• Hey guy, sky is over | PV Leonard •
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Psychique, entrez dans le monde de Mystic Hall, où seuls les détenteurs de la Marque connaissent votre secret.
 

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 • Hey guy, sky is over | PV Leonard •

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Mentaliste
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MessageSujet: • Hey guy, sky is over | PV Leonard •   Mer 5 Oct - 18:00

    ~ Sky is singin' ~


    Un grand soleil, des arbres teintés de couleurs automnales, un ciel clair. Une jolie journée d'octobre que ce mercredi, en somme. Une journée parfaite pour sécher. D'un pas vif, Holly avançait donc à travers Mystic Hall, zappant par la même occasion son cours de mathématiques. Elle aurait dû être d'excellente humeur d'avoir réussi à échapper à une leçon aussi barbante. Pourtant, un petit air maussade ne quittait pas ses lèvres depuis maintenant plusieurs minutes. Elle n'avait pas été la seule à songer qu'il serait bon d'oublier un peu les études, et elle avait les oreilles bourdonnantes de pensées parasites. Un avant-goût des dites réflexions environnantes ?

    * Salope !
    - Va crever, ordure...
    - Tiens, c'est pas celle qu'a donné un coup de poing à sa sœur, la brunasse ? *


    Hm. Pas de doute, la jeune fille savait se faire apprécier. Bref, autant dire que même si elle était relativement habituée à ce genre de remarques, elle ne les aimait pas particulièrement. Et cette fois, elle ne pouvait même pas compter sur l'appui de ses prétendus amis pour aller remettre tout ce joli monde à leur place. Elle aurait adoré hurler qu'elle les détestait tous, ces sales crétins qui n'étaient bons qu'à lui pourrir la vie. Ces idiots qui n'essayaient même pas d'être ses amis. Mais dans l'immédiat, elle ne pouvait pas agir sans passer pour une timbrée. Vraiment, la vie était injuste, et moche, et cruelle. Affreuse. Courroucée, la demoiselle accéléra la cadence pour fuir loin de toute cette agitation muette. Sa gorge se serra. Il lui arrivait de maudire son don, lorsqu'elle n'arrivait pas à le maîtriser correctement. Elle se sentait tellement impuissante dans ces moments-là. Cette impression de perdre le contrôle... Si terrifiante, si angoissante. C'était comme tomber dans le vide. Comme voir le monde disparaître autour de soi, pour se rendre compte qu'en réalité c'est nous-même qui devenons ectoplasme. C'était aussi une occasion pour Holly de se confronter à ses peurs. Et elle n'en n'avait pas le moins du monde envie. Un frisson glissa le long de son échine.

    Telle une ombre, elle fila loin des jardins, dépassa le parc d'attraction où des gosses s'amusaient en criant, ignora le cinéma proclamant les réductions du jour. Elle voulait aller loin, très loin. Elle voulait être seule, elle voulait oublier qui elle était, elle voulait faire semblant de pas être une horrible personne que tout le monde détestait. Elle voulait être une jeune fille normale, juste le temps d'un instant. Après, elle pourrait retrouver son masque d'ironie et reprendre les insultes à la volée comme elle savait si bien le faire. Après, elle pourrait redevenir celle que tout le monde connaissait. Sans réfléchir, l'adolescente se mit alors à courir. Ses baskets allèrent frapper le sable de la plage de plus en plus vite. Son souffle se fit court, sa vision se troubla. Un gamin assis près de l'eau l'observa curieusement, elle n'eut même pas le courage de le fusiller du regard. Elle se contenta de poursuivre sa route, visant l'immense tour se profilant à quelques mètres de là. Un endroit calme. Elle n'y avait jamais mis les pieds, mais elle n'en doutait pas. Qui pourrait-il y avoir dans un lieu comme celui-ci ? Les Directeurs avaient d'autres choses à faire. Le Veilleur ne lui prêterait aucune attention. Essoufflée, elle poussa donc la porte vitrée avant de monter les marches quatre à quatre, direction le sommet. Ça ne servait à rien d'aller dans une tour si c'était pour rester en bas, vous comprenez ?

    Cent cinquante-deux marches plus tard.

    Boum. Ceci est le bruit que fit Holly en s'écroulant, morte de fatigue. Elle avait sans aucun doute légèrement surestimée sa puissance cardiaque, et là on pouvait tout juste s'empêcher de s'étonner qu'elle n'ait pas claqué en chemin. Bien sûr, elle aurait pu s'arrêter au milieu de l'escalier. Mais ce n'était pas son genre. Trop fière pour ça. Du coup elle s'était évertuée à continuer sa route. Pour finir par s'étaler comme une loque à l'arrivée. Et nous parlions bien de fierté un peu plus tôt, hm. Les mains sur le ventre, la demoiselle gémit faiblement avant de se relever péniblement. Il ne fallait pas qu'elle reste comme ça. Un court instant, la pièce sembla tourner sur elle-même et la jeune fille dû se retenir au mur pour ne pas retourner dire bonjour au sol carrelé. Et se payer une belle bosse par la même occasion. Bon sang, elle devait avoir l'air fine. Vu de l'extérieur, elle aurait aisément pu passer pour une idiote complètement défoncée. Sauf qu'elle ne l'était pas, vu qu'elle avait peur des seringues, des pilules à avaler, des médicaments, et des boissons trop alcoolisées. Mais ceci reste entre nous, bien entendu. Respirant à fond, Holly ferma les yeux et essaya de se rappeler ce qu'elle fichait ici exactement. Avant de se rappeler qu'il ne fallait pas qu'elle se rappelle ce dont elle essayait de se rappeler. Oublions, donc. Elle était juste là, sans raison, et ça suffisait.

    Avec prudence, elle avança de quelques pas. De grandes fenêtres baignaient de lumière le palier circulaire. Elle voulait voir. Juste un peu, ressentir l'immensité devant ses yeux. Un pas de plus. La vitre la plus proche était à cinquante bon centimètres. Son regard n'arrivait pas à se décrocher du vide. Elle avança la main, qui vint heurter la surface froide, la retenant de la chute quelques grands mètres plus bas. Une sécurité. Quelque chose l'empêchant de perdre pied. Finalement, un souffle unique s'échappa d'entre ses lèvres.

    « … Wow. »
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Sibyllin
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MessageSujet: Re: • Hey guy, sky is over | PV Leonard •   Mer 5 Oct - 21:44

It was a beautiful day, indeed

En temps normal, Leonard Keyes ne rêve pas. Ses petites pilules de bonheur inhibent également les cauchemars, les mauvais rêves et les angoisses nocturnes. Son sommeil ressemble à un coma, profond et insensible dont le réveil est souvent une épreuve douloureuse…jusqu’à ce qu’il se jette sur les petites pilules roses, soigneusement posées à côté d’un verre d’eau, sur la table de nuit.Sweet salvation. Cette nuit là, il avait eu du mal à trouver le doux sommeil réparateur. Il ne pouvait pas s’empêcher de penser à Holly Shepherd, à quel point elle mettait son secret – et donc son existence en danger. A quel point il avait été légitime qu’il la fasse taire. oui légitime, il se le répétait ce mot sans cesse, y trouvant probablement une excuse satisfaisante. C’était nécessaire. Non, vital. Ce masque souriant était le seul qu’il avait, Len ne pouvait pas se permettre de le perdre à cause d’une petite écervelée qui parvenait à lire les pensées. Mais si c’était vrai alors….pourquoi avait-il l’impression d’avoir mal agi ? Pourquoi n’arrêtait-il pas de repasser cette scène dans sa tête, ad nauseam ? Pourquoi ? Seul le silence accusateur de sa chambre pouvait lui répondre. Le jeune homme finit par s’endormir, sans avoir pu résoudre son dilemme.

Le lendemain matin, Leonard avala sa petite pilule au réveil, mais ses soucis ne s’envolèrent pas pour autant. Etrange…Serait-ce un cas de culpabilité sévère ?? De toute façon il n’avait pas le temps pour ça. Il enfila ses vêtements rapidement. Un pull à col roulé noir, contrastant avec un pantalon en toile de type parachute avec des poches partout. Bref, cela lui faisait une silhouette déséquilibrée. Quelle importance ? Il devait de toute façon se couvrir avec cette cape, noire et longue, qui donnait aux sybillins un air un peu trop révérencieux selon lui. Sans compter le fait qu’on peut se prendre les pieds dans l’ourlet de cette même cape, ce qui ne vous donne pas l’air plus malin. Leonard se regarda fixement dans le miroir et s’adressa un sourire, aussi faux qu’un top model pour dentifrice avant de rabattre la capuche sur la moitié de son visage. La journée commençait par la ponction d’énergie, ensuite, lui et Ren’ se séparaient pour faire une petite ronde dans le bâtiment principal, histoire de vérifier qu’aucun oublié ne leur avait réservé une petite surprise au détour d’un couloir. Ce qui arrive assez souvent en fait. Len ne comprendrait jamais les oubliés, c’était un fait. Ils étaient trop différents.
La journée aurait pu continuer tranquillement, comme d’habitude, si seulement le jeune homme n’avait pas Holly en tête. Elle était cachée là, dans un recoin de sa conscience depuis ce matin. Toute petite au départ mais impossible à déloger. Tenace…comme une mauvaise herbe. Comme un mauvais souvenir qu’on ne peut pas effacer à coups d’antidépresseurs. Quand il s’était sourit dans le miroir, c’était elle qui le narguait. Il en était sûr. Alors il avait vérifié son horaire, rien de plus facile quand on peut maîtriser sa présence dans une pièce et se faire disparaître aux yeux des autres. Elle était censée avoir cours de mathématique ce matin. Et si il allait vérifier ? Ca ne serait qu’un petit détour, qu’un tout petit détour dans un autre couloir…

Avant d’avoir pu prendre cette décision, Leonard se retrouva comme par magie devant la dite classe de math. Juste un coup d’œil par la vitre et il saurait. Il saurait quoi ? Que cherchait-il à savoir ? Si ses menaces avaient fonctionnées ? Ou si elle allait bien ? Il était incapable de le définir lui-même. Qu’est ce qui lui arrivait soudainement ? Etait-ce…les remords ? Pourtant, il devait s’assurer qu’elle ne divulguerait rien à son sujet. C’était primordial. Alors, il jeta un coup d’œil par la vitre et balaya la classe du regard. Pas de Holly Shepherd. Dammit ! Où était-elle passée ? A quoi jouait-elle ? Len s’arrêta un moment pour rassembler ses pensées et réfléchir. Il devait la trouver. Pour s’assurer qu’elle garderait sa langue, se convint-il. Où irait un étudiant qui sèche les cours ? A la plage peut-être ? Sans réfléchir davantage, il se précipita là-bas. Sur le chemin, ses remords vinrent le hanter. Et s’il y avait été trop fort ? S’était-il montré injuste ? D’après ses souvenirs, il avait fait preuve d’une certaine violence envers elle, une violence qu’il n’avait jamais utilisé sur personne d’autre…That was so…unlike me.Ce ne pouvait pas être lui, le vrai lui…si ? A force d’être quelqu’un d’autre on finit par se perdre soi-même. Et devenir quelqu’un d’autre. Un inconnu.

Leonard faisait face à la plage. Il n’y avait pas de vagues, puisqu’il ne s’agissait que d’un lac et pas de la mer. La plage était presque déserte. Pas de Holly. Où avait-elle bien pu se cacher ? Soudain, une idée le fit frissonner. Il n’avait pas été aussi loin que ça quand même ? Pas à ce point là… ? Maintenant que le doute s’était installé, il devait la retrouver. Len s’approcha d’un enfant qui jouait dans le sable. Il s’abaissa à sa hauteur et lui adressa un large sourire.

« Hey, dis-moi que fais-tu ici ?
« Je construis des châteaux de sables ! Ca se voit non ? »
, dit-il avec fierté devant un tas de sable boueux et informe.
« Ah oui ! Il est vraiment génial ! », répondit le sybillin avec enthousiasme plus vrai que nature. « Est-ce que tu pourrais m’aider ? Je cherche quelqu’un… tu n’aurais pas vu cette fille ? »


Le jeune homme fit apparaître une illusion d’Holly à ses côtés. A peu de choses près, la ressemblance était parfaite. Le gamin leva des yeux ronds vers elle avant de se remettre patiemment à son œuvre architecturale.

« Ah si. Elle courrait par là », dit-il en indiquant une direction de sa pelle en plastique encore sale. « Elle avait l’air bizarre. »
« Ah, merci beaucoup ! »
, Leonard se releva, tout sourire. « Bonne chance avec tes châteaux de sable ! »

Le jeune garçon lui avait montré la direction de la tour d’acier. Quel drôle d’endroit pour aller sécher les cours…Peu importe il devait l’inspecter et retrouver cette jeune fille coûte que coûte. Alors qu’il montait progressivement l’infernal escalier en colimaçon de la tour, Len se demanda de nouveau pourquoi c’était si important qu’il la retrouve. Il s’arrêtait net au milieu de l’escalier. Comme frappé par la foudre. En réalité plus il montait, moins il avait de certitudes. Si Holly Shepherd se trouvait bien là-haut qu’allait-il faire ? Qu’allait-il dire ? S’assurer de son silence en la menaçant une fois de plus. Non. Non. Une souvenir douloureux lui revint à l’esprit. Le souvenir d’un homme qui portait ses menaces à exécution. Non, oublie ça Leonard. C’est du passé.I won’t become like him. Alors qu’allait-il faire ? S’excuser ? Peut-être, cela lui ressemblait déjà plus. Avec de la chance cela marcherait. It will work out. I’m sure of it. Il se remit à gravir les marches, lentement. Jusqu’à ce qu’il atteigne le sommet de la tour.

Comme prévu, Holly se trouvait là. Elle était collée à une des vitres et observait soit l’horizon, soit le sol, si loin vu d’ici. Elle ne s’était probablement pas encore rendu compte de la présence du sybillin dans la pièce. Le silence était lourd, presque sacré et pourtant c’était à Leonard de le briser.

« Alors, on fait l’école buissonnière ? »

Il avait dit cela sur un ton très doux et affichait toujours un petit sourire derrière sa capuche qui laissait juste paraître le bas de son visage. Le jeune homme avança de quelques pas vers la fenêtre. Bien sûr il s’attendait à ce qu’Holly s’écarte comme s’il s’agissait d’un lépreux ou d’un monstre.Whatever.

« La vue est impressionnante d’ici, n’est-ce pas ? Tout semble si loin…Et le corps n’est séparé du vide que par quelques millimètres de verre. », ajouta-t-il d’une voix presque lointaine.

Leonard avait déjà songé à se laisser aller dans le vide. Ca aurait pu être une belle mort. La beauté de la chute. Comme la chute de Lucifer ou celle des hommes et du paradis perdu. Ensuite il se rendit compte de ce qu’il venait de dire. Et que cela pouvait sonner assez différent dans la bouche d’un mec bizarre qui pourrait menacer une jeune fille. Il se retourna aussitôt vers la jeune fille, toujours aussi souriant.

