle ? Enfin, elle râlait intérieurement mais au fond elle était contente, elle avait sous la main de quoi égayer un peu son début de journée maussade.

Ce n'était pas le tout de sortir ça mais les deux jeunes filles n'allaient pas en rester là à se regarder en chiens de faïence ! D'autant plus qu'une grave maladie dont était atteinte celle aux cheveux roses venait de refaire surface sans préavis et avec de graves symptômes, une curiosité dévorante... Ou peut-être que j'exagère un peu, mais toujours était-il qu'elle n'avait pas envie de partir sur de mauvaises bases et que cette personne qu'elle n'avait jamais vue au manoir l’intéressait vraiment. Tiens ? C'était un peu étrange ça d'ailleurs. Compte tenu de son ancienneté à Mystic Hall, elle connaissait à peu près tout le monde de visage, et pourtant cette brunette-ci ne lui disait strictement rien, malgré le fait qu'elle ait également l'air assez âgée. Bah, elle n'allait pas non plus lui poser la question maintenant, elles n'étaient pas encore assez intimes ♥. Au lieu de ça, elle s'aventura à penser qu'il serait peut-être bienséant de songer à se présenter. Oui, c'était même la moindre des choses après avoir incendiée une Lady aux allures de poupée en porcelaine qui si ça se trouvait ni était strictement pour rien dans les films qu'elle s'auto-créait. Sans attendre et soutenant son sourire amical sur ses lèvres, elle lança d'une voix nettement plus chaleureuse :

"Bref, pour mieux recommencer, moi c'est Derdrès, enchantée de faire ta connaissance en ce lieu humide, sombre et mousseux, je suis sûre qu'on ne pouvait pas trouver mieux comme lieu de rencontre ! Je suis en première année de Fac là où tu t'en doutes..."

Après réflexion, c'était peut-être toujours un peu foireux comme prise de contact, mais bon tant pis, au moins elle aurait essayé. Elle espérait que la note d'humour qu'elle avait essayé de placer aurait un peu d'effet et qu'elle dériderait un peu (ce qui était vraiment très peu probable) son interlocutrice. Elle ne savait pas non plus si elle avait bien fait de lui préciser son niveau d'études mais elle avait fait cela uniquement dans le but de donner une idée de son âge. Elle observait à présent la situation, s'interrogeant quant à son prochain déroulement, curieuse de voir si l'autre allait répondre à ses attentes.

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MessageSujet: Re: Liberty is OPIUM • Eileen Adams   Lun 19 Sep - 10:00

    Eileen croisa le regard de cette parfaite inconnue. Elle avait un regard terriblement envoutant, d'un bleu profond et lumineux, tirant presque sur le turquoise. La brunette se risqua à s'y perdre pendant un instant, songea à ses longs bords de mer visités par elle et son père, sur un couché de soleil. Le sable fin se glissant entre ses orteils nus, et l'écume lui chatouillant ses frêles chevilles … A cette époque, elle devait s'appeler d'un nom rappelant les côtes hispaniques, ou peut être françaises. Après réflexion, c'était peut être bien en France qu'elle était. Mais tout cela était tellement loin, comme un songe qui lui échappait petit à petit pour la ramener à dure réalité, ou à un cauchemar des plus horribles. Le tout avec une lenteur extrême qui lui lassait le goût amer de la liberté sans lui avoir laissé le temps de la gouter entièrement.

    La brunette se mordit la langue pour se ramener à la réalité. Se laisser avoir par la mélancolie à cause d'une couleur d'iris était bien la chose la plus faible qu'il soit. Eileen se détestait de faiblir comme cela pour un rien. C'était totalement débile, totalement … S'arrêtant sur cette pensée, elle suivi le regard de l'inconnue qui semblait -à son tour-, la regarder de haut en bas. Ce qui était absolument déplaisant. Eileen n'appréciait pas du tout de passer du stade « observateur » à celui de « observé ». Mais elle se dit rien, laissant à cette fille aux cheveux roses faire ce qu'elle voulait. Après, ce n'était pas un homme avide de plaisirs charnels qui la dévisageait, mais une … fille aux tendances excentriques. Il est vrai que ce qu'Ils osaient appeler « don » marchait aussi sur les femmes, mais pas de la même façon. Enfin, c'était à espérer.

    Au fond, Eileen aurait espérer que cette jeune femme, aussi séduisante fut-elle, se contenterait et ça, et repartirait à l'aventure dans la forêt. Et cette brève rencontre cesserait là, comme toutes celles que la brunette avait pour habitude d'avoir avec la population humaine. Et puis, sur cette fin silencieuse, elle retournerait sur ses pas pour essayer de, non pas retrouver l'ipod fuchsia, trouver un autre divertissement en ville. Et peut être, pourquoi pas, quelque chose à chiper pour nourrir cet estomac affamé qui habitait son ventre. Cela semblait être un plan parfait, il l'était même, sauf que cette poupée vivante semblait avoir son mot à dire. Eileen ne pu cacher un sourire narquois se dessiner sur ses lèvres quand l'inconnue évoqua la course poursuite. Pourtant, elle ne prononça aucun mot, aucune semi-excuse, ni rien qui pourrait clarifier tout ça.

    L'inconnue se mit à se balancer d'avant en arrière, très lentement. Les yeux d'Eileen suivait ce mouvement avec tout autant de lenteur, et ce pendant quelques secondes jusqu'à remarquer le ridicule de la situation. Elle reposa donc son regard inexpressif dans celui de son interlocutrice. Quand allait elle donc partir ? En tout cas pas maintenant, car elle se remis à la dévisager. Pendant un instant, Eileen songea au fait qu'elle ai quelque chose sur la tête qui devait intriguer à un point fou. Peut être une sangsue ? Non, quand même pas. Pourtant, d'un mouvement vif, elle passa sa main sur sa peau pour sentir s'il n'y avait pas quelque chose. … Rien. Avec un large sourire aux lèvres, l'inconnue se présenta comme étant « Derdrès », ce qui était un prénom assez étrange. Du moins, Eileen ne l'avait jamais ouïr avant ce jour. Le reste de sa phrase eu pour effet de décrocher un sourire amusé sur ses lèvres. C'est vrai que comme lieu de rencontre, il y avait mieux. Par contre, la fin de la phrase la fit beaucoup moins sourire. Qui était assez fou pour continuer ses cours dans un pareil lieu ? Ahaha, une fille nommée « Mentaliste » ou membre de cette putain d'« Elite » qui constituait tout ce qu'il y avait de plus désagréable et de plus abominable dans ce lieu. Ceux qui prônaient que rester ici était une bonne chose. Quelle bande de cons.

    Pour autant, Eileen pris sur elle pour ne pas exploser. Après tout, cette fille -Derdrès- n'avait rien fait de mal jusque là. Elle n'avait pas non plus essayer de l'endoctriner dans son sens de pensée, et ne l'avait pas non plus insisté de « Sale petite garce » comme certains de son « groupe ». Il fallait rester positif. … Bien sur. Facile à dire. Soupirant bruyamment, la brunette lâcha, en essayant de cacher le plus possible son amertume :

    « C'est clair qu'il y a mieux comme lieu de rencontre. »

    … Eileen se laissa perplexe en disant ça. Elle ne voulait pas vraiment que ce soit ces mots là qui sortent de sa bouche. Pourtant, elle se remis assez vite de ses « émotions » pour continuer sur sa lancée, sans retenir les mots qui sortirent de sa bouche dénudée de tout rouge à lèvre -ce qui était une chose rare.