« Euh…Je ne voulais pas que ça ait l’air d’une menace… Ahahaha»

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Mentaliste
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MessageSujet: Re: • Hey guy, sky is over | PV Leonard •   Ven 7 Oct - 17:56

    Le silence, épais, rassurant, aurait dû durer toujours. Il aurait dû s'étirer à l'infini, jusqu'à ce que Holly se réveille et se décide à partir de la tour, pour reprendre sa vie là où elle l'avait laissée. Il aurait dû rester parfait, intact. Pourtant, quelque chose fit qu'il se brisa. Quelqu'un. Une voix s'éleva dans l'atmosphère rêveuse de la pièce, un ton serein, doux, inimitable. Un ton que la jeune fille pourrait reconnaître entre mille.

    « Alors, on fait l’école buissonnière ? »

    D'un seul coup, elle tourna la tête. Une forme sombre se tenait au pied de l'escalier. Une silhouette filiforme, recouverte d'une cape noire. Un unique sourire dépassait du visage presque entièrement caché. Pourtant, il ne faisait aucun doute de l'identité du nouvel arrivant. Leonard Keyes. Les yeux de l'adolescente se plissèrent, et en le voyant s'approcher d'elle, elle ne put retenir un mouvement de recul. Qu'est-ce qu'il faisait ici, celui-là ? Il ne fallait pas qu'il l'approche, plus jamais ! C'était un tyran, un menteur, un manipulateur ! Comme toi, non?
    Ta gueule, conscience à la con.
    Il lui avait fait du mal. Il lui avait montré des choses affreuses, l'avait confrontée à ses peurs comme s'il les connaissait. Sauf qu'il ne devait pas les connaître, seul Jude le pouvait. Il avait juste pioché au hasard dans une liste d'idées effrayantes, et était tombé pile à chaque fois. Bingo, bingo, bingo. Encore et encore, comme une malédiction. Tout ça pour protéger son fichu secret. Tout ça pour la faire taire. Pour l'empêcher de divulguer le fait qu'il n'avait rien d'un bonhomme souriant et joyeux comme il en donnait l'impression au monde l'entourant. D'un air crispé, la demoiselle alla se coller contre la paroi vitrée la plus éloignée. Son dos se posa sur la vitre ; elle ne lâcha pas un instant du regard l'homme au sourire étrange. Puis elle attendit qu'il poursuive. Elle ne comptait pas ouvrir la bouche de tout façon.

    « La vue est impressionnante d’ici, n’est-ce pas ? Tout semble si loin…Et le corps n’est séparé du vide que par quelques millimètres de verre. »

    La voix parut plus lointaine. Holly sentit revenir les frissons, sa gorge se noua, son cœur parut s'arrêter. Il ne la menaçait pas de la balancer par la fenêtre, quand même là, si ? Il n'oserait pas faire une chose pareille. C'était un crime ! Un meurtre ! Et puis, elle ne pouvait pas mourir d'une mort aussi stupide ! Elle était une Shepherd ! Aucun rapport avec la situation. Non, vraiment, il ne pouvait pas faire ça. Pas simplement pour garder un secret.... Qu'elle ne comptait même pas raconter tellement elle le trouvait méprisable d'ailleurs. Est-ce que ça ferait de trop si elle lui disait ? Peut-être que ça lui éviterait de finir défenestrée. A moins que ça n'accentue une pulsion de tueur en série déjà sous tension. Diantre. Quel dilemme ! Avisant les marches à quelques mètres d'elle, la jeune fille envisageait finalement l'option de la fuite pure et simple, lorsque la voix retentit à nouveau.

    « Euh…Je ne voulais pas que ça ait l’air d’une menace… Ahahaha»

    Et il souriait. Pire, il riait. Ce sale type osait se ramener, commencer à lui parler, et rire. Il envahissait son espace vital sans scrupules, sans même se demander s'il pouvait éventuellement gêner. En plus, il avait réussi à lui faire peur encore une fois, avec ses phrases débiles. Les sourcils de l'adolescente se froncèrent, avant qu'elle ne se laisse glisser le long du mur pour s'asseoir, les genoux remontés sur sa poitrine. Un soupir lui échappa, elle se sentait fatiguée. Fatiguée et énervée. Son moment de tranquillité était définitivement fichu... Par un des hommes qu'elle détestait actuellement le plus au monde qui plus est. Et elle n'avait même pas une petite idée pour s'en débarrasser sans risquer d'être envahie par des milliers d'images toutes plus cauchemardesques les uns que les autres. Résultat : elle était coincée, en haut d'une tour, loin, en compagnie de Leonard, à bout de force. Dire qu'au départ elle voulait juste sécher les maths, elle devait être maudite. Vous savez, cette théorie comme quoi on naît sous une bonne étoile ou pas ? Et bien c'était plus ou moins ça. Elle, elle avait un mauvais chakra.
    Oui, c'est une hypothèse stupide.
    C'est alors qu'au milieu du silence, un brouhaha sonore percuta l'esprit de Holly, la faisant à demi sursauter. Un amalgame de pensées en désordre, s'entrechoquant violemment. Et il n'y avait qu'une seule personne dans la salle. Forcément. Finalement, malgré sa résolution de ne pas dire un mot, la jeune fille plaqua ses mains sur ses oreilles et prit la parole d'une voix sifflante.

    « Hey ! Pense moins fort, crétin. Tu me tues, là. Ou alors organise-toi un peu, parce que c'est le bordel dans ta tête mon pauvre. »

    Tout un art, la parole. Avec une grimace, elle leva les yeux vers son interlocuteur, et le fusilla sans ménagement. Ou plutôt, elle le fusilla sans ménagement jusqu'à ce que ses idées déprimantes lui reviennent à l'esprit et la fasse redevenir aussi apte à se battre qu'un légume. Lentement, elle se laissa tomber sur la côté et ferma les yeux. Elle avait fini sa tirade, elle allait l'ignorer à présent. Et elle aurait aimé s'endormir. Pourtant, un flot de réflexions continuait à s'écouler dans sa tête, l'empêchant de se laisser aller au sommeil. Les siennes pour une fois, bizarrement. Elle ne cessait de se poser des questions. A propos de Leonard. Déjà, comment est-ce qu'il avait pu la trouver ? Est-ce qu'il la cherchait ? Et pourquoi la chercherait-il ? Ah, et d'abord, pourquoi était-il aussi aimable d'un seul coup ? Il préparait un mauvais coup, en mode infiltration amicale, comme la Team Rocket ? Ou pas...
    Enfin, ne pouvant se retenir plus longtemps, elle rouvrit en grand ses yeux outremers, sauta sur ses pieds et fila vers l'homme toujours recouvert de sa cape noir. Elle observa les lèvres fines, toujours étendues en un sourire, comme figées. Elle prêta attention à la forme de ce visage, qu'elle était sûre de ne jamais oublier. Elle se demanda une seconde s'il n'était pas sur le point de partir et si elle n'avait pas tout gâché en se relevant. Puis elle éleva la voix, d'un ton poussé par la curiosité.

    « Bon, admettons que tu ne veuilles pas m’anéantir. Pourquoi tu serais là ? »

    Et bien voilà, c'est pas si difficile de dire quelque chose sans méchanceté, Holly. Non ?
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Sibyllin
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MessageSujet: Re: • Hey guy, sky is over | PV Leonard •   Sam 8 Oct - 12:45

She stepped back. As I expected.

Qui aurait bien pu lui en vouloir ? Il ne s’était pas vraiment montré sous son meilleur jour lors de leur dernière rencontre. La dernière fois qu’ils s’étaient rencontrés, il l’avait menacé. Il lui avait montré des choses plus horribles les unes que les autres pour lui faire garder le silence. Et il savait, oui il savait à quel point ses illusions sont parfaites et complexes… Il était tout à fait légitime qu’elle réagisse de cette façon, mais Leonard n’était pas vraiment habitué à inspirer la crainte ou la terreur. En tout cas pas d’une façon aussi flagrante. Et même si Len gardait le sourire en toutes circonstances, quelque part, son comportement renforçait ses doutes et ses regrets.Et quelque part, il n’avait pas vraiment envie de sourire.
Alors que Holly allait à l’autre bout de la pièce se coller contre une vitre, comme si Leonard était un animal dangereux. Pourquoi n’avait-elle pas pris ses jambes à son cou ? Elle aurait cavalé dans les escaliers… Savait-elle qu’il irait la chercher quand même ? Où qu’elle aille ? Len n’aimait pas la terreur qu’il lui inspirait. Il avait l’impression de revivre les mêmes choses qu’avant sauf que les rôles avaient changés. Holly devenait Leonard et Leonard devenait quelqu’un d’autre.This nightmare. Et ça le faisait se sentir sale.

Après un moment il réalisa à quel point ce qu’il venait de dire sonnait comme une menace. Quel maladroit, lui sui essayait de détendre l’atmosphère…Holly semblait de plus en plus crispée, repliée sur elle-même, comme un animal effrayé. Où était l’insolence dans son regard ? Cette arrogance qu’il avait réussi à copier dans l’illusion et qu’il avait montré au petit garçon ? Inutile de préciser que Len était un peu inquiet pour elle. Toutefois il savait qu’elle n’allait probablement pas accepter ces excuses et ses marques d’attention aussi facilement. Malheureusement le jeune homme n’était pas très doué pour être subtil. Le sybillin prit un moment pour réfléchir à ce qu’il pouvait bien lui dire pour lui faire changer d’avis, pour lui faire comprendre qu’il regrettait. Mais dans ce cas, qu’est-ce qui l’empêcherait de révéler à tout le monde son secret ? Une bataille faisait rage dans sa tête.What should I do ? What should I say ? Would she understand or not ? Dammit, I don’t know what to tell her, she look so much like me back then…Am I really like HIM ? I can’t believe it.I can’t stand it… Des images tourbillonent, déformées.
Holly le fit revenir à la réalité.


« Hey ! Pense moins fort, crétin. Tu me tues, là. Ou alors organise-toi un peu, parce que c'est le bordel dans ta tête mon pauvre. »

Ah oui, c’est vrai. Elle était capable de l’entendre penser. Quel fardeau quand on y pense, ça ne doit pas être agréable. Surtout dans la tête de Len’, où tout est déstructuré, déformé, où le vrai se distingue rarement du faux. De nouveau le jeune homme éclata d’un petit rire.

« Ahahaha... Pardon, je ne faisais pas attention. »

I didin’t mean to hurt you. I swear. I’m sorry.
Pensa-t-il, espérant qu’elle pourrait l’entendre.
Pourtant il ne pouvait s’empêcher de penser. Si elle était capable de lire dans ses pensées, pouvait-elle comprendre ce qu’il ressentait à son égard ? Peut-être, mais le croirait-elle ? De toute façon, elle n’aurait probablement aucune envie de se retrouver dans le bordel de sa tête. Mais au moins, elle avait fait preuve de cette petite insolence qui le rassurait. Le but du jeune homme n’avait jamais été de la détruire, et il s’en voudrait à vie si jamais il devenait responsable du malaise de Holly. Il devait aider les mentalistes, pas les enfoncer.
La jeune fille était toujours assise à l’autre bout de la pièce et Len’ n’osait pas l’approcher. Cela risquerait de l’effrayer, et c’était le contraire de ce qu’il voulait. Il voulait restaurer une confiance. Créer un lien. Désormais elle savait. Il valait donc mieux s’en faire une alliée qu’une ennemie.

Un nouveau silence s’instaura. Un silence gênant. Leonard ne savais quoi dire, ne savait quoi faire pour ne pas l’effrayer, ni la brusquer. Il osait à peine penser. Il attendait. Le croirait-elle s’il disait qu’il en voulait pas lui faire de mal, s’il demandait pardon ? Rien n’était moins sûr. Alors, il restait là, debout, avec ce sourire insupportable accroché sur son visage. Il l’observait, désolé, sans pouvoir le montrer. Alors, comme mue par une force inconnue, Holly sauta sur ses pieds, et vint se planter devant le jeune homme, une détermination farouche brûlant dans ses yeux céruléens. Bien que surpris Len’ ne fit pas un geste. Pendant un instant, elle l’observait attentivement.Like a tiny squirrel. Allait-elle le frapper ? Le jeune homme l’aurait bien mérité. Il ne bougeait pas d’un cil. Le rapprochement physique annonçait la confrontation, mais surtout, la fin de la peur. And that, was a good omen.

« Bon, admettons que tu ne veuilles pas m’anéantir. Pourquoi tu serais là ? »

Leonard esquissa un sourire encore plus large, presque malicieux.. Maintenant Holly était curieuse, plus effrayée. Peut-être pourrait-elle comprendre ses intentions ? Avec des gestes très lents, le jeune homme releva sa capuche, dévoilant son visage. Des yeux verts pâle grand ouvert, des mèches de cheveux indisciplinées de la même couleur. Après tout à quoi cela sert-il de maquer son visage à quelqu’un qui peut lire en vous comme dans un livre ? C’est tout simplement ridicule. Il n’avait plus rien à lui cacher maintenant.I wish she could read my thoughts again. She would know. Seulement il ne pouvait pas compter uniquement sur ça. Il avait foiré, c’était à lui de réparer.

« Je suis venu pour m’excuser. », dit-il en souriant légèrement, son regard plongé dans celui de Holly, comme pour prouver sa sincérité.

I mean it, seriously. Believe me.

« Ce que je t’ai fais était injuste et je le reconnais. C’est pourquoi je te demande pardon. Je n’aurai jamais dû réagir de cette façon…C’est ma faute. » Pendant quelques secondes, il cessa de sourire. « Je suis sincèrement désolé. Je n’aurai jamais dû te faire du mal. »

Il ne pouvait pas s’empêcher de se rappeler de cette scène. De cette violence. Même si cela ne se voyait pas, il en avait souffert , de cette violence et en souffrait toujours. Il ne voulait pas devenir un tyran. Il ne voulait faire de mal à personne et pourtant…Qu’est ce qui s’était passé pour qu’il en arrive là ?
Leonard pensait que cela ne la ferait pas changer d’avis. Les jeunes sont si bornés de nos jours. Mais au moins, maintenant il pouvait arrêter de s’en vouloir un peu. Non certainement pas. Il s’en voudrait toujours, comme pour te le reste. c’était entièrement de sa faute…Cela le rongerait jusqu’à la fin de ses jours, et à chaque fois qu’il aurait l’occasion de voir Holly, les souvenirs reviendront le hanter. Souvenirs de violence, atténués par des anti-dépresseurs. Peut-être allait-elle divulguer son secret à tout le monde maintenant. Si jamais c’était le cas, hé bien…Il ne lui resterait plus qu’une dernière chose à faire. Mais soyons optimistes ! On ne sait jamais ce qui peut arriver. C’est parti pour la dernière chance.

« Si tu ne me crois pas, tu n’as qu’à lire en moi. », ajouta-t-il avec un sourire confiant .