    « Eileen Adams, enchantée. Je compte un jour m'évader de lieu, pour retrouver la vraie liberté. »

    Cette façon d'annoncer les choses mettait clairement les points sur « i ». Eileen exprimait pleinement être ce qu'ils osaient appeler « Oublié ». Cette classe de personne qui tout le monde oubliait, et haïssait, méprisait et insultant en se rappelant leur existence. Charmant.
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MessageSujet: Re: Liberty is OPIUM • Eileen Adams   Lun 19 Sep - 20:37



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Aux yeux de ceux qui le connaissaient bien, Derdrès n'avait jamais été une personne très compliquée à vivre, et ce pour plein de raisons différentes. En fait, il n'y avait que ses amants qui n'arrivaient pas toujours à la suivre. Il était facile de prendre contact avec elle particulièrement parce qu'elle abordait les gens sans se faire de fausses idées à leur sujet. Et les rares fois où elle s'en faisait, à cause d'une apparence particulièrement originale par exemple, elle ne leur accordait aucune confiance avant d'avoir un peu découvert celle ou celui qui lui faisait face. Ce qui faisait qu'elle avait un peu de tout dans ses fréquentations, aussi bien des personnes idolâtrées de tous que des ennemis généralisés du commun des mortels. Durant un court laps de temps, cette inconnue aux teintes cendrées (expression typiquement Derdrèssienne ) scruta les iris océans de la jeune femme aux cheveux roses, semblant presque s'y perdre sans que l'intéressée ne comprenne vraiment. Peut-être n'était-elle pas étrangère à la petite brunette, son visage pâle lui disait peut-être quelque chose de lointain. En tout cas, si elle ne disait rien à Derdr' de vue, cette dernière avait tout de même l'impression qu'elle était liée à elle d'une certaine manière, sans qu'elle ne puisse l'expliquer. Elle dégageait un charme très attractif, c'était sûr, son regard obscur, à moins que ce ne soient ses traits à la fois figés et passionnés. L'extravagante demoiselle ne s'intéressait pas aux autres filles, elle se savait préférant de loin les hommes, pourtant elle avait un peu l'impression d'être un vulgaire morceau de métal désemparé face à un aimant. Oui je sais, c'est un peu nul comme métaphore.

Toujours était-il que Derdrès resta une seconde interdite face à l'amertume mal dissimulée sonnant creux dans la bouche de la brunette. Ben ? Visiblement, le plus ou moins discret trait d'humour qu'elle avait malencontreusement tenté d'esquisser n'avait pas eut l'effet escompté. Bien dommage. Peut-être que cette fille n'était pas très encline aux petites blagues de ce genre. Tant pis, elle se rattraperait plus tard, en attendant elle s'arrêta quelques temps sur l'impression furtive que lui avait laissée cette affirmation. Curieusement, elle avait comme un sentiment d'être un peu de trop, de ne pas être très appréciée de son interlocutrice, sans raison apparente. Finalement, elle avait peut-être vraiment affaire à une misanthrope complètement allergique à la présence humaine... Derdrès allait lui poser la question, lui demander si elle avait fait quelque chose de gênant, mais son illustre compatriote reprit la parole avec un semblant de brusquerie, en profitant pour se présenter... et pour indiquer clairement ses projets à la demoiselle rosée. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle n'allait pas par quatre chemins...

"J'aime bien ce prénom, Eileen, c'est très joli. Ça me fait un peu penser à Hélène, c'était quelqu'un d'important..."

Derdrès avait formulée cette phrase dans le vide, au départ pour celle qui lui faisait face, ensuite pour elle-même, comme pour essayer de ranimer quelque chose. Quelqu'un qui avait terriblement compté pour elle, probablement, mais elle ne se souvenait plus vraiment. Mais elle ne s'attarda pas, elle n'avait jamais vraiment essayé de retrouver ses vieux souvenirs enfouis, sans doute parce qu'elle n'avait pas envie de s'évertuer à prendre le risque de regretter ce qui lui avait été arraché. Elle était relativement interloquée par l'allure des intentions d'Eileen, puisque c'était son nom, elle ne s'était pas attendue à cela. Elle savait qu'il y avait à Mystic Hall de nombreuses personnes aux idées plutôt fermement arrêtées mais c'était peu courant qu'elles se montrent aussi directes. Bon, puisqu'elle avait annoncé la couleur, autant tenter de faire avec ! Elle conserva son sourire aux lèvres, tentant d'y ajouter une petite nuance amusée :

"Bah, chacune ses projets ma grande, je n'irai pas te contredire ! Au contraire, c'est mieux d'avoir un but que de vivre une existence dénuée de tout intérêt..."

Enfin, ça c'était ses théories. Derdrès appréciait les gens qui se démenaient corps et âme pour atteindre leurs objectifs, elle aimait la flamme qu'elle avait parfois l'impression de discerner en eux. Elle ne connaissait pas encore suffisamment Eileen pour pouvoir dire cela d'elle mais elle sentait outre son attraction incroyablement enivrante une toute autre force émaner d'elle, sans qu'elle puisse mettre un mot précis sur cela. Un peu comme une ténacité sordide à vouloir se libérer de chaînes l'entravant, contre lesquelles elle se débattait sans relâche. La jeune femme perdit quelques minutes à monter cette hypothèse, détaillant les traits fins de sa compagne sans vraiment la regarder. Visiblement, elle avait affaire à l'une des fameuses Oubliées, l'une de ceux qui avaient connu autre chose que les couloirs du manoir durant la fin de leur enfance, puis de leur adolescence, à moins qu'elle ne fasse qu'imaginer. Ce dont elle doutait fortement. Il y avait des jours, Derdrès trouvait d'une grande tristesse le fait de ne jamais avoir vraiment connu sa famille ou quelque chose de ce genre, mais il y en avait d'autres où cela la soulageait intensément. Grâce à cette méconnaissance, elle estimait ne pas souffrir vraiment d'être enfermée ainsi, lorsqu'elle s'occupait l'esprit et qu'elle n'y pensait pas. C'était étrange comme situation. A y réfléchir, la belle aux cheveux roses avait la chance de ne pas être haineuse, du moins pour l'instant, de ceux qui l'avaient enlevée à sa vie d'avant. Si ça se trouvait, c'était même pour éviter que la colère ne la ronge qu'elle avait effacés presque tous ses souvenirs d'avant... mais ça, elle n'en était pas sûre. Toujours était-il qu'elle haussa les épaules, détournant son regard bleuté des yeux d'Eileen :

"De toute manière, je pense que partir d'ici est dans les plans de pas mal des étudiants, c'est juste qu'on fait varier notre façon de faire. Personnellement je ne vais pas me fatiguer à faire ça en force, je vais plutôt profiter de tout ce que les gens d'ici peuvent m'apporter, par contre après j'aurai sans doute envie d'aller me promener un peu plus loin..."

Apporter de délicates nuances avait toujours -ou presque- été dans les habitudes de Derdr'. Elle parlait souvent avec franchise et spontanéité mais il y avait quelques questions auxquelles elle avait eut le temps de réfléchir. Centrant à nouveau son regard lumineux sur la belle aux cheveux bruns, elle redressa son dos qu'elle avait légèrement courbé inconsciemment. Cette rencontre mousseuse prenait des airs qui risquaient de déplaire quelque peu à son éternelle bonne humeur. Et elle n'aimait pas que l'on la contredise. Un, deux, trois balancements et elle rompit son hésitation, pivotant légèrement sur elle-même et s'approchant de trois pas d'Eileen, se mettant ainsi à sa hauteur. Ni une ni deux, craignant l'espace de deux secondes qu'elle ne réagisse mal, Derdrès attrapa le bras frêle de la jeune fille, ou plutôt agrippa, et l'entraina avec elle en bifurquant vers le chemin.

"Je trouve notre petite discussion réellement passionnante vois-tu très chère, mais il se trouve aussi que j'ai toujours l'impression d'être surveillée. Et je n'aime pas du tout ça, donc je te serais reconnaissante de bien vouloir suivre mes pas !♥"

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MessageSujet: Re: Liberty is OPIUM • Eileen Adams   Sam 1 Oct - 19:56

    Eileen n'a jamais eu d'ami. Elle n'a toujours eu que des gens de passages qui, gravissant les échelons de la popularité, s'agrippaient à elle, comme le premier pilier de l'escalade. Mais la brunette se laissait faire, sans rien dire. Ce n'était pas comme si elle s'attachait à ce genre de personne superficielle, elle était au dessus de ça. Et puis, si ça pouvait plus permettre d'avoir l'air normale quelque instant, et donc d'éviter que le regard des gens se posent sur « la pauvre petite gothique toute seule là bas ». Par moment, Eileen se demandait si son don se contrôlait, si elle pouvait, à sa guise, décider sur qui son pouvoir aurait des effets, et sur qui il n'en aurait pas. Était-ce possible ? Pendant un court instant, la brunette divagua, se perdant dans la profondeur de ses pensées oniriques. Mais elle fut vite rattrapé par la réalité, l'ancrant définitivement à cette vie qu'elle n'avait pas choisie. Cette vie qu'elle aurait préféré échanger avec n'importe qui, cette vie pour laquelle elle aurait vendu son âme.

    La voix de Derdrès fut ce qui la força à revenir sur terre, et Eileen lui en voulu quelque peu. Pourtant, elle ne dis rien, laissant son cerveau analyser ce que cette étrange demoiselle venait de dire. Hélène ? Pendant un laps de temps plutôt court, la brunette eu comme l'impression que son interlocutrice essayait de se souvenir de quelque chose d'enfoui au plus profond, caché entièrement par une brume épaisse laissée par les années qui passent. Eileen essaya de se demander ce que cela pouvait faire d'être enfermé ici, sans se souvenir de qui on était avant, sans connaître les gens qui nous ont aimé, et qui sont surement à notre recherche depuis des années … Puis elle se rappela que son père devait faire parti de ces gens, ceux qui cherchent désespérément leur enfant disparu. Quels montres pouvaient être les dirigeants de Mystic Hall pour laisser des humains dans le doute de connaître la raison de la disparition de ceux qu''ils aiment le plus au monde ? De nouveau, la fille rosée l'arracha à ses pensées pour prononcer des mots qui ne prirent tout leur sens que quelques secondes après. « Je n'irai pas te contredire » avait – elle dit ? « C'est mieux d'avoir un but dans sa vie », avait elle enchainée. Eileen se senti un peu stupide d'avoir agi sur la défensive envers une fille qui n'allait ni l'insulter, ni la rabaisser, ni la provoquer.

    Le silence s'installa petit à petit, prenant ses aises. Eileen et Derdrès se regardaient droits dans les yeux, le regard vide, comme fixant un point invisible au loin. Quand cette dernière détourna son regard de celui de son interlocutrice, Eileen fit de même, regardant l'arbre sur lequel elle était appuyée. Elle écouta d'une oreiller plus ou moins attentive ce que disait la jeune femme en face d'elle, et se permis d'approuver silencieusement certains points de sa théorie. La brunette ne pu s'empêcher de laisser afficher un petit sourire au coin à la fin du monologue qu'avait fait Derdrès. Ce qui se passa par la suite restait une chose assez improbable que même avec du recul, Eileen ne compris pas. La femme aux cheveux roses la fixa, sans pour autant que son regard soit renvoyé, et s'approcha très près, pour finir par l'agripper et l'entrainer avec elle. Ça aurait été n'importe qui d'autre, Eileen l'aurait surement envoyer balader bien comme il faut, en précisant qu'elle n'était pas son chien, ou quelque chose dans ce goût là, mais elle ne fit, se laissant emporter par cet étrange personnage qui expliquait être paranoïaque. Ah quand même.

    Au bout de quelques mètres dans le silence total, Eileen commença à paniquer. Et si cette fille, en apparence plutôt normale -bien qu'elle ai l'air d'un arc-en-ciel sur pied- était entrain de l'amener dans un guet-apens où des mentalistes l'attendaient pour lui montrer que la vie à Mystic Hall c'était le top, et qu'il fallait arrêter de taguer sur les tables ? D'un mouvement de la main plutôt rapide, Eileen remis une mèche de cheveux à sa place en se disant que c'est elle qui devenait totalement paranoïaque, avant de se vautrer par terre comme … En fait, il n'y a aucun mot assez puissant pour décrire à quel point sa chute fut lamentable. Le sentier était dégagé, ses bottines n'avaient pas de lacets, ni de talons, son écharpe ne trainait pas par terre, elle n'avait pas marché sur les pieds de Derdrès … Non, elle s'était juste fait un auto-croche patte, et s'était ramassée sur la terre boueuse et humide qui constituait le sol, en poussant un cri digne … digne d'une fille qui tombe lamentablement par terre. Sa virilité -très marquée vous noterez- en pris un coup à tel point qu'elle se senti virer à l'écarlate. La fille aux cheveux roses ne lui tenant pas le bras très fort, Eileen ne fut ni retenu, et n'entraina personne dans sa chute.

    Se relevant d'un bond, elle faillit bien tomber de nouveau, mais se retint de justesse. Elle regarda ses pieds un instant, comme pour se demander si c'était bien à elle qu'appartenaient ces « choses ». Puis, elle leva les yeux et croisa le regard bleuté de Derdrès.

    « Euh, désolée. »


    Marmonna t-elle sans vraiment pourquoi. Pour l'avoir interrompu dans sa marche vers … Vers où d'ailleurs ? Eileen détourna le regard, et remarqua qu'elle avait filé l'un de ces collants. Bon, il est vrai qu'ils étaient déjà pas en très bon état, mais désormais, ils étaient bons à jeter. Trop de trou tue le trou, se disait-elle pour elle même. Puis, elle reposa son regard sur Derdrès.

    « On va où en fait ? Parce que bon, je vais pas te suivre jusqu'au bout du monde hein. Sauf si tu arrives à passer la barrière invisible, là je te suis jusqu'en Andalousie si tu veux. »


    Chacun son tour pour les monologues n'est ce pas ? Eileen afficha un demi sourire, se voulant amuser, mais elle n'avait tellement plus l'habitude d'avoir ce genre d'expression amusée qu'elle ne savait pas trop comment « faire ». Étrange, n'est ce pas ?


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MessageSujet: Re: Liberty is OPIUM • Eileen Adams   Ven 7 Oct - 13:33



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Subitement, sans savoir vraiment pourquoi, Derdrès eut l'impression d'assister à un changement d'attitude presque imperceptible de la part de la jeune gothique. C'était juste avant qu'elle ne lui attrape le bras. Juste après qu'elle lui ait dit qu'elle n'avait pas l'intention de la critiquer. Alors que jusqu'ici elle avait affiché une expression plutôt froide, voire même assez hostile, elle sembla abandonner sans préavis sa méfiance à l'égard de la demoiselle rosée, pour la troquer avec une surprise difficilement perceptible. Aha, ayait, elle voyait à peu près à quel stéréotype elle avait à faire, la fille qui n'aime personne et que personne n'aime et qui s'en porte très bien et j'ai besoin de personne s'pèce de bande d'enfoirés soumis à ce manoir pourri. Elle avait déjà eut affaire une ou deux fois à ce genre de personne, mais elle devait avouer que celle-ci avait l'air particulièrement ancrée dans ce point de vue. Cependant, heureusement pour elles deux, Derdrès était des gens dont le caractère s'adapte à peu près à tout et n'importe quoi et qui restent de bonne humeur quoi qu'il arrive. Prendre les autres de haut ou les dénigrer à cause d'une quelconque différence, c'était pas son truc. On lui disait souvent que cela allait lui jouer des tours, de ne pas se méfier suffisamment des personnes ayant une mauvaise réputation. C'était parfaitement son style d'ouvrir la porte à un cambrioleur et de lui servir un café tout en l'écoutant débiter ses dernières frasques en le regardant d'un air émerveillé. Eh oui, irrécupérable, mais elle le savait.