Peut-être verrait à quel point il se sentait mal, coupable. Il l’avait mérité, ça il le savait. Mais au moins…elle pourrait comprendre. Len voulait qu’elle comprenne. Il ne savais pas pourquoi mais il en avait besoin. Il avait besoin de son pardon.
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MessageSujet: Re: • Hey guy, sky is over | PV Leonard •   Mar 11 Oct - 17:41

    Ce sourire. Jamais il ne s'absentait ? Il semblait cousu aux lèvres de Leonard avec du fil d'acier. Il semblait même doté de la faculté de s’agrandir et de prendre une teinte malicieuse. Étonnant. Effrayant. Trop curieuse pour s'enfuir face à ce phénomène, Holly observa le jeune homme tandis qu'il laissait tomber sa capuche sur ses épaules, découvrant ses yeux. Ses beaux yeux verts, limpides. Des cheveux du même ton lui tombait sur le visage. L'adolescente avait toujours trouvé cette couleur bizarre, sans jamais avoir l'occasion de le faire remarquer. Sans bouger, elle le laissa réfléchir à sa réponse, utilisant des trésors d'effort pour ne pas lire dans ses pensées. Elle ne voulait pas retomber sur cette cacophonie de réflexions désorganisées et perturbantes. Elle était venue pour avoir une sorte de tranquillité qu'elle n'avait nul part ailleurs, et elle était décidée à la conserver le plus longtemps possible. Quelles que soient les difficultés à surmonter. Alors, les deux perles émeraudes allèrent se blottir dans ses yeux bleus. Et elle cessa de respirer.

    « Je suis venu pour m’excuser. »

    Haha. Il était sérieux, là ? Pourquoi gardait-il toujours ce sourire agaçant ?! Elle en avait marre. Assez de se faire mener en bateau. Elle ne tomberait pas dans un piège aussi grossier, elle n'était pas si stupide... C'était probablement un autre plan pour lui en faire voir des vertes et des pas mûres. Quoique. Ce regard était déstabilisant. Il débordait d'honnêteté à un point dingue, alors que la jeune fille mettait tout en œuvre pour se convaincre d'être froide et imperturbable. Dur.

    « Ce que je t’ai fais était injuste et je le reconnais. C’est pourquoi je te demande pardon. Je n’aurai jamais dû réagir de cette façon…C’est ma faute. » Pendant quelques secondes, il cessa de sourire. « Je suis sincèrement désolé. Je n’aurai jamais dû te faire du mal. »

    Oui, vous avez bien lu. Il cessa de sourire. Même si ça avait été infime et très court, c'était réel. Holly n'en croyait pas ses yeux. Plus surprise qu'elle n'osait se l'avouer, elle sentit sa bouche s'ouvrir, comme si elle avait voulu dire quelque chose. Mais pas le moindre mot n'arriva à franchir ses lèvres. A la place, elle se mit à analyser les dernières paroles de son interlocuteur. Une chose était sûre, il s'excusait. Et il paraissait... Regretter ? Bon sang, elle n'avait pas imaginé une seule seconde que ce gars-là était du genre à se tourmenter en remords ! C'était vraiment, vraiment étrange comme sensation. Cette impression d'être prise comme une objet fragile. Et de tenir au creux des mains la tranquillité d'une personne. Elle qui avait pour habitude de désigner du doigt, presque au hasard, ceux qui auraient une mauvaise journée, elle n'était pas certaine d'apprécier ce nouveau pouvoir beaucoup plus sérieux. Un peu nerveuse, sa main alla explorer ses cheveux, hésitant à aller fouiller dans la tête du garçon pour y voir plus clair. Il y a à peine quelques secondes, elle était sûre de vouloir rester dans cet état de sérénité silencieuse. Maintenant, elle ne savait déjà plus. Leonard allait finir par la rendre folle, c'était sûr et certain. D'ailleurs, voilà qu'il reprenait la parole, toujours avec cet horrible sourire.

    « Si tu ne me crois pas, tu n’as qu’à lire en moi. »

    Une seule phrase. L'adolescente fronça légèrement son nez pâle. Puis elle rendit les armes avec une moue boudeuse. Trop facile pourrait-on dire... Mais elle se sentait tellement désorientée. Elle avait besoin d'un repère. Et c'était dans cette tête aux cheveux verts qu'elle espérait le trouver. Alors, respirant profondément et fermant les yeux, elle débloqua son esprit. Un flot de pensées l'envahirent, des phrases, des souvenirs, en blocs sombres. En premier plan, il y avait ce sentiment, curieux, qui la concernait. Un mélange incertain de compassion, de pitié (pouah !), d'angoisse... Un désir de ne plus être vu comme un horrible manipulateur aussi. Pas gagné, mais bon, au moins elle était sûre qu'il était sincère avec ses excuses. Et puis autre chose, qu'elle n'identifia pas et qui lui fit peur. Quelque chose qu'elle écarta vivement. Si vivement qu'elle atterrit directement en plein milieu de ce qu'il se tramait au second plan. Elle avait déjà vu ça une fois, par mégarde. Ces images dont elle avait connaissance et qui ne lui apportaient que des problèmes. Mais la dernière fois, ça avait été un peu... Différent. Elle avait seulement entraperçu le fait qu'il cachait une sorte de désespoir et sa dépendance à ses petites pilules roses en souriant à longueur de temps. Là, c'était autre chose.
    Un petit garçon qui pleure, replié sur lui-même. Un homme qui crie. Insultes et coups à tout va. Avec son visage colérique, il est effrayant. Holly aurait presque envie de se cacher. Il y a aussi une femme qui ne bouge pas, dans son coin. La jeune fille commence à ressentir un semblant de compassion pour ce gosse. Il doit se sentir bien seul. Et la solitude elle connaît. Lentement, elle se tourne dans sa direction. L'enfant a les cheveux verts. Les cheveux verts.

    « Bon sang ! »

    En hurlant, l'adolescente ouvrit brutalement les yeux. Elle se sentait horriblement stupide, presque tentée par la chute prometteuse du haut de la tour. Elle aurait dû comprendre plus rapidement qu'elle n'était pas censée voir ça. Mais en même temps, sincèrement, qui peut demander à quelqu'un de lire dans ses pensées tout en ressassant de vieux souvenirs, hein ? D'autant plus de tels souvenirs ! Une mine exaspérée gravée sur son visage, la jeune fille fusilla du regard Leonard. Elle s'apprêtait à lui balancer une série de noms d'oiseaux avec colère, quand un détail la stoppa. Juste une question à vrai dire. Elle se demanda comment réagirait le jeune homme en apprenant qu'elle avait vu un souvenir en plus. Elle ne tenait pas à revivre l'expérience de la dernière fois : trop effrayant. Peu habituée à réfléchir autant pour pas grand chose, Holly alla pincer l'arête de son nez en un soupir, sentant venir le mal de tête à trois kilomètres. Sa main gauche vint se poser sur sa hanche en un geste résigné. Il fallait qu'elle se ressaisisse. Ce n'était pas son genre d'être aussi désorientée. Elle savait toujours ce qu'elle voulait d'habitude ; et elle faisait tout pour l'obtenir. Le problème, c'était qu'en la compagnie de Monsieur Keyes, elle se sentait gênée, affreusement gênée. A en mourir, bien qu'elle le cachait à merveille. Puis elle se rendit compte que la dernière chose qu'elle avait prononcé était un hurlement probablement incompréhensible, et dans un raclement de gorge elle reprit la parole, tranchant par la même occasion qu'il valait mieux garder ses nouvelles connaissances pour le moment opportun.

    « Oula. Pardon, je suis fatiguée, ça me va pas. En tous les cas, disons que j'accepte partiellement tes excuses. J'ai pu constater qu'elles étaient sincères, mais il n'empêche que tu m'as fait mourir de peur. Et je suis très rancunière. Alors... Est-ce que tu serais prêt à faire ce que je te demande ? N'importe quoi ? »

    Un sourire malicieux se forma sur ses lèvres et elle laissa échapper un petit rire amusé. Cette situation pourrait parfaitement tourner à son avantage. Elle ne comptait pas le lâcher si facilement, ce n'aurait pas été digne d'elle ! Il fallait qu'il en bave un peu. Autant qu'elle en avait bavé. Après, elle réfléchirait plus sérieusement à lui accorder son précieux pardon. Et à lui dire qu'elle en savait un peu plus que prévu, argh.
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Sibyllin
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MessageSujet: Re: • Hey guy, sky is over | PV Leonard •   Mer 12 Oct - 15:50

I came to apologize

Il l’avait dit aussi simplement qu’il l’avait pensé. Car il n’était plus question de continuer ce petit jeu de dupe avec elle. Holly avait le pouvoir de déterminer le vrai du faux, et sur le coup, Len s’était fait avoir. Inutile de continuer à mentir.
Holly le fixait avec ses yeux bleus durs et froids, la jeune fille semblait imperturbable. Du moins jusqu’à ce que le jeune homme laisse tomber ce sourire pendant quelques précieuses secondes. Des secondes de sincérité. Vous ne pouvez pas imaginer à quel point c’est difficile d’avoir les pieds sur terre quand on est constamment défoncé. Rien n’a vraiment d’importance, c’est juste génial. Les illusions, c’est le business de Leonard. Il les adore, il les façonne plus vraies que natures. Et franchement , qui ne finirait pas par s’habituer à ces charmants mirages, à ces doux mensonges ? I’m happy now. Qui a besoin de cette réalité dure, moche et sale ? La réalité ça pue, ça sent la mort et le désespoir. Qui ne succomberait pas à la promesse d’une vie meilleure, juste en avalant quelques comprimés ? Don’t blame me
Et pourtant c’était le retour à cette sale réalité qui l’avait permis d’arrêter ce sourire futile pendant un bref moment et qui avait surpris Holly. Ses lèvres s’étaient ouvertes, mais aucun son n’était sorti de sa bouche. A partir de ce moment , Leonard commençait sérieusement à croire en ses chances de rédemption. Le jeune homme laissa planer le silence après cette déclaration, laissant à Holly le choix de le croire ou pas. Elle avait l’air un peu mal à l’aise, triturant ses cheveux châtain avec nervosité. Elle hésitait encore. Len devait trouver le truc qui la convaincrait à coup sûr. Quelque chose d’audacieux, qui pourrait l’impressionner suffisamment pour qu’elle puisse le croire. Holly avait une réputation plutôt badass, alors il opta pour une forme de provocation pure et simple. Read my mind. Le sybillin souriait malicieusement, il était plutôt fier de sa trouvaille.

Apparemment la provocation fonctionnait sur la jeune demoiselle. Elle paraissait de moins en moins effrayée, et de plus en plus déroutée. C’est dingue ce que les mots peuvent avoir comme effets sur les gens. Les mots d’amours, les insultes,les excuses…A l’instant où la jeune fille ferma les yeux, Leonard sut qu’elle lisait ses pensées. Il ne marqua aucune opposition, de toute façon, il n’avait plus rien à lui cacher. Elle pouvait venir, tout voir, et si elle pouvait tout prendre et tout détruire. Ca lui rendrait un fier service.

«Bon sang ! »

Elle avait crié. Cela ramena soudainement Len à la réalité. Il avait l’habitude de ce que renfermait sa tête, mais si jamais ça la blessait ? Il n’y avait pas vraiment pensé. Dans sa tête, tout revenait continuellement, par vague. C’était pour ça que les médicaments devaient l’aider. A force de revivre le passé on devient fou, vous comprenez ? Tous ces souvenirs, tous ces sentiments formaient un énorme tourbillon noir, altérant tout le reste. Il avait peur de l’avoir blessée. La jeune fille lui lança un regard assassin. Mieux. La haine c’est bien. C’était le signe avant-coureur qu’Holly redevenait elle-même. La jeune fille avait l’air énervée…ou bien exaspérée ? Len avait du mal à faire la différence. Il se contentait de sourire bêtement.So ? Do you believe me ?. Dieu seul sait ce qu’Holly avait pu voir dans la tête de Leonard, qu’à cela ne tienne, elle reprit bien vite ses esprits.

« Oula. Pardon, je suis fatiguée, ça me va pas. En tous les cas, disons que j'accepte partiellement tes excuses. J'ai pu constater qu'elles étaient sincères, mais il n'empêche que tu m'as fait mourir de peur. Et je suis très rancunière. Alors... Est-ce que tu serais prêt à faire ce que je te demande ? N'importe quoi ? »

Fatiguée ? Etait-ce la seule vraie raison ? En tout cas la demoiselle ne perdait pas le nord. Elle savait où se trouvait ses intérêts. Mais bon, au moins elle le croyait et sur le moment c’était ce qui importait le plus à Leonard, qui affichait encore un sourire niais. Elle lui demandait de céder à toutes ses requêtes…Toutes ? Qu’est ce qu’une jeune fille de son âge pourrait bien tirer d’une épave comme Len ? Toutefois, il réfléchit attentivement à sa proposition. Il n’était pas vraiment en position de négocier, Holly avait toutes les cartes en mains et lui qu’avait-il ? Rien. Troubled thoughts and self-esteem to match. De plus, elle avait bien dit qu’il l’avait fait mourir de peur. Il s’en voulait encore pour ça. Quand elle avait dit ça, il avait ressenti un pincement au cœur. Comme quand on se rappelle de quelque chose de triste et de désagréable, ça vous transperce le cœur comme une aiguille. Le sybillin baissa la tête, faisant mine de réfléchir. Finalement il releva la tête.

« Tant que personne n’est blessé à part moi… Je suis d’accord ! »,dit-il avec enthousiasme en arborant un sourire innocent. Comme s’il s’apprêtait à partir à la chasse aux papillons.

Il voulait sincèrement se faire pardonner mais pas à n’’importe quel prix. Il ne voulait blesser personne à part lui. Il se fichait de ce qui pouvait lui arriver. Et puis ce n’était pas comme si il avait le choix. Il avait besoin du pardon de Holly, et surtout il avait besoin d’un marché pour l’empêcher de raconter la vérité à tout le monde. Ca le ferait. Il y arriverait. Un silence s’installa.Il se rapprocha de la jeune fille. D’un seul coup l’atmosphère devint plus lourde, plus tendue. Et malgré le sourire serein sur ses lèvres fines, son visage exprimait une sorte de gravité.

« Si j’accepte, ais-je ta promesse que tu garderas mon secret ? »

Il avait murmuré cette phrase d’une voix douce. Les yeux de Len cherchèrent ceux d’Holly pour qu’ils ne puissent pas s’enfuir, ni mentir. Leurs regards se confrontèrent.

« Ais-je la promesse que tu me pardonneras ? »

Il aurait voulu poser ses mains sur ses épaules pour l’empêcher de se retourner, mais réalisa que c’était inapproprié. Il avait été sincère envers elle, il s’attendait à la même chose de sa part. C’était le deal.
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Mentaliste
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MessageSujet: Re: • Hey guy, sky is over | PV Leonard •   Mer 12 Oct - 18:07

    La malice. Elle vous prend, vous agrippe, ne vous lâche plus. Elle vous fait faire ce qu'elle veut, un peu n'importe quoi, parfois l'impossible et l'improbable. Dans les contes, elle emprunte la forme d'une sorcière, d'un mauvais esprit, ou même du diable. Elle représente le mal et les plans tordus. Et depuis sa petite enfance, elle collait à la peau de la demoiselle comme un vêtement humide. La malice était Holly, Holly était la malice. Deux éléments englués jusqu'à l'extrême en apparence. Pourtant à certains moments, la jeune fille paraissait retrouver son caractère d'origine, un peu indécis, un peu effrayé, à la fois un peu plus et un peu moins elle. Cet instant précis en faisait parti. Tout ça à cause de ce stupide sourire, qui refusait de tomber une nouvelle fois. Comme si la poignée de secondes de neutralité ayant traversé le visage de Leonard n'avait été qu'un mirage. Mais si l'on pouvait aisément comprendre qu'il était en train de réfléchir à la proposition énoncée, il ne quittait pas son air d'imbécile heureux. C'en était réellement troublant. Si elle n'avait pas su se contrôler, l'adolescente lui aurait probablement balancer un coup de poing depuis des lustres tellement il l'agaçait à être aussi incompréhensible. Elle aurait adoré lui hurler d'arrêter d'avoir cet air béat en permanence. C'était tellement désagréable de savoir qu'il souffrait de l'autre côté de la façade. Elle ressentait comme un vide au creux du ventre, quand elle pensait à toutes ces horreurs qu'il endurait en ressassant le passé sans l'affronter. Seulement, elle n'arrivait pas à mettre le doigt sur ce qu'elle avait vraiment au fond du cœur. C'était comme un coffre-fort inaccessible, fermé à double-tour. Un trésor qu'elle ne découvrirait jamais.