Derdrès venait de jouer risqué, elle s'en doutait vaguement. Le type d'individu auquel correspondait apparemment Eileen n'aimait généralement pas trop que des inconnus leur sautent au cou ou les collent de cette manière. Elle avait déjà expérimenté la réaction explosive à laquelle elle pouvait avoir droit dans ce genre de cas, elle ne tenait pas à recommencer. Cette fois, loin de se faire crier dessus ou quelque chose de ce goût là, elle eut affaire à un manque totale de réaction ; mais elle devait avouer qu'elle aimait autant ça. Peut-être aurait-elle dû ajouter « qui m'aime me suive », mais elle s'était auto-suggéré que ce serait peut-être de trop. En tout cas, elle tracta lestement la brunette derrière elle, marchant à vive allure à nouveau sur le sentier. Elle aurait pu continuer longtemps si le bras d'Eileen ne lui avait pas échappé soudain, sans raison apparente. Derdrès pivota de suite, pour constater que sa compagne venait de s'étaler avec beaucoup de classe sur le chemin, alors qu'il n'y avait aucune raison à cela. Alors qu'elle se relevait précipitamment, la jeune femme aux cheveux roses se retint à grand peine n'éclater d'un rire retentissant. Ça ne se faisait pas trop en face d'une personne qu'elle ne connaissait pas plus que ça, mais elle devait avouer que ce n'était pas l'envie qui lui manquait. Les chutes l'avaient toujours fait beaucoup rigoler, elle n'y pouvait rien. Elle serra les dents autant que possible et détourna le regard d'Eileen après que cette dernière se soit excusée. Elle soupira longuement et silencieusement tout en s'efforçant de maîtriser sa respiration.

« Je suis pas fan de l'Andalousie, mais par contre je veux aller à Sydney dès que j'en aurai la possibilité ! »

Les commissures des lèvres de la brunette s'étaient étirées en une sorte de sourire, ce qui fit plaisir à Derdrès. Ah ? Voilà qu'une signature d'armistice se profilait à l'horizon, avec un peu de chance le manque total d'animosité de la demoiselle rosée avait eut raison de celle de sa comparse. Avec un peu de volonté, elle était sûre d'arriver complètement à la décoincer de son optique de bestiole sauvage et agressive. En revanche, si elle avait répondu à son discret trait d'humour, elle n'avait fourni aucune réponse à la question principale d'Eileen. Pourquoi ? Parce qu'elle n'avait rien à lui dire sur ce sujet. Elle avait voulu s'éloigner mais sans avoir de destination précise, elle était allée droit devant elle en suivant approximativement le sentier. Bon, elles n'étaient pas perdues non plus, fallait pas exagérer... Elle allait lui répondre qu'elles pouvaient s'arrêter là et retourner vers le manoir, ce qu'elle trouvait peu attirante comme proposition, lorsqu'une idée lui traversa les quelques neurones qu'il lui restait. Un large sourire s'afficha sur son visage clair, aux allures quelque peu mystérieuses, et elle posa un doigt sur ses lèvres.

La pluie semblait s'être estompée, à moins que ce ne soit les cimes des arbres qui ne soient trop épaisses pour laisser l'eau filtrer. La forêt était sombre et ne permettait pas de voir la couleur du ciel, qui devait être plus grise qu'autre chose. Derdrès avait fait signe à Eileen de la suivre, lui accordant juste qu'elle voulait l'emmener dans un endroit intéressant mais sans ajouter de détail. Elle savait à présent parfaitement où elle allait, elle avait parcouru ce chemin à plusieurs reprises au cours de ses promenades, et quelque chose lui disait que sa compagne était elle aussi déjà allée sur ce lieu. Peut-être pas par le même parcours mais elle était sûre qu'elle reconnaitrait l'endroit une fois qu'elles en seraient proches. Après tout, n'était-elle pas une Oubliée qui cherchait s'échapper de Mystic Hall par tous les moyens possibles ? Les deux demoiselles s'enfonçaient rapidement dans l'obscurité, Derdr' s'obstinant à rester le plus silencieuse possible, ménageant le suspense. Brusquement, elle se stoppa, à hauteur d'une grande pierre ressemblant à un menhir de taille moyenne, qu'elle utilisait comme repère. Elle se tourna vers Eileen avec un air malicieux :

« Venant de toi, ça ne m'étonnerai pas que cet endroit te soit familier. On est a quelques minutes de la barrière, le tout est de ne pas se la prendre de plein fouet, pour conserver le peu de dignité qu'il nous reste. »

Enfin, cette dernière répartie s'adressait d'avantage à la jeune gothique qu'à elle-même, mais elle ne considérait pas nécessaire de le préciser. Sans attendre, elle pivota à nouveau, avançant maintenant à petite allure, un bras en avant afin de sentir le mur de ses doigts plutôt que de sa tête. Plus par réflexe qu'autre chose, elle remonta son keffieh jusque son nez, enfouissant son museau dans le tissu. Les bracelets de bois qu'elle portait au poignet cliquetèrent lorsque sa peau effleura la consistance solide et invisible de la barrière qui empêchait les jeunes gens de s'échapper. « C'est là ! » lança-t-elle joyeusement à Eileen, remettant son foulard en place et appuyant ses deux mains à pleines paumes sur la surface lisse. Elle ne savait pas comment occuper sa journée, eh bien finalement elle avait dénichée la "distraction" idéale. Elle tourna son regard bleuté vers sa jeune compagne, une étincelle dans les yeux :

« Et si on suivait un peu cette fameuse barrière ? Si ça se trouve on va peut-être mettre la main sur une faille ! »

Elle n'y croyait pas du tout à cette hypothèse mais sait-on jamais, à défaut d'offrir une sortie à la brunette elle pouvait toujours essayer de se faire apprécier. Pour sa part, même si un miracle faisait qu'elles trouvaient un moyen d'aller se balader en dehors de l'enceinte de Mystic Hall, elle ne comptait pas s'en aller. Elle ne savait même pas si elle s'en irait un jour, même si c'était l'un de ses souhaits. Elle comptait achever patiemment ses études en profitant des avantages du manoir, et voulait prendre son temps pour préparer la suite de sa vie. Sur ce point, tout ce qu'elle savait, c'était qu'elle devait aller à Sydney...

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MessageSujet: Re: Liberty is OPIUM • Eileen Adams   Ven 21 Oct - 12:24

    Soyons clair : Le fait de se vautrer comme une daube par terre, ce n'était pas spécialement le passe temps préféré d'Eileen. Se vautrer comme une daube par terre devant une inconnue déguisé en arc – en – ciel, non plus. Mais à vrai dire, elle n'avait jamais songé à ce qu'à ça arrive un jour, car le personnage qu'était Derdrès était assez impossible à imaginer. Il fallait la voir pour se faire un tableau très net de sa description physique. D'ailleurs, ce personnage loufoque semblait prendre énormément sur lui pour ne pas tout simplement explosé de rire. Au fond, Eileen la remercia silencieusement de ce geste, car elle n'appréciait pas tellement qu'on se moque d'elle. Extérieurement, la brunette a toujours semblé totalement indifférente aux moqueries, bien que par moment, elle laissait percer une once d'agacement dans un rictus ou un regard, intérieurement les gens qui se jouaient d'elle comme ça pendaient au bout d'une corde. Enfin, elle les imaginait hein. Jamais Eileen n'a tué quelqu'un à proprement parlé. Et encore heureux, en sois, parce que son père l'aurait probablement tué à son tour pour avoir autant attirer l'attention. D'ailleurs, actuellement, il doit vraiment être mal. Dans un soupir dissimulé, la brunette essaya d'effacer l'image meurtri qui se dessinait dans son cerveau. Puis elle reposa son regard sur Derdrès.