    « Tant que personne n’est blessé à part moi… Je suis d’accord ! »

    Sortant péniblement de ses pensées, Holly leva les yeux vers le garçon. Et grimaça en constatant que son sourire s'était fait encore plus idiot que d'ordinaire. Bon sang, on aurait dit un gamin ouvrant les yeux un matin de Noël. Un peu sceptique, la jeune fille essaya de se souvenir des raisons pour lesquelles elle restait ici. N'en trouva aucune. Mis à part le fait que Leonard l'intriguait au plus haut point. D'ailleurs, elle ne put s'empêcher de noter qu'il ne voulait faire de mal à personne dans cette histoire. Alors qu'il lui avait montré des images affreuses sans hésitation quelques semaines plus tôt, il se montrait soudain des plus altruistes. Une nouvelle anomalie qu'il lui faudrait résoudre. Soudain, la demoiselle constata qu'il s'était rapproché d'elle d'un pas ou deux. Voilà qu'il l'obligeait à lever la tête pour le regarder en face. Un peu dégradant. Elle savait déjà qu'elle n'était pas bien grande... Plus grande que Katie, mais bon, clairement plus petite que son interlocuteur. Ce n'était pas la peine d'insister sur ce point. Refusant de montrer son désarroi, l'adolescente garda le menton en l'air, défiant le monde de se moquer d'elle. C'est uniquement à ce moment qu'elle remarqua le silence lourd s'étant installé dans la pièce, et qu'elle se demande si elle était censée répondre. Une atmosphère pesante régnait sur l'endroit, menaçant de faire exploser les vitres. Elle observa aussi le visage grave et pourtant souriant du jeune homme. Sa gorge se fit sèche, le vide dans son ventre devint plus profond encore. Ouch. De plus en plus étrange.

    « Si j’accepte, ais-je ta promesse que tu garderas mon secret ? »

    La phrase avait été murmuré sur un ton bas, très doux. Sur le coup, elle ne comprit pas ce que Leonard venait de lui demander, trop fascinée par les deux yeux verts venant de capturer son regard. Elle se sentait comme prise dans un étau, incapable de se dégager. Elle n'arrivait pas à se détourner. Ensorcelant.

    « Ais-je la promesse que tu me pardonneras ? »

    Holly sentit ses yeux s'agrandir en comprenant ce qu'on lui demandait. Une promesse. Il fallait qu'elle promette quelque chose. Plus précisément, il fallait qu'elle accepte d'être la gardienne silencieuse de ce secret. Et qu'elle offre son pardon en échange de ce qu'elle lui proposerait de faire. Au secours. Enfin, vous comprenez. C'est qu'elle n'a jamais rien promis, la demoiselle ! Trop peur de ne pas réussir à tenir parole. Trop angoissée à l'idée d'être moins libre de ses faits et gestes. Trop horrifiée à l'idée que quelqu'un puisse lui faire confiance à ce point. Elle était méchante, égoïste, jalouse, superficielle. Qui de SAIN D'ESPRIT, pourrait vouloir de son serment ? Conclusion : Leonard était timbré. Elle s'en doutait déjà un peu, mais là, il n'y avait plus de place pour les doutes. Enfin, dans tous les cas, elle se devait de réfléchir sérieusement à ces deux questions. Elles paraissaient vraiment essentielles pour le garçon, elle n'avait pas réellement intérêt à les négliger. D'autant plus qu'elle avait toujours les yeux rivés sur ceux de son interlocuteur, ne trouvant pas de moyen pour regarder ailleurs. Son taux de gêne grimpa à un point inimaginable. Que pouvait-elle répondre, que pouvait-elle répondre, que pouvait-elle répondre ??? Finalement, l'esprit embrouillé et les mains tremblantes, elle lâcha sur un ton désespéré ce qu'elle jugeait être la pire chose qu'elle ait jamais prononcé de sa vie.

    « … Tu vas vraiment finir par me tuer. Parfait, je te promets de ne rien dire à personne et d'accepter pleinement tes excuses si tu fais ce que je te demande. »

    Elle lâcha par la même occasion un sifflement maussade, puis elle fini par détourner le regard en sentant ses joues s'empourprer. Elle n'arrivait même pas à comprendre ce qui lui arrivait tellement elle était mal à l'aise. Ses yeux se fixèrent sur le plafond en acier, suivant ses imperfections, respirant profondément dans l'espoir de se calmer. Il fallait qu'elle redevienne celle qu'elle était en temps normal, que la malice revienne brouiller son cerveau pour l'empêcher de réfléchir de trop. Pactiser avec le mal pour ne plus souffrir des incertitudes. Acheter sa tranquillité, et vivre dans le pêché. Malheureusement, son petit diable personnel devait être parti en vacances, car aucune idée sournoise ne lui vint à l'esprit pour se dégager de cette situation et reprendre le contrôle de ces drôles de minutes. A la place, elle se contenta de placer un index interrogateur sur ses lèvres et de prononcer quelques mots dans le vague.

    « Alors, voyons, voyons... Que fais-je pouvoir te faire faire... »

    Quelques secondes, elle fouilla dans son esprit, ne sachant pas trop quoi lui demander. Elle avait posé sa condition sans vraiment réfléchir, et voilà qu'elle était devant un mur de possibilités sans savoir trop quoi choisir. Des centaines d'options se balancèrent devant ses yeux. Jusqu'à ce qu'une en particulier attire son attention, déclenchant son hilarité. Pour de vrai. Sans s'en rendre trop compte, elle se mit à rire à gorge déployée, avant de se pencher vers le jeune homme et de lui susurrer sa proposition à l'oreille.

    « Tiens. Pour commencer, si tu m'embrassais, pour voir ? »

    Hm. Ce petit jeu prenait un côté très très amusant ♥
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Sibyllin
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MessageSujet: Re: • Hey guy, sky is over | PV Leonard •   Mer 12 Oct - 19:48

Is she serious ?

Dans cette atmosphère aussi tendue, le silence en était presque insupportable. Leonard observait la jeune fille et même s’il arborait ce sourire à la fois innocent et serein, il trépignait. Accepterait-elle leur marché ? Qu’avait-elle derrière la tête avec cette requête étrange ? Un tas de questions sans réponses s’accumulèrent dans ce silence. Des questions tues par orgueil. Voir Holly s’agiter de cette façon, ça le tuait. A quoi pensait-elle ? Il était si prêt du but, si prêt d’obtenir son pardon. Toutefois, elle pouvait toujours retourner sa veste, refuser et alors ça en serait fini de lui, de sa si belle façade. Le maître des illusions est mort. La réalité l’a tué. Pourquoi ressentait-il tellement le besoin d’être pardonné ? Après tout, elle ne semblait pas si affectée…Et pourtant…Quelle était cette petite voix, ce petit pincement qui l’empêchait d’être indifférent ?
Finalement, la jeune demoiselle mit fin à cette attente intolérable.

« … Tu vas vraiment finir par me tuer. Parfait, je te promets de ne rien dire à personne et d'accepter pleinement tes excuses si tu fais ce que je te demande. »

Elle avait dit cela d’un ton désespéré, presque abattu. Pourtant le cœur de Len battait à toute vitesse dans sa poitrine et son sourire s’élargit. De la joie ? Il avait obtenu ce qu’il avait désiré. Dès demain, il pourrait se lever sans ressentir cette sensation de culpabilité. Il se sentait si sale. Il se sentait comme lui. Mais si elle acceptait de le pardonner il pourrait se sentir lui-même à nouveau. S’il pouvait guérir les cicatrices qu’il avait laissé ou bien les compenser, peu importe la façon, cela lui convenait. Cette obsession pouvait prendre fin. Soudainement tout allait beaucoup mieux. Il s’était prouvé quelque chose à lui-même . Il pouvait régler ce genre de problème sans faire appel à la violence. Non il n’y aurait plus d’illusion cauchemardesque dont seul son esprit torturé connaissait les secrets. Cette boule qu’il avait dans la gorge et dans le cœur pourrait disparaître. Envolées. Et Holly…ah…sur le coup il l’aurait bien serré dans ses bras. Il était tellement désolé. Avec sa requête, elle lui accordait un milliers de chances de se racheter. Len allait redevenir le type bien. Le mec sympa et souriant qui est incapable de faire du mal à une mouche. Les apparences seraient restaurées, l’équilibre serait rétabli. Et il pourrait continuer encore des années et des années….Il avait réussi.
Cependant une petite voix vint le rappeler à l’ordre. Et oui, il avait des obligations maintenant !

« Alors, voyons, voyons... Que fais-je pouvoir te faire faire... »

Holly était de retour, fine et rusée comme un renard, elle se demandait à quelle sauce ce pauvre petit Leonard allait être mangé. De son côté, le jeune homme était trop heureux d’avoir obtenu son pardon pour se rendre compte du pétrin dans lequel il s’était fourré. Il ignorait plus ou moins le côté machiavélique de la jeune fille, mais il allait y goûter incessamment sous peu. Quel plan tordu son cerveau diabolique avait-il élaboré ? Trop intérieurement euphorique pour se douter de quoi que ce soit, la sentence tomba , rapide et inexorable. N’importe qui aurait su qu’il était foutu en apercevant l’étincelle de malice qui brillait dans les yeux d’Holly. Cet éclair fugace de malveillance en aurait alerté plus d’un. Mais pas Leonard non…Il lui faisait confiance, le pauvre idiot. S’il savait. Quand la jeune fille avait rit, il aurait dû remarquer que c’était le « mwhahahaha » du super vilain. La jeune fille se pencha vers lui, et murmura à son oreille :

« Tiens. Pour commencer, si tu m'embrassais, pour voir ? »

Len fut étonné, confus même. Elle ne le détestait pas il y a juste dix minutes ? Il n’avait jamais imaginé qu’une jeune fille ne lui demande une telle chose. En général les baisers, on ne les demandes pas. Ils viennent spontanément, du plus profond du cœur ou… d’ailleurs. Ils surviennent mystérieusement quand l’atmosphère est saturée par l’attirance mutuelle de deux personnes. De plus…Holly avait quoi , 17 ans ? C’était éthiquement catégorisé comme mal/pédophile. Mais il avait promis, il serait responsable de ces actes jusqu’au bout. Len aurait aimé lui demander quel genre de baiser elle désirait et réalisa à quel point poser cette question serait stupide. Ca c’était pour la partie raisonnée de ce qui se passait dans la tête de Leonard. Sinon…. Il avait légèrement frissonné quand le souffle d’Holly s’était posé sur son oreille. C’était un sentiment étrange, ambigu. Il savait que c’était censé être mal. Mais il devait l’accepter. Il lui avait promis de céder au moindre de ses caprices, aussi farfelu soit-il. C’était stupide, mais c’était le marché. Si elle lui demandait de sauter par la fenêtre, il devait le faire. Alors malgré le choc causé par cette demande pour le moins…hors du commun, le jeune homme tentait de garder une contenance. Et surtout de garder son calme. Il recula légèrement, replaçant une mèche de cheveux d’un coup de tête. Len essayait de retrouver son sourire de circonstance qu’il avait perdu entre-temps.

« Bien…Tes désirs sont des ordres. »

N’allait-elle pas le regretter ? Non pas que Leonard embrasse mal…mais…On regrette souvent ce genre de choses. Leonard avait pris le temps de bien organiser les choses dans sa tête. Il ne fallait surtout pas perdre son sang-froid. Pourtant son cœur battait très fort dans sa poitrine, il craignait qu’Holly puisse l’entendre. Etait-ce le stress ? Après tout c’était mal. C’était censé être mal non ? Alors pourquoi avait-il l’impression d’avoir envie de le faire. Au moment où ses yeux pâles rencontrèrent ceux d’Holly, il sentit sa structure de sécurité défaillir. Non. Il fallait que ça ait l’air romantique pour que ce soit bien. Il fallait que cela paraisse, pas que cela soit ! Doucement, Leonard posa ses mains sur le visage d’Holly, pencha son visage vers elle pour inexorablement rapprocher son visage de celui de la jeune fille. Les lèvres se rencontrèrent. C’était doux. Et sucré. Mais ce n’était pas le moment de succomber. Pour un baiser normal il faut compter 3 mississipi. Alors…one mississipi,, les lèvres bougent.two mississipi…ils sont si proches qu’ils peuvent sentir la chaleur l’un de l’autre. Les lèvres se quittent et se rejoignent comme lors d’un tango langoureux. C’est doux. Three mississi…Les langues sont entrées dans la danse, et il perd le compte. Il l’embrasse encore un moment, incapable de réfléchir à ce qu’il fait.Plus de pensées….juste des actes. Il sent la respiration d’Holly sur son visage.Il sent sa peau douce sous ses doigts. Soudainement ça ne paraît pas si mal que ça. Peut-être qu’il se le répétait pour s’en convaincre. Leurs lèvres dansent encore quelques secondes de plus. Jusqu’à ce que l’idée de la prendre dans ses bras pour la serrer contre lui lui traverse l’esprit. A ce moment là, Len sait qu’il doit s’arrêter. Les mains partent et les lèvres se séparent. Il a toujours l’impression d’avoir le cœur qui bat trop fort.
Leonard s’écarte , interdit. Il a besoin d’un peu de temps pour se remettre à réfléchir correctement et se rappeler qu’il n’est pas censé aimer ça et qu’il doit trouver que c’est mal. Pourtant pourquoi est-ce que ca fait tellement de bien ? Le jeune homme est confus. Il ne sait plus quoi penser. Mais vite ! Il faut trouver quelque chose à dire !