    La jeune fille aux cheveux roses expliqua qu'elle n'était pas fan de l'Andalousie mais qu'elle comptait bien aller à Sidney un jour. La gêne précédemment ressentie se dissipa totalement pour laisser place à un certain amusement. Puis, jugeant qu'elle en avait fini avec ce petit moment d'égarement, Derdrès repris sa marche, non sans avoir totalement ignorer la question qui lui était posée. Le regard interrogateur d'Eileen avait beau se poser sur ce visage mystérieux, il n'arrivait guère a percer ce qui pouvait bien se passer dans la tête de cette étrange demoiselle. Peut être l'amenait elle dans un guet-apens et cherchait le moyen le plus court pour y accéder, de façon à ne plus avoir trop longtemps à supporter le regard misanthrope de cette oubliée. Enfin, ce n'était qu'une hypothèse. Eileen aurait bien continué sur sa lancée de création de synopsis tiré par les cheveux quand un énorme sourire se dessina sur les lèvres de Derdrès. Puis, elle s'élança dans la forêt, sans sembler déranger par le fait d'être si loin du sentier, ni de ne percevoir rien d'autres que d'épaisses branches d'arbre quand on levait la tête. Elle fit même un signe à Eileen pour l'inviter à la suivre. Pourquoi pas après tout ? Autant continuer ce qu'on avait commencé.

    Plus les deux jeunes femmes s'enfonçaient dans l'épaisse forêt, plus Eileen s'inquiétait. Derdrès semblait se faire extrêmement silencieuse, ménageant un suspense quasiment insoutenable. Plus elles marchaient, plus la brunette reconnu cet endroit qui lui parut si familier. Certes, habituellement, elle n'y allait pas par cette route, mais comme on dit « tous les chemins mènent à Rome ». D'ailleurs un jour, elle aimerait bien y aller, dans cette capitale italienne. Derdrès s'arrêta brusquement, et Eileen risqua de lui rentrer dedans avant de reprendre des « distances convenables ». Levant les yeux, elle remarqua un grand menhir -ou une quelconque pierre ressemblant à celle qu'Obélix portait avec une facilité déconcertante dans chaque bandes dessinées qu'avait pu lire la brunette jusqu'à être arracher à sa douce existence-, LE menhir. En un timming parfait, comme si les deux avaient été reliées l'espace d'un micro seconde, Derdrès expliqua qu'elles étaient non loin de cette barrière invisible. Et une histoire de dignité aussi, mais Eileen n'avait pas vraiment écouté, s'avançant lentement vers la limite de ce monde où lui avait forcé de rester. Avançant une main assurée vers le mur invisible, elle senti un léger picotement le long de son échine. Il était là, si près, et si impénétrable. C'était de la torture à l'état brut que d'être si près de la liberté, et en être si loin à la fois.

    Se mordant la lèvre, Eileen ressenti l'envie de tout exploser autour d'elle. Pourquoi diantre n'a t-elle pas eu un don … utile ? Par exemple, pourquoi exploser tout ce qu'elle touchait ? Détruire tout ce qui se trouvait sous sa main ? Rendre inutilisable tout ce qu'elle ne voulait plus voir ? Comme les barreaux de cette prison étouffante, par exemple. Derdrès proposa de trouver une faille, et la brunette fut arracher à ses pensées haineuses. Plutôt surprise, elle fixa la jeune fille aux cheveux roses, comme si ce n'était plus la même. Depuis quand les mentalistes éprouvent le besoin de sortir de Mystic Hall ? Si mêmes eux commençaient à vouloir s'enfuir, pourquoi pas tout le monde ? Il pourrait y avoir une révolte grandiose et la liberté serait de nouveau là, à nous tendre les bras. Croisant le regard étincelante de sa camarade de forturne, Eileen afficha un large sourire. Prononçant un « Pourquoi pas », elle s'élança un peu devant par rapport à Derdrès et commença à effleurer à tâtons cette barrière, sans pour autant en trouver une quelconque faille. Elle longeait avec tout son corps ce mur, sans ressentir le moindre relâchement de la pression qu'elle exerçait sur elle. Plutôt déçue, Eileen ne s'arrêta pas pour autant. Elle connaissait ce truc parfaitement, elle le savait qu'il n'y avait aucune faille.

    « Faudrait pouvoir voler … »


    Dit-elle, plus pour elle même que pour la fille arc – en ciel qui la suivait. Puis, s'arrêtant soudainement, elle fit volte face pour poser son regard brun dans le bleu de Derdrès. Pendant un instant, elle faillit bien s'y perdre de nouveau, mais elle ressaisit et afficha un large sourire.

    « Si on va assez vite avec des rollers ou un skate ou un vélo, ou un truc dans le genre, dont on trafique les moteurs, on pourrait transformer la barrière en skate parc géant ? »

    A défaut de pouvoir sortir un jour, autant s'amuser à fond. Et puis, transformer ce truc en skate parc géant allait peut être l'abimer assez pour le briser et permettre aux possesseurs de dons de partir, de fuir, et de pouvoir retrouver les gens qui pleuraient chaque fois leurs morts, leurs disparitions. Puis, sans attendre de réponse, Eileen continua de tâter ce mur. Si seulement elle avait été plus grand, elle aurait pu voir si ce truc était aussi infallible partout. Se hissant sur la pointe des pieds, elle effleura une partie trop haute pour elle.

    « Trop petite. Ce serait cool d'avoir le pouvoir d'avoir le pouvoir d'élasticité. En plus, ça serait vachement original. »
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MessageSujet: Re: Liberty is OPIUM • Eileen Adams   Dim 23 Oct - 17:09



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Derdrès Jensen ne mentait jamais. Il n'y avait pas vraiment de raison à cela, elle n'avait jamais eut de mauvaise expérience à cause d'un mensonge. C'était plus une sorte de convention qu'elle avait passée avec elle-même il y a des années de cela. À vrai dire, elle tenait vaguement un semblant d'explication sur ce frein qu'elle s'était elle-même posé pour s'obliger à toujours dire la vérité, c'était probablement parce qu'elle n'avait pas envie de s'embarquer dans des histoires sans queue ni tête dans lesquelles elle pouvait s'enliser de manière problématique. Par contre, ne pas dire la totalité de la réalité, ou juste supprimer des passages qui l'arrangeaient, ça elle faisait de temps en temps. Pas trop souvent non plus parce que c'était tout de même risqué, mais elle se l'accordait tout de même lorsqu'elle en avait vraiment besoin. Sans doute était-ce à cause de ça, et peut-être aussi un peu de son don, qu'elle se permettait parfois d'entrainer les gens dans ses expéditions sans leur demander leur avis. Heureusement pour l’extravagante Derdrès, Eileen avait l'air d'être d'une plutôt bonne composition sur ce qui était de ce point. Elle avait douté un moment qu'elle la suive, puisqu'elle avait apparemment commencé par la prendre pour une ennemie, mais peut-être fallait-il croire que la bêêête sauvage s'était un peu calmée. Tant mieux, le tempérament pacifiste de la demoiselle aux cheveux roses ne s'en porterait que meilleur, elle n'aurait pas trop à surveiller les moindres de ses paroles et les différents sens que l'on pouvait leur attribuer.

En l'amenant ici, la jeune femme ne s'était fait aucune illusion. D'après le peu qu'elle avait pu voir ou entendre de sa compagne, elle était sûrement déjà venue au pied de ce mur aussi irréel qu'omniprésent. Elle y avait sans doute passé des heures dans les semaines suivant son arrivée au manoir, à s'y casser les nerfs et la tête pour trouver un moyen de s'échapper. Elle l'avait sans doute longé sur toute la surface du périmètre qui leur était accordé, palpant chaque centimètre pour tenter de dénicher la minuscule faille qui lui rendrait la liberté. Se résigner avait dû être difficile, Derdrès n'était pas mécontente de ne jamais être passée par un tel chemin. Quoique. Elle se demandait ce qui était le pire, être enchaînée après avoir été libre, ou n'avoir jamais rien connu d'autre que la cage dorée. Bah, elle n'avait pas envie de s'attarder sur ce sujet, cela risquait de la rendre triste. Au lieu de cela, elle se contenta de contempler Eileen passer devant elle, se doutant qu'elle avait malgré le manque de probabilité, la brunette de pouvait s'empêcher de nourrir un fol espoir de pouvoir s'échapper. Enfin peut-être, après tout elle n'en savait rien, mais elle se disait que ce serait sûrement son cas si elle était dans le même état d'esprit. Puis sa compagne se tourna vers son visage encadré de ses longs cheveux roses, une expression inidentifiable et inidentifiée précédant un large sourire. Derdrès était satisfaite. Encore plus que le jour où enfant, elle avait réussi à apprivoiser un chat sauvage.