« Hum…J’espère que c’était …satifaisant »

Il sourit comme si de rien n’était, mais il a les joues légèrement rouges.
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Mentaliste
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MessageSujet: Re: • Hey guy, sky is over | PV Leonard •   Ven 14 Oct - 18:11

    Ravie de sa trouvaille, Holly ne pouvait s'empêcher de sourire. Elle savait que sa remarque ne resterait pas sans effet. Elle avait envie de voir la réaction de Leonard, de constater son étonnement, d'entendre ce qu'il arriverait à lui répondre. Elle ne fut pas déçue. L'air enthousiaste du garçon se flétrit comme une fleur en plein désert, ses yeux se teintèrent de confusion. Il parut réfléchir, tandis que la jeune fille jubilait. Elle savait pertinemment qu'il n'accepterait pas, elle était trop jeune, c'était juste des plus immorale, mais elle trouvait ça drôle de l'observer s'agiter aussi nerveusement. Elle savourait cette sensation de toute puissance qu'elle avait entre les mains pour quelques minutes. Attendant que son interlocuteur réponde à sa requête, elle essaya de se rappeler la première fois qu'elle avait embrassé un garçon. A l'école maternelle peut-être... Enfin, ce n'était pas vraiment sérieux. Après il y en avait eu quelques uns à Mystic Hall, des imbéciles avec qui elle était sortie pour se donner une apparence. Avec une sorte de désappointement mécontent, elle constata qu'elle n'en avait aimé aucun. Ma foi. De toute façon, elle était convaincue que l'amour - le vrai, celui des contes de fées. Avec le Prince Charmant et la Princesse en détresse. Enfin, vous voyez. - n'existait pas. Il suffisait de regarder ses parents. Son père était un connard, sa mère en avait souffert. Les promesses du mariage, c'était du grand n'importe quoi. Bref, elle ne savait même pas pourquoi elle pensait à ça, puisqu'elle était persuadée que sa demande serait refoulée et qu'on lui demanderait de chercher autre chose. Il fallait qu'elle réfléchisse à un plan B. A moins qu'elle ne fasse sa bourgeoise hautaine et capricieuse et qu'elle ne le plante là dans un magnifique « parfait, je ne te pardonnerai jamais ! » ? Ha ! Au moins ce serait théâtrale. Et avec un peu de chance, il la poursuivrait dans l'escalier et elle pourrait le mener par le bout du nez quelques heures encore. Voilà qui l'occuperait. D'un œil malicieux, elle observa Leonard reculer légèrement et replacer une mèche de cheveux d'un geste vif. Elle allait avoir sa réponse.

    « Bien…Tes désirs sont des ordres. »

    Sincèrement, vous voulez savoir ? Holly cru qu'elle allait s'étrangler avec sa salive. Si elle n'avait pas été parfaitement consciente de sa position de demandeuse, elle aurait probablement écarté les yeux comme ceux d'un hibou, avant de s'écrouler de rire par terre en pensant à une bonne blague. A la place, elle se contenta de garder son sourire scotché à ses lèvres en se demandant vaguement s'il était sérieux. Elle hésitait à lancer une remarque interrogative. Le problème, c'était que s'il comptait vraiment accéder à sa demande, elle aurait l'air vraiment stupide. Hors de question. D'ailleurs, à en voir ses yeux dénués de leur once de moquerie habituelle, elle comprit qu'il ne plaisantait pas. Oups. L'adolescente perdit son sourire, son esprit fonctionnant à toute allure. Qu'est-ce qu'elle devait faire ? Lui dire d'arrêter ? Le cœur battant, elle sentit les deux mains tièdes de Leonard se poser sur ses joues. Agréable. Après tout, elle pouvait très bien se laisser faire, pour voir. Un baiser de plus ou de moins, ça ne changerait pas grand chose à sa vie. N'est-ce pas ? Oui. Non. Elle n'en avait plus aucune idée. Elle n'était plus capable de se concentrer sur quoi que ce soit. La seule chose qui importait à présent, c'était qu'elle était en train d'embrasser un étrange garçon aux cheveux verts. Et qu'elle trouvait ça incroyablement bien. Il était beaucoup plus doux que les autres, moins agressif, moins... Stop ! Bon sang, elle ne pouvait pas penser une chose pareille ! Sa langue rencontra celle du jeune homme, valse incontrôlée, incontrôlable. Elle eut l'impression d'avoir des jambes en coton, son rythme cardiaque atteignit des sommets inattendus, son souffle se fit plus vif . Doucement, ses lèvres vinrent embrasser celles de Leonard une dernière fois. Puis il s'écarta, laissant le froid, et uniquement le froid. Ouvrant les yeux, Holly porta sa main à sa joue, décontenancée. Elle ne savait pas quoi dire. Elle n'aurait pas dû être aussi frustrée par cette fin brutale, elle n'aurait pas dû ressentir ce goût amer dans sa bouche. Lentement, elle serra son poing gauche aussi fort qu'elle le put derrière son dos, essayant de toutes ses forces de s'empêcher de trembler. Elle ne devait pas montrer son trouble, il fallait qu'elle se ressaisisse. Sinon, elle allait passer pour une cruche émotive. Plutôt mourir. Alors, elle entendit la voix du jeune homme retentir à nouveau, et elle en fut plus chamboulée que tout ce qu'elle aurait pu imaginer.

    « Hum…J’espère que c’était …satisfaisant »

    Un peu nerveuse, l'adolescente se mordit la lèvre inférieure. Elle avait un goût sucrée, contrastant avec l'amertume de son être. Furtivement, elle jeta un coup d’œil à son interlocuteur. Il souriait, mais il avait les joues plus rouges que d'habitude. Au moins elle n'était pas toute seule dans cet état second, c'était rassurant. Mais il fallait qu'elle réponde. Qu'elle dise quelque chose. Rapidement. Essayant de se faire discrète elle respira profondément, recula d'un pas ou deux, et calma son ton pour prendre la parole. Elle semblait presque sereine et tranquille, comme ça.

    « Ah, hm.. C'était... Bien. Enfin, vraiment bien en fait. Mais j'aurais dû réfléchir à autre chose. Je... Enfin, je pense que tu comprends. N'est-ce pas ? C'est trop étrange. Non ? Si. »

    A peine avait-elle fini sa dernière phrase que Holly se détesta. Elle avait dit n'importe quoi... ! C'était trop paradoxal. Il n'allait rien comprendre, peut-être même qu'il allait tourner les talons et la laisser, ayant rempli sa part du contrat. A cette pensée, le cœur de la jeune fille se serra. Il était vrai qu'elle était montée tout en haut de cette tour pour être seule, mais à présent elle ne pouvait s'empêcher de penser que si elle se retrouvait à nouveau dans le silence elle se sentirait extrêmement mal. Elle n'arriverait pas à faire le vide dans son esprit. Elle retournerait au point de départ. Impossible ! Un silence, sournois, s'installa. Mine de rien, conservant son air détaché à l'extérieur, la jeune fille se creusait les méninges. Elle voulait parler. Elle voulait trouver une raison de retenir Leonard. Ramener la conversation sur leur dernière rencontre ? Bof. Le critiquer sur sa manière d'embrasser ? Non, vraiment nul, d'autant plus qu'elle n'avait rien à reprocher... Essayer de lui dire qu'elle avait vu un de ses souvenirs ? Oula, peut-être pas. Lui parler météo ? Encore pire, bordel. Et le silence qui se prolongeait, encore et encore... Énergie du désespoir.

    « Bon. Figure-toi que j'ai pas fini, je suis plutôt tenace comme fille. Quoique, je te rassure tout de suite, ce sera beaucoup plus soft. Tu sais jouer aux cartes ? »

    Et de sa poche de jean, elle sortit un paquet aux carreaux rouges. Elle ne se souvenait plus d'où ni de comment elle l'avait obtenu. Elle ne savait même pas jouer. Peut-être qu'elle l'avait volé à sa sœur, sans trop faire attention, c'était devenu une sorte de manie. Aucune idée. En tout cas, il y a une chose sur laquelle on doit être tous d'accord, Holly comprise.

    … Franchement, pour balancer un truc pareil, elle aurait mieux fait de se taire, non ?
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MessageSujet: Re: • Hey guy, sky is over | PV Leonard •   Sam 15 Oct - 12:40

I was only supposed to obey, right ?

Len devait admettre que la demande d’Holly l’avait perturbé. D’abord parce qu’il pensait qu’elle le détestait toujours et aussi car c’était éthiquement inacceptable. Mais de nos jours les baisers ne veulent plus rien dire. Les gens en manque d’affection recherchent juste un moment où ils se sentent aimés. Mais c’est faux. Ils boivent, font n’importe quoi pour rencontrer des gens, juste pour quelques secondes de ce faux plaisir. Il n’y a pas d’amour. Juste l’envie de sentir aimer par une personne, sans vraiment l’aimer en retour. Ils s’utilisent comme des jouets d’une fantaisie éphémère et se mentent à eux même. Voilà pourquoi Leonard s’était autorisé à embrasser la jeune fille.Nothing but a meaningless kiss. Well it was supposed to be. Et puis surtout cela ne faisait du mal à personne ! Au départ, il avait pensé qu’elle le frapperait juste pour se défouler, mais non. Un baiser. Comme c’est étrange. Si Holly voulait juste le mettre mal à l’aise pour qu’il refuse, elle avait fait fausse route. Il ne faut jamais provoquer un sybillin ! Et surtout Leonard ne plaisante jamais avec une promesse. Lorsqu’il donne sa parole, il ne la reprend pas.
Leonard avait gardé le contrôle, du moins au début. Cela faisait partie de la mise en scène. S’il elle voulait un baiser, il allait lui offrir sur un plateau d’argent. Etonnamment elle se laissa faire. Peut-être n’était-ce pas une plaisanterie destinée à l’humilier finalement. Cependant, lorsque leurs langues se touchèrent, le jeune homme perdit le contrôle. Le baiser devenait doucement plus intense. Et ce fut cette intensité qui aurait pu le mener à commettre une grosse erreur jusqu’à ce qu’il réalise à quel point il avait perdu le contrôle. Jusqu’à que cette envie soudaine se manifeste, cette envie de la serrer dans ses bras, d’amener son corps et sa chaleur contre lui dans une étreinte. Il ne devait pas se laisser dépasser. Len avait mis fin à ce baiser plutôt abruptement, histoire de ne pas se laisser tenter davantage par cette belle diablesse aux yeux bleus. Ils avaient tout les deux l’air un peu troublé, les joues légèrement rouges, prétendant ne rien avoir ressenti. Len fit une tentative plus ou moins stupide pour briser ce silence gêné, qui les troublait plus qu’autre chose. Il fallait qu’il pense à autre chose qu’à ce qu’il venait de faire. Et vite.

« Ah, hm.. C'était... Bien. Enfin, vraiment bien en fait. Mais j'aurais dû réfléchir à autre chose. Je... Enfin, je pense que tu comprends. N'est-ce pas ? C'est trop étrange. Non ? Si.

Elle paraissait tranquille mais Len ne put s’empêcher de constater à quel point elle était confuse dans ses mots. L’avait-il troublée ? Lui avait du mal à mettre un mot sur ce qu’il ressentait, et préférait éviter d’y penser. Il n’avait aucune envie de commencer à fouiller dans ce bordel de sentiments, aucune de savoir ce qu’il ressentait vraiment. Tout était confus dans sa tête, tout comme Holly. Il ne voulait pas savoir. Donc il choisissait de laisser ça de côté. Il pensa à autre chose, son esprit s’évada. Il ne ressentait plus rien. Il regarda la jeune fille avec un sourire malicieux et répondit d’une voix calme :

« Je n’ai fait qu’obéir à tes ordres.

Il avait l’air calme, mais ses yeux brillaient ave un drôle d’éclat. C’était mieux comme ça. Surtout ne pas réfléchir. Et se persuader que c’était la meilleure chose à faire. Len le faisait tout le temps. Un nouveau silence s’installa. L’électricité et la tension saturait l’air. L’atmosphère était lourde et confuse. Personne ne savait quoi dire, ni quoi faire sans que cela ne paraisse déplacé. Leonard se tentait debout. Statique, il observait Holly, le regard vide, ailleurs. Et toujours ce sourire tranquille accroché à son visage. Mais malgré cette apparente tranquillité, et son habitude de s’oublier dans les situations embarrassantes, il se posait de nombreuses questions. Il ressentait une drôle de sensation dans la poitrine, ça faisait mal, comme si son cœur était secoué de convulsions incontrôlables. Et les questions sans réponses fusaient dans son esprit torturé.Why ? Will she dismiss me ? Was it wrong ?Why di dit felt so good though ?...Encore et encore . Le silence était complet tout en haut de cette tour. On pouvait juste entendre le vent souffler dehors, bien protégé dans cette structure de métal et de pierre.

« Bon. Figure-toi que j'ai pas fini, je suis plutôt tenace comme fille. Quoique, je te rassure tout de suite, ce sera beaucoup plus soft. Tu sais jouer aux cartes ? »

Dieu merci, elle avait rompu ce silence insupportable. La suite sera plutôt soft ? Elle n’avait rien demandé de bien hard. Len s’était attendu au pire et un baiser sincèrement…It was no big deal ! De la part d’Holly il s’était attendu à bien pire, du sang, des boyaux et qui sait, une coupe de cheveux ridicule ? . Mais il ne s’attendait à ce qu’elle demande un baiser non. Le jeune homme garda cette pensée pour lui. S’il savait jouer aux cartes ? Il s’était longuement entraîné aux cartes. C’est l’étape numéro un de l’illusionniste. Len afficha un sourire amusé et s’empara du paquet de cartes.

« Bien sûr ! »,dit-il d’un ton à la fois amusé et enthousiaste. « Je connais même quelques tours de magie. Regarde un peu… »

Il ôta une carte du paquet et la fit danser avec agilité entre ses doigts. Ensuite il montra la face de la carte à Holly,un as de pique.Juste like you and me. Il la fit tourner entre ses doigts et la carte se changea miraculeusement en un as de cœur.A partir de cette seule et unique carte il en fit apparaître six autres, puis dix, juste avec un mouvement du poignet. Ensuite avec une expression mystérieuse sur le visage, il les lança toutes en l’air d’un seul geste. Une fois libérées en l’air, les cartes se transformèrent en papillons aux ailes à carreaux rouges voletant tout autour des deux jeunes gens. Ils tourbillonnaient avec grâce, effleurant leurs cheveux de temps en temps.Le sybillin éclata d’un léger rire. Ensuite Leonard claqua des doigts et les papillons reprirent leur forme initiale er reformèrent un paquet bien rangé dans les paumes du jeune homme. Tout cela n’était qu’une illusion. Mais quelle belle illusion n’est-ce pas. En réalité, le paquet de cartes n’avait pas bougé de sa main depuis tout à l’heure. Mais pourquoi perdre une raison d’oublier un peu cette réalité. Len se souvenait qu’au début de sa formation il avait du faire des tours de magies…Mais bien sûr aucun vrai magicien ne pouvait rivaliser avec lui. Il changeait les règles du jeu. Constamment Tout devenait plus clair, plus beau, plus facile avec une illusion. De plus ça avait le don de le mettre d’excellente humeur. Bien retour aux choses sérieuses.

« Hum…Je ne suis pas supposé t’encourager à sécher les cours…Mais je n’ai pas vraiment le choix. A quoi veux-tu jouer ? Je te promets que je ne tricherai pas. »

En fait, il avait dit cela sur un ton tellement joyeux qu’il était assez difficile de croire qu’Holly faisant l’école buissonnière le gênait beau coup. Il semblait plutôt être content de pouvoir profiter de l’occasion et de la présence de la jeune fille. Le jeune homme s’allongea sur le sol, pas inquiété pour un sou de l’état de sa tenue. Là tout de suite, il avait l’air heureux et innocent, comme dans les bons jours. Il souriait jusqu’aux oreilles . Pour de vrai.
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MessageSujet: Re: • Hey guy, sky is over | PV Leonard •   Sam 15 Oct - 17:16

    Il n'avait fait qu' « obéir à ses ordres ». C'était ce qu'il avait dit, avec cet éclat malicieux au creux des yeux. Et il avait raison. Cette situation gênante venait de sa bêtise. Elle aurait mieux fait de réfléchir avant, ou même de dire stop au bon moment. Il aurait fallu qu'elle le frappe, ou bien qu'elle lui fasse faire quelque chose de stupide, ça aurait été plus plausible. Elle était censée le détester, pas chercher à le troubler. Son rôle était celui de la sorcière, cruelle, sans pitié, guettant l'instant propice pour frapper. Pas celui de la princesse en manque d'amour et désespérée, attendant son prince en haut de sa tour. Il fallait qu'elle retrouve la voie qu'elle avait perdu. Qu'elle retourne sur le chemin qu'elle s'était tracée au fur et à mesure des années. Ces années de jalousie, de souffrance, de haine. Ces années porteuses du syndrome de la malice. Dans le silence suivant sa question stupide à propos des cartes, Holly avait l'impression de devenir folle. Ses pensées tournaient dans son esprit, vaguement mêlées à celles du garçon, insaisissables, incompréhensibles. Des questions à foison, dont les réponses s'étaient égarées en cours de route. Si elle l'avait pu sans paraître encore plus stupide, elle aurait hurlé. Mais elle se devait de garder son air calme, impassible. Elle aurait dû sourire pour parfaire son masque, mais elle en demeurait incapable. Ses lèvres restaient closes, serrées en un trait mince. Les quelques secondes que dura le mutisme des deux jeunes gens parurent s'étendre en plusieurs heures. Pourquoi suis-je aussi indécise ? Qu'est-ce qui cloche chez moi ? Comment ai-je pu lui demander une chose pareille ? Une ou deux heures de colle pour avoir séché les maths ? D'où peut venir ce paquet de cartes ? Quelle heure est-il ? De quoi ai-je l'air ? Est-ce que mes amis me cherchent ? Ah, non, c'est vrai, j'ai pas d'amis. Alors est-ce que les hypocrites qui m'accompagnent d'habitude me cherchent ? Je sais pas. J'ai la tête vide. Au secours. Puis, enfin, ô oui enfin, le silence fut brisé, réduisant ses pensées à néant.

    « Bien sûr ! »,dit-il d’un ton à la fois amusé et enthousiaste. « Je connais même quelques tours de magie. Regarde un peu… »

    Surprise, l'adolescente constata que Leonard avait le paquet de cartes entre les mains, alors qu'elle était persuadée de ne pas le lui avoir donné. Il avait dû le prendre pendant qu'elle rêvassait. Et il voulait lui montrer un tour de magie... En haussant les épaules, elle lui montra qu'elle s'en fichait, qu'il pouvait bien faire ce qu'il voulait. Attentive, elle l'observa tirer un as de pique. Il se fiche de moi. Il croit être subtile en faisant semblant de prendre cette carte au hasard, mais je vois bien qu'il ne me voit que comme une fille capricieuse et méchante. Piquante, comme cet as. Oh! Voilà que le pique était devenu un cœur. Pour le coup, elle ne comprit pas le rapport avec elle. Sa curiosité éveillée, elle se concentra pour regarder la carte unique se transformer en six, puis en dix d'un simple mouvement de poignet. Puis, avec une expression mystérieuse, le jeune homme lança le paquet entier dans les airs. Les yeux brillants, Holly admira les cartes devenir de sublimes papillons aux ailes striées de rouge, voletant tout autour d'elle dans la pièce claire. Elle les laissa effleurer ses cheveux, bercée par le rire léger du jeune illusionniste. Puis le tout prit fin en un claquement de doigts. Le paquet, parfaitement rangé, retourna dans la paume de Leonard, comme s'il n'avait jamais bougé. D'ailleurs, peut-être était-il vraiment resté en place. Le garçon pouvait créer des scènes frappantes de réalité, avec lui, il était impossible de distinguer le vrai du faux. Même les magiciens les plus doués devraient rendre leurs hauts-de-forme face à lui, c'était certain. La dernière fois, l'adolescente avait vu le côté sombre et négatif de ce don. Mais là, c'était tellement... Tellement joli. Dans sa vie, elle n'avait pas eu vraiment l'occasion d'être spectatrice de tour de passe-passe. Bien sûr, les dons à Mystic Hall était une sorte de magie, mais... Ce n'était pas pareil. Surprenant, inhabituel, merveilleux. Waow.

    « Hum…Je ne suis pas supposé t’encourager à sécher les cours…Mais je n’ai pas vraiment le choix. A quoi veux-tu jouer ? Je te promets que je ne tricherai pas. »

    Le tout sur un ton joyeux. Franchement, n'importe quoi, il se contredisait lui-même. Avec un peu d'étonnement, Holly l'observa alors qu'il s'allongeait sur le sol probablement tiède de la tour. Et il souriait, largement, les cheveux en bataille et le manteau froissé. Ainsi, il ressemblait à un enfant naïf et innocent, patientant sagement. « Je te promets que je ne tricherai pas. ». Ah oui ? Un petit sourire secoua les lèvres de la demoiselle. Elle tenta de le retenir, mais ça ne fit qu'accentuer le frissonnement de son visage. Elle ferma les yeux, ses épaules se secouèrent légèrement, puis, incapable de se retenir plus longtemps, elle éclata de rire. Ses bras vinrent se croiser sur son ventre, et elle se laissa tomber par terre à côté de Leonard dans son moment d'hilarité. Il était tellement drôle, à accepter le moindre de ses désirs, à passer d'un sujet à un autre avec une facilité déconcertante et à agir bizarrement avec l'air le plus normal du monde. Elle en pleurait. Oui, vraiment. Des larmes roulaient sur ses joues, alors qu'il y a peu elle n'avait qu'une envie : disparaître en hurlant de la surface de la Terre. Peut-être devenait-elle un peu lunatique. Ou alors c'était ce garçon qui avait une mauvaise influence sur elle. Essayant de reprendre son souffle, elle prit la parole d'une voix entrecoupée par des gloussements incontrôlables.

    « Pfff... Tu es... Trop bête, tu sais ?... Franchement... Bordel... HAHAHAHA ! »

    Et en hoquetant elle posa sa tête contre le carrelage. Son ventre se soulevait au fur et à mesure qu'elle riait, et le son emplissait la pièce, formant un cocon rassurant. Petit à petit, elle respira à fond, essayant de se calmer par tous les moyens. Enfin, les yeux clos, elle s'arrêta en un soupir. Elle n'avait pas la moindre idée de si le jeune homme avait parlé, ou même réagit. Elle était comme déconnectée. Putain, il va croire que j'suis une droguée maintenant. Que je me suis shootée avant de venir. C'est trop stupide. Mais c'est trop drôle. Hahaha ! Oula, non, faut pas que je me remette à rire. Avec un sourire, elle ouvrit les paupières, et roula pour se tourner vers Léonard. Il ne devait rien capter à sa vie, le pauvre. Son oreille droite collée contre le sol, l'adolescente avait l'impression d'être à moitié sourde. Et ça l'amusait presque. Une idée lui traversa la tête, et ses yeux se mirent à briller comme quand elle était enfant et que sa mère lui proposait d'aller faire les boutiques. Com-plè-te-ment barge. Elle n'était vraiment, vraiment pas dans son état habituel aujourd'hui.

    « Donc, nous disions. Jouer aux cartes. Je connais aucun jeu, mais je peux t'assurer que si on commence une partie je vais tricher. Tu veux pas me montrer d'autres illusions à la place ? J'ai changé d'avis, c'est trop cool ce don. Quand tu me balances pas des horreurs bien sûr. »

    Et avec ce petit air presque enthousiaste qu'on ne lui connaissait pas, elle remonta ses jambes vers elle et fixa le garçon. Show me that you're the best illusionist in the World, dear.
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MessageSujet: Re: • Hey guy, sky is over | PV Leonard •   Dim 16 Oct - 21:42

A long time ago….
Tais-toi !Ne rien dire, non, non ! Il faut faire semblant, semblant, semblant. Et jamais, jamais , ne s’avouer la vérité. Faire semblant…Semblant ! Car si on entrevoit ne fût-ce qu’un bout des choses telles qu’elles sont, telles qu’elles sont vraiment, alors tout est, est, insupportable….*

*Paul Willems, La ville à voiles.

Le pouvoir de créer des illusions était à double tranchant. Soit Len pouvait incarner les pires craintes et cauchemars de qui que soit, soit leurs rêves et leurs désirs les plus chers. C’était si facile. Au début, il avait appris à modifier un objet, puis une personne, puis plusieurs éléments…Le rayon de son pouvoir s’était incroyablement élargi. Une pièce, un bâtiment…Son pouvoir ne semblait avoir pour seul limite que sa propre vision. Il suffisait d’un peu d’imagination et de précision pour créer un monde nouveau. Paradis ou enfer, il était le seul maître de ce choix cornélien. Dès lors, la réalité est obsolète et limitée. Qui voudrait vivre dans cette réalité alors qu’il peut construire son propre monde ? Toutefois c’était le commun de tous les illusionnistes, le démon contre lequel ils devaient se battre. Ce puissant désir de renoncer à la réalité et de donner libre cours à leurs propres fantasmes. Les illusionnistes doivent trouver l’équilibre entre rêve et réalité, ils sont constamment sur le fil….prêts à tomber dans la folie. C’est pourquoi Leonard , sans le savoir, avait besoin des gens, de toutes sortes de personne, bonnes ou mauvaises pour garder les pieds sur terre. Ce qui était d’autant plus difficiles étant donné les pilules roses qui le font planer la plupart du temps. La souffrance qu’il ressentait, ses souvenirs constituaient un ancrage à cette réalité mais aussi un point de fuite.

Après son « tour de magie », Leonard se faisait une joie de se divertir en jouant aux cartes. Pourquoi pas la bataille corse ? Holly adorerait la bataille corse ! De plus, aucune scène semblable à tout à l’heure ne risquerait de se produire avec un misérable jeu de cartes. Pas de confusion, pas d’ambiguïté, juste de l’amusement. Un peu d’innocence. Mais ce fut avec surprise à nouveau qu’Holly s’écroula littéralement…de rire. Des spasmes agitaient son corps de haut en bas, comme si son corps ne pouvait pas retenir cette hilarité, trop grande et trop puissante pour lui. Son rire éclata dans toute la pièce, se fracassant contre les murs pour repartir de plus belle, encore et encore sans s’arrêter pour reprendre son souffle. C’était bizarre mais pas désagréable. Un vrai fou rire qu’on ne peut pas contrôler. Trop grand pour sa bouche, trop grand pour son ventre. Is she making fun of me ?. Des larmes coulaient le long de ses joues, des larmes de rires. Le rire ne cessait de se répéter. Len était émerveillé. Il n’avait jamais été témoin d’une telle hilarité, encore moins de la part d’une demoiselle d’ordinaire aussi sardonique et aussi amère. Son fou rire semblait sincère. Il ne pouvait s’empêcher d’écarquiller les yeux et de sourire comme un simple d’esprit. Fasciné par cette allégresse.

« Pfff... Tu es... Trop bête, tu sais ?... Franchement... Bordel... HAHAHAHA ! »

Elle essayait de parler mais ne pouvait s’empêcher de s’esclaffer, ce qui rendait son élocution problématique, entre coupées de gloussement nerveux. Allongée sur le dos, la jeune fille tentait de pratiquer des exercices de respiration pour se calmer…Presque sans succès. Len la regardait en souriant, appréciant ce spectacle en silence. Ils sont si rares ces moments de joie et d’allégresse. Et il était bien heureux d’en avoir offert un à Holly, même malgré lui.Il ne pouvait pas empêcher ce sourire mystérieux d’apparaître sur ses lèvres.I made her happy…Le rire d’Holly…c’était une petit victoire. Le rire provoque une libération d’endorphines dans tout l’organisme. En résumé, ça vous rend brièvement heureux et en plus, c’est bon pour la santé ! Soudainement une lueur différente brilla dans le regard de la jeune fille. De toute évidence, cette crise de rire lui avait été profitable puisqu’elle avait déniché une autre idée de génie.

« Donc, nous disions. Jouer aux cartes. Je connais aucun jeu, mais je peux t'assurer que si on commence une partie je vais tricher. Tu veux pas me montrer d'autres illusions à la place ? J'ai changé d'avis, c'est trop cool ce don. Quand tu me balances pas des horreurs bien sûr. »

Après ce sentiment de victoire, la remarque de la jeune fille lui fit goûter à nouveau à l’amertume de la culpabilité. Qu’à cela ne tienne, il allait lui offrir du spectacle.

« Bien. »

Le jeune sybilin s’était levé, la détermination se lisait dans son regard. D’un claquement de doigt, son apparence changea. Désormais il portait une sorte de costume de magicien de cirque à queue-de-pie d’une couleur violette. Le haut-de-forme violet contrastait avec la couleur émeraude de ses cheveux.Il avait la panoplie complète, jusqu’au gants blancs et aux chaussures vernies.Une lumière inconnue venue du plafond l’éclairait comme un spot . Le jeune homme annonça d’une voix enthousiaste tout en s’inclinant :

«My lady … J’espère que vous êtes prête à en avoir plein les yeux !

Des applaudissements et des sifflements mystérieux se firent entendre, comme si une foule en délire était présente, alors qu’il n’y avait personne. Soudain un tremblement secoua toute la tour accompagné d’un grondement sourd. L’acier grinça de toutes ses forces, comme si la tour s’apprêtait à s’effondrer. Un bruit de réacteur d’avion se fit entendre. Le plafond s’ouvrit en deux, découvrant un ciel crépusculaire aux reflets rose et orangés.


~Une musique se fit entendre.~


Le sol sur lequel ils se trouvaient s’était transformé en une sorte de plateforme volante qui parait haut, très haut dans ce ciel. Le vent soufflait autour d’eux, l’impression de voler était bien réelle. Ils continuèrent de s’envoler. Tout en bas on pouvait distinguer Mystic hall, les tuiles des bâtiments et les vitres reflétant l’éclat du soleil couchant. La vue était à couper le souffle. Mais ce ne fut qu’après avoir atteint les nuages que la plateforme s’arrêta. Devant leurs yeux ébahis s’étendait une mer de nuages à perte de vue. Ils ressemblaient à de la barbe à papa, rose et sucrée. Au loin, on pouvait distinguer le soleil, tomber doucement sous la ligne d’horizon. Leonard se tenait debout, confiant, mais gardait une main sur son chapeau pour éviter qu’il ne s’envole. Un groupe d’oiseaux migrateurs passa à toute vitesse au-dessus d’eux, effleurant leurs cheveux avant de reprendre leur route, toujours tout droit vers le soleil.
Leonard sourit. Même lui était sensible à ses propres illusions. Cette vision était paradisiaque et pourtant, il réservait encore quelques surprises à la jeune fille. Dans un soubresaut un peu brutal, la plateforme fonça vers l’avant, traversant quelques nuages au passage. Ce ne fut qu’après quelques secondes que la vue se dégagea, laissant place à une étendue d’eau infinie…la mer.