« Ou avoir un pouvoir de lévitation éventuellement, mais j'ai ni l'un, ni l'autre... »

La jeune femme rosée avait rejointe sa compadre scotchée à la barrière invisible, pour poser elle aussi ses mains aux ongles colorés sur la surface invisible. Elle avait bien une idée à l'esprit mais n'avait pas osé en parler. Étant illusionniste, faire apparaître des choses qui n'existaient pas était de son domaine, la difficulté était de les rendre tangibles. En se concentrant énormément, elle arrivait à les rendre palpables (avec beaucoup d'auto-persuasion aussi) mais cela ne durait au maximum que trois minutes et elle tombait généralement dans les pommes juste après. Elle aurait bien proposé à Eileen de créer des marches allant jusqu'en haut du mur mais elle n'avait pas envie d'avoir sa mort sur la conscience dans le cas où ses images ne tenaient pas. De plus, un autre détail fâcheux lui était apparu au fil des années passées à se balader aux alentours de la barrière lors de ses heures perdues, cette fameuse barrière, en était-elle vraiment une ? Derdrès n'avait jamais rien entendu à propos de la taille de cette paroi, et elle se prenait ces derniers temps à envisager que ce mur puisse être une sorte de coupole, un gros couvercle posé sur une bande de personnes bizarroïdes. Elle se dispensa de proposer cette idée, elle n'avait pas envie de démoraliser son petit oiseaux sauvage qu'elle parvenait tout juste à approcher. Petite Pervenche -ah, je me sens d'humeur poétique ce soir ♥- qui d'ailleurs, fit à nouveau virer son regard brun vers celui bleu de Derdr', avant de lui sortir une proposition qui ne serait jamais venue à l'esprit de l’extravagante rosée, même au sommet de son excentricité. Elle se mit à rire ;

« Sûrement ! Il faudrait qu'on essaye un de ces jours ! Je pense que je pourrai me débrouiller pour bricoler un moteur pour rollers -à partir d'un de tondeuse à gazon ou de machine à laver... »

Machinalement, tout en disant ça, elle montait déjà des schémas complexes dans son esprit, car après tout cela était de son domaine. De son coté, Eileen continuait à balader ses doigts fins sur la surface lisse, action que la demoiselle à chevelure rosée exécutait elle aussi toutefois moins en finesse. Elle ne dégagea ses iris lumineux de l'omniprésence du mur sans couleur qu'au son de la voix claire de sa collègue de recherche de fissure, lorsque cette dernière émit le souhait de faire partie des quatre Fantastiques. Awh, Derdrès passait trop de temps à regarder des films sur son ordi, il fallait vraiment qu'elle pense à arrêter de tout référencer au cinéma /SBAM/... Sur ce coup-là, elle ne pouvait pas faire grand chose, faire une chimère moitié humaine moitié Malabar n'était pas dans les cordes de la jeune femme. Soudain, une possibilité fit irruption dans ses réflexions embrumées, alors qu'elle se demandait quelle taille de boulon serait la plus adaptée à de petits moteurs. À défaut de patins mécaniques...

« Heuu... Eileen, tu as déjà fait de la moto ? Parce que faire des boosters à partir de rien, ça peut prendre un peu de temps mais utiliser une motocross, ça c'est pas dur... J'ai la mienne chez un ami, ça te dirai d'essayer ? »

Ce n'était pas dans les habitudes de cette amoureuse des machines de proposer à quelqu'un qu'elle ne connaissait pas plus que ça de se servir de l'un de ses précieux engins. En fait, le reste du temps, elle ne laissait personne s'approcher de trop près de ses "bébés" -oui, bonjour la mentalité, je sais- outre un mécano qu'elle aimait bien et éventuellement une copine perfectionniste qui savait ce qu'elle risquait en tripotant sa mécanique.


[désolée, c'est très nul mais j'étais en pleine crise de flemmardise, je me rattraperai au prochain post ♥]

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MessageSujet: Re: Liberty is OPIUM • Eileen Adams   Mar 22 Nov - 20:15

    Derdrès compléta sa phrase, en ajoutant « Ou avoir un pouvoir de lévitation éventuellement ». Ce qui se révélait être une très bonne idée ! Pendant un micro seconde, Eileen s'imaginait voler -ou léviter, peut importe, ça revenait au même pour elle- tout au dessus de cette prison infernale où elle s'amuserait à flotter autour de cette barrière invisible, pour tester le moindre accroc, l'esquinter davantage et pouvoir enfin retrouver la liberté qu'elle aimait tant. Retrouver son père. Puis, se mettre à voler à voler au dessus de toutes les grandes villes, pour admirer le monde d'en haut, et se délecter de la masse uniforme de fourmis qui grouillerait dans toutes les rues, avenues, ruelles, à la recherche de la moindre miette de pain pour satisfaire leur Reine.

    Revenant à la réalité, Eileen remarqua des ongles colorés près de ses mains. Derdrès se joignait elle de nouveau à la partie ? Peut être que la brunette avait casé les mentalistes trop vite dans des cases. Après tout, ils n'étaient peut être pas tous des petits soldats endoctrinés dans un système fasciste les guidant à s'arracher leur énergie pour nourrir deux directeurs machiavéliques qui se servaient de fausses allures d'anges pour les berner. Peut être que certains s'étaient juste accommodés du système, habitués à vivre ainsi, mais ayant leur propre façon de penser. Derdrès semblait faire partie de cette deuxième catégorie de mentaliste, et ce n'était pas pour en déplaire à la jeune oubliée qui ne pu s'empêcher d'arracher un sourire à ses lèvres habituellement crispées en un rictus amer.

    Le silence commença s'installer entre les deux camarades d'infortunes qui ne semblaient plus vraiment chercher une quelconque faille à la barrière invisible. Si tenté que cette « barrière » en soit bien une. Peut être était-ce encore le fruit d'un lavage de cerveau provoqué par les deux puissants mentalistes de tête qui tenaient à garder leurs petites souris de laboratoire bien enfermée dans ce trou à rat. Eileen fronça les sourcils à cette idée. Si ça se trouve, il n'y avait vraiment pas de paroi invisible, et il aurait juste fallu qu'elle se concentre pour sortir de ce monde imposé. Était-ce un rêve, genre Inception dans lequel on la contrôlait malgré elle ? Un frisson parcourut l'échine de la jeune femme. Décidément, elle avait une imagination débordante aujourd'hui.

    Croisant le regard azuré de la mentaliste, Eileen s'arracha à ses doux songes désastreux. La jeune fille rosée proposa même de bricoler des rollers pour pimenter l'idée loufoque de l'oubliée. Décidément, pour une fois, le sort avait trouvé à la brunette une personne aussi étrange qu'elle ! Que Dieu bénisse ce heureux hasard. Enfin, si tenté que ce vieil homme barbu existe, évidement. Sinon, autant remercié la brindille d'herbe qui se trouvait aux pieds des deux jeunes femmes. D'ailleurs, Derdrès sembla s'arracher à ses pensées pour demander à Eileen si elle avait déjà pratiquer de la moto. … De la moto ?! Le reste de la phrase se muta en un charabia assez spécial que seule celle qui le prononçait semblait comprendre. Enfin, la brunette réussit quand même à comprendre « J'ai la mienne chez un ami, ça te dirait d'essayer ? ». A cet instant là, les yeux de l'oubliée durent ressembler fortement à quelque chose se rapprochant de la grenouille choquée. … Vous imaginez un peu le truc là ? Improbable. Tout autant que la question de la fille aux cheveux roses quoi.