Le soleil était presque descendu jusqu’en bas de la ligne d’horizon. Ses derniers rayons rougeâtres se reflétaient à la surface de l’eau bleu nuit tandis que les strates célestes supérieures prenaient des nuances bleues et violettes. La plateforme s’arrêta au milieu de ce désert marins, une vingtaine de mètres au dessus de l’eau imperturbable, comme l’eau d’un lac.

« Regarde ! », dit le sybillin en pointant un doigt vers le ciel.

Déjà on pouvait apercevoir des étoiles timides pointer le bout de leur nez dans la voûte céleste. Elles ressemblaient à des petits diamants incrustés dans le ciel. L’obscurité tomba doucement, en silence, comme un voile. Des étoiles filantes apparurent, une à unes, traversant le firmament. Soudain, l’une d’elle heurta une étoile et explosa en un feu d’artifice brillant. La lumière éclaira leurs visages pendant un bref instant. Et ensuite ce fut comme si des éclats d’étoile tombaient sur eux, lentement et gracieusement, comme une plume ou une feuille d’arbre. De la poussière d’étoile se déposa sur l’eau et sur leurs cheveux. Leonard tendit la main et attrapa un gros éclat d’étoile qui traînait là, bercé par la brise marine. Il scintillait dans sa main, comme une tout petite étoile, douce et chaude au toucher. Le jeune homme s’approcha d’Holly, la lumière de l’étoile se reflétant dans ses yeux pâle comme dans un miroir et il lui tendit ce morceau de rêve.

« Vas-y, prends-le.

Dans le ciel, d’autres étoiles explosaient en gerbes et en cascades, chacune d’une couleur différente, mais toutes aussi étincelantes les unes que les autres. La poussière d’étoile continuait de tomber, comme une pluie autour d’eux, lentement, avec la légèreté d’une plume. Comme s’ils ne pesaient rien. Comme des braises dans le vent, sans la sensation de brûlures. La lenteur et la grâce avec laquelle cette poussière tombait contribuait à l’atmosphère magique de ce moment éphémère. Ils restèrent là encore un moment, sans savoir quoi dire, comblés par tant de beauté. Leonard ferma les yeux, sourit, leva le visage vers le ciel, tendit les bras et commença à tourner sur lui-même et autour de la plateforme, dans une valse solitaire.Isn’t it wonderful ?. Il tournait de plus en plus vite, si bien qu’il finit par le laisser tomber sur le sol. Les genoux contre la poitrine, il observait le ciel d’un air rêveur et émerveillé. Il se tourna vers la jeune fille.

« Alors, ça te plaît ? »

Son sourire était serein et semblait sincère cette fois-ci.
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MessageSujet: Re: • Hey guy, sky is over | PV Leonard •   Mer 19 Oct - 16:33

La dernière phrase de Holly. Minuscule, presque imperceptible, mais pas balancée si innocemment que ça. C'était sa petite bombe personnelle. Ce qui ferait que Leonard accepterait à coup sûr sa proposition. Elle portait en elle le syndrome de la culpabilité, un bien étrange sentiment qui pouvait faire des dégâts plutôt remarquables... Quand elle tombait à pic. Ce qui semblait être le cas, puisque la réponse ne tarda pas.

« Bien. »

Parfait ! Exactement ce qu'elle avait prévu. La culpabilité, vous dis-je. Enfin, en même temps, il n'était pas vraiment en position de refuser quoi que ce soit. Et puis après un baiser, il ne devait plus craindre grand chose... Mais bref, je dis, la CULPABILITE, mince. Oui oui. Impatiente, la jeune fille se releva sur un coude, et observa le garçon se lever d'un air déterminé. Comme s'il partait à la guerre. Sauf qu'il ne partait pas à la guerre. Vous voyez ? Un claquement de doigt retentit dans la pièce, sonore. Et d'un seul coup, Leonard fut vêtu d'un costume violet à queue-de-pie, assorti d'un haut-de-forme, de gants blancs et de chaussures vernies, comme les magiciens du cirque. La couleur du chapeau donnait un mélange un peu étrange avec les cheveux verts du jeune homme, mystérieux. Une lumière venant du plafond frappa le sol, tombant pile sur l'illusionniste tandis qu'il saluait d'une inclination et prenait la parole sur un ton enthousiaste. L'adolescente le regarda faire, un sourire légèrement narquois aux lèvres. Elle attendait de voir jusqu'où il était capable d'aller pour l'impressionner. Ce qu'il pouvait faire, en échange d'un simple pardon. Elle trouvait ça presque amusant maintenant qu'elle était persuadée qu'il ne lui ferait plus jamais de mal.

«My lady … J’espère que vous êtes prête à en avoir plein les yeux ! »

« My lady »... Carrément. Enfin, c'était quand même assez classe, il marquait un point. Soudain des applaudissements et des sifflements se firent entendre, provenant du néant et faisant sursauter Holly. Elle avait l'impression d'être dans une des ces salles de concert en délire, ou quelque chose du genre, c'était plutôt étonnant. Alors qu'elle s'apprêtait à claquer des mains ironiquement, un grondement sourd ébranla la tour, faisant grincer le métal et trembler les vitres. Pas que les vitres d'ailleurs. L'adolescente avait l'impression de s'être transformée en marteau-piqueur ; à la fois par la peur et par les mouvements du bâtiment. Le grondement devint de plus en plus puissant. Elle avait beau savoir que tout ceci n'était qu'illusion, c'était extrêmement réaliste...Et limite involontairement effrayant. Il en faut peu pour faire frissonner miss Shepherd. Puis le plafond s'effrita, laissant voir le ciel rose-orange du début de soirée.

De la musique, légère, presque imperceptible, débuta. Le sol se fit plate-forme, puis la plate-forme se fit bouchon de champagne. Oui, vous avez bien lu. Bouchon de champagne. Pour être plus claire, elle partit vers le haut rapidement, paraissant ne plus pouvoir s'arrêter. Les toits de tuiles rouges devinrent minuscules, les arbres, semblables à des champignons. Une vague sensation de vertige traversa le ventre de la demoiselle. Et puis elle se rappela que tout ceci n'était qu'un rêve. Un rêve. Ou presque. En tout cas, elle se détendit à cette pensée, et ne remarqua l'arrêt de la plate-forme qu'à la vue des immenses nuages cotonneux. Si elle n'avait pas été clouée au sol, Holly se serait peut-être levée pour aller voir ça de plus près. Sauf qu'elle ne se sentait pas encore suffisamment en confiance pour quitter le sol rassurant. Leonard, au contraire, avait l'air tout simplement ravi. Sa main posée sur son chapeau pour éviter qu'il ne s'envole, il ne réagit qu'à peine à la venue soudaine d'oiseaux, un petit sourire effleurant tout juste ses lèvres. Dire que la demoiselle était tout simplement ébahie, et que lui donnait l'impression de trouver ça « joli ». C'était plus que ça. Magnifique, merveilleux, extraordinaire. Les mots lui manquaient. Et pourtant, ce n'était pas terminé. Leur support s'ébranla à nouveau, filant dans le ciel. La fraîcheur des nuages sur ses épaules. Quelques secondes d'un voyage à travers l'irréel. Puis enfin, le but du voyage, ou ce qui paraissait l'être.
La mer.
Bleutée, s'étirant indéfiniment, à peine secouée par quelques vagues infimes et traîtresses. Elle reflétait le ciel nocturne avec une précision désarmante. A peine une vingtaine de mètres les séparait de ce sombre et délicieux abysse, terrifiant et fascinant. Après des minutes d'un silence étant passé presque inaperçu, le jeune homme éleva la voix, pointant un doigt vers la voûte céleste.

« Regarde ! »

Obéissant étrangement, la jeune demoiselle leva les yeux. Le soleil était à peine couché, et déjà on pouvait observer de toutes petites étoiles brillantes s'incruster dans le ciel. La pénombre se fit de plus en plus présente. S'attendant à un nouveau spectacle, La brunette s'installa en tailleur et patienta. Une étoile filante déchira le noir. Puis une autre. Et des dizaines d'autres suivirent. « Quand tu vois une étoile filante, fais un vœu Holly ! ». C'est ce que sa mère lui avait dit. Mais là, elle n'avait pas le temps de formuler des pensées cohérentes, tout allait beaucoup trop vite. Finalement, une étoile filante heurta l'une des étoiles en une explosion cacophonique, feu d'artifice argenté. Une sorte de poussière blanche et brillante tomba sur leurs cheveux, et l'adolescente secoua un peu la tête. Les minuscules grains s'infiltrèrent dans son nez, la faisant éternuer. Bah. Au moment où elle allait se décider à se lever pour de bon, un fragment scintillant posé dans la main de Leonard arriva devant ses yeux. Son regard se posa sur ce morceau d'étoile, rêve parfait et enjôleur. Joli...

« Vas-y, prends-le. »

Elle ne se le fit pas répéter. Curieuse, elle tendit les doigts et fit glisser l'astre dans sa main. Il était tiède et dégageait une lumière apaisante. Une berceuse à sa façon. Sans musique, sans son. Au dessus de leurs têtes, de nouvelles étoiles éclatèrent, de toutes les couleurs, en un magnifique ballet arc-en-ciel. Tranquillement, la demoiselle regarda les lumières se découper dans le ciel nocturne avec cette étrange impression d'être en train de rêver éveillée. Un frisson parcourut son dos. Tout son monde lui semblait irréel, étrange, improbable. Et elle restait muette, sa langue disparaissant face à ce moment particulier. Magique. Elle aurait pu rester là des heures, des jours, des années. Oui, elle aurait pu, si le jeune homme aux cheveux verts ne l'avait pas distraite, en se mettant à tournoyer tout autour de la plate-forme, les bras tendus vers le ciel. D'un air perplexe, elle l'observa aller de plus en plus vite, comme la Terre gravitant autour du Soleil jusqu'à tomber à la renverse. A nouveau, il ressemblait à un enfant. Les genoux repliés contre lui à l'instar d'un nouveau né, les yeux rêveurs et enchantés par tant de beauté dans sa propre illusion. Finalement, il tourna la tête vers Holly.

« Alors, ça te plaît ? »

C'est là que la jeune fille le remarqua enfin. Ce sourire. Ô oui, ce sourire. Il était différent de d'habitude. Plus léger, plus innocent. Plus honnête aussi. Un vrai sourire. Pas celui fait de papier mâché qu'il avait en temps normal sur les lèvres. Ouh, c'était bizarre de le voir comme ça. La gorge de l'adolescente se serra, un toussotement lui échappa. Les mains de sa main droite allèrent frapper frénétiquement le sol. Il fallait l'avouer, ce sentiment d'avoir un Leonard sans masque devant elle la perturbait. A vrai dire, elle-même se sentait différente. Demain, il faudrait oublier tout ça. Oublier les belles paroles, oublier les baiser, oublier les illusions. Demain, il faudrait qu'elle redevienne forte, inébranlable. Demain, elle serait dans l'obligation de rayer partiellement de sa mémoire ce beau garçon. Parce qu'elle était Holly Shepherd, la fille qui donnait des ordres et exigeait d'obtenir tout ce qu'elle demandait en un claquement de doigt, pas une cruche s'extasiant devant de belles images. Une idée passa dans son esprit. Et à cette pensée, ses doigts allèrent frapper encore plus fort le sol, à lui en faire mal. Il le fallait pourtant. Dans un mouvement un peu dédaigneux, elle replaça ses cheveux et détourna le regard. C'était stupide. Elle le savait parfaitement. Mais elle ne savait pas fonctionner autrement. Dès que quelque chose allait bien, trop bien peut-être, il fallait qu'elle le détruise. Plus fort qu'elle.

« Hum, ouais, c'est pas mal. Mais bon, au risque de me contredire, ce ne sont que de jolis rêves... Pas de quoi en faire tout un plat. Franchement, là tu ressembles à un gosse, c'est pitoyable. »

Tout ça sur un ton insupportablement hautain. Sale petite princesse capricieuse. Déteste-moi. Déteste-moi et vas-t'en. C'est plus facile la vie sans moi, alors ne t'accroche pas. Son plan était des plus idiot. En réalité, elle ne se sentait pas capable de l'ignorer sans une bonne raison. Alors, si lui-même se mettait à faire comme si elle n'existait pas, ça lui facilitait le travail. D'un autre côté, ça lui brisait le cœur. On ne peut pas tout avoir à ce jeu là. Fuyant les yeux clairs de son interlocuteur, elle se redressa et alla jusqu'au bout de la plate-forme. Elle regarda en bas. L'océan sombre s'offrit devant elle, et un instant, elle se demanda si elle arriverait à sauter même si tout ceci n'était qu'un songe. Lentement elle s'approcha un peu plus. Et elle fut bloquée par une surface lisse et froide. Du verre. La vitre, probablement. Ses dernières paroles remontèrent dans son esprit. Pendant quelques secondes, elle crut vraiment qu'elle allait finir par vomir. Elle était ignoble. Les autres avaient raison de la traiter de tous les noms. En tremblant, sa main alla se poser devant sa bouche. Immonde, je suis immonde. Alors, le monde vacilla autour d'elle. Elle se sentait gelée. Elle tremblait de plus en plus et des tâches sombres vinrent brouiller sa vue. Un peu pâteusement, elle s'entendit parler.

« … Pardon, je suis affreuse, j'aurais pas dû dire ça. »

Puis elle s'écroula au sol, les yeux clôt. Sa tête heurta le carrelage dans un bruit à peine audible. Trop de pensées, trop d'émotions, trop d'incompréhension, trop de trop. Et surtout, pas mangé depuis trois jours. Il paraît que ça aide à tomber dans les pommes.
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Sibyllin
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MessageSujet: Re: • Hey guy, sky is over | PV Leonard •   Jeu 20 Oct - 15:30


La plateforme ressemblait un peu à une soucoupe volante au milieu du ciel. Elle avançait doucement à travers un espace sans fin. Le vent, doux et chaud caressait leur visage. Le moment était parfait, l’illusion était parfaite. Leonard s’était donné du mal pour créer un espace aussi grand en si peu de temps. Chaque détail était étudié, la fréquence des vagues, l’intensité de la lumière,…A la manière d’un peintre il sélectionnait soigneusement les couleurs et les textures pour créer un tableau unique et frappant de vérité. La réalité n’était qu’une toile sale qu’il recouvrait de son art. Reflétant plus ou moins la réalité, imitant la nature mais en l’améliorant. Malheureusement une illusion ne peut perdure, sa beauté réside dans le sentiment éphémère qu’elle procure, même si ce sentiment reste impérissable.
Et même s’il savait que tout cela n’était que pure invention, Leonard se laissait volontiers bercer par ses propres illusions. Il s’émerveillait comme Holly devant le spectacle qu’il avait arrangé à la seconde près. Comme un enfant, il se laissait enchanter par sa propre magie. Et rien ne pouvait lui procurer d’avantage de joie que de voir un visage s’illuminer, que de voir cette lumière briller dans les yeux d’Holly. La magie, l’enchantement…c’était un sentiment indéfinissable. .Too bad, it’s not real. Leonard, le vrai souriait à nouveau. Car oui, il pouvait faire sourire les gens, procurer de la joie et du bonheur.Ca valait tout l’or du monde.