    « Euh, faudrait voir je suppose. J'ai pas vraiment eu le temps d'essayer ce genre d'engin en fait avec mon père...


    Eileen se retint de justesse de se mettre à trop parler de sa vie d'avant. Déjà, elle n'avait pas l'habitude de parler d'elle autant en profondeur … Et puis, deuxièmement, elle ne se voyait vraiment pas le faire à la première personne sympatoch' qui se présentait à elle. Et troisièmement, elle se voyait VRAIMENT PAS ennuyer Derdrès avec des histoires passées. Les mentalistes, ils ne devaient pas tous comprendre le sens du mot « famille » quand ils passent leur vie enfermée dans une prison comme Mystic Hall.

    « Disons que le seul engin que j'ai du conduire dans ma vie … A part les trottinettes et les ânes … C'est une moissonneuse batteuse. Mais j'ai bien réussi quand même. Elle était toujours entière quand je suis sortie. »


    Expliqua t-elle, limite fière d'elle. Bon, il est vrai qu'elle avait pourri tout un champs, détruit un arbre et saccagé toutes sortes de plantation … Mais l'engin n'avait rien eu du tout ! Et ça c'était l'importance, non ? Un sourire plutôt fier se dessina sur les lèvres d'Eileen. Un sourire à la fois fier et traduisant une certaine dose d'auto dérision. Après tout, il fallait réussir à rire de tout … Enfin presque...
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MessageSujet: Re: Liberty is OPIUM • Eileen Adams   Sam 3 Déc - 16:30



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Sans qu'elle ne puisse exactement l'expliquer, Derdrès Jensen ne s'était jamais sentie ni vraiment libre, ni vraiment emprisonnée en l'enceinte du manoir. Comment peut-on regretter un univers et un quotidien que l'on a jamais connu, et auquel on ne s'est jamais vraiment intéressé ? D'une part, elle se satisfaisait du rayon d'action qui lui était accordé, qu'elle voyait comme suffisant. Après tout, elle pouvait se déplacer comme elle le souhaitait aux heures qui l'enchantaient sans se sentir observée ou contrôlée, et les règles instaurées n'avaient jamais été très difficiles à contrer lorsqu'elles ne l'arrangeaient pas. De l'autre, elle avait parfaitement conscience de la petite frustration discrète solidement ancrée dans ses tripes, lorsqu'elle se retrouvait face aux frontières de cette cage dorée, et qu'elle savait bien qu'un tout autre monde l'attendait de l'autre coté. Depuis quelques temps, ou même années déjà, la jeune femme aux cheveux roses percevait les choses à travers l'optique d'une liberté entravée, dont elle s'échappait maille après maille, lentement certes mais avec une conviction à toute épreuve. Se débattre furieusement comme avait probablement fait sa compagne au début ne serait d'aucune utilité, sinon de lui imposer d'avantage de liens afin de s'assurer de sa captivité, et de l'épuiser pour rien. Derdrès préférait attendre sagement que son heure vienne, se contentant jusque là de garder ses théories pour elle, profitant de tout ce qu'elle pouvait tirer de cette prison aux airs de conte de fées. Le tout était de saisir la perche lorsqu'elle se présenterait à elle, si bien entendu elle apparaissait un jour. Si ce n'était pas le cas, la demoiselle se la créerait toute seule, au moment le plus opportun, au moment où elle se saurait assez forte pour ne plus être retenue. Ce n'était à l'instant pas le cas malheureusement, elle n'envisageait même pas de pouvoir retourner au monde, mais si cependant elle pouvait aider Eileen à y accéder, ou même à lui rendre l'attente plus acceptable, elle y travaillerait volontiers.

Pour l'heure, les possibilités étaient limitées. Il serait sans doute difficile de dénicher quelqu'un de doué du don de lévitation en comptant uniquement sur le hasard. Une absence de motivation se fit brièvement sentir chez les deux jeunes filles, toutes deux tournées vers leurs pensées elles-mêmes centrées plein nord sur l'étude de la barrière aussi invisible que matérielle. Enfin, celles de Derdrès avaient quelque peu déviées sur la satisfaction qu'elle ressentait à avoir enfin réussit à assouplir en un sourire les lèvres auparavant rigidement closes de la petite brune. Maintenant, le tout était de persévérer dans l'amélioration de ce contact assez encourageant. Sous ses longs cheveux roses et son cerveau de déviante, elle comptait bien essayer de changer un peu la vision qu'avait Eileen des Mentalistes, de lui montrer que tous n'idéalisaient pas le système dans lequel ils étaient enroués, et que mine de rien, certaines personnes incluses à ce groupe valaient vraiment la peine d'être connues. Tout en répondant qu'elle ne s'était jamais vraiment essayée aux engins à deux roues et à moteurs, la jeune Oubliée laissa entendre qu'elle avait eut, à défaut peut-être d'avoir toujours, une famille dans sa vie d'avant. Information que Derdr' nota presque malgré elle, habituée à capter tous les petits détails qui pouvaient lui être utiles dans sa petite existence. Sa compagne n'avait pas l'air de s'apparenter à la classe des personnes enclines à parler d'eux-mêmes de façon naturelle. Enfin, la demoiselle aux cheveux roses savait mieux que personne que les airs ne signifiaient pas grand chose, elle-même était une personne très extravertie et il était pourtant rare qu'elle laisse filtrer volontairement sa vision du monde ou ses pensées.

Un sourire se dessina sur les lèvres fines de la Mentaliste, lorsqu'elle imagina Eileen aux prises avec les énormes commandes d'une moissonneuse. Elle si fine et si délicate -c'était ainsi qu'elle la percevait- au volant de cet amas de fer aussi monstrueux que bruyant -elle n'aimait pas les machines agricoles... Elle prit un ton amusé :

« Que l'engin s'en sorte indemne, ça ne m'étonne pas, mais tu as détruis combien de villages, provoqué combien d'infarctus de pépés et mémés et autres trucs du genre ? C'est pas des masses maniables comme mécanismes ! »

Elle disait ça mais après tout, n'était-il pas fréquent de voir de très jeunes enfants conduisant le tracteur du papa ? Elle ne s'était jamais informée sur le sujet mais il lui semblait que la loi était assez souple à ce propos, bien qu'elle-même désapprouve ce qu'elle jugeait comme un manque de sérieux. Toujours était-il que pour l'heure, elle avait de plus en plus envie d'abandonner ses palpations qu'elle pressentait comme plutôt inutiles au profit d'une petite séance de voltige à moteur. Ou d'initiation plutôt, ce serait sans doute préférable si Eileen n'avait jamais tripoté de moto de sa vie. Derdrès pesa le pour et le contre pendant quelques minutes, s'étant immobilisée, ses paumes à plat sur la surface lisse du mur, avant de brusquement tourner les talons, ses longs cheveux roses épousant son mouvement, lançant à la jeune fille un rapide « Attends moi, je reviens dans dix minutes ! » avant de partir en courant.

Le trajet jusque le garage était moins long que celui qui menait jusque le pensionnat, elle y serait rapidement et reviendrait encore plus vite grâce à la fée technologie. Ses foulées étaient vives et aériennes, on voyait bien qu'elle avait l'habitude de se déplacer à vive allure, elle émergea de la forêt et s'engagea sans hésitation sur le petit chemin de pierre qui allait la mener à son royaume. Il n'y avait personne lorsqu'elle y pénétra. Elle se dirigea directement sur l'un de ses petits engins privilégiés, une 50 légère et facilement manipulable, aux performances limitées mais sûre pour une débutante. Elle ne l'utilisait que rarement, lorsqu'elle voulait faire un petit cross ou un petit trajet, et y préférait d'ordinaire une vraie motocross équipée pour les sensations ou la confortable Harley qu'elle avait elle-même restaurée. Elle se passerait d'embarquer les casques pour cette fois-ci, les deux jeunes filles n'allaient pas non plus tenter les cascades du Ghost Rider, mais en revanche, un pantalon s'imposait aux petites jupes. Elle supposa que sa taille valait à peu près celle d'Eileen, même si elle devait avoir les hanches un peu plus larges. Derdrès ouvrit en grand les portes du garage, fit sortir sa petite motocyclette, attrapa au vol deux pantalons de cuir noir -la petite Oubliée allait sans doute aimer- et enfourcha la machine qu'elle fit vrombir sans plus tarder en direction des arbres dont les cimes se profilaient non loin...

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MessageSujet: Re: Liberty is OPIUM • Eileen Adams   Dim 11 Déc - 15:49

    Machinalement, Eileen commença à enrouler une mèche de cheveux autour de son index gauche. Son père avait eu pour habitude de se moquer gentiment d'elle quand elle faisait ça. C'était une sorte de tic qu'elle avait chopé d'on-ne-sait-où, et qui avait le don de la suivre depuis ce temps. Généralement, elle faisait ça quand elle réfléchissait ou quand elle était gênée. Actuellement, c'était plus par réflexion que par gêne. Elle se demandait comment elle pouvait bien sortir de cette prison. Elle ne s'était jamais posée réellement la question, se contentant de façon tête baissée. Elle cherchait une faille, essayait d'en créer une de façon bourrine. En fonçant dans le tas, en s'écorchant les doigts à coup de couteaux balancés dans le vide... Tous les moyens avaient été bons pour lui permettre une ouverture même infime. Une fois, la jeune femme était retournée à Mystic Hall, couverte de sang et de bleus. Cela ne faisait que deux jours qu'elle était arrivée. Comme quoi il ne fallait pas attendre longtemps pour que la brunette fasse apparaître son mécontentement. A défaut de s'attaquer à de parfaits inconnus qui n'avaient pas forcément demander quelque chose -comme le personnel ou les autres prisonniers-, Eileen s'attaquait à la barrière. La vraie responsable de son isolement. Bon, il est vrai que par moment, il lui était arrivé de s'en prendre à des innocents … Mais parfois ils cherchaient. Avec leur mine de premier de la classe, et leur morale d'abrutis demeurés. « Tu ne devrais pas faire ça, essaie de voir les bons côtés ».

    Eileen a très vite compris qu'il y avait des cases dans lesquelles étaient rangés les personnes. Il y avait les directeurs. Il y avait les petits chiens galeux élevés comme des soldats appelés « mentaliste ». Puis les erreurs de la nature, ceux qui ont la marque sans avoir de pouvoirs, les « Exclus ». Et puis, aussi une espèce de police débile. Puis les gens comme elle. Les « Oubliés ». Et à vrai dire, c'est bel et bien de préjugés qu'elle se nourrit pour mettre les gens dans ses cases. Jusqu'à maintenant, cela avait toujours bien marché. Puis il y a eu Derdrès. Cette mentaliste, avec des cheveux roses, et des manières tout à fait improbables pour son groupe, qui était arrivée et l'avait aidée à tenter une sortie. Peut être qu'elle aussi voulait respirer ? Malheureusement, une vague de démotivation se fit sentir entre les deux jeunes femmes. Eileen posa un regard interrogateur sur la Mentaliste, dans l'espoir qu'un éclair lumineux traverse son regard bleuté … Rien. Par contre, un sourire amusé s'était dessiné le long de ses lèvres. Elle semblait s'être faite une image mentale de la situation que l'Oubliée avait brièvement décrire, et semblait plutôt amusée. Ses propos ajoutèrent une pincée d'amusement dans les yeux marrons de la brunette qui retint de laisser échapper un petit rire. Après tout, elle n'était pas quelqu'un de hyper expressif, et ne comptait pas réellement s'emporter sur ce genre de démonstration qu'elle jugeait futile.

    Soudain, l'éclair qu'Eileen voulait voir dans le regard saphir de Derdrès pointa le bout de son nez. La motivation qui avait quitté le corps de l'Oubliée resurgit des profondeurs de son être, prête à faire n'importe pour avoir une quelconque base solide pour une évasion. Ou pour s'amuser un peu, à défaut de pouvoir faire les quatre cents coups ailleurs que dans Mystic Hall. Au moment où la brunette ouvrir la bouche pour parler, la Mentaliste prononça un rapide « Je reviens » en commençant à partir. Pendant un instant, Eileen fut tentée de la suivre en courant … Mais elle ne se voyait pas vraiment la poursuivre une nouvelle fois. Alors elle se contenta de regarder la tignasse rose s'éloigner dans la forêt sombre. Quel étrange personnage ! Pendant un court instant, la brunette se mis à se demander quelque chose à laquelle elle n'avait jamais songé … Et si Derdrès lui apparaissait gentille et compagnie uniquement à cause de son don ? Après tout, ce « pouvoir » lui permettait, à c'qui parait, d'attirer la sympathie de n'importe qui. Voir plus si affinités, selon les caractères de chacun. Ou quelque chose dans ce goût là. Ce qui expliquait beaucoup de chose quant à la vie mouvementée qu'à eu l'Oubliée avant de se faire « capturer ». Pourtant, aussi loin qu'elle pouvait s'en souvenir, elle le sentait quand son « don » était activé … Et il ne lui semblait qu'il l'était actuellement.

    Eileen s'était sans doute penché trop longtemps dans ses pensées, car ce furent des vrombissements qui la ramenèrent à la réalité. Assise sur un rocher, elle se redressa pour regarder ce qui arrivait de cette façon. Scrutant les horizons, elle distingua très rapidement la provenance de ce brouhaha. Puis elle reconnut la chevelure rose qui flottait au vent de Derdrès. Un sourire amusé se dessina sur les lèvres de la jeune oubliée. Ainsi elle était partie chercher une moto ! Ou peut importe le nom de cet engin. Motocyclette ou moto quelque chose. Dans un dérapage plutôt maitrisée, la Mentaliste « gara » son engin à un mètre même pas de l'Oubliée et lui balança … Un truc noir non identifié. Eileen aurait surement eu le réflexe de se baisser en temps normal, mais là, elle se contenta de le choper au vol et de l'inspecter. C'était une espèce de pantalon noir. En cuir. Bref, c'était la classe. Un sourire illumina le visage de la brunette qui retira ses bottes, enfila l'habit et fit en sorte que sa robe ressemble plus à un pull qu'autre chose. Bon, la dégaine totale devait être risible mais Eileen s'en foutait pas mal. Vu le temps qu'il faisait, peu de gens devaient trainer dehors. Et encore moins dans cette forêt. En fait, il n'y avait probablement qu'elles deux pour se permettre de telles « folies ». Enfin, ce que les autres jugeraient comme ça mais qui pour la brunette n'en était pas réellement.

    S'approchant de la moto, et donc de Derdrès par la même occasion, Eileen analysa la bête. Elle n'avait pas eu souvent l'occasion de voir beaucoup de moyens de transports dans sa vie. Son père a toujours préféré voyager à pieds, à cheval ou encore en train. Les voitures, les motos, pas vraiment. Pas du tout en fait. Si la jeune femme eu un jour l'occasion d'en chevaucher une, c'est parce que l'une de ses conquêtes en avait une et était très pressée de passer à l'acte. Et ce n'était pas totalement désagréable. De voyager sur une moto, je veux dire. Passons. Levant son regard de l'engin pour le poser dans celui de Derdrès, elle pu noter qu'elle avait vêtu le même pantalon qu'elle.

    « Sympa ta bestiole. T'en as combien des comme ça ? »


    Eileen s'imaginait déjà la petite Mentaliste entourée de millions de motos, de toutes les couleurs, limite à en vendre au marché noir. Un demi sourire amusé se dessina sur les lèvres de l'Oubliée à cette pensée. Décidément, c'est à croire que Derdrès avait le même « don » qu'elle et l'avait activé de façon à ce qu'Eileen sourit tout le temps. Vraiment tordu. Mais possible ?
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