Cependant les choses ne se passèrent pas tout à fait comme le sybillin l’avait prévu. Soudainement la main d’Holly alla frapper le sol. La violence de ce choc inattendu laissa Leonard pantois.Il aurait du l’empêcher de se faire mal, au lieu de penser. Qu’avait-il fait ? Qu’avait-il provoqué ? Non pas de la magie, de la beauté. Pas d’émerveillement. Mais de la violence et de la frustration qu’il percevait dans ce poing, frappant frénétiquement et de plus en plus fort. Le bruit des jointures qui craquent, si familier, revenait comme un fantôme et lui perçait les oreilles.

« Hum, ouais, c'est pas mal. Mais bon, au risque de me contredire, ce ne sont que de jolis rêves... Pas de quoi en faire tout un plat. Franchement, là tu ressembles à un gosse, c'est pitoyable. »

Len avait décidemment échoué. Mais ce n’était pas tellement la sensation d’échec qui lui brûlait les yeux. Il pouvait gérer l’échec. Les mots d’Holly étaient coupables. Emerveillé par son propre pouvoir et revenu à lui-même Leonard était vulnérable. Et Holly envoyait ces mots empoisonnés, acérés comme des rasoirs droit vers lui, sans le moindre ménagement. le jeune homme vacilla. Le ciel se fissura, mais personne ne levait les yeux. L’illusion commençait à s’effondrer, avec la volonté du sybillin. Son sourire qui étai si large tout à l’heure était redescendu. Désormais Len arborait le sourire de circonstance, aussi faux qu’un Ken de supermarché.

« Ah. Je vois ! »Un sourire réjoui étira ses lèvres.

Pourtant il n’ajouta rien d’autre. Holly se rendit à l’extrémité de la plateforme, Leonard avait le regard lointain et une mine réjouie. En réalité il se concentrait pour réparer ce ciel qui continuait de s’effondrer et commençait à tomber en petits morceaux dans l’eau. Il fallait garder les apparences encore un petit moment. Il se focalisa sur cette tâche. Plus rien n’avait d’importance. Il s’oublia à nouveau. Nothing is real. Not even me. Len se concentrait sur autre chose pour ne pas réfléchir. Les mots d’Holly, comme des flèches, appelaient ses fantômes. Ces voix violentes comme le vent d’une tempête, et les coups comme des orages éclatants. Il devait penser à autre chose pour ne pas retomber dedans. Il devait maintenir l’illusion, le plus longtemps possible. Il entendit Holly prononcer quelques mots mais il ne les écouta pas. Elle avait déjà fait assez de dégâts. Il ne voulait pas savoir. Les genoux serrés encore plus fort contre son cœur, Leonard fixait le néant le sourire aux lèvres. Juste le temps de réparer les brèches.
Un bruit sourd le ramena à la raison. Il se retourna et vit Holly allongée sur le sol, pâle et les yeux clos.
Aussitôt l’illusion disparût. Sans fumées, sans pixels, sans rien. Brutalement. Comme la chute d’Holly. Leonard se précipita vers elle et l’appela.

« Holly ? Holly ? » Il souriait toujours.

Elle gardait les yeux fermés et ne répondait pas. Il la secoua un peu. Puis un peu plus fort. Le doute terrible d’installa dans son esprit. Il posa sa tête sur sa poitrine. Leonard pouvait entendre son cœur battre et sa poitrine se soulever au rythme de ses respirations. Elle avait probablement fait un malaise. Serait-ce à cause des illusions ? Peut-être… De toute façon Leonard n’allait pas la laisser là. Cette bonne vieille réalité l’avait de nouveau rattrapé. En général après une illusion d’une telle ampleur, on en vient à douter de ce qui est réel et ce qui ne l’est pas. L’illusionniste se retrouve dans un état entre rêve et réalité, incapable de distinguer les deux précisément. C’est ce qui arrive quand les illusions sont plus vraies que nature. Mais ici, la chute d’Holly l’avait rappelé à la réalité. Douloureusement.
Le sybillin abaissa sa capuche sur son visage et prudemment passa le bras d’Holly par delà son cou. Len passa ses bras sous son dos et sous ses jambes pour pouvoir la soulever. Le jeune homme n’était pas particulièrement athlétique. Heureusement qu’Holly était légère. Elle ressemblait à une poupée endormie. Len oublia les mots acerbes de tout à l’heure. La demoiselle avait besoin de lui. Ca n’avait plus d’importance maintenant.



Leonard avançait à pas vifs dans les escaliers, la jeune fille toujours dans ses bras. Déjà le jeune homme préparait ce qu’il dirait. Il arriverait à l’infirmerie, il la déposerait sur un de ces lits aseptisés aux draps blancs. L’infirmière lui demanderait ce qui s’était passé et il répondrait qu’alors qu’il la cherchait – car elle séchait son cours de math comme à son habitude, et qu’on ne doit pas fermer les yeux sur l’absentéisme, c’est très important – il lui dirait qu’il l’avait trouvé au sommet de la tour, comme endormie. Ensuite l’infirmière prendrait soin d’elle et il dirait à Holly :

« Je viendrai te voir tout à l’heure. »

Le jeune homme ressentit un pincement au cœur. « Je viendrai te voir tout à l’heure ». Et elle irait mieux bien sûr. Elle serait en colère comme d’habitude. Elle l’insulterait…peut-être. « Je viendrai te voir tout à l’heure. ». Alors qu’il traversa les couloirs vides en direction de l’infirmerie il ne cessait de répéter cette phrase dans son esprit. « Je viendrai te voir tout à l’heure ». Leonard était confus. Il avait ce sentiment étrange dans la poitrine, encore de la culpabilité ? « Je viendrai te voir tout à l’heure ». Pourquoi ? Elle avait bien montré qu’elle n’avait pas besoin de lui ? Alors pourquoi avoir envie de la voir ?
Il arriva à l’infirmerie et agit selon le scénario prévu. En quittant la pièce, il s’adossa à la porte quelques secondes et cessa de sourire complètement. Il pensait à Holly.
Ensuite sans un mot, ses lèvres s’étirèrent en un sourire insouciant et il s’en alla.
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MessageSujet: Re: • Hey guy, sky is over | PV Leonard •   Lun 24 Oct - 18:45


Et sa voix te transperce, comme la plus incroyable et la plus belle chose au monde, Holly.

Depuis longtemps, déjà, Holly savait qu’elle n’était pas une fille au caractère ordinaire. Elle était paradoxale. Son monde tournait autour d’elle, ses pensées n’étaient jamais claires. Elle blessait habituellement les gens impitoyablement sans ressentir le moindre remord… Pourtant, face à Leonard, elle avait sentit cette étrange émotion monter en elle, et elle avait été obligée de s’excuser. De la culpabilité ? Oui sûrement. Autre chose ? Peut-être. Elle ne savait plus. D’ailleurs, peut-être ne l’avait-il même pas entendu. Dans ce cas là, réunir ses efforts dans cette unique phrase, avant de tomber dans l’obscurité, avait été inutile. Agaçant. Hm… Pour tout dire, et à bien y réfléchir, cet adjectif était peut-être celui qui correspondait le mieux au jeune garçon aux cheveux verts. Même sans le faire exprès, il lui en faisait voir de toutes les couleurs. Rouge colère, bleu terreur, jaune bonheur. Vert amour ? Un joli vert, le même que ses yeux. Non, c’était stupide, incompréhensible, impossible ! Il fallait penser à autre chose. Les illusions qu’il lui avait montré ? Tellement belles, tellement réalistes, tellement frappantes. Comment avait-elle pu les qualifier de « jolis rêves » ? C’était bien plus que ça. Cent fois plus. Mille fois plus. Elle était vraiment méchante des fois… Oh ! Non, ce n’était pas son genre de penser ça ! Elle était inébranlable. Elle était faite d’acier, lisse, parfaite, sans faille. Mais… Noir.

Sensation d’être portée. Le balancement de ses cheveux dans le vide, doucement. Cette impression d’être aussi précieuse qu’une poupée de porcelaine, c’était… Agréable. Une voix, chaleureuse, rassurante, retentit, mais elle n’arrivait pas à saisir le sens de ce qui était prononcé. Enfin. Où pouvait-elle bien être ? Pourquoi n’arrivait-elle pas à ouvrir les yeux ? Depuis quand le monde lui paraissait si froid ? Tout un tas de question butant dans son esprit. Elle sentait quelque chose de tiède tenant son avant-bras et ses genoux. Des mains ? Quelqu’un la tenait alors ? Elle se disait aussi que c’était étrange de se mettre à voler, comme ça, d’un coup. Une mèche de cheveux lui chatouilla le nez. Si elle en avait été capable, elle aurait éternué ou éclaté de rire… Mais elle était bloquée. Petit oiseau dans sa cage de sommeil. En plus, elle n’arrivait plus à se rappeler de quoi que ce soit. Que lui était-il arrivé au juste ? Qu’était-elle en train de faire avant de se retrouver… Dans un couloir ? A en entendre le claquement des pas, c’était ça. Mais pourquoi ? Doucement, elle essaya de retrouver dans sa mémoire son souvenir le plus proche. Petit à petit, des bribes lui revinrent. Des insultes. Son cœur, atrocement serré, sa gorge, amère. La plage, un petit garçon jouant sur le sable, pas loin de la mer. La tour, se dressant vers le ciel. Le nombre de marches, infini. Et puis.
Une silhouette sombre.
Oui. La cape noire. Elle l’avait reconnu tout de suite, au départ elle avait eu peur. Il avait eu l’air tellement coupable, si plein de regrets… Il avait dit vouloir faire ce qu’elle voulait en échange de son pardon. Elle lui avait demandé de l’embrasser, idée en vrac. Il l’avait fait. Ça avait été mieux que ce que ça aurait dû être. Premiers battements de cœurs affolés. Ensuite les cartes. Les illusions. Le ciel, avec les étoiles. Un monde si irréel, où elle était presque gentille. Elle avait tout gâché en parlant. Non ? Si. Peut-être. Pourquoi son cœur était-il aussi désordonné ? Un nom. Leonard. Noir.

Mal à la tête. Des bruits de verres qui s’entrechoquent. La lumière lui tombant dans les yeux. Elle n’avait plus l’impression d’être portée. Plutôt d’être allongée. En grommelant, Holly se tourna sur le côté. Elle sentit des couvertures se froisser au-dessus d’elle, et un drap frissonner sous ses pieds nus. Il y avait toujours cet éclat l’empêchant de replonger, alors que son cerveau la lançait comme pas possible et qu’elle n’avait qu’une envie : se rendormir. D’un geste agacé, elle plongea sous la couette et s’enferma dans son cocon rassurant. Elle avait un peu trop chaud. Alors qu’elle avait le souvenir d’avoir eu froid juste avant. Ses cheveux lui collaient à la nuque. Elle entendit des chaussures grincer sur le sol de la pièce où elle devait être (laquelle, mystère), s’approchant de sa bulle de tranquillité. Fiiiichez moi la paix. Pitié, laissez-moi dormir… Malheureusement, une main implacable vint attraper les couvertures pour les tirer en arrière, découvrant une Holly roulée en boule et grimaçante. Ses paupières se plissèrent. Une voix sèche s’éleva dans la pièce, près de son oreille.

« Ah, et bien ! Enfin réveillée ? Je commençais à me demander quand est-ce que tu allais te remettre ! Allez, ouvre les yeux ! Je t’ai préparé des médicaments, et ensuite, j’aurais deux mots à te dire ma petite ! »

Arf. L’infirmière. Cette bonne femme avait réellement une voix désagréable. Mais qu’est-ce qu’elle fichait à l’infirmerie ? Elle avait dû perdre connaissance, ou quelque chose du genre. Shit. Lentement, elle entrouvrit les yeux. La pièce était réellement trop lumineuse. Mais visiblement, elle avait intérêt à se dépêcher. En soupirant, elle posa sa main sur son front et ouvrit complètement ses paupières. Une femme aux traits sévères, aux cheveux blonds tirés vers l’arrière en un chignon impeccable, l’observait. Des lunettes rondes tombaient sur son nez fin. Le parfait cliché de la dame pas commode. D’autant plus qu’actuellement, elle fusillait Holly du regard. Wow. Elle était censée être une malade, on aurait dû s’occuper d’elle gentiment, non ? Ne daignant même pas se relever, la jeune fille laissa ses yeux fatigués et hautains se poser sur l’infirmière, attendant de voir ce qu’on lui reprochait encore. Un sourire narquois se forma faiblement sur ses lèvres quand elle constata le mal qu’avait la femme a lui faire avaler ses médicaments -des sirops parfaitement infects, si vous voulez savoir-, qui s’évanouit aussitôt lorsque celle-ci reprit la parole.

« Bon, assez joué ! Alors comme ça, on sèche les cours, mademoiselle ? Pour aller embêter le veilleur qui plus est ! Non mais quelle idée ! D’ailleurs, heureusement que ce Sybillin était venu vous rechercher, vous auriez eu l’air bien idiote, évanouie et seule dans la Tour d’Acier ! Je vous promets une heure de colle, moi ! »

Ouch. C’était à vous donner envie de ne même pas vous réveiller. Les paroles, impitoyables, résonnaient encore dans sa tête, brûlant son esprit. Trooop mal. Dégoûtée, l’adolescente laissa l’infirmière tourner les talons d’un petit air satisfait, insupportable. Elle l’écouta alors qu’elle écrivait sur son calepin les informations la concernant. Pas que du bon, c’était certain. Rah, si elle avait pu, elle lui aurait arraché des mains ce rapport à deux balles. Ne serait-ce que pour arrêter de sentir cette aura de bonheur vil flotter dans la pièce. Sale mégère, va ! Holly s’apprêtait à balancer une remarque acide, la première depuis son réveil, quand la femme rouvrit la bouche en la coupant dans son élan. Décidément, vraiment pas possible cette vieille.

« Au fait. Ce Sybillin, là. Il m’a dit de vous dire qu’il reviendrait vous voir plus tard. Donc vous allez rester ici jusqu’à son retour, ça me semble évident… »

Ah ? Voilà qui était étonnant. Pourquoi Leonard reviendrait-il lui parler ? Avait-il quelque chose à lui dire ? Enfin, ça tombait plutôt bien. Ainsi, elle n’aurait pas à le chercher pour l’incendier. Qu’est-ce qu’il était aller dire à l’infirmière qu’elle séchait, hein ? C’était son affaire ! Mince. Avec un air de défi visant la femme à son bureau, elle se redressa sur ses oreillers et croisa les bras. Le geste, purement provocateur, voulait tout simplement dire « ça aurait été plus facile de me filer mes médocs comme ceci, pas vrai, pouffiasse ? ». Made by Shepherd. Ensuite, elle se laissa aller à regarder le plafond immaculé. Ses yeux se perdirent dans les défauts de la peinture. Alors, le visage souriant de Leonard lui revint à l’esprit, et une moue à demi amusée se forma sur ses lèvres. Le nœud dans son ventre se reforma lentement mais sûrement. Dû à l’agacement, forcément. Quoi d’autre ? Oui. Quoi d’autre. On se le demande.
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